‹ Notions élémentaires de linguistiqueChapitre 16 sur 20 · CE QUI RESTE A FAIRE · texte numérisé non relu

CE QUI RESTE A FAIRE

soin de dire que je rapproche Ceâ deux circonstances comme simultanées, et non comme conséquentes. Il n'est pas plus de ma nature d'influer sur le mouvement des esprits que de lui obéir. Le secret de cette tendance est évidemment dans les grandes mutations politiques dont l'Europe a été encore une fois le théâtre. Cette marée ne refoule jamais ses flots orageux sans laisser à nu quelques parties des bases de l'état social^ et les hommes qui n'en ont connoissance que par . d'anciennes traditions^ profitent pour les considérer du moment que la hoide suspendue tarde à les recouvrir pour long-temps ou pour toujours. Le seul avantage des révolutions , c'est de soulever toutes les idées ^ parce que ce sont les idées saines et morales qui finissent par surgir^ et sans cela aucune société ne se seroit conservée. La confusion des passions populaires n'est ni moins vague ni moins ténébreuse qae celle des matières élémentaires qui se heurtoient dans le chaos , mais il en jaillit aussi quelque

chose : LA LUMIÈRE.

DANS LBS LANGUES. ^289

Jusqu'ici je ne me suis ]^as aperçu qu'on soit sorti de la ligne de mes inductions^ et il y a une bonne raison pour cela ; c'est que j'ai fait mes efforts pour les prendre dans la nature. On leur a seulement donné des déyeloppements fort étendus que je n'étois pas toutrà-fait incapable d'y joindre , mais dont je me suis soigneusement abstenu , parce qu'ils repu-* gnoient a ma manière de vpir et d'expliquer la Vérité. Les hommes intelligents n'ont besoin que de prendre une notion exacte des choses pour en tirer des conséquences exactes ; les autres n'apprendroient rien quand on mettroit sous leurs sens toutes les démonstrations des savants. Les meilleures démcmstrations sont celles que se fait à lui-même un esprit pénétré d'une idée juste , et capable de l'appliquer à toutes les perceptions qui s'y rapportent.

On a conclu que mes enseignements n'avoient rien de bien neuf, de ce qu'ils étoient courts^ naïfs , un peu sceptiques , dégagés surtout de l'appareil de l'érudition et du &tras

ago CE QUI RESTE A FAIRE

des exemple. Ce reproche m'oblige ^ et s'il * fawt en dire tout ce que j'en pense, je n'étois

pas sûr en commençant d'être assez libre, pour le mériter, des mauvaises inspirations de l'étude et de l'habitude. C'est pour cela que je m'étois imposé d'écrire ce yolume entier sans ^ rien relire , et de l'offrir aux gens qui veulent

apprendre , exempt de l'influence de la grammaire et de la philosophie. C'est ainsi que je l'ai fait. Les notions qu'il renferme sont celles que ma mémoire a conservées par préférence et par élection , que mon expérience a mûries ^ que mon jugement reconnoit pour saines et profitables. H n'y a rien de plus facile que de trouver le nouveau dans le faux , rien de plus rare que de le trouver dans la véri té , parce que la vérité est circonscrite, et que le faux est sans bornes et sans mesure ; il résulte de Ja que presque tout ce qui est nouveau est faux , et que presque tout œ qui est vrai est connu, autant que l'intelligence de l'homme peut atteindre à la possession du vrai qui n'est jamais que relative , quant à son espèce. On pourroîi

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