‹ Notions géométriques sur les mouvements et leurs transformations: ou, Éléments de cinématiqueChapitre 10 sur 39 · CONTINU EN REGTILI6NE CONTINU · texte numérisé non relu

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entre les maillons de la chaîne et entraînent celle-ci dans le mouvement qui leur est communiqué par un engrenage. Sur la chatne, de distance en distance, sont disposés des crochets qui saisissent l'essieu de derrière du wagon et le forcent à monter sur le plan incliné.

Les roues de devant du wagon, montées sur un essieu cintré, sont beaucoup plus basses que celles de derrière, afin de lui donner ainsi qu*à son chargement, et malgré rinclinaison du plan, la stabilité nécessaire. Les wagons ainsi élevés arrivent à une plate-forme horizontale ou inclinée en* contre-pente, sur laquelle ils continuent à avancer encore un peu en vertu de leur vitesse acquise, ce qui permet à leur essieu de se dégager du crochet de la chaîne; de sorte que rien n'arrête le mouvement de celle-ci sur- le plan incliné. Alternativement à droite et à gauche de la chaîne sont disposés des buttoirs solides, destinéa à arrêter dans sa descente tout wagon qui, par accident, se serait dégagé du crochet conducteur, et, pour que le mouvement ne soit pas interrompu, on a soin de ne présenter les wagons que de deux en deux crochets, afin que, si le premier échappe, le second puisse reprendre le wagon. Ces buttoirs ont la forme d'une équerre mobile autour d'un axe horizontal. L'une de leurs branches est perpendiculaire au plan, l'autre lui est parallèle du côté de la pente. La branche perpendiculaire, arrondie du côté d'où vient le chariot montant, est pressée par l'essieu de derrière de ce chariot, et s'incline vers le sommet du plan pour le laisser passer, puis le buttoir se remet en place. En cas de descente d'un chariot, la branche paraUèie au plan s'oppose au mouvement par l'appui qu'elle prend sur ce plan.

Le mouvement de la chaîne peut, suivant les localités, être produit par un manège, par un moteur hydraulique, ou par une machine à vapeur.

Lorsqu'il s'agit de. matériaux de construction, les pierres de taille peuvent être chargées et suspendues de façon que le chariot, arrivé à la plate-forme supérieure, y trouve une

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nouvelle voie de fer, au moyea de laquelle un seul homme le conduit au-dessus du lieu de la pose, où You n'a plu& qu'à descendre La pierre exactement à la place qu'elle doit occuper.

C'est par des moyens semblables appliqués sur "une grande échelle que le magnifique aqueduc de Roquefavov/Ty du canal de Marseille, a été presque entièrement élevé. Trois hommes suffisaient à. la pose de tous les voussoirs et de toutes les pierres.

50. Usage du plan incliné dans les hauts fourneaux. — On se sert également du plan incliné pour élever les charges de minerai et de charbon au sommet des hauts fourneaux ; mais alors comme cette élévation n'a lieu qu'à des intervalles de temps assez éloignés, un seul chariot qui monte et descend alternativement, et qui est tiré par une corde ou chaîne, suffit au service.

51. Du coin. — Le coin est un^util formé de deux plans inclinés l'un sur l'autre, au moyen duquel on écarte les surfaces entre lesquelles on Tintioduit; ainsi, le coin à fendre du bois, frappé dans une direction perpendiculaire à sa

tète, produit l'écartement dans le sens perpendiculaircà ses faces : il opère donc une transformation de mouvement. Dans la presse à coins, qui sert à comprimer des matières molles, on emploie deux coins inclinés en sens contraires, on enfonce celui de dessus, et il force -les plateaux en bois, interposés entre ses surfaces et la matière à copnprimer, à marcher dans un sens perpendiculaire à la direction selon laquelle il entre.

Les carriers, les tailleurs de pierre, les camionneurs, etc., emploient le pkn incliné pour faire monter ou descendre tes fardeaux.

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Les clefs de calage, de coinçage, employées par les mécaniciens, sont des plans inclinés dont la base est très-longue par rapport à leur hauteur.

^9. Formd des outils. — Presque tous les outils des menuisiers, des charpentiers, des tourneurs, une partie de ceux des forgerons, des serruriers, des mécaniciens, etc., sont des coins dont les angles sont proportionnés à la nature du travail auquel ils sont destinés.

Ainsi, le coin à fendre le bois est un outil grossier, dont Tangle s'élève jusqu'à 30 ou 40 degrés, attendu qu'il n'a pour objet que de séparer et non de façonner des surfaces. La cognée du bûcheron, qui doit couper et entailler le plus profondément possible, a un tranchant dont l'angle est de 10 à 15 degrés. Les becs-d'àne du charpentier et le tailloir de la blsaiguë, destinés à ébaucher à grands coups des mortaises, ont un angle de 30 degrés environ. Les scies qui tranchent et déchirent les fibres du bois ont des dents formées par des angles d'autant plus grands que le sciage doit être plus grossier. Les ciseaux à froid des serruriers et des mécaniciens, qui servent à dégrossir les pièces de métal, ont aussi de grands angles et un tranchant en acier fondu pour pouvoir résister aux chocs qu'ils éprouvent. Les limes dont la surface est taillée dans deux sens obliques qui se croisent présentent une série de petits coins qui, appuyés et poussés sur le corps à user, y tracent des sillons d'autant plus profonds que la taille est plus grosse; aussi cette taille devientelle plus fine à mesure que l'on veut obtenir des surfaces plus exactement dressées et polies.

Les ciseaux de menuisiers, destinés à terminer les assemblages ébauchés à la scie ou avec le bec-d'âne, sont d'autant plus aigus et mieux affûtés que l'ouvrage à faire doit être plus précis. Aussi le talent d'affûtage des outils est-il un de ceux qui caractérisent le plus Thabile ouvrier; et le proverbe « Mauvais ouvrier, mauvais outil, » et son inverse h Mauvais outil, mauvais ouvrier, » sont-ils de la plus exacte vérité.

Le rifflard, qui sert à dégrossir; la varlope, qui dresse, et le rabot, qui finit, ont aussi des tranchants de plus en plus aigus.

S'il s'agit de matières molles, telles que les chairs, les viandes, etc., le tranchant doit être très-aigu, le corps de la lame aussi mince que la solidité le permet. Le succès des opérations chirurgicales est tellement dépendant de la bonne qualité des instruments tranchants que la coutellerie lui fournit, que les habiles artistes qui se livrent avec succès à cette industrie délicate et qui lui font faire des progrès ont des droits incontestables à la reconnaissance de l'humanité.

Enfin les clous sont aussi des coins, et pour qu'ils n'éprouvent pas trop de difficulté à entrer et qu'ils soient maintenus en place par le frottement, il faut que leur angle soit trèsaigu.

33. Mesure du mouvement produit par un coin. — Considérons d'abord un coin simple dont le profil soit un triangle rectangle ou un trapèze rectangle BCADE.

Lorsque ce coin, poussé ou frappé par sa.téte, sera passé de la position BCDAE , où il touchait h pièce à presser ou à écarter par le point b de sa face supérieure, à la position B'G'A'D'E', tous ses points se seront déplacés parallèlement les uns aux autres d'une quantité égale à CC, AA', etc., et le point b aura été poussé de b en c; or; si par le point b on mène ba parallèle à CC, on forme un triangle aôc semblable au grand triangle ABC; on a donc entre les côtés la proportion

AB:BC:: ab: bc,

ou la base du plan incliné est à sa hauteur comme le cliemin parcouru par le coin est à la quantité dont le point pressé s'est

-on

déplacé; d'où bc=ab.j^; ce qui revient à dire que le chemin parcouru par les points sur lesquels s'exerce la pression du

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