IV LEÇON
PUOUltAHIlll': OFFICIEL
DlVIStOS DES MAMMIFÈRES EN ORDRES ; EXEMPLES DF. QUELQUES FAMILLES OU GENRES d'animaux INDIGÈNES REMARQUABLES.
§ 19. Les animaux à mamelles, avons-nous dit, ou les Mammifères, pour nous servir ici du nom qui leur est propre, se ressemblent tous entre eux par les caractères les plus importants de leur structure et par la manière dont ils exercent les principales fonctions du la vie, telles que la circulation et la respiration ; mais il suffit de comparer entre eux un chien, un singe, une cliauve-souris, un lapin, un cheval et un bœuf, pour voir qu'ils offrent néanmoins dos différences considérables, et si, au lieu de s'en tenir a 1 examen de cos animaux que nous avons chaque jour sous les yeux, nous passions en revue les espèces exotiques dont les voyageurs ont enrichi nos musées, nous ne tarderions pas à reconnaître que ces différences peuvent être même plus grandes et plus variées. Ainsi la baleiné . le marsouin et les dauphins sont des mammifères au même titre que le chien ou lo cheval; mais ce ne sont pas des quadrupèdes comme ceux-ci : ils n ont qu'une seule paire de membres qui sont constitués en manière de nageoires , et la forme générale de ces êtres rappelle tout à fait celle du poisson {pg. 40). D’autres mammifères qui habitent la Nouvelle-Hollande et quelques parties de 1 Amérique, les environs de Cayenne , par exemple, tout en ayant à peu près la forme de nos quadrupèdes ordinaires, en diffèrent par des particularités physiologiques et anatomiques plus grandes encore; enfin 1 homme est aussi un mammifère, et cependant il ne saurait être considéré comme appartenant à l une quelconque des familles zoologiques dont les espèces que nous venons de citer font partie.
Il en résulte que dans une classification naturelle des animaux la classe des mammifères doit être subdivisée en un certain nombre de groupes de la valeur do ceux que nous avons appelés ordres. Nous allons faire connaître ces divisions ; mais afin d en faciliter 1 étude, iious nous occuperons d’abord do 1 histoire particulière des principales espèces qui appartiennent à chacune d elles, et qui sont les plus propres à en donner une idée nette.
§ 20. Commençons par l'histoire naturelle de l’espèce que chacun de nous connaît déjà le mieux, savoir : le Chien.
Ce quadrupède, comme on le sait, est. carnassier et chasseur.
Nuus avons déjà dit que la conformation des dents des mammifères est toujours en rapport avec le régime de ces animaux ; nous devons donc nous attendre a trouver le système dentaire du chien approprié
Fig, 43. Tête de Chien (1).
a co genre de vie, et effectivement c’est ce qu'il est facile de voir à la première inspection de la bouche de cet animal. Chacune de ses mâchoires est armée de dents puissantes qui sont solidement implantées dans leurs alvéoles et qui sont de trois sortes. Celles qui occupent le devant de la bouche sont petites et tranchantes : on les appelle des dents incisives, et ainsi que leur nom l'indique elles servent à couper et à détacher des fragments de chairs assez petits pour être introduits dans la bouche de l'animal. De chaque côté de ces dents incisives on remarque une grosse dent pointue dont le chien se sert principalement pour déchirer sa proie ; on la désigne sous le nom de déni canine , parce qu’elle est mieux caractérisée chez cet animal que chez la plupart des autres mammifères. Enfin sur les côtés et plus en arrière se trouvent les dents dites molaires, qui servent à l'animal pour mâcher ses aliments, et qui sont garnies d'une crête tranchante et dentelée ; celles des deux mâchoires se rencontrent comme les lames d'une paire de ciseaux, et il est à remarquer que la mâchoire inférieure du chien s’articule au crâne do façon à pouvoir s'abaisser et s'élever sans dévier niàdroiteniàgauche. de manière que lo bord tranchant de ces dents saisit toujours parfaitement bien les corps qu’elles doivent serrer et couper. Une de ces
(t) fl, a, les dents incisives ; — h, b, les dents canines ; — c, c, les fausses molaires ;
d , d, les grosses molaires dites dents carnassières ; e, e, les grosses molaires dites dénis tuberculeuses; — f , artieulaliort de la mâchoire inférieure avec le crâne.
MAMMIFERES. 55
délits molaires plus grosse et plus tranchante que les autres se fait remarquer de chaque côté aux deux mâchoires, et porte le nom de dent carnassière , parce qu'elle sert plus que toutes les autres à lu
mastication de la chair, dont ce carnassier fait sa principale nourriture ; et plus en arrière on aperçoit d'autres dents qui, à raison de leur forme, sont appelées dents tuberculeuses, et qui servent à l’animal lorsqu’il veut mâcher de l’herbe. Enfin il est aussi à noter que les dents molaires qui suivent immédiatement les canines et qui précèdent les grosses molaires sont plus petites et. moins bien caractérisées que les autres ; aussi les désigne-t-on souvent sous le nom de fausses molaires.
Le chien, avons-nous dit , est non seulement un animal carnivore, mais aussi un animal chasseur, et par conséquent ses membres doivent être adaptés spécialement à la course. En effet , ses pattes sont très allongées, ce qui est favorable à la rapidité des mouvements, et elles sont grêles vers le haut, ce qui en augmente la légèreté. Ce modo de conformation dépend principalement de la disposition du pied ; la cuisse et la jambe ne présentent rien de remarquable ; mais le pied , grêle et allongé, est étendu comme un prolongement.de la jambe et ne pose à terre que par son extrémité, c’est-à-dire par les doigts ou orteils. C’est à raison de cette disposition que les zoologistes appellent le chien un animal digitigrade , et il est aussi à remarquer que ses doigts ne servant guère à d’autres Rsages qu'à la locomotion, ils n’ont pas besoin de beaucoup de flexibilité et sont en conséquence très courts ; ils sont garnis d'ongles propres à gratter la terre, mais qui, ne pouvant se redresser pendant la marche , s’émoussent promptement à la pointe; enfin le nombre des doigts est de cinq aux pattes antérieures comme à la main do l’homme, mais aux pattes postérieures on n’en compte que quatre.
Le temps dont nous pouvons disposer dans cetle leçon no nous permet pas de nous étendre sur l’histoire des mœurs du chien, ni do faire connaître les nombreuses variétés qui sont désignées sous les noms de dogue , mâtin, chien de berger , lévrier , braque, barbet, etc., etc. Nous nous bornerons à dire que la plupart des naturalistes considèrent toutes ces variétés comme ayant été déterminées par les conditions diverses dans lesquelles la domesticité a placé ces
(i) Dents de la mâchoire supérieure du chien, vues du côté interne : — a, b, c, dénis incisives ; — rf, dent canine ; — e, f. f? . fausses molaires ; — h, dent carnassière ; — '• tient r tuberculeuse?.
animaux, et comme étant toutes descendues d'une seule et même souche que l'on suppose n'avoir différé que peu du chien de berger : mais tle nos jours le chien ne se trouve nulle part à l'état primitif, et les chiens sauvages qu'on rencontre dans quelques pays sont des descendants de quelques chiens domestiques redevenus iibres.
Ajoutons que la durée de la vie de ces animaux est de quinze à vingt ans; qu’ils naissent par portées do trois à six individus ; que pendant les premiers jours de leur existence ils ont les yeux fermés : que leur croissance ne s’achève qu 'après la seconde année; qu'ils vivent en troupes et qu ils habitent presque tous les points du globe.
Le Loup commun est un animal qui ressemble extrêmement au chien, mais il en diffère par ses instincts et par quelques particularités de forme. Il habite presque toutes les parties de l’Europe ainsi que le nord de l’Asie et de l’Amérique.
Fig-. 45, Loup commun.
Le Chacal, qui est très commun en Algérie et jusqu'en Asie, a aussi avec le chien une étroite parenté zoologique. Enfin on rencontre dans d’autres régions du globe des animaux qui ressemblent également aux trois espèces dont il vient d’être question, mais qui en diffèrent cependant assez pour ne pouvoir être confondus avec aucune d’entre elles: tels sont le Loup rouge du Mexique et le Loup des prairies do l'Amérique septentrionale.
Le Renard ( fig . 46) est également conformé à peu près de la même manière, mais il s'en distingue au premier abord par sa peau plus t ouffue et son museau plus pointu ; il présente aussi quelques légères différences dans la forme dos dents incisives supérieures, et il est à remarquer que la pupille de ses yeux, au lien de conserver toujours une forme circulaire comme chez le chien et le loup, prend en se contractant pendant lo jour la forme d’une fente verticale. Celle disposition peut, au premier abord, paraître insignifiante, mais elle
indique que le renard est un animal beaucoup plus nocturne que no le sont le chien ni le loup. Effectivement, ainsi que nous 1 expliquerons quand nous étudierons la physiologie de la vue, la pupille
Fig. 4-fi. Renard.
est une ouverture qui a la propriété de s agrandir lorsque la lu mière que l'oeil reçoit est faible, et de se resserrer sous 1 influence d'une lumière vive de façon à adapter l’organe visuel aux diverses circonstances dans lesquelles il se trouve. 11 en résulte que chez les animaux qui chassent principalement la nuit, et qui cependant ne sont pas éblouis par la clarté du jour, la pupille doit tM.ro susceptible de s'agrandir et de se contracter alternativement beaucoup plus que chez les animaux diurnes. Or une pupille qui étant dilatée devient circulaire, et. qui étant, contractée se réduit a une simple fente, pirsente des variations de grandeur beaucoup plus considérables que ne saurait le faire une pupille toujours ronde , et le renard est. en effet un animal essentiellement nocturne; pendant le jour il dort dans un terrier qu’il se creuse dans lo sol. Il vit solitaire et no se nourrit ordinairement que de proie vivante ; enfin il se trouve dans toutes les parties de l’Europe et on Asie.
L7.su fis, ou renard bleu, est une espèce plus petite que le renard ordinaire, qui se trouve principalement en Sibérie, et. fournit, une fourrure très estimée. Une troisième espèce appelée le Renard argenté , dont la fourrure est encore plus précieuse, habite les mêmes contrées; et l'on connaît plusieurs autres espèces dont, les unes sont propres à l'Amérique, d'autres à 1 Afrique ou a 1 Asie.
Ces divers animaux ont en commun les caractères de sti ucluie que nous avons signalés il y a quelques instants en parlant du chien domestique, et ils forment parmi les mammifères un groupe bien distinct, ou genre, auquel les zoologistes appliquent d’une manière générale le nom latin du chien. Le genre Canin se compose donc
du chien proprement dit ou chien domestique (Canis / amiliuris , en langage zoologique), du loup nu Canis lupus, du chacal ou Canin aurms, du renard ou Canis vulpes, de l'isatis ou Canis lagopus, etc., et nous fournit un excellent exemple de ce que les zoologistes entendent par les mots groupe naturel, car il est facile de voir que tous les membres de ce groupe sont en effet des êtres dont la nature ne diffère que peu.
§21. il est non moins facile de comprendre que le Chut domestique est un animal d’une autre sorte ; qu’il diffère beaucoup plus du chien , du loup et du renard qu’aucun de ceux-ci ne diffèrent entre eux, et que par conséquent il ne peut appartenir au même genre zoologique. Ainsi que chacun lésait, c'est un quadrupède carnivore et essentiellement chasseur, ainsi que le sont toutes les espèces du genre Canis ; comme tel il est également digitigrade et ses mâchoires sont armées de dents incisives, canines et molaires, c a i , b doilt la conformation est analogue â
celle des mêmes organes chez les chiens: mais c’est un animal plus carnassier encore, et la structure de son appareil masticateur est en harmonie avec ses instincts. Ainsi on ne trouve qu’une seule paire de petites dents tuberculeuses (c) en arrière des grosses dents tranchantes , dites dents carnassières de la mâchoire supérieure (o), et les mâchoires ellesmêmes, ayant besoin do plus de force, sont plus courtes, de façon que les dents canines ne sont séparées des dents carnassières que par deux paires do fausses molaires en haut et en bas (h, 6), tandis que chez les chiens on en compte à chaque mâchoire trois paires.
Le chat se sert aussi do ses pattes pour saisir et déchirer sa proie, et par conséquent il a besoin de conserver toujours ses ongles bien pointus. Aussi la nature, pour pourvoir à ce besoin, a-t-elle introduit, dans la structure de la patte du chat une disposition qui n'existe pas dans celle du chien : non seulement les ongles sont crochus et aigus, mais les phalanges qui les portent sont articulées de manière :i se renverser en haut et en arrière chaque fois que le pied pose à terre, et alors les griffes se relèvent et se cachent sous les poils; pendant la marche ces armes ne frottent donc pas contre le sol, et au lieu de s’émous-
(t) Dents molaires d’un chalj — a, n, carnassières; - h, h, fa we» molaires ; — f, Inboroulouso do Ifi mâchoire supérieure.
Fig. 48.
aer comme les ongles du chien , elles conservent leur extrémité
SlCprftp
Mais tous ces caractères, qui distinguent notre chat, ordinaire ou chat domestique des animaux du genre Canis, se retrouvent egalement chez le tigre, la panthère, le léopard, le hon et plusieurs autres carnassiers. Or il suffit de comparer entre eux ces derniers pour voir que sous tous les autres rapports ils ont ar ec le chat une
Fig'. 4y. Panthère.
ressemblance non moins grande que celle, qui existe entre le chien, le loup et le renard , et par conséquent pour reconnaître qu Us forment dans la nature un groupe analogue, cesl-a-dire un genre. Us ditièrent entre eux par la taille, le pelage, quelques variations dans les proportions du corps et quelques particularités demœuis, mais tout ce qui est important dans l'organisation ou dans la manière de vivre de l'un d'entre eux se retrouve chez tous , et s semblent avoir entre eux une sorte de parente • aussi oui mss - • ■ un excellent exemple de ces groupes naturels qui comprennent plusieurs espèces distinctes, quoique alliées, auxquelles les zoologiste»
donnent un nom commun. . ... , , .
La division zoologique qui est ainsi constituée, et qui a poiu représentant le plus commun le chat ordinaire, est appelée le geme Fetü ou genre Chat. On ne trouve aujourdhu, en hurope que deux espèces de ce groupe : le chat ordinaire et le lynx; e tigre, le guépard, etc., appartiennent exclusivement a 1 Asie; (Autres espèces, telles que le lion, la panthère et le léopard, sont communes a 1 Asie
60 ZOOLUUIE.
et à l'Afrique ; enfin il en est aussi qui habitent l'Amérique : le jaguar, le cougouar et l’oncelot, par exemple (1).
(1) Le temps consacré a l'étude de la zoologie dans renseignement classique ne permet pas au professeur de s'arrêter sur les détails de l'histoire naturelle du tous ces animaux ; mais il sera néanmoins utile d'on donner ici un aperçu.
Le Chat commun a il à l’état sauvage dans quelques forêts de l’Europe ; il est alors d'un tiers plus grand que nos chats domestiques, et son pelage n’otfro pas toutes les variations de couleur que l'on remarque chez ccs derniers ; il est d’un gris brun avec des ondes transversales plus foncées en dessus , d’un gris blanc en dessous , avec les pâlies fauves en dedans, et la queue d'abord anneléo, puis noirâtre. Les îuoiurs de cet animal sont trop généralement connues pour que nous ayons besoin d’en traiter ici , et nous ajouterons seulement qu’il vit douze à quinze ans, que ses petits naissent par portées de cinq ou six, les yeux fermés et ne les ouvrent que le neuvième jour; et qu'il acquiert tout son développement en dix-lmit mois. La domesticité du chat remonte à des temps très reculés. Les Grecs de l'antiquité ne connaissaient quo peu ces animaux; mais ils étaient communs chez les Egyptiens. Aujourd'hui ils sont répandus en Amérique et dans l’Inde aussi bien qu’en Afrique et dans toutes les parties de l'Europe.
On donne le nom de Lynx ou Loup cervicr à une autre espèce de chat, remarquable par lu pinceau de poils qui surmonte scs oreilles ; son pelage est roux , tacheté de roux brun ; il est indigène de l'Europe tempérée, cl du temps des Romains il était assez commun eu Franco, mais il a presque entièrement disparu des contrées peuplées ; on le trouve encore dans les Pyrénées, les montagnes du royaume de Naples et en Afrique. 11 grimpe sur les arbres les plus élevés des forêts, et s’y tient caché entre les branches pour épier sa proie. Il commet des dégâts considérables parmi les troupeaux, et détruit un grand nombre de lièvres cl de butes fauves ; sa vue est tellement perçante, que les ancien* lui attribuaient la faculté de voir «à travers les pierres des murs : cela est évidemment faux, niais il paraît qu'il distingue sa proie à une distance beaucoup plus grande que la plupart des carnivores.
Le Lion est le plus fort et le plus courageux des animaux de proie. 11 sc distingue do toutes les autres espèces du genre Felis par sa couleur fauve uniforme, le flocon do poils qui termine sa queue et la crinière qui en général revêt la fêle, le cou cl les épaules du mille, mais qui manque chez la femelle. Les chats tiennent ordinairement la têtu basse, et ont dans les yeux et dans l’allure quelque chose qui semble indiquer la porlidie ; le Jioii, au contraire, lient la tête haute , et est remarquable par la majesté de son regard et la noblesse de sa démarche : aussi a-t-il une réputation do générosité et d’élévation Lien différente de celle des autres animaux du même genre ; cependant son caractère et scs mœurs sont essentiellement les mêmes. A moins qu'une faim violente no le pousse, ce n'osfc pas à force ouverte, mais par surprise, qu’il attaque sa proie. En général il se met en embuscade sur les bords des ruisseaux, où les animaux viennent boire, s’y cache parmi les roseaux ou lus longues herbes du la rive, et, saisissant le moment favorable, s’élance comme In foudre sur sa victime ; il peut franchir d’un seul saut une dizaine de mètres et continuer pendant quelques instants à s’élancer ainsi par bonds, de manière à surpasser en vitesse le meilleur cheval ; mais il no pourrait soutenir longtemps do tels efforts, et il arrive rarement qu’il le lento : s’il ne parvient pas a saisir sa proie après un petit nombre de sauts, il renonce ordinairement à sa poursuite. Quanta l’homme, le lion ne l'attaque que rarement, à moins qu’il ne soit provoque par fui, ou qu'il ne remarqué dans sa contenance quelque signe de frayeur ; mais, s’il est affame ou s’il a déjà goûté du la chair humaine, il en est autrement: dans le pays des Uosjesmaus, au sud de l’Afrique, par exemple, où les malheureux indigènes n’ont, pour se défendre , que des flèches de roseaux, il regarde l’homme comme un adversaire peu dangereux, et, lorsqu’il a réussi à enlever quelque habitant d'un campement, il ne manque pas de revenir toutes les nuits . pour se procurer quelque autre victime humaine. Ces visites nocturnes finissent quelquefois par devenir tellement à charge aux Bosjesnians, qu'on lus a vus abandonner leurs habitations, pour aller s’établir ailleurs: heureux encore si, pendant leur retraite, ce terrible ennemi ne sc met pas à leur poursuite et ne parvient pas à les dévorer les uns après les
.MAMMIFERES. 61
§22. Lu» Uyè.nks sont des animaux carnassiers comme tous les
précédents , mais n appartiennent ni au genre Canis ni au genre F dis, et constituent un troisième groupe zoologique. Par la forme générale de leur corps elles ressemblent un peu aux chiens, mais s en dislinguent au premier coup dœit par la position oblique do leur dos et leur démarche bizarre; leur train de derrière étant beaucoup plus bas que celui do devant. De même que chez les chats, elles n'ont pas de dent tuberculeuse derrière
Fig. 50. Hyène.
la grosse molaire carnassière de
autres. Pour écarter ces animaux pendant la nuit , lus voyageurs allument un fou vif ; mais ce n’est pas toujours un moyen sûr de les éloigner. Les bceufs et les chevaux les sentent de fort loin , et témoignant aussitôt leur frayeur extrême, en sc serrant les mis rentre les autres et en poussant des cris lamentables» Les chiens éprouvent aussi de leur présence le plus grand effroi, mais ils gardent le silence. Le rugissement du lion est un ''ri prolongé et retentissant , qui se fait entendre à une distance considérable , mais qui n’est pas chez lui un signe do colère. Ces animaux rugissent en general apres avoir TOaip’é ou quand le temps est à l'orage, et lorsqu’un d'entre eux s’est mis a rugir, il est imité par tous ceux qui l’entendent , par les femelles comme par les mâles. La force du lion est prodigieuse : il traîne sans peine .à une grande distance les plus gros bteui's, et ‘les personnes dignes de foi assurent avoir poursuivi à cheval , pendant dix lieues, la trace d'un lion qui emportait à la Uàto une génisse de deux ans.
l.ii durée de la vie do cos animaux paraît être d'environ quarante ans : ils naissent le' feux ouverts, au nombre du deux ou trois par portée. Los milles et les femelles se ros- 'euiblent d’abord extrêmement, et ce n’est qu’à la troisième année, que la crinière commence à pousser aux premiers : ils no paraissent arriver à l’état adulte qu a 1 âge de ‘loutre ou cinq ans. Ainsi que la chatte, la lionne a le plus grand soin de ses petits et “‘‘ne à les cacher à tous les regards. Pendant l’allaitement et pendant toute la durée de I espèce d’éducation qu'elle donne à ses lionceaux , elle est bien plus farouche ol plus rc- 'loutable que dans toute autre circonstance. Le moment du repas est aussi un de ceux où * ü us ces carnassiers deviennent le plus féroces. Ces animaux si terribles peuvent cependant être soumis à l’empire de l'homme et se plaire dans la société de quelque autre aninial du prédilection ; ceux que l’on retient on captivité s'attachent a leur gardien , et 1 on 011 a vu d’une docilité cxlrômc. L'art de les apprivoiser et de les dompter a élu porté 1res
'“la chez les anciens. . .
Autrefois ils étaient bien plus répandus qu'ils ne le sont aiqourd hui. Pu temps d 11e- ‘odole et d’Aristote, on en trouvait dans la Thrnce et dans la Macodonie, ou >1 n un existe l'àts de nos jours ; ils étaient communs dans l’Asie Mineure, et, a on juger par le nombre 'le Ceux que les Humains montraient dans leurs cirques, il fallait qu'en Afrique, d’on ce Peuple les lirait , leur multitude fût immense. Aujourd'hui ces animaux sont conflues 'huis les déserts de l'Afrique el y sont même devenus assez rares.
l-e Tigre royal ou Tigre d'Orient est un animal plus redoutable encore que le lion, 'l«’il égale en taille el en force, mais qu’il dépasse eu férocité. Son poil est ras, fauve en ‘‘«SU!, blanc eu dessous, et rayé irrégulièrement en travers de noir. Il habite les Indes, et ''«n no saurait peindre en couleurs trop fortes les ravages qu’il occasionne et l’effroi qu’il in- 'F'Ire. n éventre un boeuf d’un coup de griffe, el remporte dans sa gueule presque en fuyant , «cepté l'éléphant, aucun animal ne peut lui résister, et souvent il s’attaque à l’homme U Tigre d'Amérique, ou Jaguar, que les fourreurs appellent la grande panthère, est
la mâchoire inférieure, el n'en portent fie chaque cote qu'use seule très petite, en arrière de la grosse molaire tranchante Jon dent carnassière) de la mâchoire supérieure. Il est aussi il noter que les
hyènes n'ont que quatre doigts à tous les pieds, et que leurs ongles , courts et propres à fouir la terre , ne se relèvent pas comme ceux des chats (1 ).
§23. On trouve dans le midi de la France , en Algérie et dans quelques autres parties de l'Afrique et de l’Asie , des carnassiers qui ressemblent aussi beaucoup aux chats , mais qui en diffèrent par l’armature de leur bouche ainsi que par plusieurs autres caractères, et qui con-
presque aussi grand que le tigre d’Orient et presque aussi dangereux. On l’a vu emporter un cheval et traverser à la nage avec cette proie une rivière large et profonde; il attaque les hommes et n’est pas effrayé par le feu. C’est un animal plutôt nocturne que diurne ; il habite les grandes forêts, se cache dans les cavernes el se montre d’une défiance extrême. Ou le distingue à son pelage d’un fauve vif en dessus, marqué le long des flancs do quatre rangées de taches noires en forme d’yeux, c’cst-à-dire d'anneaux plus ou moins complets avec un point noir au centre.
La Panthère (fig. 49) est moins grande que les espèces précédentes et plus commune. Mlle esl répandue dans toute l’Afrique et dans les parties chaudes de l’Asie, ainsi que dan» l'archipel Indien. Elle est remarquable par son beau pelage, fauve en dessus, blanc en dessous , et orné sur chaque flanc de six ou sept rangées de taches noires en forme de roses, c’est-à-dire formées de l’assemblage de cinq ou six petites taches simples. Se» niOMirs se rapprochent beaucoup de celles des chais ; on effet la panthère attaque les petits quadrupèdes el grimpe sur les arbres, pour y poursuivre sa proie ou pour fuir le danger.
Le Léopard ressemble beaucoup à la panthère, mais les taches dont ses flancs sont ornés sont plus petites, el l’on en compte dix rangées au lieu de cinq ou six. 11 habite l’Afrique et peut-être aussi l’Asie. Jusqu’en ces derniers temps, on le confondait avec l’espèce précédente.
Une autre espèce, également remarquable par sa grande taille, mais qui n’attaque guère que les petits animaux, est le Couguar , appelé par quelques auteurs le Lion d’ Amérique. Son pelage est d’un fauve roux presque uniforme.
Enfin on range aussi dans le genre des chats un animal qui a beaucoup de ressemblance avec les tigres et les léopards , mais qui diffère de toutes les autres espèces du même groupe par scs ongles peu rétractiles : c’est le Guépard ou Tigre chasseur des Indes. Il est de la taille du léopard, mais plus haut sur jambes, plus élancé; sa tête est plus ronde, et son pelage fauve est semé de petites taches noires uniformes. 11 s’apprivoise 1 res facilement et se laisse dresser pour la chasse.
(1) Les hyènes sont des animaux nocturnes qui habitent d’ordinaire les cavernes et qui sont d’une voracité extrême ; mais elles ne méritent pas la réputation do férocité qu’on leur a faite, car elles ne s’attaquent que rarement à des animaux vivants, et so repaissent de cadavres. Elles ont le pelage rude , peu fourni et composé de longs poils qui forment une crinière sur le dos. V Hyène commune se trouve dans diverses parties de l’Asie et de l’Afrique, en Algérie , par exemple.
(2) Dents molaires de l’hyène : — a , carnassière; — b, b, b, les trois fausses molaires de chaque mâchoire ; — c , la tuberculeuse unique placée derrière chaque dent carnassière à la mâchoire supérieure.
MAMWËBES. «3
stituunt un groupe distinct voisin des genres chien et hyènes. Ce sont les genettes, les civettes et les mangoustes. On a donne le nom de genre Viverra ou Civettes a la division zoologique ainsi formée (I).
§ '21. Les petits quadrupèdes que l 'on connaît sous les noms de putois, furet, belette (/ïg. 54) et martre sont des carnassiers digitigrades comme tous les précédents ; mais ils s'en distinguent facilement par la forme allongée de leur corps et la brièveté de leurs pattes, ainsi que par la disposition de leurs dents molaires. Effectivement , ils ont comme les chats et les hyènes une seule dent tuberculeuse en arrière de la carnassière de chaque côté à la mâchoire supérieure , ce qui les sépare nettement des chiens et civettes, où l’on trouve deux de ces dents: mais leur dentition diffère de celle des chats par l’existence d’une de ces mômes dénis en arrière de la carnassière à la mâchoire inférieure (fia 83
Fig. 54. Belette.
Les zoologistes étendent le nom générique de Putois au groupe
(I) Ces animaux établissent à quelques égards le passage entre le genre des chiens et celui des chais; car, de même que chez ccs derniers, leur langue est hérissée de papilles aiguës et rudes, et leurs ongles sc redressent pinson moins dans la marche; leurs dénis •nasses molaires sonl en meme nombre que chez les chiens , mais ils ont une tuberculeuse de moins h la mâchoire inférieure. Un autre caractère commun a ces animaux, est d’avoir près de l'anus une poche plus ou moins profonde où s amasse une matière onctueuse et souvent odorante qui est sécrétée par une glande particulière , et qui était autrefois un article important dans le commerce île la parfumerie. La Civette ( fïg. 52 ), animal qui a donné son nom à ce genre, habile les parties les pins chaudes de l'Afrique. Son corps est d’un gris brun, rayé de noir, et est surmonté d'une espèce de crinière dont •es poils peuvent se redresser.
iji ZOOLOGIE.
formé par les putois communs, lo furet, la belette, 1 hermine et plusieurs autres espères recherchées pour leur fourrure (1).
Les Ge nettes ( Gcnetta ) ressemblent beaucoup aux civettes ; mais leur pupille, au lieu de demeurer ronde pendant, le jour, prend, en se rétrécissant, In forme d'une feule verticale ; leurs ongles se retirent entièrement entre les doigts comme dans les chats, et leur poche se réduit à un enfoncement léger, dans lequel l’excrétion, quoique répandant une odeur bien manifeste, est très faible.
La Genette commune, qui a à peu près la grandeur et la figure de la fouine, niais qui a le museau plus effilé, la queue plus longue et le pelage gris, taché de brun ou de noir, se trouve depuis la France méridionale jusqu’au cap de Bonne-Espérance : c’est un animal nocturne qui sc tient le long des ruisseaux, el qui est recherché pour sa fourrure.
On donne le nom de Mangoustes ( Uorpcstes ) à des espèces de civettes dont la poche est volumineuse, simple, et présente l'ouverture anale percée dans sa profondeur, H dont les doigls sont à demi palmés. Une espèce de ce genre, lu Mangouste d'Égypte , était célèbre chez les anciens sous le nom d 'Ichneumon. Get animal, qui est d’un naturel doux et timide, rend îles services réels au pays qu’il habite, en détruisant les souris, les petitreptiles et surtout les œufs des crocodiles, et il était jadis l’objet d’un culte religieux ; mais ce qu'en ont dit les anciens, qu’il se jetto dans le corps des crocodiles, pour le mettre «à mort, est entièrement fabuleux.
(d) Le Putois commun se trouve dans toute l’Europe, et atteint une taille plus grande que toutes les autres espèces du même genre. Son corps est long d’environ un pied, et sa queue de six pouces. On le distingue a son pelage brun en dessus, fauve sur les côtés et jaunâtre sous le ventre, et à son museau blanc. Il vit près de nos habitations, et il e>t . la terreur des poulaillers et des garennes. Lorsqu’il se glisse dans une basse-cour, il met tout à mort, et, après avoir apaisé sa faim, emporte peu à peu ce qu’il a tué ; il poursuit les lapins dans leur terrier, et grimpe sur les arbres pour chasser les oiseaux et dévorer leurs œufs : aussi est-il à la campagne un voisin très inquiétant , et cherche-t-on toujours à le détruire; mais sa défiance le fait aisément échapper aux pièges qu’on lui tend. En hiver, les putois s’établissent sous les toits el dans les parties les plus reculées des granges ; en été, ils se retirent dans des terriers de lapins, des fentes de roche ou des troncs d’arbres creux, d'où ils no sortent guère que la nuit. Les petits naissent dans celle saison et quittent leur mère vers l’automne. L’odeur qu’ils répandent est très infecte : c'est môme de là que vient leur nom ; mais néanmoins on emploie lotir fourrure, qui est douce et chaude. Nos marchands de pelleteries en tirent des Pyrénées, des Vosges, de l’Auvergne, etc., et en exportent môme pour l’Angleterre el l’Allemagne.
Le Furet ressemble extrêmement au putois, et est considéré par quelques naturalistes comme n’en étant qu'une variété. Nous ne le connaissons guère qu’à l’état de domesticité : il est originaire d’Afrique, d’où il a été apporté en Espagne : c’est de là, en effet, qu’il nous vient. Les nuances de son pelage varient beaucoup et sa taille est un peu moindre que celle du putois. Son instinct en fait l’ennemi mortel des lapins. Dès qu’il t aperçoit un de ces animaux , il s'élance sur lui , le saisit à la gorge ou au nez, et lui suce h: sang : aussi , comme chacun le sait, est-il fréquemment employé pour la chasse de ce 4 animaux. 11 est assez facile à apprivoiser, et peut être nourri avec du pain , du lait , des œufs , auquels on joint do temps en temps do la viande. 11 ne s’éveille guère que pour manger , et colle tendance au sommeil force les chasseurs à museler cet animal avant que de le lécher dans les trous des lapins ; en effet, si le furet avait sa complète liberté, il se jetterait aussitôt sur sa proie, et, après en avoir sucé le sang, il s’endormirait au fond du terrier. Pour le faire sortir, on enfumerait le terrier; mais ce moyen ne réussissant pas toujours, on risquerait de perdre l’animal , tandis qu’étant muselé, il ne peut tuer le lapin dans sa retraite souterraine ; il l'oblige seulement à vn sortir et à se jeter dans les filets tendus à cet effet.
La Belette {fi g. ni), dont le corps d’un roux uniforme n’est long que d’environ six pouces. Celte petite espèce do putois est commune dans les parties tempérées de l'ancien monde. Ses mœurs sont à peu près les mômes que celles du putois commun, et, quoique faible, elle est tout autant à craindre ; car elle s'introduit plus facilement dans les basses-
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La fouine, la marlre et la zibeline constituent un genre particulier (1 ) très voisin du genre putois, mais qui s'en distingue facilement par l'existence d'une fausse molaire de plus au-devant de chaque carnassière, c’est-à-dire trois en haut et quatre en bas.
Enfin les Loutres ont le corps de même forme, mais plus allongé que les putois elles martres, auxquels elles ressemblent aussi beaucoup par leur appareil dentaire ; mais elles en diffèrent en ce qu’elles
Fig. 55. Loutre commune.
ont les pattes palmées et la queue aplatie horizon lalemenl : caractères qui sont on rapport avec leurs mœurs, car ce sont des ani-
cours: elle n’altaquc, il fs! vrai, que rarement les coqs, qui la repoussent à coups do bec ; mais elle y détruit les poussins elles jeunes poules.
I ,’ Hermine es! un peu plus grande que la belette. Celle espèce se trouve dans les parlies tempérées des deux continents, mais n’est abondante que dans les pays froids. En été, elle est rousse et est connue alors sous le nom de rosekt ; mais son pelage d’hiver est d'un blanc d'autant plus pur, que le climat est plus rigoureux. Le bout de sa queue reste toujours noir. Ses mœurs sont à peu près les memes que celles de la belette, si ce n’est qu’elle fuit le voisinage des habitations et recherche les contrées rocailleuses. Sa fourrure d'hiver est l'objet d’un commerce très important. Dans les pays tempérés, elle est peu recherchée , parce qu’elle conserve toujours une teinte jaunâtre ; mais dans le nord et dans la Sibérie surtout, on lui fait une chasse active.
Le Vison est une espèce de putois qui vit en Amérique, près du bord des rivières, et qui fournit aussi une fourrure assez belle.
(1) Le genre Martre ou Musteîa.
La Martre commune , longue d’environ dix-huit ponces (la queue non comprise), est généralement d’un brun Itssfré avec une lâche d’un jaune clair sous la gorge : elle habite U forêts et fuit le voisinage des lieux habités. Sa nourriture consiste principalement en polit» ciseaux et en œufs, qu’elle va dénicher jusque sur les branches les plus élevées des arbres.
La Fouine , un peu moins grande que la marlre commune et avec le dessous du cou hlanc plutôt que jaune , en diffère surtout par ses mœurs. Elle sc tient a la portée dqj habitations, où elle pénètre souvent et où elle fait de grands ravages ; car elle a lesham- '«idos sanguinaires des putois. Elle est assez commune dans presque toutes les parties de l’Europe et se trouve aussi dans quelques contrées de l’Asie. Sa fourrure est moins douce
moins brillante que celle de la martre commune.
La Zibeline , célèbre pour sa magnifique fourrure, appartient egalement au genre martre, et ressemble môme beaucoup à la martre commune; son pelage est généralement d’un brun Inslré, noirâtre en hiver et moins foncé en été , avec quelques taches {frises à la tète. Un caractère qui distingue cotte espèce des précédentes et qui est en rapport avec ses habitudes, c’est d'avoir du poil jusque sous les doigts. En effet , la zibeline habite les parties les plus froides de l’Asie et abonde surtout dans les montagnes de ce Pays glacé, que le froid rend presque inhabitable. C’est en hiver que sa fourrure est la plus
(Ki ZOOLOGIF.
maux aquatiques qui nagent très bien el se nourrissent principalement de poissons (1).
g 25. Tous les carnassiers dont nous venons de parler se ressemblent par la manière dont ils marchent et dont leur pied esi conformé; ainsi que nous l’avons déjà vu, ils ne posent que sur les doigts et ont toujours le talon fort relevé. Ils ont aussi beaucoup d'autres traits de ressemblance, et ils forment un groupe naturel que les zoologistes appellent la Tiumi des Digitighades.
g 26. [.es Oubs sont aussi des carnassiers, mais au lieu d'èlre
Fier. an. Ours lirim.
digitigrades, ils sont plantigrades, c’est-à-dire que dans la marche la plante de leurs pieds pose à terre dans toute son étendue. Cette
belle : aussi la chasse s’en fait -elle dans cette saison et est-elle une des plus pénibles « i des plus périlleuses.
(1) Il est également à noter que le nombre de leurs fausses molaires est do trois en bas comme en liant; leur (cto est comprimée, et leur corps est encore plus allongé que celui des putois et des martres. Toutes ont le pelage d’un brun pins ou moins foncé en dessus et plus clair en dessous, surtout à la gorge, qui est môme quelquefois blanchâtre. Ces animaux nagent et plongent avec une facilité extrême: la plupart fréquentent les eaux douces, mais il en est aussi qui habitent le rivage de la mer. C'est pendant la nuii qu’ils chassent ; le jour, ils restent cachés dans des réduits qu’ils se pratiquent entre les rochers ou sous quelque racine. Le pelage des loutres est très épais et assez doux; les poils soyeux qui en garnissent la superficie sont longs , doux, luisants et plus épais vers la pointe qu’à la base. Le duvet placé au-dessous de ceux-ci est épais et d’une extrême douceur : aussi ces fourrures sont-elles très estimées ; mais on no les emploie qu'apre* les avoir dépouillées de leur jar ou poils roules.
On connaît un grand nombre d’espèces do loutres, qui ne diffèrent (pie peu entre elles, surtout quant à leur pelage. La Loutre d’Europe, dont le corps est long déplus de deux pieds, et la queue d'environ un pied , vit au bord des étangs et des fleuves (voyez flg. 55, p. 05). Sa fourrure est d’un grand usage pour la fabrication .les casquettes et autres roiffiufs.
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disposition leur donne des allures beaucoup plus lourdes. Il est aussi à noter que ce sont de tous les carnassiers ceux dont le régime est le moins exclusivement carnassier ; ils mangent des fruits , des racines, etc., et leurs dents molaires sont effectivement presque entièrement tuberculeuses (1).
1 ) Les Ours (Umts) sont tous des animaux de grande taille, à corps trapu, à membres épais, à queue très courte. Leurs allures sont lourdes; mais ils ont beaucoup d’intelligence et sont doués d’une force prodigieuse. Leur régime varie avec les circonstances : ils s’accommodent aussi bien d’aliments végétaux que delà chair des animaux ; mais, dans la plupart des cas, ils sont frugivores et recherchent de préférence les fruits, les racines succulentes et les jeunes pousses des arbres : ils aiment le miel avec une sorte de passion, ei, pour s’en emparer, ils s’exposent à la piqûre dos abeilles de toute une ruche. Ce n est guère que lorsque la faim les presse, qu'ils attaquent les animaux. La conformation de leurs membres, peu favorable à la course, leur permet de se tenir facilement redressés sur les pattes de derrière, et de grimper avec agilité sur les arbres, dont ils peuvent embrasser le tronc et les branches. Quelques uns sont aussi très bons nageurs, et ils doivent en partie colle faculté à la quantité de graisse dont leur corps esl ordinairement charge. Leur odorat est extrêmement fin et leur» narines sont entourées d’un mufle très mobile.
Ces animaux aiment la retraite et la solitude ; la plupart d’entre eux habitent les fonds les plus sauvages et établissent leur demeure au milieu des rochers, dans quelque caverne, ou bien dans des antres, qu’ils creusent avec leurs ongles forts et crochus. On les voit mémo so construire avec des branches et des feuillages des cabanes dont l’intérieur est soigneusement garni do mousse ; mais il cil esl qui vivent toujours au milieu des glaces des mers polaires. En hiver, ils s’engourdissent plus ou moins profondément, et, lorsque le froid est vif, ils tombent dans une léthargie complète. Pendant toute la durée de ce sommeil hibernal, ils ne prennent pas de nourriture, mais paraissent vivre aux dépens de la graisse dont ils étaient surchargés à la fin de l’automne : aussi, lorsqu’ils sortent de lotir retraite, sont-ils d’une maigreur extrême.
La fourrure de ces animaux est épaisse et so compose de poils brillants et très longs : aussi est-elle recherchée et forme-t-elle un objet important de commerce. C est en hiver > t dans les pays les plus froids qu’elle est la plus belle et la mieux fournie, et par conséquent c'est aussi en Iriser qu’on fait aux ours la chasse la plus active.
On trouve des ours dans toutes les parties du monde et sous toutes les latitudes, excepté il ans l'Afrique méridionale et dans l’Australasie, et l’on en distingue plusieurs espèces.
L’Ours brun d’Europe esl assez commun dans les Alpes , et se rencontre dans le~ grandes forêts de l’Europe et d’une partie de l’Asie. On remarque, il est vrai , quelque différence dans le pelage de ceux des Alpes, des Pyrénées, de la Norwege et de la Sibérie; mais ce ne sont probablement que des variétés d’une seule espèce. Tout ce que nous avons dit sur les habitudes des ours en général est applicable û celui-ci. Il niche quelquefois très haut dans les arbres et vit toujours solitaire. 11 n’attaque l'homme que lorsqu’il est provoqué, et est alors Fort dangereux; il cherche à écraser son ennemi avec ses pattes, ou à l’étoufibr entre ses bras et le déchire avec ses ongles, mais ne se sert que peu de ses dents. C’est en leur sautant sur le dos qu’il attaque les quadrupèdes, et il parait que les chevaux et les taureaux no sont pas toujours en sûreté devant lui. Les petits naissent en hiver, et. la durée de la vie de ces animaux est au moins de quarante a cinquante ans. Dans le jeune Age, leur chair est bonne a manger, et leurs pattes sont fort estimées. On parvient facilement à dresser ccs animaux à certains exercices , et 1 on en promène souvent dans nos villes, pour exciter la curiosité publique.
L'Ours maritime ou Ours blanc de la mer Glaciale diffère beaucoup des espèces pré- '•édenles par sa forme et par ses moeurs. 11 est entièrement blanc et plus allongé que les uni s ordinaires ; sa taille est aussi plus considérable, car on en voit dont la longueur esl 'le six à sept pieds , et les voyageurs assurent en avoir rencontré de plus grands encore. H habite les terres qui avoisinent le cercle polaire et la mer Glaciale, et U vient quelquefois, porté sur des glaçons flottants, jusque sur les eûtes de l'Islande et de la Norwége. Des
§ 27. Les Blaireaux sont aussi des carnassiers plantigrades. Ils ont les jambes très courtes, les ongles des pieds de devant allongés et propres à fouir, et les poils du corps très longs (I).
§ 28. La tribu des digitigrades, c'est-à-dire le groupe formé par les genres chien, chat, hyène, putois, martre, etc., et la tribu des plantigrades, se ressemblent par les caractères généraux de l'organisation et par les mœurs, tandis qu'ils diffèrent sous beaucoup de rapports des autres mammifères. Par conséquent le zoologiste, dans la classification naturelle de tous ces animaux, doit en former un groupe distinct.
Ce groupe est désigné sous le nom d'oRDuE des Carnivores.
Los animaux dont nous venons de parler ne sont pas les seuls qui appartiennent à cet ordre, mais ce sont ceux qu'il nous importe le plus de connaître, et si nous résumons les principaux caractères il l'aide desquels il est facile do les distinguer, nous verrons qu'on peut les classer de la manière suivante :
Uï
/ TRIBU des DIGITIGRADES. ]
Ayant le falon relevé
pendant la ^ marche.
f Deux fausses molaires \ j en haut et trois en bas j Genrp Putois, Une seule dent tuber-k do chaque côté. ’ riilense derrière la ) Trois fausses molaires carnassière chaque'} en haut et quatre en
mâchoire. / bas.
I Trois fausses molaires \ à chaque mâchoire.
Une seule dont tuber-
Genre
Genre
Martre.
Loutre.
culeuse on arrière do i la carnassière supérieure; pointée tuberculeuse a la mâchoire f inférieure.
Deux fausse molaires devant chaque carnassière.
Trois fausses molaires. Genre
- j Genre
Chat.
Hyène.
Deux lubcrculeuses en arrière de la carnassière de la mâchoire supérieure.
Genre Civette.