‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 85 sur 100 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

DE L’ÉTYMOLOGIE. MONTRER, PAR DE NOMBREUX EXEMPLES DE MOTS FRANÇAIS TIRÉS DU GREC ET DU LATIN, QUELLE UTILITÉ PEUT OFFRIR L’ÉTYMOLOGIE POUR PARLER NOTRE LANGUE AVEC PRÉCISION ET POUR EN RÉGLER JL 'ORTHO- GRAPHE.

$ 1. De l’Étymologie en général.

L’espèce d’analyse grammaticale qui décompose les mots pour remonter h leur origine, et pour en déterminer le vrai sens et la forme primitive, s’appelle Étymologie (’Etu|aoàoyÎ3, de s-tupioc, vrai , et Àôyoç, discours, sens; veriloquium ou originatio verbarum) (a). Cette partie de la grammaire a été pendant longtemps traitée comme la science des racines communes à toutes les langues et des idées communes à tous les peuples. Par l’étymologie , on croyait retrouver les éléments mêmes de la langue parlée au temps de nos premiers pères 91 . 11 y a surtout un principe auquel on rapportait volontiers la formation de tous les mots, c’est Y onomatopée ( b ) ou imitation des sons naturels par les sons du langage. En effet, ce principe explique la formation d’un assez grand nombre de mots, comme on le voit par les exemples suivants : éXoXuÇtiv, en latin ululare , en français hurler, f«]xa<r0at, — balare , — bêler,

(a) Veriloquium , mot créé par Cicéron , qui n’en était pas content CI. Quintilien , I, 6, § 28, où nous voyons qu’on appelait aussi en latin originatio i’iiupoXoyta des Grecs.

(b) Ce mot n’a pas aujourd’hui chez nous le même sens que ches les Grecs. Il signifiait primitivement la figure de grammaire qui consiste A créer un mot nouveau, Jvo(ia wottïv, d’où ôvoiwroiroieïv et ivo|xcivoitotta. Voy. la Poétique d’Aristote, c. 21, et les Topiques, du même auteur. VI, 2 ; VIII, 2.

Page 1