GRAMM. HIST
lié NOTIONS ÉLÉMENTAIRES
vient du cas-régime antem. S'il venait du cas-sujet, il serait ternniné en e muet (in fans ^ enfe). Nous remarquons que celte terminaison en antem est celle du participe de la première conjugaison qui a éliminé celle des autres qui était eniem et aurait donné ent.
Dans les premiers temps de la langue, le participe présentprenait s au cas-sujet masculin.
Jusqu'au dix-séptième siècle, le participe présent s'accorde en genre et en nombre. La grammaire générale de Port-Royal (1660) voulut (chap. xxu) que le participe présent indiquant une action restât invariable, et c'est en 1679 que l'Académie française a décidé que le participe présent serait indéclinable.
Quant à la construction du participe présent avec la préposition en, elle remonte au latin et correspond au gérondif en do précédé de la préposition m.
Le participe passé obéissait à la règle de 1'^ comme l'adjectif ou le substantif. Au cas régime singulier, dans les quatre conjugaisons, il était terminé par un t ou un d. Ainsi le participe présenté s'écrivait présentée ou présen-tedj d'où le féminin : presentete ou presentede. Cet usage dura pendant tout le treizième siècle, quoique, à partir de 1250 environ, on trouve des exemples de sa suppression:
La vint corant comme femme forsenedej Bâtant ses palmes, cridant, eschevelede.
(Vie de saint Alexis,)
(Elle vint courant comme une femme qui a perdu Tesprit, frappant des mains, criant, échevelée^.)
L'accord du participe passé avec le régime n'était pas soumis aux mêmes règles qu'aujourd'hui; jusqu'au quinzième siècle, la place du complément était tout à fait indifférente.
i. Aubertin, Textes^ p. 11.
Du temps de Marot (1495-1544), elle paraît commencer à s'établir :
Enfants, oyez une leçon:
Notre langue a cette façon Que le terme qui va devant
Volontiers régit le suivant
Et ne faut point dire en effaict ; Dieu en ce monde les a faict^ Ne nous a faict pareillement, Mais nous a faicts tout rondement.
n y a eu dans notre langue deux .couches de participes passés : les uns qu'on a appelés participes fortSj intensifs, de première formation^ étaient terminés par une consonne; les autres appelés participes faibles^ ou extensifs ou de seconde formation, dérivent des premiers. Les participes forts ont disparu de la conjugaison, mais plusieurs d'entre eux sont restés comme substantifs, surtout comme substantifs féminins. En voici quelques-uns* :
Participes latÎDs.
1" forme (forte) restée V comme substantif.
(l'° conjugaison latine)
' forme (faible) restée comme participe.
implicitam, explicitum,
emplette, exploit,
(2« conjugaison latine)
employée; éployé;
môtam,
meute,
mue;
emôtam,
émeute.
émue;
tôrtum.
torse',
tordu ;
intôrtamy
entorse,
responsam, debitam^
réponse, dette.
répondue; due;
(3® conjugaison latine)
defénsam^
défense.
défendue;
téntamj
tente,
tendue;
i. Nons empruntons celte littte à la grammaire de M. Drachct. 2. Par l'intermédiaire de l'italien iorso.
rédditaniy
rente,
rendue;
péndiiam,
pente,
pendue ;
suspénditam^
soupente,
suspendue;
vénditam^
vente,
vendue;
pérditam^
perte.
perdue ;
quaésitamy
qaêle,
requisitam,
requête,
requise;
inquisitam^
enquête.
enquise;
conquisitam^
conquête,
conquise;
recéptanij
recette.
reçue;
punctam^
• pointe*.
pointue ;
cursam^
course.
courue;
ruptanij
route.
rompue ;
electam^
élite.
élue.
Le substantif source et son composé ressource viennent du participe du verbe sourdre {sûrgëre).
Du reste beaucoup de substantifs viennent de participes qui sont encore employés comme substantifs : un ditj un fait^ un reçu, un réduit j des allées et venues; une contrainte^ une destinée^ une découverte, une issue, une sortie^ une pensée^ etc.