‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 9 sur 100 · CHAPITRE I. — THE L’ALPHABET. fi · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — THE L’ALPHABET. fi

leur langue. Les lettres qu’on y a depuis ajoutées représentent moins des sons nouveaux que des combinaisons entre les sons élémentaires déjà exprimés par d'antres lettres. Par exemple, le S répond à'XS ou à K2,'le V répond à ( 1>2 ou à IIS, etc.

Au reste, l’alphabet grec a varié non-seülemerit selon les temps, mais encore sèlon les pays.' Celui qui nous est le plus familier est l’alphâbét ionien, dont l’emploi fut consacré, en Atlique, pour les actes officiels depuis l’an 403 avant notre ère , sous l’archontât d'un certain Euclide; encore faut-il remarquer que nous n’en connaissons pas la forme cursive , mais seulement la forme usitée pour les inscriptions des monuments. ‘Nous reviendrons plus bas, en pdHartt de l’orthographe, sur les variations le l’écriture grecque.

L’alphabet latin est évidemment de même origine que l’alphabet grec; mais il se rapproche moins de l’alphabet en usage après l’archontat d’Euèlidc que de l’alphabet cadméen, soit pour la forme, soit pour le nombre des lettres 8 .

Par exemple, la lettre qui est L Chez les'Latins, se trouve ordinairement écrite ainsi: V» sur tes monuments grecs avant.Euclide; mais plus tard elle s'est renversée, comme nous l’écrivons aujourd’hui : A.

Le digamma (ainsi nommé à cause de sa forme),

^ , signe d’une aspiration très-douce, qui était fréquente* chez les Éoliens, ne paraît à aucune époque dans l’alphabet Sttique; et pourtant il a, comme chiffre, dans l’usage ordinaire, (CT), la valeur six qui répond à sa place, la sixième, dans l’ancien alphabet grec, comme dans l’alphabet latin où il a le rôle d’une véritable lettre : F. G*.

Un autre signe d’aspiration, H, qui disparait peu . à peu sur les monuments à partii d’Euclide, est

aussi resté, et comme une véritable lettre, dans l’alphabet latin.

Le coph phénicien, qui, sous le nom de coppa ç n’a conservé qu’une valeur numérique dans l’écriture attique , se retrouve comme lettre usuelle dans l’alphabet latin : Q 7 .

Outre ces ressemblances originelles, l’alphabet latin s’est rapproché du grec par des emprunts de date plus récente. C’est ainsi qu’il s’est approprié le Ç et le u, que nous écrivons z et y.

Ici comme ailleurs, dans les comparaisons que nous allons faire, il faut distinguer soigneusement ce qui est dû à une affinité primitive et ce qui vient du travail des grammairiens postérieurs. Les grammairiens latins ont contribué à perfectionner et à compléter l’alphabet de leur langue, en y transportant des lettres grecques , comme les grands écrivains ont contribué à enrichir cette langue elle-même, en y transportant des mots d’Homère ou de Platon. On comprend que ces innovations ne prouvent en rien l’origine commune des deux alphabets et des deux langues. Cela deviendra de plus en plus clair dans la suite de notre examen.

[A ce propos, on fera bien encore de noter en passant que les deux alphabets nous sont très-inégalement connus. Dès le vi* siècle avant notre ère les inscriptions grecques abondent sur les monuments, et dès-lors elles nous offrent, siècle par siècle, une ample variété de formes et de caractères. Au contraire, les monuments latins ne commencent pour nous que vers le milieu du iii* siècle avant notre ère, et jusqu'au siècle d’Auguste ils sont d’une extrême rareté. Cette absence complète ou cette rareté des documents nous prive de beaucoup de lumières sur l’histoire de la langue et de l’écriture chez les Romains *. ]

Quant à l’alphabet français , il n’est autre que l’al-

Page 1