‹ Notions élémentaires de grammaire historique de la langue françaiseChapitre 75 sur 81 · JOINVILLE · texte numérisé non relu

JOINVILLE

Or, du substantif hora que nous avons déjà vu dans désormais^ dorénavant (d'ores en avant).

II. De plusieurs mots latins : aussi de aliud sic; comme de quo modo. Comme s'est aussi employé pour comment : u Je ne puis comprendre comme ^ dans sou quatrième acte, il lui faut achever les enchantements en place publique. » (Corneille, Examen de Médée.)

Comme y fournirez-vous quand il aura vingt ans ?

(Malherbe.) Albin, comme est-il mort?

(Corneille^ Folyeucte^ ui, 5.) Comme a-t-elte reçu les offres de ma flamme ?

{Id.y Vompie, iv, 3.)

Car de jware, avait deux sens : l'un, étymologique, par laquelle chose, c'est pourquoi : « Sire, car noz menez (CA. de RoL, v. 358) ; l'olifant car sunez(v. 1059); ne savoir ni car ni comment » ; l'autre est celui qu'il a encore de nos jours : « Cûrnelur valt nient (v. 1840), cap cela ne leur sert de rien. » Il s'écrivait aussi quar et kar. Dans Joinville, on le trouve pour que : teix car^ telles que (n, 10); il fu si loiaus car envers les Sarrazins^ il fut si loyal qu émets les... (cxlvii, 764).

Les conjonctions composées viennent de deux mots français déiivés eux-mêmes du latin : Cependant^ de ce et de pendant ; c^esl-k'dire pendant cela^ pendant ce temps: « Ce temps pendant^ Patelin vient aux entremets. » (Et. Pas- OUIER, Recherches^ vn, 59.)

Cependant que mon front au Caucase pareil

(La Fontaine, i, 29.) Cependant que chacune, après cette tempête, Songe à cacher aux yeux la honte de sa tête.

(Molière, l'Etourdi^ y, 14.) 1. AubOiain, Choix de textes^ p. 67.

De nos jours il est peu usité dans te sens et signifie plutôt toutefois^ néanmoins. Toutefois vient de toutes et de fois pour voies; il est en vieux français toutes voies. Néanmoins, qui signifie ne pas moins, est composé de néant et de moins. Néant vient de *necentem et a le sens de n'en, nullement ;i\ était nient avec ces deux sens dans la Chanson de Roland (vers 787, 1600, — 327, 397) et dans Join ville (cxii, 578) : (( Vous vous traveilliés pour nient. » C'est de ce mot néant que viennent fainéant (qui ne fait rien) et anéantir (réduire à rien).

Lorsque v'ent de lors^ et de que; puisque de puis et de que. Ces deux conjonctions s'écrivent et se prononcent aussi en deux mots : lors donc que^ puis donc que.

Puis donc qv.*oa nous permet de prendre.

Haleine

(Racine, les FlaideurSt m, 3.)

Plutôt est formé de plus et de tôt; quoique^ des relatifs quoiei que; afin que, de rf, /în, que; on dit quelquefois à seule fin que,

Vinterjection est un mot qui exprime avec rapidité un sentiment ou une idée, et qui ne se rattache aux autres mots par aucun lien grammatical. De là le nom d'interjection {interjection de inter et jacere^ jeter entre), mot que l'on jette au milieu du discours*.

Plusieurs grammairiens regardent les interjections comme les mots par excellence, comme la partie primitive et principale de cet ensemble de signes qui sert à communiquer au dehors tout ce qui se passe dans notre intérieur. Ce sont peut-être les premiers mots articulés dont les hommes se soient servis, et, maintenant, Tinterjection peut être considérée comme une sorte de terme elliptique, qui, joint à certains gestes, à certains tons, supplée à des phrases entières qui exprimeraient la douleur, le mépris, Pétonnement : ah! oufl hé! fi! « C'est incontestablement, dit A. Tburot dans sa traduction de

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