‹ Notions élémentaires de la science sociale de FourierChapitre 12 sur 34 · I, 1 ATTRACTION · texte numérisé non relu

I, 1 ATTRACTION

effets. C’est ce que Fourier appelle le mode subversif. Il résulté, non de là nature même de la passion , mais dés conditions fausses dans lesquelles l’esprit ignorant de la loi la place. Le mal peut venir de trois causes principales : ou Bien la passion comprimée, arrêtée dans son essor, résiste, amassé peu a peu ses forces comme un fleuve dont on barre le passage,' puis tout à coup s’élance , brise l’obstacle et jette la ruine autour d’elle ; ou bien une passion est lancée sans frein , sans équilibre, comme lorsque des déclamations fanatiques enflamment les passions religieuses et lès entraînent à l’assassinat; ou bien enfin, l’intelligence se méprenant'sur les véritables tendances de là passion, parvient à la dévoyer;'alors se produisent ce que Fourier appelle les récurrences passionnelles ; ç’està-dlrè que des inclinations anormales, subversives dé l’ordre se manifestent, entraînent et égarent l’homme, et en font un ennemi permanent de l’ordre général. De ces diverses causes naissent là guerre, je vol, l’assassinat, la prostitqtipn, l’oisiveté , le jeu ', la débauche, etc.

1 On trouvera dans les ouvrages de Fourier des travaux d’analyse sur les effets subversifs des passions, auxquels on dpnne ordinairement le nom de passions mauvaises par confusion de ja cause avec l’effet,-tels

l’ATTRACTION. 7X

On petit’ dire que la puissance clés passions en mode subversif correspond à leur puissance en mode harmonique. La passion religieuse, par exemple, la plus importante des attractions humaines, n’est-elle pas celle qui, mal dirigée, a produit dans le monde les plus sanglantes catastrophes?...

La somme des attraits compose Y âme humaine en donnant à ce mot la signification de Vanimus des Latins. L’homüiè, cdmménous l’avons déjà dit, ii’àgit jamais que par une impulsion passionnelle : leur tendance commune se résume dans la recherche du bonheur. Pour compléter cette étude psychologique , il faudrait y ajouter une analyse de l’intelligence {mens), qui embrassât et les facultés générales de comparaison , jugement, mémoire, analogie, généralisation, etc., et-les aptitudes spéciales qui correspondent aux mille fonctions de la viepublique etprivée. Les bornes de ce travail he nous permettent pas d’aborder cette face de la philosophie. Qu’il nous suffise d’avoir restitué sa véritable place à l’élément passionnel et d’eh avoir esquissé les principales lignes. Nous allons rechercher maintenant la loi d’ordination dés attraits pbur en faire l’application aux sciences sociales, sont le jeu, l’avarice, ia débauche, là colère, etc. Notre cadre ne nous permet pasde l’entréprendre ici.

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