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ilO NOTIONS ÉLÉMENTAIRES
En roman on trouve aussi la forme aveir * :
Quatre cens mille chevaliers pois aveir.
(Quatre cent mille chevaliers puis avoir.)
(CiL de Roi, V. 563.)
Le participe présent ayant vient de habentem par la chute du b. Le participe passé eu vient de habitum, par l'intermédiaire de avut^ aût, eu. On le trouve dans la Chanson de Roland sons là forme oûd{\evs 267) et oût (vers 864).
L'indicatif présent vient directement du latin, de même que l'imparfait, le prétérit, et le subjonctif présent. Nous remarquerons que, fidèle à l'étymologie, le roman ne mettait pas d's à la première personne du singulier et conservait le t de la troisième. Ce t est quelquefois remplacé par unrf.
Le futur aurai vient de habe^^e kabeo. L'infinitif roman était aveir ou aver; ce qui donnait yaver ai^ puis yavr* ai, qui par vocalisation du v en u est devenu la forme actuelle. Le conditionnel se forme régulièrement : j'avérais, j'flvr' ais, y aurais : « Je ne le lairoie tant que il Vaveroii
tout fait. » (JOINVILLE, LX, 300.)
L'imparfait du subjonctif se forme, comme dans les autres verbes, du plus-que-parfait du subjonctif latin. Habuissem devenu aûssem, par la chute de Vh et du b, a donné eusse. 11 existe sous la forme oûsse dans la Chanson de Roland :
Se il fust vif, jo Voùsse amenet.
(S'il eût été vivant, Je l'eusse amené.)
(Vers 691.)
Il y a en français quatre conjugaisons comme en latin ; mais elles ne se correspondent pas exactement : si notre première conjugaison en er correspond à la première du
1. « OtV est la Jérivation régulière de ëre dans le dialecte de l'Ile-de-France et de la Bourgogne ; en Normandie, ëre avait produit eir ou même er. * (Cha- BANEAU, p. 110.)
DE GRAMMAIRE HISTORIQUE. lil
latin en are^ notre seconde en ir correspond à la quatrième latine en ire^ notre troisième en ow à la deuxième latine en ëre (ë long), et notre quatrième en re à la troisième latine en ère (ë bref).
La première conjugaison compte 3620 verbes. Elle comprend :
i** Des verbes venant de la première conjugaison latine en are : aimer de amare; chanter de cantare ; sauter de sa//are, etc.;
2** Des verbes en ère qui s'y introduisent à partir du quatorzième siècle par dérivation savante :
a) en ëre (2** conjugaison latine), ë long, absorbêre^ absorber;
è)en ëre (3' conjugaison latine), è bref, téxëre, tisser; imprimêre^ imprimer.
Le latin populaire n'observa pas toujours les règles de l'accent tonique; il en résulta que certains de ces verbes sont devenus en français des verbes de la première conjugaison. Ainsi persuadëre (persuader), devrait donner persuadoir comme movëre, mouvoir, solëre, souloir*. Affligërey imprimëre, ont donné en violant les règles de l'accent tonique affliger, imprimer. Cela vient de ce que ces verbes sont de formation savante. Ainsi imprimëre a donné par dérivation savante imprimer, et par dérivation populaire empreindre (imprimée); gémëre^ qui a donné gémir par dérivation savante, a donné geindre {gem're) de dérivation populaire*.
Tousser est le seul verbe de la première conjugaison
française qui appartienne à la quatrième conjugaison latine.
il vient de tussire^ et jusqu'au seizième siècle a été tussir,
La deuxième conjugaison (350 verbes) dérive ;
1** De verbes en ire (4® conjugaison latine) : audire,
ouïr;
2^ De verbes en ëre (2* conjugaison latine) : florërcj fleurir;
1. Souloir signifie avoir coutume : ■ Selon ce qua je «ou/ot>. » (Gerson.)— • « Dont il souloit passer. ■ (La Fontaine.)