‹ Notions élémentaires de grammaire historique de la langue françaiseChapitre 51 sur 81 · S NOTIONS ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

S NOTIONS ÉLÉMENTAIRES

Les principaux suffixes diminutifs qui, en français, s'ajoutent aux substantifs, sont :

1** Aille^ du latin acida^ contracté en acla\ indique le mépris : marmaille^ canaille.

2** As^ asse^ ace {aceum) : paperasse^ populace.

3** Aud et aut (de l'allemand ald par l'intermédiaire du latin *aldum) : levraut^ lourdaud.

4° El, elfe, eau {ellum) : lionceau, chevreau, jouvencel, jouvenceau, et, avecintercalation'de et, louveteau,

5*» Et, ette (etum) ; diminution saijs idée de mépris : sachet, jardinet, maisonnette. Quand on veut marquer un degré plus petit encore, et est précédé de el : tartelette gouttelette.

6** Eulei euil {olum, eolum) filleul, chevreuil,

7<* Iche, isse {iceum) : pouliche, pelisse, caniche,

8® /w, me ; coquin, bottine.

9® 01 (olum) : cabriole.

10<» On {onem, qui cependant n'avait pas le sens diminutif) .• fleuron, ourson, raton. Ce suffixe est tantôt renforcé par m : barbillon, négrillon ; tantôt par er ; puceron, moucheron, lll vient du suffixe latin illum, illam,

ii"^ Ot, o//e (d'origine purement française) :27o/,mewo//e. On ajoute même quelquefois à ce suffixe la syllabe m ; diablotin, chevrotin.

12® l/che {uceum) : peluche,

13® [fie (ulum, ulam) : globule, principicule.

Quelques diminutifs substantifs sont formés avec des préfixes, et ces préfixes sont ajoutés môme à des verbes :

Mé, mes (minus) : ntécontent, ntécréant, nténaveixtare, ntémallier, ntémalliance.

Siuli (latin sub), dans les diminutifs de formation savante : muhdivision, muË^diviser, muM^alterne. Sub, dans les mots de formation populaire, paraît avec la forme sou; mouris, mourire, diminutif de nVe.

Sourire est un infinitif pris substantivement {subridere)\ souris vient de subrisus.

Dans les suffixes diminutifs pour les adjectifs nous retrouvons aud (finaud, courtaud) ; et, ette, (aigret, follet,

aigrelet) ; in {enfantin-, bîondin) ; ot, otte^ {vieillot) . 11 y en a d'autres, tels que :

Atre {astrum)y idée de diminution, puis de mépris : blanchâtre^ verdâtre^ douceâtre.

Ard (du germanique arrf, en bas-latin *ardum) : mignard.

On forme aussi des diminutifs dans les verbes avec les suffixes : eler (chanceler), eter (becqueter), iger (voltiger), Hier du latin illare (pendiller), iquer de icare (tourniquer), oter (vivoter), uler du latin ulare (gesticuler).

De môme qu'au moyen de suffixes, on peut former des diminutifs, c'est-à-dire des mots entraînant Tidée d'un degré inférieur à celui exprimé par le mot simple, on peut aussi, former des augmentatifs^ c'est-à-dire des mots entraînant l'idée d'un degré supérieur à celui exprimé par le mot simple. On peut les assimiler aux comparatifs de supériorité. Us sont rares; cependant les mots : campagne^ montagne j bataille^ myriade, ganache^ rapace, bonace^ criardy furibond, grandiose^ coutelas, nous prouvent l'existence de mots, substantifs ou adjectifs, indiquant, à l'aide d'un suffixe, une idée d'augmentation. Ces suffixes sont: agne, du latin agnam; aille ^ de aculum, aclum; ade, du grec ada; acke, de asciam; as y ace^ de acem; ard^ du germain ardy par l'intermédiaire du bas-latin Hrdum; bondj de bundum; ose y de osum.

On forme aussi des augmentatifs avec des préfixes, comme arcbi (du grec archi) : areUlduCy arclil/bw; byper (du grec hyper) : liypepôor^en, Ètypertrophie ; eu t euphonie; euphémisme; ces augmentatifs sont pour la plupart de formation savante.

On ne trouve pas à proprement parler d'augmentatifs dans les verbes ; cependant on pourrait considérer comme tels ceux qu'on appelle fréquentatifs : rêvasser^ grisonner ^ festoyer^ larmoyer y ferrailler y où l'on trouve les suffixes assery onnery oyery ailler.

80 NOTIONS ÉLÉMENTAIBES

Page 1