I. 1 ATTRACTION
son intérêt en lutte contre les institutions sociales l’entraîne au désordre, il éprouve un dis? chirement intérieur cjui est comme un dernier hommage rendu à sa véritable destinée.. Ce sentiment porte ordinairement le nom de conscience, ou encore de notion du. bien et du mal ; mais il est clair que ce n’est pas une notion j car, selon les interpréta tions des temps et des lieux , elle commande les choses les plus contradictoires : c’est donc un entraînement instinctif, une passion ; mais c’est la plus haute de toutes, puisqu’elle seule donne une portée morale à nos actions : elle va plus loin encore. Del’àmour du bien en lui-même au sentiment religieux, il n’y a qu’iin pas, ou pluôt c’est une meme chose. Elle fait donc l’homme religieux et moral. .N’est-ce pas assez dire que c’est la passion des grandes âmes; de celles qui aspirent au bien avant tout et par-dessus tout; de ces Christs de la vérité qui guident l’humanité dans sa route? Elle est la source des hautes inspirations et des sublimes dévouem.ents. C’est elle qui explique en entier le mot si profond d’un moraliste : Les grandes pensées viennent du cœur. Fourier l’a marquée de son sceau de mathématicien et d’artiste en la désignant sous le nom A'aspiration a tunité. Ne représente-t-elle pas, en effet, l’aspiration la plus vaste, la plus huma-
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nitaire de notre nature, et par conséquent ne porte-t-elle pas le cachet de la plus religieuse unité? Ne résume-t-elle pas en un seul sentiment tous les besoins et tous les développements sociaux ?
En un'mot, VUnitëisme est la passion culminante de l’humanité: elle en guide la marche; elle absorbe les nationalités hostiles et étroites dans la fraternité universelle : la constitution de l’unité pacifique du globe est aujourd’hui la tendance supérieure et commune des religions et des philosophies.
Réunissons sous un coup-d’œil l’ensemble des passions.
\ Tendance à la santé 1 au luxe et aux / jouissances des
'Goût,
Ouïe,
Odorat,
Vue,
Tact.
Amitié, j majeur, I
Amour, j mode \ groupes.
Famillisme. I mineur, ) 8 Cabalisme, j tendance aux sd - Composite, t ries Papillonne. )
AnjbHj 0 ». jtendance
Tous les hommes ont toutes les passions , mais non au même degré : la dominante donne le ton général et fait le titre caractériel. Quelques-uns n’ont pas dépassions domi-
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liantes : ce sont les caractères sans individualité; d’autres en ont plusieurs, deux, trois, quatre. En général, la puissance d’un caractère est en proportion du nombre et de l’espèce des passions dominantes. La dominante influe sur toute la gamme passionnelle; lui imprime son cachet, détermine des associations et des fantaisies innombrables; et enfin, ramène tout à elle. Chez les femmes, par exemple, où les affectives mineures sont en dominance, tout s’empreint de la couleur sympathique: la religion, les arts, le luxe convergent sont Xamour ou le famillismc. Les sensitives sont les passions qui se développent les premières dans un homme comme dans une nation; Y aspiration à Y unité marque, au contraire, sa phase la plus haute.
On pourrait dire, peut-être, que l’Italie a, pour dominantes, les passions sensitives; L’Angleterre les distributives : cabaliste, composite (patriotisme) et l’ambition; et la France, les affeetives avec l’Unitéismèen voie d’accroissement. Dans François 1 er dominèrent surtout les sensitives ; — dans Henri IV, les affectives ; — dans Louis XIV, les passions de rivalité et de mouvement ; ■—dans Charlemagne, l’ Unitéisme.
Toutes les passions peuvent produire, lorsqu’elles sont mal dirigées , les plus funestes