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orthographe; au moment où les efforts de no9 grands contemporains dans la littérature ita— lienne, n'aspirent^ comme ceux d' Alfieri ^ qu'à lui restituer quelque chose de sa jeunesse et de sa fermeté dantesques. Lta parole cpi'ils virilisent avec tant de peine ^ nous l'efFéminons à plaisir.
J'essayerai de me rendre plus intelligible encore^ en m'appuyant de quelques exemples.
Je n'irai pas le» prendre bien loin.
Il existe à Paris un journal qui se recommande au public six jours de la semaine , par d'excellents articles scientifiques et littéraires^ et qui s'appelle le Temps. La pénultième lettre ne se prononce point , et tout progressif qu'il soit, ce journal l'a écrite, parce qu'il a l'ambition légitime d'être lu en Europe , et que cette lettre qui ne se prononce point rappelle à l'Italien le mot qu'il écrit tempo ^ à l'Espagnol le mot qu'il écrit tiempo^ à l'homme élevé aux études latines, en quelque lieu qu'il habite, le mot qu'il écrit tempus. Celui-là se traduit donc de lui-même, et tous ses dérivés avec lui,
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parce qu'il n'a pas dédaigné cette lettre aphâne, mais étymologique.
Voici maintenant Y orthographier noTateur qui écrit, le iems^ parce qu'il a trouvé la pénultième inutile. Jamais, au grand jamais, l'Italien «h'y retrouvera son tempo ^ l'Espagnol son tiempOy le latiniste son tempus^ le François lui-même ses dérivés temporaire et temporel j parce que le lien qui attache ces mots entr'eux est rompu par la seule omission d'une consonne. L'orthographier en question a donc compliqué l'investigation de la langue françoise d'une difficulté de plus, et l'orthographe n'y aura rien gagné dans ses rapports avec la prononciation, car ni l'un ni l'autre mot écrits ne représentent le mot prononcé.
Une dame écrit à un étranger peu initié à nos révolutions orthographiques, qu'elle a des enfants ^harmans. Il vient la voir, et lui dit qu'elle est charmxme aussi , ce qui est extrêmement conséquent. La dame ne s'embarrassera pas de cette mauvaise locution , et trouvera mon étranger fort poli , je n'en suis pas
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en peine; mais il n'en est pas moins vrai qu'il a fait un barbarisme de grammaire, occasionné par un barbarisme d'orthographe.
Or, la langue Françoise n'a guères moins de vingt mille mots dans ce cas, c'est-k-dire, où la lettre étymologique ne se prononce point.
La raison nous enseigne par conséquent qufi la plus vieille orthographe est la meilleure, ce qui ne Tempéche pas d'être mauvaise.
Et ce que j'en dirai n'empêchera pas l'orthographe absurde de la presse moderne de pf^valoir. Aussi n'est-ce pas pour la presse que je le dis. Je le dis pom* les honnêtes gens qui respectent la noble langue du dix-septième siè* cle, la langue de Bossuet et de La Bruyère, de La Fontaine et de Despréaux ; qui ne veulent pas l'offenser en écrivant, et qui ne savent cependant à quoi se décider dans la confusion de nos pratiques.
Leur exemple ne fera pas plus loi que le mien; mais qui sait ce qui peut arriver? Qui sait ce qui survivra de nos livres et de nos écrits
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a la conflagration prochaine , pour en porter le témoignage a la postérité? Quelques lettres, peut-être, de l'ami a l'ami, de l'amant à sa maîtresse, du poète à son créancier. Puisse du moins ce léger monument prouver aux âges futurs qu'on n'avoit pas tout-à-fait oublié en France la bonne et saine orthographe , en l'an de grâce 1 834 -