Aubertin, Choix de textes, p
nonobstant (du latin non obstante, n'empêcbant pas), suivant (de suivre), touchant (de toucher).
Le participe passé a donné attendu (de attendre^ avec le sens du latin attendere, faire attention h) ^excepté, ci-joint ^ vu, hormis (composé de hors et de mis).
Notons le mot re^ {rasuSj de radere, effleurer, raser), qui est resté dans l'expression rez-de-chaussée, local qui est au ras de la chaussée.
Outre les prépositions proprement dites, il y a plusieurs expressions composées comme vis-à-vis, autour de, à F égard de, au travers de. C'est ce qu'on appelle des locutions prépositives; chacun des mots composant cette locution perd sa valeur individuelle, et cet ensemble de mots ne rappelle plus qu'un seul rapport entre deux objets : Vis-à^vis {visu^ ad visum) signifie face à face, vis voulant dire visage dans l'ancienne langue : a Cors ad muit gent e k vis fier e cler, » il a le corps très beau et le visage fier et clair. [Ch. de RoL, v. 895.) Aw/owr de est évidemment composé de à fe tour de, etc.
Le nom même de conjonction {conjunctio, de conjungere, unir avec) indique suffisamment le rôle qu'elles jouent d'ordinaire. Ce sont des mots qui expriment la nature du rapport que nous concevons entre deux propositions. Elles ont donc, entre deux jugements, le même rôle que les prépositions entre deux idées d'un même jugement. Elles donnent non pas seulement une sorte de liaison au discours, ce que font aussi les prépositions et le verbe, mais elles désignent un rapport déterminé entre deux propositions, lequel rapport peut être aussi bien une idée de liaison, qu'une idée de séparation, d'exclusion. C'est ce qui a fait diviser les conjonctions en copulatives et disjonctives : copulatives, celles qui servent à unir ensemble les propositions et les pensées qu'elles expriment; disjonctives, celles qui, dans le même temps qu'elles unissent les propositions, servent à diviser le sens ; quoique leur effet soit de diviser les choses et les personnes, ou plutôt de les distinguer les unes des autres, filles n'en servent pas moins
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à lier entre elles les diverses parties de la phrase ; ce qui leur a fait conserver le nom de conjonctions.
Pour étudier historiquement la formation des conjonctions françaises, nous les diviserons en deux groupes : les simples^ celles qui sont exprimées par un seul mot français; les composées, celles qui le sont par plusieurs.
Les conjonctions simples viennent :
I. D*un seul mot latin : et de et; ni de nec : on employait autrefois ne pour ni :
Ne du tout fol, encore ne sage...
Je n'ay ne cens, rente, Ji'avoir.
(Villon t.) — Ne plus ne moins que la statue de Memnon...
(Molière.)
Ou vient de aut; si de l'adverbe sic; que du relatif çtiod et de la conjonction quam; donCj peut-être de ad tune * ; quand de quatido; mais de Tadverbe magis qui signifie plus^ sens qu'il avait dans la vieille langue et qu'il a conservé dans la locution nen pouvoir mais et dans désormais. Il était remplacé, pour son sens actuel, en vieux français par ains, aussi regretté par La Bruyère.
Ains ou einz venait de ante; il eut deux significations :
1** Le sens étymologique de avant :
Une einz ne pois ne fut si forz e fière.
(Jamais amnt ce temps^ ni depuis lors, on n'en vit d'aussi forte ni d'aussi fière.)
(a. de Roly\. 3394.)
Ainz que t'oiisse si'n fui molt desirrose; Ainz que nez fusses si'n fui molt anguissose. (Avant de t'avoir, je t'avais tant désiré ; avant que tu fusses né, je fus si remplie d'angoisses '.)
(Vie de saint Alexis.)
2^ Le sens de mais :
Einz i ferai un poi de legerie.
(Afais j'y ferai quelque folie.)
{Ch. de Rol,y, 321.)