CHAPITRE III
La Série,
Omnia per scalam quamdani ad unitatem ascendunt.
Parîiénide et Platon.
Deux ordres successifs régissent l’existence De l’homme, des humains, de la terre et du ciel. Toutnaît, tout vit, toutmeurt; mais toutest éternel : L’ombre fait le tableau, l’erreur fait la science. La nuit de la nature indique le réveil :
La comète est l’enfance errante, échevelée,
La planète est la vierge à l’hymen conviée, Compagne heureuse du soleil !....;
J. Joubnet.
Étude de la Série.
Nous avons établi que Y Attraction était le moteur universel des êtres, et que son inflencc dominait les destinées du monde moral aussi bien que celles de l’univers physique. Nous ayons, en outre, constaté dans lame humaine, en dehors des attraits, l’existence d’un principe de pondération et de calcul dont le rôle doit consister non à combattre, mais à régulariser
l’essor des passions, à déterminer leurs conditions d’équilibre entre elles et avec les objets extérieurs qui les sollicitent.
L’ensemble de ces conditions nous paraît devoir être revêtu d’un caractère tellement scientifique, que nous n’hésitons pas à le nommer loi d’ordination des forces passionnelles; car, suivant que ce tte loi aura été plus ou moins justement calculée et mise en œuvre, l’ordre ou le désordre jaillira de la passion, qui toujours influe souverainement en bien ou en mal sur la vie individuelle et sur la vie sociale.
Or, de la même manière qu’il nous a fallu remonter jusqu’au principe général du mouvement, pour découvrir la nature du mobile passionnel; de même, pensons-nous, c’est seulement dans les lois de l’ordre universel que nous pourrons découvrir cette précieuse méthode d’ordiuation des attraits.
En effet, l’unité de force impulsive dans toutes les sphères du mouvement implique unité de volonté et d’action dans la cause dirigeante ; et Y unité de volonté divine, toutepuiDsantc, et ne pouvant être par là même subordonnée à aucun obstacle de temps ou de lieu, entraîne Vanité de bat. L’ensemble de ces unités métaphysiques, étroitement enchaînées entre elles compose Vunité générale de système dans le gouvernement dû monde.
Observons que, dans toute autre hypothèse, il ne pourrait y avoir de science, de religion et de philosophie unitaires. Les lois niathéma-, tiques, p;ir exemple, ne seraient vraies qu en certains cas et dans de certaines limites; la puissance attractive se trouverait brisée çà et , là dans la sphère de son aotion ; et l'existence de Dieu lui-même impliquerait contradiction, puisqu’il deviendrait impossible de concilier avec l’inchoérence et la duplicité qui semanifesteraient partout, le sentiment de Punité absolue, immuable et sans bornes qui est le fondement de notre croyance religieuse.
Nous pouvons donc avancer à priori que l’univers, émanation d’un seul principe toutpuissant,
Ne se meut, que par un seul ressort ;
Résume tout son travail de combinaison et d’ordre dans un seul procédé ;
• Jléalise dans son action incessante un seul but.
. Les,- deux termes extrêmes de cette trilogie nous sont connus.
Le ressort, nous l’avons nommé attrait.
Le but ne saurait être, par rapport à l’individu , que son développement complet et normal, par rapport à l’ensemble ; que l’agencemcut harmonique des êtres.
II nous reste à découvrir le procédé qui réalise cet ordre général, afin de pouvoir l’appliquér aux travaux qui composent la fonction humanitaire sur le globe.
A tous ses modes de manifestation, la vie nous apparaît comme un phénomène demou^ vement complexe et mesuré; Nous venons d’en signaler l’agent permanent dans cette vertu intime qui pousse chaque êtreet chaque molécule vers un but providentiel ; quant à son premier principe, il se perd dans le sein de Dieu. Nous devons donc nous borner à saisir l’évolution vitale sous son aspect extérieur.
L’évolution de chaque être, quel que soit son rang 1 , repose essentiellement sur deux bases : 1° réunion et assimilation de parties pour former une individualité distincte; 2° continuité temporaire de l'être, par une suite de transformations insensibles. La série constitue donc le fond de ce double travail, savoir : série d'agrégation de parties et série de continuité. La première se déroule sur l’espace, et la seconde sur ]é temps. Développons cette donnée.
Tout être est évidemment formé d’un certain nombre de parties unies - lés unes aux autres, et s’individualisant par l’action d’une loi de proportionnalité hors de la quelle rien