SO NOTIONS ÉLÉMENTAIRES
parmi le monde, et est plus délitable {délectable), à lire et à ouïr que nulle autre; c'est en français enfin que le maître de Dante*, Brunetto Latini (1220-1294) exilé à Paris, écrivit son Trésor de toutes choses (ii Livres dou trésor) « pour chou que nous sommes en Finance et pour chou que la parleure en est plus délitable et plus commune à toutes gens, »
Le français devint donc la langue à la mode, et par son développement harmonieux, par la clarté, l'ampleur, la force qu'il reçut des grands écrivains, il mérita l'éloge un peu emphatique que lui décernait plus tard un bel esprit du dix-huitième siècle : « Si on ne lui trouve pas les mignardises de la langue italienne, son allure est plus mâle;... sûre, sociale, raisonnable, ce n'est plus la langue française, c'est la langue humaine*. »
Pendant que les dialectes suBissaient tous l'influence de l'un d'entre eux, le français, et s'effaçaient devant lui, dans les petites villes, dans les villages, subsistait un certain nombre de formes romanes, qui eurent le même sort que les mots latins et s'altérèrent, par suite soit d'additions de lettres, soit de contractions, soit d'interversions. C'est l'origine des patois ' . Les patois sont donc des restes de la vieille langue*. Ainsi quand nous entendons quelqu'un dire il ataûtj nous reconnaissons la forme de la 3® personne du singulier atj avec le t étymologique, et le participe passé aût de