I. Voir p
î. Burguy, Grammaire de la langue d'oïl, t. 1", p. 172. Dans le récit do la
Chaque, primitivement chesque, chasque^ vient de quisquCj qui a le même sens * Chacun a été formé par Tadditien à chaque du mot un. Chacun était autrefois adjectifs aujourd'hui il est pronom : « Chacun sait que... »
Il y avait un pléonasme fort usité et qui subsiste encore dans le langage populaire de nos Jours : c'était un chacun.
Molière l'emploie souvent :
Hautement d'un chacun elles blâment la vie.
(Tartulfe, i,i,)
Et d'un chacun il doit être approuvé.
(id.. Il, 4.)
On le trouve aussi dans Corneille :
Pour moi j'aime un chacun
(La Place Royale, i, 1.)
Ce pléonasme vient de ce que chacun était considéré comme adjectif.
Certain vient du latin certuSy par l'adjonction d'un suffixe anum, ain.
Maint ^ regretté par La Bruyère*, signifie beaucoup de; il a une origine germanique ; il est manch en allemand, many en anglais.
J'ai maints chapitres vus Qui pour néant se sont ainsi tenus.
(La Fontaine, ii, 2.)
Il est encore usité dans le langage familier : mûintes et maintes fois.
Plusieurs vient de plusiores. Il a perdu le sens compa-
bataille de Poitiers, après avoir raconté la noble conduite du prince de Galles et des chevaliers anglais envers leurs prisonniers, et les facilités qu'ils leur donnèrent pour se racheter, Froissard ajoute : <i La coutume des Allemands et leur courtoisie n'est pas semblable, car ils n'ont pitié ni merci de nul gentilhomme, s'il tombe entre leurs mains prisonnier; mais ils le rançonneront de toute sa fortune, et encore plus : ils le mettront dans les liens, les entraves et les plus étroites prisons qu'ils pourront trouver pour extorquer une rançon plus considérable. ■ Il dit quelque part ailleurs : « Il n'y a rien tant que les Allemands désirent que d'avoir quelaue cause et motif de guerroyer le royaume de France, pour abattre le grand orgueil qui est en lui et prendre part aux profits de la guerre. > On dirait que ces lignes ont été écrites de nos jours.
i. M. Léon Gautier, dans son Glossaire de la Chanson de Roland, n'admet pas cette étymologie, et dit que l'étymologie véritable est encore à trouver.
2. « Maint est un mot qu'on ne devait jamais abandonner, et par la facilité qu'il y avait à le couler dans le style, et par son origine, qui est française. » (La Bruyère, De quelques usages.)
ralif qu'il avait en latin. Nous ne disons pas : Il y avait là-bas plusieurs personnes qu'ici.
Même vient de *metipsissimum^ en passant par les formes successives : *meiipsimumy médisme^ méïsme^ mécsme^ mesme.
Voir, dist Raous, encore en ocirai ; Ton cors meesme se aisément en ai^.
(Vrai, dit Raoul, j*en occirai encore et toi-mème> si cela me fait plaisir.) (Raoul de Cambraû)
En lui meîsme en est mult esguarez.
(En lui-même, il en est fort égaré.)
{Ch. de Roi, y. 1036.) \
N'ert point la terre lors arée, Par soi meîsme aportoit'.
(La terre n'était pas alors cultivée et produisait d'elle-même.)
(Roman de la Rose.)
Il s'employait aussî comme de nos jours avec la préposition de pour former la locution adverbiale de même.
Quelque est formé de quel {qualem) et de que {quem). Il s'emploie de deux manières :
1** Ou bien il est adjectif indéfini : Quelques livres^ quelques fruits; 2** ou bien il est adjectif conjonctif et s'emploie corrélativement avec que^ et est toujours suivi des verbes être^ paraître^ etc., mis au subjonctif.
Mais l'adjectif indéfini quelque ne doit pas être confondu avec l'adjectif conjonctif quel que^ bien que leur étymologie soit la même.
Quelque^ indéfini, s'emploie adverbialement devant un adjectif numéral et reste invariable. Au seizième et au dixseptième siècle, il était, dans ce cas, tantôt variable, tantôt invariable.
Quelconque vient de qualemcunque; il est toujours adjectif et marque l'indétermination de la qualité.
Tel vient de talem; on trouve dans la Chanson de Roland (v. 372, 1877, 1395, 991) itels (cas-sujet), itel (casrégime), formés par analogie d'après icist,