EMPLOI DES CORPS SOLIDES POUR TRANSMETTRE ET MODIFIER LES FORCES
Les forces de la nature et celles que produisent les hommes et les animaux peuvent immédiatement être employées à produire l’effet qu’on désire; mais il faut presque toujours les modifier. C’est quelquefois la nature de la force qui doit être changée, et, presque dans tous les cas, il faut augmenter la vitesse ou la masse mise en mouvement. Les appareils employés pour moëifier les forces portent le nom de machines. Les machines employées dans les arts sont extrêmement nombreuses ; mais ces machines sont toutes des combinaisons d’un très-petit nombre de inachines simples ou élémentaires qui sont le levier, la poulie, le treuil, le plan incliné et la vis. Encore, comme nous le verrons bien- €
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tôt, toutes ces machines se réduisent à la rigueur au levier et au plan incliné qui sont les seules machines véritablement simples et élémentaires.
Il faut établi ;:our principe incontestable que dans toutes les machines on perd en force ce que l’on gagne en vitesse, et réciproquement que l’on gagne en force ce que l’on perd en vitesse, puisque, pour trouver l'équilibre des machines, il faut muiti-"2r Ja masse par la vitesse, et que, si la vitesse est plus grande, la m& nécessairement plus petite; qu’au contraire si la masse est plus grande, la vitesse devra être nécessairement plus petite.
Du levier. . Le levier, la plus simple de toutes les machines, est une barre inflexible droite ou courbe de métal ou de bois qui se meut autour d’un point fixe, et qui est sollicitée par deux forces qu’on désigne sous les noms de puissance et de résistance. Il y a trois espèces de leviers. Le levier du premier genre est celui dans lequel le point d’appui o (fig: 2.) est placé entre la puissance P et la résistance R ; la balance ordinaire, les ciseaux des couturières, les tenailles, &c. sont des leviers du premier genre. Le levier du second genre est celui dans lequel le point d'appui o (fig: 3.) est à l’une des extrémités, la puissance à l’autre extrémité, et la résistance entre l’une et l’autre ; les casse-noisettes, les rames qui ont leur point d’appui dans l’eau, la résistance sur la chaloupe st la puissance à l’endroit où s’appliquent les mains du rameur, sont des leviers du second genre. Le levier du troisième genre est celui dans lequel la puissance P (fig : 4.) est située entre le point d’appui et la résistance ; les pinces à sucre, à feu, le bras de l’homme, une écheile appuyée à une de ses extrémités et soulevée par son milieu, &c., sont des leviers du troisième genre:
Dans le levier du premier genre la puissance, pour maintenir l'équilibre, peut-être plus grande, égale ou plus petite que la résistance, suivant que le bras du levier, du côté duquel se trouve la puissance, est plus petit, égal ou plus long que celui du côté duquel se trouve la résistance. Dans le levier du second genre, la puissance nécessaire pour obtenir l’équilibre est toujours plus petite que la résistance, parce que, le bras de la puissance, se mesurant du point d’appui qui est à l’autre extrémité du levier, est plus long que celui de la résistance. Dans le levier du troisième genre la puissance est toujours plus grande que la résistance ; puisque le bras de la résistance est plus long que celui de la puissance.
Dans un levier quelconque la puissance est à la résistance comme la distance de la résistance au point d’appui est à la distance de la puissance au point d’appui. De cette manière on aura équilibre, puisqu'on aura la plus grande force multipliée par le plus petit bras du levier égale à la plus petite force multipliée par le plus long bras du même levier.
Nous avons vu que la quantité de mouvement qui anime un corps est égale à la masse de ce corps multipliée par sa vitesse, et nous avons vu aussi que la quantité de mouvement est égale à la force ou est la même chose aue la force que l’on emploie pour faire mouvoir un corps; cette force, que l’on nomme yuissance dans le levier, sera donc égale au produit de la masse du corps employé à produire le mou-