Sur la transformation de Hneum en linge, v. p
3. Notre substantif /bie vient du participe latin ficatum, Littré, Dictionnaire ; Bistoire de la langue fr., i, 7; ii, 138.
Mauvais Grand
Petit
CAS-SUJET : pire (j)ejor), cas-régime: pejeur ipejorem^).
cas-sujet: maire {major ^), CAS-RÉGIME : majeur {majorem) .
CAS-SUJET : moindre {minor), CAS-RÉGIME : mineur [minorem).
Péjeur se trouve sous la forme pejurs^ dans la Chanson de Roland (v. i8î22), employé comme superlatif : « Des mielz (meilleurs) et des pejurs, » Mineur, forme savante, a remplacé menur, forme populaire.
Ce qui a fait subsister ces formes particulières pour le comparatif de ces adjectifs, c'est qu*en latin elles étaient complètement distinctes du positif.
Remarquons que maire n'est plus adjectif, mais substantif; que majeur et mineur, qui sont encore adjectifs, ont un sens particulier; ainsi on ne dit pas : un enfant mineur quun autre, une maison majeure quune cabane; mais on dit des raisons majeures, un jeune homme majeur,
H en est de môme d'antérieur (anteriorem), postérieur (posteriorem), citérieur [citeriorem), ultérieur {ulteHorem), intérieur, (interiorem), extérieur {exteriorem), inférieur (inferiorem), supérieur (superiorem), plusieurs (*plusiores fonr plurior es).
On peut ajouter aux formes comparatives qui ont subsisté comme substantifs le mot sire, qui vient de senior {plus âgé), dont le cas-régime, seniorem, a donné seigneur.
On trouve encore en roman d'autres comparatifs formés de comparatifs latins, comme :
Greignor (plus grand,) ancienor (plus ancien) :
Bons fut li secles al tens ancienor.
(Le siècle était vertueux au temps plus ancien).
{Vie de saint Alexis.) Greignur fais portet par giu, quant il s'enveiset. (Il - porte un plus grand faix par jeu, quand il se divertit.) {Ch. de Rol.y v. 977.)
i. Mieldre et péjeur ont disparu.
2. A proprement parler, maire et majeur sont les comparatifs de magne {magnus) ; grand faisait craindre et greignor ou greigneur.
Soyes loyal a ton seignenr Naturel, tu ne doiz greigneur Foi à homme...
(dits moraux de Chmtine de Visan.)
— Et li chevaliers dist que encore avait-il fait greingnour folie d'assembler tel desputaison. (Joinville, x, § 53.)
Les formes neutres des comparatifs latins de bon {melms)j mauvais {pejus)ypetîi {minus) ont subsisté : melius est dewenn miels j puis mieux, par vocalisation d7 en u; pejus a donné pis; minus, moins et le préfixe mes, mé: mésallier y mécontent.
Le superlatif français se forme par l'addition à l'adjectif simple de leplusy ou très (du latin trans *), beaucoup, fort, etc. Dans le vieux français, on se servait aussi de moult [multum^ beaucoup) pour former le superlatif : « Mult suef c pleine est la mer. [Tristan et Yseult), (Très douce et unie (plane) est la mer). — Mult granz amistiez {Ch, de Bol.,y. 29), très grande amitié. » Le roman possédait d'autres formes se rapprochant du superlatif latin en issimus, ismus, et on disait saintisme de sanctismum, pour sanctissimum, grandisme de grandismum pour grandissimum.
Pessimvs, superlatif de malus, mauvais, était resté aussi sous la forme, aujourd'hui disparue, de pesmes, avec le sens de mauvais, terrible :
Mais or les vei si dures e si pesmes!
(Mais maintenant je les (les nouvelles) vois si dures et si terribles.) (Vî'e de saint Alexis»)
Li Reis est fiers e sis curages pesmes.
(Le roi est hardi et son courage terrible >.) [Ch. de Roi, V. 56.)
Ces-formes correspondaient au superlatif absolu, et jamais au superlatif relatif . Au quatorzième siècle, ces superlatifs
1. Le tfès français qui, dans notre ancienne orthographe ne se séparait pas du radical de l'adjectif, vient do la particule irans, abrégée en ira dans quelques mots latins et dans le français trapercer (vieux français trespercer) pour transpercer. Cette particule, signifiant par-dessus^ se prèle naturellement à exprimer l'idée du superlatif. On en reconnaît la force dans trépasser, tressaillir, et dans les vieux mots français irestous, fre««Mer. (Egger, Grammaire comparée, p. 106.)