CELLULOSE
La cellulose peut être représentée dans sa composition par du carbone et de l'eau.
La cellulose constitue en grande partie le vieux linge , la
^Harpie, le papier et la moelle du sureau. Le papier à filtre de
Suède, dit papier de Berzelius, est de la cellulose presque pure.
Pour obtenir la cellulose dans un état de pureté absolue, il
Suffit de traiter successivement ces différents corps par l'eau,
l* alcool, réther, par des acides faibles et des alcalis étendus;
On peut encore préparer la cellulose avec du coton commun ,
ou bien avec \amoel\e deVi/schaenomene paludo^a qui fournit
le papier de riz.
Les spongioles des radicelles des jeunes plantes donnent aussi facilement de la cellulose pure ; mais la purification de la cellulose présente de grandes difficultés, lorsque les tissus organiques qui la contiennent sontfortement organisés, comme dans les feuilles. La cellulose contenue dans le ligneux se retrouve en grande partie dans les excréments des ruminants; la cellulose n'est pas digérée, tandis que les autres parties du ligneux sont complètement absorbées.
La cellulose pure est blanche , solide , diaphane , insoluble dans l'eau, l'alcool et Télher, les huiles fixes et les huiles volatiles.
L'eau la désagrège assez facilement, lorsque son organisalion n'est pas très avancée.
L'acide sulfurique la dissout sans la colorer et la transforme en dextrine, puis en glucose, comme l'a démontré M. Braconnot.
On admet que, sous l'influence des acides, la cellulose se change d'abord en amidon. M. Payen s'est assuré , en effet, que la cellulose , traitée par de l'acide sulfurique étendu , acquiert la propriété de se colorer en bleu par l'iode.
Du reste, la cellulose que l'on trouve à l'état rudimentaire dans certaines plantes cryptogames so colore en bleu sous l'influence de l'iode ; lorsque la cellulose est fortement agrégée, elle ne se colore pas par l'iode. Les acides, même étendus, agissent à la longue sur la cellulose, la colorent en brun et la rendent friable ; c'est ainsi qu'une pdte à papier, qui n'a pas été complètement débarrassée d'acide par les lavages, donne un papier qui est sans consistance, et qui se colore en jaune par l'action prolongée de l'air.
La cellulose, plongée dans l'acide azotique fumant, se combine avec l'acide sans changer de forme, et constitue un cor])S très inflammable que l'on nomme pyroxyline ou fulmt-coton.
On voit que toutes ces réactions tendent à rapprocher la
M.VTltl'.K l?>CIirST\MK. o51
cellulose de l'amidon, et semblent démontrer que ces deux corps sont des modiûcations isomériques de la même subl^ffffffii^.p^Xfi^tJ^t en observant la cellulose dans ses^ différents i^^ |tats naturels, on reconnaît qu'elle offre des degrés de cohét jûon très différents, depuis les fibres résistantes des plantes ! Jîgneuseset textiles jusqu'aux membranes friables qui forment ;|e tissu des cryptogames ; la cellulose se rapproche alors • beaucoup de la substance amylacée.
*^ Les dissolutions alcalines étendues n'exercent pas sensiblement d'action sur la cellulose; il en est de même du chlore. X'est sur ces propriétés que sont fondées les opérations du blanchiment des tissus de chanvre, de lin et de coton. . Cependant le chlore ou les alcalis employés en excès finissent par désagréger la cellulose et la détruire complètement; rbypochlorite de chaux donne les mômes résultats.
La cellulose faiblement agrégée , comme dans le parenchyme des jeunes feuilles, les lichens, les périspermes de certains fruits, peut servir d'aliment comme la matière amylacée. Sous la forme de tubes longs plus ou moins épais et fortement agrégés, elle constitue les filaments de diverses plantes textiles, du lin, du chanvre, du coton, de fagave, du phormium Unax^ du bananier, de Vurtica nivea, qui servent à la fabrication des fils, des cordes, des tissus, des papiers, du carton, de la pyroxyline.