CHAPITRE V
Sommaire. — Des dialectes dans l'ancienne langue française : la langue d'oc et la langue d'oïl; leurs subdivisions. ^ Des patois; utilité de leur étude.
Pendant que le latin subissait dans la Gaule les transformations qui en firent le roman, des changements analogues' s'opéraient pour des causes semblables dans les pays voisins, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Roumanie. Les diverses influences de race, de climat, de sol, donnèrent à ces langues leurs caractères spécifiques. En France même, cette triple influence se fit sentir dans la fcwmation du roman qui se divisa en deux langues : dans le naidi, la langue d'oc/ dans le nord, la langue d'ol7, où les mutations dn latin sont plus sensibles dans la forme et la sonorité des mots'.
Ces noms de langue (Toc et langtte d'oïl viennent de la manière différente de dire oui au midi et au nord^. Oc est le démonstratif latin hoc^ ceci. Oïl est formé de la réunion des deux pronoms hoc (ceci) et illud (cela) par la chute de la consonne médiane c. Les mêmes éléments constituent ces deux langues qui ne diffèrent d*abord que par des caractères secondaires d'euphonie.
La langue d'oc conserve encore un certain aspect latin qui la rapproche de l'italien et de l'espagnol; elle forme
1. Q^lqa«t lioguistAB font venir soing de somnium (oa somnjum) et alors le ff s'explique par l't ou j. Dans ung^ le g est également explique par ceux qui le font Ttenir de unicum, dont il remplace, dans ce cas, le c.