‹ Notions élémentaires de la science sociale de FourierChapitre 14 sur 34 · SÉRIE · texte numérisé non relu

SÉRIE

de distinct ne saurait être. L’intelligence humaine n'a jusqu’à ce jour constaté cette loi que par ses résultats, sans avoir pu pénétrer plus intimement dans son mode de virtualité.

L’agrégation des parties est donc le premier phénomène de la vie individuelle. Mais là, ne s’arrête pas la série dans l’espace.

Aucnn être ne vit isolé, indépendant, se suffisant à lui-même; c’est au contraire par une communion permanente avec d’autres êtres faisant comme lui partie d’un ensemble plus général, qu’il développe sa personnalité et y persiste. Des uns il a reçu la vie, par les autres il la soutient. Cette mutualité de services constitue un second mode d’existence pour l’individu, et le rattache à la vie universelle par un, lien non interrompu de soli-r darité progressive.

Le phénomène que nous signalons est d une telle évidence qu’il nous suffit de l’indiquer.

Donc, l’enchaînement des parties aux parties pour jormer des tous individuels ou unités simples ; et P enchaînement des tous aux tous pour former des ensembles ou unités composées, ou, en deux roots, la série dans l'espace est la base de lois de la vie. Passons à la série dans le temps.

La vie de chaque être offre un caractère dé continuité dont la valeur est en proportion du

nombre et de cohésion de ses parties, et plus encore, de la fonction qu’il doit accomplir dans la vie de l’ensemble auquel il se rattache.

Chaque anneau de cette chaîne harmoniquement uni au précédent et au suivant, par transitions insensibles, forme la përsonnalitê continue de l’être. Toutefois son identité estelle absolue ' ? Tant s’en faut: nous avons établi, au contraire, qu’un mouvement de transformations successives que leur étroit enchaînement empêchait de saisir sur-le-champ , mais qui n’en sont pas moins réelles, la combat sans cesse. Enfin, deux transformations intégrales qui portent les noms de commencement et de fin, ou de naissance et de mort, limitent l’évolution individuelle et à la fois, par un phénomène analogue à celui des séries d’agrégation entre elles, la rattache h une série continue d’un ordre plus général. Ainsi, la vie de l’homme, par exemple, constitue une unité de temps, qui, par la naissance et la mort, s’engrène dans' une série temporaire dont chaque génération n’est plus qu’un anneau, et qui, de proche en proche, remonte sans solution jusqu’à la souche, et descend jusqu’à l’extinction de la famille; puis s’em-

1 II s’agit ici, bien entendu, de l'identité physiologique ; et nullement de celle de l’âme, contre laquelle Fourier n’a jamais émis le moindre doute.

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branche sur la vie.de la nation , et par elle sur le tronc humanitaire tout entier. La série àe^ontinaité n’est, comme on le voit, que la seconde face de la série (V'agrégation.

. Çonc le procédé sériaire est la formule la plus synthétique de l’évolution vitale à tous ses degrés.

Mais si le lecteur a bien saisi notre pensée, il doit comprendre que la série n’est pas seulement numérique, mais encore fonctionnelle.

Eu effet,, je ne constate pas seulement qu’un arbre, par exemple, est la réunion d’un certain nombre d’éléments, racines, tronc, branches, feuilles, etc. différant par le nombre et la forme; mais encore, que ces éléments contribuent chacun dans sa mesure à la vie normale de, cet arbre. Non-seulement je découvre que l’homme est une unité collective, résultant de la sériation de plusieurs organes, systèmes .et facultés; mais encore que chacun de ses organes joue un rôle, accomplit une fonction déterminée dans l’évolution totale de l’être. Ét enfin,, que non-seulement les degrés successifs de collectivité humaine, famille, nation, espèce, composent des unités sériaires en ce sens qu’eljes embrassent un certain nombre d'individus humains unis entre eux par 1.1 Similitude de nature; mais encore que, danslo développement d'activité qui résumé

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