Encore usité au figuré
L'article est encore li^ comme en roman.
Les substantifs et les adjectifs ont des restes du cassujet : jos (coq), leus (loup); du cas-régime : voiron (vestrum), votre. Les noms ont conservé leur ancien genre : un fourmi, une serpent, une lièvre, de la poison ; âge est du féminin comme au seizième et au dix-septième siècle : t( Geste eage courante (Rabelais, Pantagruel^ V, prologue). » On le trouve féminin dans Malherbe et dans Corneille*. Affaires, conservé l'ancien genre masculin, qu'il avait encore au seizième siècle :
Afin qu'en ce soudain et important affaire n me baille conseil sur ce que je dois faire.
(Jean de la Taille, Saùl furieux, 1562.)
Tous était iuù dans Joinvilleet se d;t encore ainsi eu patois.
Les pronoms sont à peu de chose près les mêmes : ci (en roman cil) pour ce, cet; lour pour leur.
Les patois ont gardé les imparfaits en ove; quelques-uns ont même une forme de conditionnel qui se rapproche singulièrement de l'imparfait du subjonctif passif latin : je muretrains, pour je mourrais^ etc.
Ajoutons des déformations de mots venues de la néglî^ gence et de l'ignorance : zuzemin (jugement), achetta (assiette), sarraillis (serrure); ce dernier est peut-être une onomatopée imitant le grincement d'une vieille serrure rouillée.
n serait superflu d'entrer dans de plus grands détails. Ce qui précède suffit pour faire comprendre ce que c'est que les patois et en même temps pour montrer que, loin d'être, comme le prétendent quelques personnes, un obstacle qui paralyse les efforts de l'instituteur dans l'enseignement du français, il peut être un auxiliaire utile. Voici, du reste, h cet égard, l'opinion de M. Littré et celle de M. Michel Bréal :
« En wallon, can est le côté le plus étroit d'un objet: