G NOTIONS ÉLÉMENTAIRES
fief; des termes militaires : guerre^ halte, brèche, éla/)e, haubert; des termes de marine,: esquif, digue^ bac; des noms d'animaux, de plantes, de vêtements, d'ustensiles, les noms des points cardinaux *. Beaucoup de mots exprimant des idées défavorables ou superstitieuses ont la même origine : tuer, laid, haïr, haillon^ grimace; bouquin {buch, livre); rosse (ro55, cheval), lande {land, terre); grimoire, loup-garouj cauchemar. Quelques tournures tudesques même purent Lien s'acclimater en roman, mais les mots, comme les tournures, n'y pénétrèrent que par l'intermédiaire du latin, et durent, pour y avoir droit de cité, revêtir d'abord le costume romain.
Il faut remarquer trois couches dans ces importations germaniques :
1** Les mots introduits par les soldats germains au cinquième siècle ;
2° Le contingent des invasions ;
3° Les termes de provenance normande qui datent du dixième siècle*.
Mais les invasions barbares vont amener le trouble ; la culture intellectuelle cessera à peu près totalem^^nt; le latin littéraire serît supplanté entièrement par le latin vulgaire et passera à l'état de langue morte. Et encore, dans ce latin vulgaire, faut-il distinguer deux espèces : Tune, le latin populaire écrit, qui veut conserver quelque trace de correction, et qui n'aura aucune influence sur la formation de la langue; l'autre, le latin populaire parlé, qui, se transformant peu à peu, deviendra le roman, puis le français. Plus tard, nous trouvons une sorte de latin barbare, qui consiste en terminaisons latines cousues aux mots français: message, *messagium^.
1. Brachet, Dictionnaire étymologique^ Introduction. — Littré, Histoire de ia langue française, t. P', p. 103, 104.