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révolutions? Quelle autre science pourrait substituer aux hiérarchies factices que les réactions violentes ont brisées, la hiérarchie réelle, éternelle, que la main de Dieu a établie entre les êtres pour les entraîner passionnément à l’harmonie générale ?
Au bruit des foudres révolutionnaires, le pauvre s’est proclamé l’égal de son ancien maître, tout homme est devenu libre ; mais, nous l’avons déjà dit, la liberté est le moyen et non le but. Si elle n’aboutissait qu’à isoler les hommes, elle ressemblerait au souffle del’ouragan, qui émiette le sol de la plaine, le soulève en tourbillons brûlants, puis le laisse retomber plus sec et plus stérile. Ainsi notre dissolvante liberté aurait dépouillé les grands sans profits pour les petits. Le prolé taire abandonné à sa faiblesse, ou enchaîné de nouveau au riche par la faim, tomberait plus bas qu’il ne fut avant; car sa prétendue dignité de citoyen ne serait qu’une souffrance morale ajoutée aux souffrances de son corps.
En un mot, si un nouveau contrat, basé cette fois sur les droits légitimes de tous, 11 e vient pas réunir ce que le temps et les révolutions ont violemment séparé, c’en est fait des destinées du monde.
Malheur au peuple dont l’économie publique reposerait sur l’axiome impie : Chacun
HG THÉORIE CÉNÉRM.E
chez soi, chacun pour soi ! Ce trivial enfant île l’égoïsme ne traîne à sa suite que misère et dégradation! Il faut que la loi d’amour et de fraternité s’accomplisse, ou que notre vieil hémisphère s’abîme au milieu des convulsions , du suicide!...
Heureusement voyons-nous se développer chaque jour davantage les germes rénovateurs de l’Association. Rien de grand ne se fait aujourd’hui qui n’en porte l’empreinte. Les gouvernements constitutionnels, associations des trois forces politiques autrefois ennemies; les limons douanières, associations de commerce international ; les compagnies d assurances, associations de garanties réciproques; les sociétés de patronage, d’émulation, d’encouragement, etc. associations d’intérêts et de goûts : tout décèle que le besoin et le sentiment de l’union grandissent chaque jour.
Dans les études spéculatives, la constitution d’une synthèse générale par l’association des diverses sciences, semble le but commun auquel tendent tous les esprits éminents de notre siècle, quel que soit le domaine spécial de leurs recherches. Les uns découvrent les germes d’association qui rattachent ies unes aux autres toutes les sciences physiques. D’autres s’efforcent d’unir la philosophie a la
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religion et aux études physiologiques. D’autres encore associent la religion à la politique. Enfin, du milieu de ce concert de travaux, de lumières et d’aspirations, un homme, grand entre tous, a été suscité par la Providence pour enseigner au monde les lois saintes de l’Association universelle : pour révéler, avec une précision merveilleuse, les secrets de ce sublime Evangile qui doit transformer la terre et ouvrir à l’humanité une ère de splendeur inouïe!...
Car Fourier n’a pas seulement posé avec exactitude la question sociale, il en a encore étudié au point de vue pratique les questions diverses.
Les éléments généraux d’association envisagés sous le rapport de la production matérielle se réduisent, avons-nous dit, a trois : Le capital, le travail et le talent. Quelques mots d’explication d’abord sur chacun de ces termes.
Le Capital. *
Toutes les valeurs naturelles ou artificielles avec les signes qui les représentent, constituent le capital. Mais il y a une distinction importante à établir ici. Faire rentrer tout le capital de quelque nature qu’il soit, dans l’association, ce serait supprimer complètement
le droit de possession individuelle et aboutir à la communauté. Deux parts doiven.t donc être faites : les terres, les édifices d’utilité ou publics, les valeurs commerciales, et aussi, les instruments de travail : machines, métiers, outils, matériel de toute sorte : voilà le capital d’association. Les titres de propriété, les nieubles, le logement, le numéraire et tous les objets d’utilité ou de fantaisie, peuvent demeurer objets de possession personnelle. Chacun en jouit, les vend ou achète, les échange et les transmet à sa fantaièie.
La propriété immobilière et les valeurs industrielles et commerciales subissent donc seules une transformation nécessaire. Leur indépendance absolue, leur isolement, dirons-nous plutôt, cesse; mais, garanties désormais par l’existence de la société tout entière, elles se voient affermies contre tour tes les chances de ruine auxquelles le conflit des intérêts, la mauvaise exploitation, les fléaux naturels, la disette des capitaux, l’usure, les bouleversements politiques les exposent aujourd’hui. De plus, leur fécondité s’accroît de la fortune, du travail, de la science; en un mot, de toutes les ressources générales. Enfin, en assurant au pauvre un instrument permanent de travail, elles lui rendent un droit dont il a été déshérité jusqu’à ce