Egger. Grammaire comparée^ p
122 NOTIONS ÉLÉMENTAIJ^ES
lors (illa hora), puis (post), quand (quando), demain (de mane). Ce dernier adverbe nous a donné le substantif lendemain : i° par addition du suffixe en, venant de la préposition in; 2* par prosthèse de Tarticle le *, qui s'est soudé au mot de manière à nécessiter la répétition de l'article : le lendemain. Dans la vieille langue on trouve Vendemam : « Ensl séjourneront en cel palais Tendemain. » (Villehar- DOUiN, 136.) — Huij de hodie (hoc die, ce jour) a formé aujourd'hui^ pléonasme qui signifie au jour de ce jour. Il était employé seul anciennement : « Com raconte IL évangiles dW. » (Maurice de Sully*.)
Remarquons les expressions romanes anquenuit (banc noctem, cette nuit) et anuit (hac nocte) employées dans le sens de aujourd'hui :
Avrai-je, damme, anquenuit dou relief...?
(Aurai-je, dame, aujourd'hui des restes...?)
{Amis et Amiles,)
C'est évidemment une trace de cette habitude gauloise signalée par César', et commune à tous les peuples indoeuropéens de calculer le temps par le nombre des nuits*.
D'autres adverbes de temps sont, comme aujourd'hui^ formés de plusieurs mots français déjà dérivés de mots latins : maintenant (main tenant, manu tenente), bientôt (bien, tôt), aussitôt (aussi, tôt), quelquefois (quelque, fois; ancien français : feis^ fes^ ves du latin vicé)^ autrefois (autre, fois, altéra vice), ensuite {en suite), désormais (dès, or de hora^ mais de magis)^ tantôt (tant, tôt), déjà (dès, jà, qui vient dejam). — Jamais (jam magis) ; jawia/s était remplacé dans l'ancienne langue par unkes^ unches^ oncques (unquam) :
Unkes nuls hum tel chevalier ne vit.
(Jamais on ne vit tel chevalier.)
{CL deRoL, v. 2888.)
— (( Si grand duel (deuil) en mena, que de dous jours on