‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 84 sur 100 · CHAP. XX. — ÉTUDE DES SYNONYMES · texte numérisé non relu

CHAP. XX. — ÉTUDE DES SYNONYMES

nettement marqué dans une page que j’extrais des lettres du rhéteur et grammairien Fronton à son disciple Marc-Aurèle (a) : « Nolim te ignorare syllabæ « unius discrimen quantum référât. Os colluere di- « cam, pavimentum autem in balneis pelluere, non « colluere ; lacrymis vero gênas laver e dicam, non « pelluere neque colluere ; vestimenta autem lavare , « non lavere ; sudorem porro et pulverem abluere t « non lavare. Sed maculam elegantius eluere quam « abluere ; si quid vero magis hæserit, nec sine ali- « quo detrimento , exigi possit , Plautino verbo ela- « vere dicam (b). Tum præterea mulsum diluere, fau- « ces proluere, ungulam jumento subluere. »

L’exemple qu’on vient de lire fait bien comprendre toute l’utilité d’une étude attentive des synonymes pour la connaissance de la langue latine. Cette utilité n’est pas moindre en français, et voilà pourquoi le premier ouvrage qui fut écrit dans notre langue sur ce sujet, le petit livre de l’abbé Girard, publié en 1718, souvent reproduit et augmenté depuis 9 *, portait, avec raison, le titre suivant : La Justesse de la langue française. On ne parle correctement une langue que si l’on sait avec précision les acceptions diverses de chaque terme, les échanges permis ou défendus entre des termes voisins , enfin la distinction des différents styles de la prose et de la poésie.

,(a) Epist., III, 3, p. 97, éd. de Rome, 1823.

(b) Plaute, Asinaria, I, h, ?. 9, et Rudens , II, vu, y. 21.

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