TRIBU DES PLANTIGRADES
Posant sur le talon aussi J bien que sur les doigts \ pendant la marche.
Une seule tuberculeuse en arrière des carnassières à la mâchoire inférieure.
Deux tuberculeuses en bas comme en haut.
Une grosse dent tuberculeuse en arrière de la carnassière d’en haut qui est îi peine tranchante. )
Trois dents tuberculeuses en ar- \
rière de la carnassière qui est à > Genre Oi ns peine tranchante. J
j Genre ( Genre
Chien.
Blaireau.
récits exagérés de sa voracité l’ont rendu fort célèbre , mais c’est principalement aux circonstances où il se trouvait qu’on doit attribuer son régime exclusivement animal : en effet, dans les régions glacées qu’il habite, il ne trouve ni fruits ni bourgeons et ne peut vivre que de chasse; mais, lorsqu’on le tient en captivité, on le voit s’habituer facilement â une nourriture végétale semblable à celle des autres ours. Il nage et plonge avec une étonnante facilité et poursuit les poissons, les phoques et les jeunes cétacés. Au lieu d 'être solitaire comme les autres espèces de ce genre, les ours blancs se réunissent quelquefois en troupes nombreuses.
(\) Le Blaireau d’Europe , qui est de la taille d’un chien do médiocre grandeur , présente dans son pelage une particularité remarquable. Presque toujours la face dorsale
§ 29. Si l'on compare aux animaux de 1 ordre des carnivores un hérisson ou une musaraigne, on remarquera que chez tous ces mammifères les pattes sont conformées à peu près de la même manière, que leurs doigts sont également garnis au-dessus d ongles étroits, et qu’ils ont tous la bouche armée des trois sortes de dents que nous avons désignées sous les noms d'incisives, canines et molaires: mais on remarquera aussi que chez le hérisson et la musaraigne , de même que chez la taupe, les molaires, au lieu d'être tranchantes comme des lames de ciseaux , sont larges et hérissées de poinles coniques (fig. 57) . Or la structure des dents est toujours en rapport avec le régime des animaux, et par conséquent nous devons supposer que ces mammifères ne vivent pas à la manière des carnivores dont 1 élude vient de nous occuper. Et, en effet, au lieu de se nourrir de chair comme les chats et les putois, ils so nourrissent d insectes. Ils diffèrent aussi des carnivores par d autres caractères anatomiques sur lesquels nous n’avons pas à nous arrêter ici, et ils constituent dans la classe des mammifères un groupe particulier auquel on a donné le nom d'oRDRE des Insectivores.
Les Hérissons se font remarquer par l’armature de leur corps qui, en dessus et sur le côté, est hérissé de fortes épines solidement im-
Fig. 57.
Fig 1 . oS. Hérisson,
plantées dans la peau. Ils ont la faculté de se rouler en boule, de
du corps tics mammifères est d'une couleur plus foncée que la face ventrale. Le blaireau, au contraire, est grisâtre on dessus et noir en dessous ; c est un animal solitaire qui passe la plus grande partie de sa vie au fond d’un terrier oblique, tortueux et à une seule ouvert nro, qu’il so creuse facilement à l’aide île ses ongles très forts, et qu’il a soin d’en-
façon à se cacher entièrement au milieu de ce» piquants, ce qui leur permet de résister aux attaques do la plupart de leurs ennemis. En été on les trouve dans les haies ou sous des pierres, mais ils ne sortent guère que la nuit, et pendant l'hiver ils sont cachés dan;-
des trous où ils demeurent plongés dans une lithargie profonde. Le Hérisson d'Europe est assez commun en France.
Les Musaraignes (Sorex) sont de très petits animaux (fig. 59) dont l'aspect rappelle, en général , celui des souris , et qui doivent leur nom à cette ressemblance et à leur habitude de fouir [Mus araneu s). Leur museau a la forme d’un cône allongé; leur corps est couvert d’un pelage doux et épais; leurs pattes courtes, pourvues de cinq doigts armés d’ongles crochus, sont conformées pour la marche (1).
Les Taupes appartiennent également à l’ordre des insectivores et ressemblent beaucoup aux précédents par la conformation de leurs dents; mais elles se font remarquer par la brièveté et l’élargissement
tretenir dans un état de propreté extrême. 11 habite les parties tempérées de l'Europe et de l’Asie ; mais il est devenu très rare en France à cause de la chasse active qu’on lui a faite. Pour s’en emparer, on lui tend des pièges, ou bien on le fait poursuivre par un basset, qui pénètre dans son gîte, l’accule et donne ainsi le moyen de le prendre avec des pinces, en ouvrant le terrier par-dessus. Pour se défendre , il se couche sur le dos et se sert avec avantage de scs ongles aussi bien que de ses dénis. La fourrure des blaireaux est épaisse, rude et peu brillante. Les rouliers s'en servent pour couvrir le collier de leurs chevaux , et les poils de la queue de cet animal son! employés pour la fabrication des pinceaux et des brosses à barbe.
(1) Les musaraignes vivent dans des trous, dont elles ne sortent guère que le soir, o! se nourrissent do vers et d’insectes. Elles se trouvent, dans toutes les parties du monde, et l'on en connaît un nombre considérable d’espèces. La plus répandue en Europe est la Musaraigne commune on Muselle, qui se trouve dans les bois et dans les prairies. Elle se lient habituellement cachée dans des troncs d’arbres, sous des feuilles ou dans des trous, et en hiver se réfugie souvent dans les écuries et les granges , où l’odeur forte qu’elle répand ta fait découvrir. Celle odeur n’empêche pas les chiens et les chats de tuer les muselles, mais leur fait refuser d’en manger la chair. Il existe dans les campagnes un préjugé assez répandu, relativement à ces petits animaux : c’est d’en croire la morsure venimeuse et d*y attribuer une maladie souvent mortelle , qui se développe quelquefois avec une grande rapidité chez les chevaux et les mulets; mais des observations nombreuses prouvent que les musaraignes no sont pour rien dans l’apparition de cette affection qui est désignée, par les vétérinaires, sous le nom de charbon.
Le Carrelet est une autre espèce de musaraigne qui vit à peu près dans les mêmes lieux que la précédente, et qui doit son nom à la forme de sa queue quadrilatère et terminée tout à coup par une pointe fine.
La Musaraigne d’eau se trouve également en France; elle fréquente de préférence le bord des ruisseaux ; elle est un peu plus grande que la musette, et nage avec facilité au moyen d’une disposition particulière de ses pieds, qui sont bordés de poil» roides.
Fig. 50.
MAMMIFERES. 71
de leurs pattes antérieures (1). Elles vivent en terre et se nourrissent d’insectes ; leur forme est trapue et leur pelage remarquable par son aspect velouté.
Fig, 60. Taupe.
§ 30. Les Cuacves-Souris sont pour la plupart des animaux qui se nourrissent d’insectes comme les musaraignes et le hérisson, et qui ont également les dents molaires hérissées de pointes coniques ou de tubercules [fin- 61), mais elles en diffèrent ainsi que des carnassiers par la structure singulière de leurs membres. Effectivement elles sont pourvues d’ailes et douées do la faculté de voler, sans cependant être
fl) A l'aide de cos organes, les taupes se creusent, dans le sol, avec une rapidité extrême et avec un art admirable, do longues galeries ayant de nombreuses issues rangées autour du gîte principal. Ile distance en dislanco clics forment une espece de soupirail connu sous le nom de taupinière cl servant à rejeter au dehors les déblais qui obstruaient le passage , et elles ont soin de pratiquer cnlrc les diverses galeries principales de nombreuses communications. C’est surtout en poursuivant des larves d'insectes dont ccs animaux fout leur nourriture qu’ils creusent do la sorlc do nouveaux souterrains, et, suivant que la saison ou la nalurc du terrain porte leur proie à s’enfoncer profondément dans le sol ou à se rapprocher de la surface , on les voit se frayer des roules dans des couches différentes. Leur demeure no communique jamais directement avec l’air extérieur ; et, s’ils sortent de leurs galeries, ce n’est que pour choisir un point convenable pour recommencer de nouveaux travaux. En effet, leur I rai n de derrière est très faible, et sur in terre ils se meuvent aussi péniblement qu’ils le font avec facilité en dessous; la vitesse avec laquelle ils fouissent est quelquefois si grande qu’ils semblent en quelque sorte nager dans la terre. Ccs animaux, comme on le voit, sont destinés a vivre dans une obscurité profonde ; aussi leurs yeux sont-ils réduits à un état de pelilcssc extrême et ne paraissentils pouvoir dislingucr que la lumière do l’obscurité.
La Taupe commune de nos campagnes f/ip. 60), qui est ordinairement d'un beau noir, est répandue dans toutes les contrées fertiles de l’Europe. En général , on la poursuit avec acharnement comme nuisant beaucoup à l’agriculture ; les taupinières formées par les déblais provenant des travaux souterrains de cos animaux sont, en effet, incommodes dans les prairies , dont l'herbe doit être fauchée aussi ras que possible, et déparent les jardins d’agrément; mais cependant nous sommes portés à croire que les taupes sont Plutôt utiles que nuisibles, car elles détruisent un grand nombre do larves d'insectes, et t'es larves elles-mêmes font souvent de grands ravages en rongeant les racines des Plantes.
de la nature des oiseaux ; elles ont tous les caractères essentiels de la classe des mammifères, et leurs ailes ne sont en réalité que de grands
Fig. 6i. Tête et dents (4).
replis de la peau soutenus et mis en mouvement par les pattes antérieures dont les doigts sont excessivement allongés 'fig. 62). 11 est
ri}:. US. Squelette île Chauve-Souris (2):
d'ailleurs à noter que lorsque ces organes sont reployés {fig. 61), les chauves-souris s’en servent pour la marche comme si c’étaient des pattes ordinaires.
Ces animaux, et quelques autres mammifères dont les organes du vol sont moins développés, forment un groupe particulier que l’on appelle I’ordre des Chéiroptères. La plupart d’entre eux se nourrissent d’insectes et ont le système dentaire conformé de la même manière que dans l’ordre des insectivores.
ft ) ta tète d'une chauve-souris, grossie et vue de profd ; — h, la même, de face, (2) Les lettres de renvoi de cette figure ont la même signification que celles de la figure 19, page 31.
MAMMIFERES.
5 3 1 D autres mammifères, qui vivent de proie comme les loutres, ont des habitudes beaucoup plus aquatiques , et leurs pattes, au lieu detre conformées pour la marche, sont transformées en nageoires.
Les Phoques sont dans ce cas : ce sont des animaux marins qui se nourrissent de poissons et qui ne viennent à
terre aue pour se reposer sur ,
. * A Fig, 63. Oreillard (marchant a terre).
a plage.
Ils constituent un groupe particulier auquel on a donné le nom li'ouDBE des Amphibies.
Fig, Ot. Phoque (Calscépliale marin!).
§ 3 2 . Chez tous les mammifères dont il vient d’être question , savoir : les carnivores, les insectivores , les chéiroptères et les amphibies, les membres sont conformés pour la locomotion seulement, et le
Fig. H5. Sajou, à gorge bUtiuhc.
pouce ne peut pas s opposer aux, autres doigts en manière do pince, comme cola se voit à la main de l’homme.
Mais chez les Singes il en est autrement : le pouce est opposable aux autres doigts, ce qui permet à ces animaux de se servir de leurs pattes comme nous le faisons de nos mains pour saisir les objets. Cette disposition existe aux membres postérieurs aussi bien qu’aux membres antérieurs, et a valu au groupe zoologique formé par ces animaux et quelques autres dont la structure est analogue le nom
d’ORDKE DES QUADRUMANES.
Les singes et les autres quadrumanes sont des animaux essentiellement frugivores; aussi leurs dents molaires, au lieu d'être
Fig. GG. Tête et dents d'un Macaque ( 1 ).
tranchantes comme celles des carnassiers ou hérissées do pointes comme celles des insectivores, sont-elles terminées par une surface
large et simplement bosselée k peu près comme chez l'homme.
Ce sont des animaux de moyenne ou de petite tai 1 1 o, dont le crâne est presque toujours arrondi, le museau médiocrement prolongé , le cou court , le corps svelle et les membres grêles et longs. Ils sont couverts d’un poil assez serré , long et soveux ; "■ rwocêphah. néanmoins leur ressem-
blance avoc 1 homme est quelquefois extrême, et il en est qui,
(1) rt, tôle* osseuse ; — c, dents do la mâchoire supérieure; — b, dents de la mâchoire inférieure par leur surface triturante. Chez la plupart des Vînmes les canines sont trèdovcluppécjj.
trouverons qu i! n en est |>lus de même. Le devant de la bouche est occupé par de grandes dents incisives, et sur les côtés on voit des dents molaires, mais il n'v a pas de canines , et l’espace occupé d’ordinaire par ces dernières dents est vide. Le système dentaire de ces animaux est par conséquent incomplet.
Ce caractère organique se retrouve aussi chez l’écureuil, le rat, la marmotte et beaucoup d’autres animaux qui se nourrissent de matières végétales plus ou moins dures , et qui forment un groupe naturel de même importance zoologique que les divers ordres dont il vient d être question, un lui a donné le nom d’ ordre des Rongeurs, à raison de la manière dont ces animaux mangent, en détachant des corps quils attaquent de petites parcelles a l’aide de leurs grandes dents incisives, arquées et terminées par un bord tranchant.
Les rongeurs sont presque tous des animaux de petite taille, et en général leurs pattes postérieures sont beaucoup plus longues que
Fig. 71. Trie île llougciiy.
les antérieures, de façon qu ils sautent plutôt qu ils ne marchent. Le lapin nous offre un exemple de cette disposition, mais elle est portée beaucoup plus loin chez quelques autres espèces du même ordre. Ainsi on trouve assez abondamment en Algérie un petit rongeur appelé Gerboise, qui ne pose, presque jamais ses pattes de devant à
terre et ne se sert que de ses pattes postérieures pour se tenir et se mouvoir.
§ 35. Le lapin, que nous avons choisi comme exemple des animaux do l’ordre des rongeurs, nediffère que très peu du lièvre commun, et forme avec ce petit mammifère et quelques autres espèces exotiques un groupe générique auquel les zoologistes appliquent le nom de Likviuî (tepua). Ce sont, comme chacun lésait, des animaux do petite taille , à pelage doux ot épais , à queue très courte et à grandes oreilles ; il est aussi à noter qu’ils ont la lèvre supérieure complètement fendue au milieu, et que derrière les deux grandes incisives de la mâchoire supérieure on trouve deux petites incisives rudimentaires {fig. 73), disposition qui ne se voit pas chez les autres rongeurs.
§36. Les Ecureuils sont de petits rongeurs qui se reconnaissent du premier coup d'œil à leur grande queue touffue, dont les poils simulent une sorte de large plume. Ils vivent sur les arbres, y grimpent avec une agilité extrême, et s’y construisent une sorte de bauge, pour s’y reposer et pour y loger leurs petits. Leurs mouvements sontgracieux, etils so familiarisent assez promptement avec l’homme , mais sans montrer d’attachement pour les personnes qui les soignent (1).
§ 37. Les Rats, les souris, les mulots ot les surmulots sont aussi des rongeurs, mais se distinguent facilement des précédents par leur queue longue et ». écailleuse. Ils forment un
genre particulier qui est
(I) L 'Ecureuil commun est le plus joli polit quadrupède île nos bois; il est répandu dans les parties froides et tempérées de l'ancien monde. Son .pelage varie suivant les climats : en France, en Allemagne, etc., il est toujours iTun roux plus ou moins vif en dessus et blanc en dessous; mais, dans le Nord, il devient en hiver d’un beau gris bleuâtre, et donne alors la fourrure connue sous le nom de petit-gris, quand on ne prend que le dos, et devoir, quand ou y laisse le blanc du ventre. Ses moeurs sont assez curieuses. Pendant une partie de la journée , il reste caché dans un nid sphérique , qu’il construit avec beaucoup d’art dans les parties les plus élevées des plus grands arbres, et qu’il recouvre
caractérisé également par la conformation de leurs dents. Ils se nourrissent principalement de graines et de racines, mais mangent aussi des matières animales. Ils ont les dents incisives beaucoup plus pointues que les autres rongeurs (I).
§ 33. Dans nos campagnes on confond souvent avec les rats d'autres ... , . . ,, „ ,