SEL GEMME
Le sel gemme est cristallisé, et souvent en masses transparentes d'un blanc laiteux : il présente un clivage cubique* facile. On le rencontre quelquefois en masses fibreuses.
Il est ordinairement coloré en gris par une petite quantité de bitume; il possède souvent une teinte rougeàtre qui est due à la présence de Toxyde de fer.
Le sel gemme est quelquefois d'une grande pureté, tel est celui de Wieliczka ; mais souvent il est mêlé de sulfate de chaux, d'argile, etc.
Certains échantillons de sel de Wieliczka présentent une particularité curieuse, qui a été examinée par HM. Dumas et H. Rose.
Lorsqu'on met ce sel dans l'eau, il fait entendre une suite de décrépitations, et dégage un gaz qui parait être tantôt de rhydrogène protocarboné pur, tantùt un mélange d'hydrogène protocarboné, d'hydrogène et d'oxyde de carbone. Ilest probable que le gaz s'est trouvé emprisonné sous une pression plus ou moins forte entre les molécules du sel, dont il brise les couches dès qu'elles se trouvent amincies par l'action de l'eau, et produit alors une décrépitation.
On a essayé en France de vendre du sel gemme pulvérise ; mais jusqu'à présent ce produit n'a pas été admis dans la consommation, a cause sans doute de la présence des corps élinn-
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gas tffi'il feuent presque toujours, et de la lenteur avec laquelle il se dissout dans l'eau.
Le sel gemme présente loiites les propriétés du sel marin ordinaire; toutefois il est attaqué beaucoup plus lentement 9ue ce dernier sel par l'acide sulfurique , et ne décrépite pas lorsqu'on le soumet à l'action de la chaleur ; sous ce double rapport, il ressemble au sel maria fondu.
Estmetisn du chlorure de sodium. — On exploite 1« sel gemme , soit à l'état solide par puits et galeries , soit à Têtat liquide par dissolution.
Le sel gemme extrait à l'état solide est livré au commerce Ml bloc ou après avoir été préalablement concassé. Lorsque ce Sel n'est pas très pur , on le dissout dans l'eau , cL on le fait cristalliser en évaporant la dissolution.
Pour extraire le sel marin lenu en dissolution dans les sources salées, on commence par évaporer les eaux i l'air libre dans des appareils qui portent le nom de bâtiments de graduation, qui sont disposés de manière à offrir une grande surface d'évaporation (pi. XVI),
Les bâtiments de graduation se composent de vastes hangars , dans lesquels on entasse des fagots d'épines. L'eau salée arrive au sommet des bàliments de graduation dans des canaux qui communiquent avec des rigoles portant des échancrures latérales qui déversent l'eau sur les fagots ; l'eau en tombant se divise et s'évapore i-apidement. Le bàliment est recouvert d'un toit qui le préserve de la pluie; on change à volonté la conduite des eaux, suivant la direc- ' lion du vent, qui exerce une grande influence sur la rapidité de l'évaporation.
Les bâtiments de graduation sont ordinairement divisés en •'"".v sections, La première reçoit les eaux de source ; la , les eaux qui ont déjà circulé sur les fagots.
Des pompes placées dans les intervalles , et mises en mouvement par des roues hydrauliques, élèvent Teau des réservoirs inférieurs et la portent dans des conduits qui la déYersent sur les fagots.
A mesure que l'eau se concentre, il se dépose aur les fagots du sulfate de chaux mélangé ordinairement de carbonate de chaux et d'oxyde de fer ; ces dépôts sont enlevés de temps en temps.
Lorsque l'eau est arrivée a une concentration qui eoirespond environ à lô ou 20 pour 100 de sel , on termine l'évaporation dans des chaudières.
On extrait le sel marin contenu dans l'eau de mer en sou— mettant cette eau i une évaporation spontanée dans de grands réservoirs, qui portent le nom de marais scdants^
Dans les pays froids, où Ton ne peut employer la méthode des marais salants , on extrait le sel en exposant l'eau de mer à une température très basse. L'eau se divise en deux parties : l'une se solidifie d'abord , c'est de l'eau presque pure, tandis que l'autre reste liquide et retient en dissolution tous les sels solubles; en enlevant de temps en temps les glaçons qui se sont formés, on finitpar obtenir une eau très chargée de sel que l'on évapore ensuite dans des chaudières.
BORATE DB SOUDE.
Le borate de soude porte le nom de baraa dans le commerce. Il existe dans la nature ; on le trouve en Perse , dans l'Inde et dans la Chine.
Le borax naturel cristallise en prismes hexaèdres. Ces cristaux sont impurs et se trouvent toujours mêlés A une matière grasse dont la composition est inconnue. On le désigne quelquefois dans le commerce sous le nom de tinckal.
Pour purilier le iinckal^ on le traite par de l'eau dediaux,
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tf fomie, a^pec Im niatîire grasse , un composé insoluble , et foo fut crislalliser le sel dans des vases de bois ou de plomb.
On produit ordinairement le borax en unissant directement i II 9oade Tadde borique qui vient de Toscane.
Le borate de soude est blanc , d*une saveur et d*une réac« ion alcalines ; lorsqu'on le cbaulfe, il fond et forme par le re» imdisseroeot une masse solide, transparente et vitreuse.
— Le borax sert dans les soudures. Quand on se (NPopose de souder par la chaleur des métaux oxydables , on kl recouvre de borax qui, en fondant, les empêche de s*oxyder, M dissout les traces d'oxyde qui s'opposeraient i la soudure. ht borax eatre dans la composition de certains verres. On Vcinpioie principalement dans la fabrication des verres très 'teles et de qudques couvertes de poteries.
-',, CAMOHATB M SOUI»
te carbonate de soude est un sel blanc , inodore , d*une sateur acre et légèrement caustique, d'une réaction alcaline. II 9$i très soluble dans l'eau bouillante, et cristallise en gros ]prismes qui sont hydrates.
Exposé à l'air, le carbonate de soude perd une partie de son eau de cristallisation et s'eflleurit.
' Le carbonate de soude est décomposé à une chaleur rouge 'nar la vapeur d'eau, qui en dégage tout l'acide carbonique et luit de la soude.
La chaux décompose le carbonate de soude , s'empare de Taride carbonique et isole la soude.
fhpépmrwMowk du carbonate de «oude. — Pendant
gtemps le carbonate de soude employé dans l'industrie
it retiré, soit des plantes marines, comme les fucus, les
îchs, soit de certaines plantes terrestres, comme le salsola
<H MtiTAVX.
goda ou harilU, qui rrois^enl hui- les bords de I« mer. On brùluit ces plantes , eL l'on relirait de leurs cendres . par la lixivinliuii et révaporatiuii, des sels plus ou moins riches en rar- Jxtnatc de soude, (|ui portaient les noms de soudea de t-arccA, toudei it'AUeanlf, de Carthaghu^, dr Malaga, i!r. ÎVarbomu, d'Aigufs-MorttB. L'exploitation de ces soudes naturelles nt devenue presque nulle , depuis que Leblanc a donné lu moyens d'obtenir artificiellement le carbonate de soude efl' décomposant par la craie et le charlton le sulfate de soude que l'on produit en traitant le sel marin par l'acide sulfnrique.
Otte découverte est considéra, à juste litre, comme l'ui»des plus importantes ijuî aient jamais été faites dans les artt industriels. Le procédis de Leblanc, perfectionné par d'Arcei «l Anfrj'e, est anjourd'hui employé exclusivement pour la f»bricalion du carbonate de soude, ^ous le décrirons ane quelques détails.
On introduit dans un fourneau à réverbère de forme elliptique, dont la sole, construite en briques réfraclaires, présente une grande surface, un méliinge grossier de âOO kilogrammes de sulfate do soude anhydre, 400 kilogrammes de craie desséchée, et 135 à 140 kilogrammes de charbon de (erre (pi. XVD, flg.41).
Ces matières sont brassées de temps en temps avec un ringard de fer ; elles se ramollissent à une température rouge, acquièrent peu à peu une consistance pâteuse, en laissant dégager une grande quantité de gaz qui brûle avec une Samme bleue. Après qualj-e ou cinq heures de calcination, le mélange demi-fluide est brassé de nouveau, ramené sur les bords du fourneau avec un râteau de fer, et introduit dans une espèce de brouette de tôle épaisse, où on le laisse se refroidir. Ce produit est appelé tonde artificielle brute. Le mélange ci-dessus indiqué donne de 660 à 600 kilogrammes de soude brute, marquant 38 àÂO°.
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CAHBUiNATË UK SOUUfc:. ISl
Deus ouvriers peuvent en fabriquer plusieurs milliers de lû\ogramme3 par jour.
La soude brute est d'un gris bleuâlre; elle est un peu poreuse; exjiosée àl'air humide, elle se délite eldevient friable. biirsquc sa fabrication esl récente, elle présente une assez gratuit' dureté. On la pulvé; i?-e alors, ou on la concasse, puis on la soumet à l'action de l'eau cbaude, qui dissout toutes les parties solubles qu'elle contient. Le sulfure ou l'oxysulfiire de calcium, le charbon en excès, sont séparés par décan- •aUom. La dissolution est évaporée dans des obaiidières de fer. *« carbonate de soude se précipite au fond du vase; on l'en- ***"e avec des écumoires à mesure qu'il se dépose, et on le met ëgoulter.
lie carbonate ainsi déposé, après sa calcination dans un
^^ur à réverbère, est souvent livré à l'industrie dans cet état.
Pour achever la purification, on soumet quelquefois le car-
"^^'«nate de soude à une nouvelle dissolution, el l'on évapore
^^«He dissolution à sec.
lie produit ainsi obtenu est désigné dans le commerce sous »« nom de «/ de soude.
Vamg»». — Le carbonate de soude sert dans la fabrication ^u verre et des savons ; ces deux industries en consomment Jes quantités énormes.
On l'emploie aussi dans quelques opérations de teinture, et principalement dans le lessivage des fils el des tissus. La soude brute, mêlée à de la chaux vive et lessivée, fournit une liqueur qu iserl à fabriquer le savon du Marseille.
Le carbonate neutre de soude traité par l'acide carbonique se transforme en bicarI>onale de soude.
Le bicarbonate de soude est employé, en médecine, dans la préparation des pastilles de Vicliy, et dans le traitement s calculeuses.
1^ mlrium a ^lè mk< «n moyen de la pile pur Iknvv : m pelili' (-oi)[M'lle de rhaux )»iiniili- Hit nNnpbn •)» miTTiirr;^ ' ptVir ptKÎlif t\r la [lik fut min i>n rommiinirBlion avtM- la lum nirlalliqup sur lai|upU» irposnil la cniippll«, el Iv p«Mt< fictif at-ec )p m«>fruri<; il se produisît ainsi un ainalgamf <)■ nlciuin. Cet amalfnaie, aouoiû ■ la dnliMaUon, donna d« cak rium pur.
Le polaMidni pnut dérorapoecr In r\max i une (pmpmtim * MéI^, h melire en libc-rlé leratrinm.
1* Pali'îiiri) i*fsl blanc, d'un éclal iiu-talUque ; rhaull^ à l'mr, il s« Iren^rornifl ^n chetut.
CttXVX.
La rlmiix csl iiiiP Imisa formfe par In romhinaisnn de l'nxy — g^iio avec le ratriwm : la cliaux est dorif de l'osyde di- cal — ■ cium.
La chaux est connue de toute antiquité; elle entrut daa^ les mortiers employés par les anciens.
Cette base est blanche, caustique, très alcaHne ; elle nniil le sirop de violette ; quand on la plonge dans l'eau et qu'on l'en retire, lorsque l'air qu'elle contenait dans ses pores s'est dégagé, elle s'iiydrate en donnant naissance â un dégagement de chaleur qui peut aller jusqu'à 800», et produit un sifflement accompagné d'épaisses, vapeurs d'eau.
La température élevée que développe la chaux dans son contact avec l'eau est suffisante pour enflammer la poudre. La chaux qui s'est délitée, c'est-à-dire qui s'est réduite en poudre en absorbant de l'eau, porte souvent le nom de ckmtx éteinte, pour la distinguer de la chaux vive, qui est de la
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cliaiix anhydre. La chaux éteinte, en suspension dans Teau, conslitue le laii de chaux.
Lorsque U chaux est de lionne qualité^ et qu'on la met dusTeaUt «Ue augmente de volume ; on lui donne alors le nom de chaux gruae.
L*eau de chaux est fréquemment employée dans les labontoires comme réactif. Pour la préparer, on introduit la duux dans un flacon qu'on remplit ensuite entièrement d'eiu. L'excès de chaux se dépose, et Teau de chaux reste claire: cette première dissolution n'est jamais pure; elle ^tient ordinairement une certaine quantité de potasse qui Pistait dans la chaux brute. Pour préparer une eau de chaux ^ pure, il faut laver la chaux à trois ou quatre reprises ^Vant de la laisser définitivement en contact avec l'eau.
La chaux à l'état anhydre ou à l'état hydraté absorbe
• ^cide carbonique de l'air, et produit un carbonate de chaux ;
^•^se carbonatant, elle devient excessivement dure, et se
^ansforme en une substance qui a la composition de la
^^erre i chaux, et qui en a souvent la dureté.
C'est cette propriété importante qui fait employer la chaux ^ans la confection des mortiers.
mAtvrel de te eluMijL. — La chaux ne se rencontre ilamaîs dans la nature à l'état libre : si cette base était pour %ln moment isolée, elle absorberait aussit<>t l'eau et l'acide ^arboBÎque contenus dans l'air ; mais on la trouve combinée avec l'acide carbonique et constituant toutes les variétés de carbonate de chaux, qui portent les noms de crotc, de mar^ ire, de epath d'Islande, d^aragonite, etc. Les coquilles des mollusques sont presque entièrement formées de carbonate de chaux.
La chaux, combinée avec Tacide sulfurique , constitue le plAtre, corps abondamment répandu dans la nature.