CHAPITRE II
lie «ïroit au travail et le droit de propriété.
Le droit au travail, c’est le droit de vivre : il prime donc tout autre droit. — Le droit de posséder, c’est le droit de jouir du fruit de son travail.— La propriété cstirn travail accumulé.
En donnant à l’homme la vie avec sa puissance et ses bienfaits, Dieu lui inculqua le besoin de la soutenir et de la développer par le travail. Du droit de vivre, découle donc naturellement pour l’homme le droit de travailler; donc il précède et domine tous, les autres droits : mais ce droit ne serait-il pas chimérique, s’il n’entraînait celui de jouir des fruits du travail ? donc, droit de vivre, droit au travail, droit de jouir ou de posséder, sont trois aspects d’un même droit, qui compose bien véritablement le droit divin et imprescriptible de l’homme.
Les seules limites de ce droit pour chacun
se trouvent dans les droits semblables de tous. Mais tant que le droit individuel ne peut porter atteinte au droit de tous, il vit dans sa plénitude. Le droit de jouir emporte donc nécessairement pour tout liomme, celui de disposer des fruits légitimes de son travail suivant ses besoins ou sa volonté, pourvu que le droit des autres n’en soit ni détruit, ni diminué, ni atteint. Or, je partage avec mon enfant, mon ami, nia femme, le produit de mon labeur : qui pourra justement s’y opposer? — Il me vient à l’esprit de réserver pour demain une portion de ce produit: en quoi violai-je le droit commun? ou bien je veux préparer à ma vieillesse une existence plus libre et plus luxueuse; ou bien encore, je redoute dans l’avenir des circonstances difficiles, un travail moins fructueux, et, sous l’empire de ces espérances ou de ces craintes, j’accumule peu à peu les fruits de mon travail présent: tout cela n’est-il pas légitime comme le travail lui-même? Donc les droits d’accumulation et de transmission, sont encore des conséquences nécessaires du principe inaliénable de tous les droits : le droit de vivre par le travail.
Qr, les produits du travail humain sont de deux genres : ou bien ils se séparent du fond travaillé, ils deviennent/<wg'W« et sont