GenSi nation, peuplade, est du féminin
DE GRAMlilAlRE HISTORIQUE. 67
tuée eur qui devient atone, et Taccent tonique passe sur le suffixe esse^ du latin itiam); chanteur^ chanteuse {suffixe féminin du latin osam). Quant h. cantatrice^ impératrice^ ils sont de formation savante {cantatricem^ imperatricem).
Le français conserva naturellement le singulier et le pluriel, et nous venons de voir pourquoi Ys est la caractéristique du pluriel. Quelques substantifs font le pluriel en JLj bien que cette lettre double ne soit pas justifiée chez eux par les lettres latines ; c'est une exception plus apparente que réelle qui vient d'une confusion entre Yn et Tx que nous avons vu équivalent de Ts. Au moyen âge on écrivait indifféremment deus ou deux (duos), am ou aux (à les). C'est par suite de cette assimilation de Ts, de Yx {es) et du z {ds^ ts) que les noms terminés au singulier par â? ou z ne prennent pas à's au pluriel.
Certains substantifs latins qui n'avaient point de pluriel en latin en ont un en français {vitrum, glaciem^ des viti^es^ des glaces). Par contre, d'autres qui n'avaient point de singulier ont maintenant les deux nombres : arma (arme et armes), gesta (geste et gestes), *minacias (menace et menaces), nuptias (noce et noces), reliquias (relique et reliques). D'autres enfin n'ont que le pluriel en français : mœurs, gens. Jusqu'au dix-septième siècle, gens et ancêtres avaient un singulier :
Oh I combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban.
(Malherbe, Ode à Mark de Médicis,)
La gent trotte menu.
(La Fontaine, m, 18.)
Ancêtre a été employé au singulier dans tout le moyen âge et jusqu'à nos jours. Ou le trouve dans Malherbe, Montesquieu, Voltaire, Chateaubriand : « Qu'importe qui puisse être ni leur père ni leur ancêtre, » (Malherbe.) — « Dieu créa une lumière qui, passant d'élu à élu. A' ancêtre en ancêtre de Mahomet, passa jusqu'àlui. » (Montesquieu.) — « C'était Justement un duc de Parme, ancêtre du duc régnant. » (Voltauie.) — « Le Père, dans la figure d'un vieillard, aw-
cêire majestueux des temps... » (Chateaubriand, Génie du christianisme^ i, 3.) Ce singulier était condamné cependant déjà par Th. Corneille.
Pleur se trouve employé au singulier au seizième siècle : « 1a pleur m'envient aux yeux. » (Jodelle, Didon^ v.) On le trouve aussi au dix-septième siècle et au dix-neu* vième siècle : « Dans ces gouffres (de Tenfer) des feux dévorants, des grincements de dents^ xm pleur éternel... » (BossuET, Sermon sur les motifs de la joie.) — « Là commencera ce pleur éternel...» (Ed., Or. fun» de Anne de Gonzague^ sub fine.)
Princes et rois, et la tourbe menue
Jetaient maint ^Uur
(La Fontaine.)
Combien vivent joyeux qui devaient, sœurs ou frères, Faire un fleur éternel de quelques ombres chères.
(V. Hugo, fexiUUi d*mtomnt, 6.)
On dit encore familièrement : verser un pleur.