Dante, Enfer, ch. xv
2. Rivarol, Discours sur l'universalité de la langue française.
3. L'étude des patois est considérable et demanderait de longues années pour être complète. Beaucoup d'érudits contemporains se sont occupés de cette question, et les ouvrages à consulter ne manquent pas.
4. « Les patois plongent, comme le français, par leurs racines, dans le latin, d'où toute langue romane dérive, et dans le compartiment provincial qui les a produits. Ils répondent, autant que peuvent faire des idiomes qui n'ont plus été cultivés ni écrits depuis le quatorzième ou quinzième siècle, aux anciens dialectes de la langue d'oïl, qui furent si productifs et si florissants. Ils en tiennent la place, ils en occupent les circonscriptions et en ont gardé mainte visible trace. Beaucoup de mots, beaucoup de tournures, oubliés ailleurs, survivent dans les différents patois ; en lisant les glossaires, en eausant avec les paysans et les ouvriers, on trouve que le vieux langage est moins mort qu'on ne croyait. » (Littré, ii, 94.) — Les patois, ou leurs ancêtres, les dialectes, sont les racines par lesquelles les grandes langues littéraires tiennent au sol. {Id., ibid., 103.) -- « Il n'est point de patois si obscnr et si humble qu'il paraisse qui ne devienne précieux aux yeux do l'historien et cher à un patriotisme intelligent si nous songeons que chaque dialecte contient une portion de notre passé et représente une des facettes du génie national. ■ (M. Bréal, Mélanges de linguistique, p. 298 : Les idées latentes du langage.)
habitum. Celui qui dit : ilataut, pour il a eu, parle, dans un sens, plus français que celui qui dit il CHz-eu. Les changements phoniques que nous avons observés dans le passage des mots latins en roman se retrouvent dans le passage des mots romans en patois. Ainsi nous constatons :
i^ Des disparitions de lettres : piqueu pour piqueur^ court pour courir, arbe pour arôrcy flau pour fléau, etc.;
2® Des interversions : dreumir pour dormir, predu pour perdu;
3* Des additions : espectacle, esiérile;
4* Des contractions : gri pour quérir;
6^ Des permutations : sercler pour sarcle)*, piart^ pour pierre, lerme pour larme. Lerme dérive régulièrement de lacrima par ^intermédiaire de lairme que Ton trouve jusque dans les auteurs du seizième siècle ;
6** On diphtonguera certaines voyelles : eune pour une. Par contre on dira viu pour vieux, Diu pour Dieu.
En tous pays, les patois conservent fidèlement certaines formes du vieux langage, certains vieux mots : ainsi le latin adducere (amener) nous reste dans le patois adduire, comme inducere, conducere, nous restent dans induire, conduire; biaude ou bliaude, signifiant habit, est le roman blialt^ que Ton trouve plusiem*s fois dans la CAan^ontfeAoland (vers 303, 2172) ; c'était le vêtement qui se portait sous la tunique de mailles ou sous un manteau de fourrures :
Li antre Tont maintenant désarmé; Del dos estent ie bon osberc saiïré; Ens el hUalt est Hues deroorés.
(HuoN DE Bordeaux.)
Champeyer de *campicare, mener paître, paître; alagne (avellana) noisette; aragne (aranea), araignée; arantele (araneae tela), toile d*araignée; aime (anima), esprit; aiguë, édie (aqua), eau; acouter (auscultare), aucouter pour écouter; taule* (tabula, tab'la), table; seille (situla), seau; ouailles* (ovilia), brebis, etc.
1. L.Gautier, CAan^on de Roland, Z* éclaircissement, p. 39 i. — J. Qoiclierat, Histoire du costume en France y p. 1 39.