Id., ibid.f p
Personne vient du latin personam^ qui signifiait masque de théâtre. On sait que les acteurs anciens jouaient avec un masque sur le visage. On finit par identifier le masque avec le héros représenté, avec le rôle que jouait Tacteur, avec Facteur lui-même; et persona en vint à désigner un individu, une personne.
Personne s'emploie comme substantif et alors est féminin, soit singulier, soit pluriel. On le trouve aussi du masculin : « Quand deux personnes sont de môme sentiment, ils ne devinent point. » (Pascal, Discours sur les passions de Vamour,) Quoique féminin, il désigne indifféremment un homme ou une femme. Il est aussi pronom indéfini, et alors il s'emploie sans article et est toujours du masculin et du singulier. Il n'est négatif que lorsqu'il est accompagné de we, excepté toutefois dans les propositions elliptiques, comme nous l'avons vu pour aucun.
On vient de homo. Il fut successivement Aom, ow, puis on^, Homo étant du masculin et du singulier, on comprend pourquoi on a conservé le même genre et le même nombre. Il n'est jamais complément; c'est naturel puisqu'il dérive du cas-sujet homo. Il est du féminin, par syllepse, lorsqu'il désigne évidemment une femme : « On n'est pas toujours jeune et jolie. » On le trouve quelquefois déterminé par un qualificatif :
De tous vos façonniers, ou n'est point U& esclaves.
(Molière, Tartuffe, i, 6.)
On remployait avec ou sans article. Nous conservons l'article lorsqu'il faut éviter une consonnance désagréable : Ce que Ton conçoit bien s'énonce clairement.