ihtehoire inférieure dun Hat
petits rongeurs qui en entrèrent par leur queue velue ainsi que par la structure de leurs dents molaires, et qui constituent le genre Campagnol, ou Arvicola . 1 elssoni
Fig. 76, Campagnol ordinaire.
le Campagnol ordinaire que l’on appelle aussi le Petit rat des champs , et que dans quelques provinces on nomme aussi, mais à tort, Mulot ;
'l'une espèce de toit conique , destiné à empêcher lu pluie d'y pénétrer. Cette bauge, fuite de mousse et de brins de bois flexibles , est tenue avec une propreté remarquable ; jamais l'écureuil n'y fait d’ordure. Vers le soir, ces animaux sortent de leurs retraites, et prennent leurs ébats. On les voit alors sauter de branche en branche avec une grâce et "De agilité extrêmes, et en étalant leur queue sur leurs corps, en manière de parachute. Us ne s'engourdissent pas en hiver, ot ont l’instinct d’amasser, pendant l’été, les proviens nécessaires à leur subsistance pendant la saison froide. Ils sc nourrissent de noi- ^Itos, de glands, d'amandes, etc., et ont une grande propension à cacher en tout temps t aliments qui leur restent. Le tronc d’un arbre creux devient ordinairement leur ma- : ils font plusieurs réserves dans des cachettes différentes , et ils savent très bien reconnaître, même sous la neige, qu’ils écartent avec leurs pattes.
(1) Parmi les animaux du genre des rats qui aujourd’hui hantent en si grand nombre n °8 demeures, il n'en est qu’un qui paraisse être originaire de l’Europe, et qui ait été 1 "uiin des anciens : c'est la souris. Ce petit animal se trouve quelquefois dans les bois ; tus en général il vit dans une sorte d’intimité, avec l’homme, dont il partage les habitions : il a mémo suivi les Européens partout où ils so sont établis. C’est principalement dans les vieilles maisons que les souris fixent leur domicile ; elles so cachent dans galeries longues et plus ou moins compliquées, qu'elles creusent dans les planchers " l vieilles murailles, dont le plâtre se désagrégé facilement, ot elles causent souvent grands dommages, eu rongeant le linge, les livres et tout ce qu’elles peuvent atteindre, '^s so nourrissent de substances végétales aussi bien que de matières animales ; mais
le Campagnol aquatique, ou Hat d’eau, et. le Campagnol fouisseur, ou Schermans de l'Alsace (1)
§ 39. On désigne sous le nom de Hamsters, de petits rongeurs qui ressemblent encore davantage aux rats par leur structure inté-
ce sont tes corps gras, tels que le suif, le lard et le savon, qu'elles dévorent avec le plus d'ardeur. Elles pullulent beaucoup; les femelles font chaque année plusieurs portées composées chacune de six à huit petits. C’est dans les pays chauds qu'elles se multiplient le plus. Il paraît que nulle part elles ne sont aussi incommodes qu’en Egypte ; mais on les rencontre jusqu’en Islande et en Sibérie. Elles supportent très bien les hivers les plus rigoureux et no s’engourdissent pas comme les loirs et les marmottes.
Le Rat domestique , ou Rat noir, n’était pas connu des anciens, et paraît n’avoir pénétré en Europe que dans le moyen Age. Quelques naturalistes célèbres pensent qu’il est originaire de l’Amcrique; niais on ne sait, rien de positif à cet égard. Son pelage est ordinairement d’un cendré noirâtre. Jadis il était très commun dans nos villes • niais une autre espèce de rat plus grand et plus fort, que lo commerce maritime des Anglais nous a apporté des grandes Indes, est venu le détruire en grande partie, et h' reléguer dans les granges et les habitations rurales, où il devient un véritable fléau parles dommages qu’il occasionne, en rongeant le linge, le cuir des harnais, h? lard, le grain • en un mot, tout ce qui lui tombe sous la dent. Du reste il se multiplie bien moins que la souris; car la femelle 11 e fait, chaque année, qu’une seule portée, composée de cinq ou six petits.
L’espccc exotique qui a dépossédé ainsi le rat noir de ses anciens domaines est le Surmulot, dont le corps a ordinairement neuf pouces de long, et dont la queue est proportionnellement plus courte que celle du rat noir. Son pelage est en général d’un brun roussâtre, et les anneaux écailleux dont sa queue est. garnie sont au nombre d’environ deux cenls, tandis que, dans l’espèce précédente, on n’en compte qu’environ roui cinquante. Ce grand rat , aujourd'hui 1res multiplié en Europe, a clé d'abord transporté de l'Inde et de la Perse en Angleterre vers l’année 1730 ; son existence n’a été signalée en France qu’en 1750; en 1766, il n’était pas encore parvenu en Russie et en Sibérie • niais, peu de temps après, on l'a vu arriver de l'occident sur les bords du Voh*a et ;! une époque encore plus récente, il a été transporté en Amérique et dans les autres colonies européennes, où il a prodigieusement pullulé.
Les surmulots sont très carnassiers; ceux, en petit nombre, qui habitent la campagne, attaquent les jeunes animaux, ot ceux qui infestent les villes se nourrissent principalement de charognes. A Paris, ils sont très communs dans les égouts situés près dos marchés et des abattoirs, etc.
Le Mulot , qui ressemble au surmulot par ses couleurs, mais dont la taille est inférieure à celle du rat commun , ne fréquente pas les habitations de l'homme , comme les trois espèces précédentes, et établit sa demeurç dans les forêts; il est quelquefois très nuisible aux agriculteurs en dévastant les champs de blé.
(d) Le Campagnol ordinaire est delà taille d’une souris, jaune-brun en dessus, blanc sale en dessous. Cet animal, trop bien connu dans les campagnes par les nombreux ravages qu'il y cause , habite toutes les parties de l’Europe , et choisit de préférence les jardins et les champs, où il peut trouver facilement des grains : il n’entre pas dans lemaisons ni même dans les granges, mais sc creuse une demeure souterraine peu profonde , composée de plusieurs cellules eu communication entre elles , et ayant diverses issues. En hiver, il so retire dans les bois. Les femelles mettent bas, au printemps ou en automne, de six à dix petits par portée, et, lorsque les circonstances sont favorables à la multiplication de ces animaux , ils pullulent au point de devenir un véritable fléau. Ces animaux, qu’on voit quelquefois couvrir par légions innombrables dévastés étendues de terrains, sont d’une voracité extrême : ils détruisent la semence que l'on mol. en terre et celle qui vient do mûrir. Aussitôt que le blé est près d'être recueilli, ils le coupent parla racine, vident l'épi, mangent une partie du grain, emportent le reste et. continuent ainsi jusqu’à ce qu’ils aient tout moissonné. Quand ils envahissent un champ de céréale-.
MAMM1KKKK5. Ml
Heure, mais qui 01 H la queue courte el velue. I ne espèce de ce genre se trouve en Alsace, mais est surtout commune en Allemagne et dans
Idg. 77. Hamster.
l' Europe orientale , où il nuit beaucoup à l’agriculture en dévastant les champs de blé.
§ 40. Les Loirs ont aussi beaucoup do ressemblance avec les
Fig. “8, Lérol.
rats, mais leur queue est touffue et ils ont quatre dents molaires au lieu de trois. Ce sont de petits animaux nocturnes qui grimpent aux
ils en deviennent les maîtres : on n’a aucun moyen de s'opposer à leurs ravages , el l’on ne peut travailler ulilement à leur destruction qu’à l’époque des labours el des semis. C’est lorsque l’été est sec qu’ils sont le plus à craindre ; heureusement qu’ils ont des ennemis redoutables, cl que les pluies de l’automne et surtout la fonte des neiges les détruisent en nombre très considérable. Les oiseaux do proie leur font une chasse active, el les renards, les chats, les fouines et les belettes leur font une guerre perpétuelle. On peut aussi dresser des chiens à en faire la chasse, et les cultivateurs soigneux font suivre la charrue, au second labour d’automne , par des enfants qui , avec un faisceau de ha guettes , tuent tous ceux que le soc amène au jour ; mais ces causes de destruction ne suffisent pas toujours , et , pour se débarrasser de ces animaux voraces , on empoisonne quelquefois tout le champ qu’on veut préserver , en faisant tremper des grains de blé dans une décoction de noix vomique, d’eupliorbe, elc.
Le Rat d’eau , ou Campagnol amphibie, est d’un gris brun foncé et un peu plus grand que le rat commun, auquel il ressemble beaucoup; il habile le bord des eaux et creuse des trous pou profonds, parallèles au sol e! à plusieurs ouvertures. 8a nourriture consiste
arbres avec agilité, so nourrissent principalement de fruits, et passent l'hiver en léthargie (I).
§ 41. Les Marmottes ne différent que peu des loirs par leur structure, mais s’en distinguent facilement par leur forme trapue et leur démarche lourde, ainsi que par le nombre de leurs dents (2).
Fig. 49. Marmotte.
Le temps nous manquerait pour parler ici de tous les genres de l'ordre des rongeurs, et nous nous bornerons à ajouter que c’est encore à
principalement en racines île plantes aquatiques. Quand il est surpris, il court se jeter à l’eau , mais il nage et plonge mal.
On nomme Campagnol économe, ou Campagnol des prés, une autre espèce du menue genre qui lialiilo toute la Sibérie, et qui paraît se trouver aussi dans la Suisse et le midi de la France, dans les champs où l’on récolle dos pommes de terre. Ce rongeur est quablo par l’art avec lequel il construit sa demeure souterraine et par les émigrations éloignées qu’il fait on troupes nombreuses dans diverses parties du nord do l’Asie.
(1 ) L’espèce que l’on désigne généralement sous le nom de Loir aux environs de Paris n’est pas le loir proprement dit, mais le lérot (fuj. 78). Son pelage csl d’un gris brun en dessus, blanc en dessous, et sa queue n’est touffue que vers le bout. Ce petit animal est très commun dans toutes les parties tempérées do l’Europe, et occasionne de grands dégâts dans nos vergers, cor il a l’habitude do courir sur les espaliers ut d’entamer les meilleurs fruits au moment où ils commencent à mûrir. IJ attaque do préférence les pèches.
Le Loir, qui est beaucoup plus grand, d’uu blanc roussutre en dessus et ù queue louilue dès la base, so trouve dans les forcis du midi do l’Europe.
Enfin le Muscardin, qui csl aussi une espèce du genre loir, est plus polit que lelérol, H son pelage est d’une couleur cannelle on dessus; il se tient sur la lisière des bois et se construit un nid sur les branches basses des arbres.
(2) Une espèce de ce genre, la Marmotte des Alpes , est connue de tout le monde ; car les petits Savoyards qui viennent dans nos villes mendier leur existence en promènent souvent dans nos rues. Cet animal est à peu près de la taille d’un lapin, et son pelage est d un gris ronssâlre avec des teintes cendrées vers la Iule. 11 habile les Alpes à une bailleur très considérable ; son terrier so trouve en général immédiatement audessous îles neiges perpétuelles ; et c’est là que les montagnards vont le chercher pendant 1 hiver, lorsqu il est endormi el roulé dans son li( de foin. En général, on trouve
MAMMIFERES. 83
ce groupe qu’appartiennent le Cochon d’Inde , si connu sur nos mar-
Fig. 80. Porc-dpic.
chés ; Io Ponc-iric, remarquable par la puissante armature de son dos ,
Fig. 81. ChincMlla.
le Chinchilla, petit rongeur de l’Amérique du Sud, dont la fourrure
Plusieurs marmottes dans le mène terrier qu'elles ont soin île bien garnir de foin et '*° n t elles bourlicnf l'entrée avec do la lerru à l'approche de, la saison froide J elles vivent ' " sociélé cl ne s'éloignent jamais beaucoup do leur retraite, : on assure que, lorsque la troupe est dehors, elles placent toujours au Sommet d'un rocher voisin une senlinello t|u M"»r un sidlemcnl aigu, averlil scs compagnes de l'approche do quelque danger. Leur I’°au est employée comme fourrure de lias prix, et les montagnards mangent leur chair.
ZOUI.OlilK.
est d uno beauté rcmarquablo ; el. le ('.Aston , célèbre pour son industrie et son instinct architectural (I '.
Fig:. 82. Castor.
S 12. Chez d’autres mammifères le système dentaire est encore plus incomplet que chez les rongeurs : il n'y a point de dents sur le
devant de la bouche, les incisives n'existant jamais; souvent. les canines manquent aussi , et quelquefois il n’y a pas même de dents molaires.
Ces animaux constituent un huitième ordre que l'on dé- „ , signe sous le nom d’ÉDExTss.
il n en existe pas en France, et comme exemple de ce groupe nounous bornerons à citer les Tatous, qui habitent l’Amérique et qui
(C Lcs Castors se distinguant do tous les mitres rougeurs par leur grande queue apinlie horizonlnlcmcnl, de forme presque ovalaire et couverte d’écailles. Ce sont d'assez grands animaux , dont la vie est tout aquatique; leurs pieds el leur queue les aident egalement bien à nager ; ils vivenl principalement d’écorces et d'aulrcs matières dures <•1 ils su servent do leurs fortes dents incisives pour couper toutes vertes d'arbres I* Castor du Canada est, de tous les quadrupèdes, celui qui met le plus d’industrie •' i;; i;tl»ricution do sa demouro, a laquelle il travaille en société , dans les lieux les plus solitaires du nord de l'Amérique. *
Ces animaux se trouvent toujours dans le voisinage des fleuves et des lacs • l’été ils sc rc*
hnwlp^,nM,! emC 7 , ‘-!’ ilS S " c ? ,wcnl SUP ,c riva & c 5 n,i,is ’ ridant l l.ivèr, ils habitent dan. des huiles construites avec le plus grand soin sur le bord ou au milieu des eaux.
} ii general , ils choisissent des eaux qui soient assez profondes pour ne pas geler iustiu’.ni tond, et, autant c|n ils le peuvent, des eaux courantes, parce qu’ils courent le bois néccisure a leurs constructions au-dessus du point où ils travaillent , cl alors le courant
MAMMIFERES. 8b
sont remarquable» pur 1 espèce do cuirasse dont leur corps esl armé; les Paxgolins, qui sc trouvent en Afrique et qui ont le corps
l’ig. 8 t. Tatou cabossait.
garni de grandes écailles ; enfin l'Aï ou Paresseux, qui se trouve dans l’Amérique du Sud, et vit constamment accroché aux branches des arbres dont il mange les feuilles.
Fig. 85. Pangolin.
§ 43. Chez tous les mammifères dont nous nous sommes occupé jusqu’ici, les ongles ne recouvrent que la face supérieure de r extrémité des doigts, ce qui permet à ces derniers organes de servir au loucher ; mais si nous comparons à la patte d'un de ces animaux le
* amène où ils veulent. Si l’eau est dormnulc, ils commencent immédiatement leur hâiisse ; mais si l’e.au est courante, ils forment d’abord une digne on talus four sou tonir l’eau à "ne égale bailleur. Celle digue est formée de brandies entrelacées les unes dans les autres, '*"ni les intervalles sont remplis de pierres et de limon, et crépis ensuite d’un enduit épais d solide ; elle a ordinairement 3 mètres ot demi ou 4 mètres d épaisseur à sa base , ci 'de est quelquefois d’une étendue très considérable. Au bout de quelques années, elle s, ‘ couvre ordinairement île végéta 1 ion et se change en une véritable haie. Les buttes se ( "Mslruisent centre la digue de la même manière qu’elle , mais avec moins de solidité ; d'acune sert à deux ou trois familles et a deux étages : le supérieur, à sec, pour les ani- ; l'inférieur, sous l’eau, pour les provisions d’écorces dont ils se nourrissent. 11 n’y rt que cet étage qui soit ouvert au dehors , cl la porte donne sous l’eau sans avoir de ' n mmunication avec la terre. Les travaux des castors ne sc poursuivent que la nuit, mais
86 ZOOLOÜJK.
pied d'un cheval ou d’un bœuf, nous verrons que chez ceux-ci il n on est plus de mémo, et le sabot, qui n'est autre chose qu'un ongle très développé, entoure complètement l'extrémité du membre.
Or, les mammifères qui sont pourvus d’ongles ordinaires so ressemblent aussi entre eux par d'autres caractères importants dont nous ne pourrons nous occuper que plus tard, et diffèrent beaucoup des mammifères à sabot. lion résulte que pour classer tous ces animaux d’une manière naturelle, on réunit les carnivores, les insectivores, les chéiroptères, les quadrumanes, les rongeurs, etc., en un grand groupe auquel on a donné le nom do division des UscncuLÈs, et l'on a formé avec les mammifères à sabot une autre division sous le nom de Mammifères osguliss.
§ 44. Parmi les animaux mammifères ongulés (c’est-à-dire ceux dont l’extrémité des doigts est entourée d’un ongle très grand en forme de coiffe et appelé sabot), le bœuf et le cheval sont los doux animaux qui nous intéressent le plus, fis sont l'un et l'autre herbivores : mais pour peu que l’on observe leurs habitudes, on remarque des différences considérables dans la manière dont iis mangent. Le cheval, I comme chacun lo sait, mâche ses aliments avant de les avaler, et une fois que ces matières sont descendues dans l’estomac , elles y restent jusqu’à co qu'elles soient digérées. Sous ce rapport le cheval ne présente donc rien qui le distingue du chien et des autres animaux dont nous avons déjà fait l’histoire. Mais pour le bœuf il en ost autrement : les aliments sont avalés presque aussitôt leur entrée dans la bouche et sans que l’animal ait eu le temps de los brover entre ses dents; ils restent ainsi pendant un certain temps dans un premier estomac , puis sont ramenés dans la bouche pour être mâchés à loisir, et c'est seulement après avoir subi cotto opération qu’ils descendent dans l'estomac, chargé d’en effectuer la digestion.
On donne le nom do rumination à cotte régurgitation des aliments, ot lorsque nous étudierons la physiologie de la digestion, nous verrons qu’elle n’a lieu que chez les animaux qui sont pourvus de quatre estomacs disposés d’une manière particulière.
Or, le bœuf n’est pas lo seul animal qui rumine; lo mouton, la [ chèvre, les cerfs, la girafe, lo chameau et plusieurs autres mammifères ongulés font de mémo, et se ressemblent aussi par la confor- 1 mation de leur appareil digestif. Ces animaux ont aussi entre eux
Ils sc fonl avec une rapidité étonnante. Lorsque la saison des neiges approche, ces uniinanx s<* rassemblent on grand nombre et se mettent à réparer les buttes qu’ils avalent abandonnées an printemps, ou à en construire d’autres.
Le -voisinage de l'homme empêche les castors de se réunir ainsi et de bâtir; les castor* solitaires qu'on trouve dans les terriers le. long du Rhône , du Danube ou de quelque* autres fleuves d'Europe , uo so construisent jamais de huttes* mais paraissent cependant ôtre de la meme espèce que lo castor du Canada.
beaucoup d’analogie sous plusieurs autres rapports, et ils constituent un groupe très naturel qui, dans nos classiiications zoologiques, porte le nom d ’ ordre des Ruminants.
§ 4 3. Notre Boeuf domestique, qui, suivant l'âge et le sexe, porte les noms de Veau, do Vache et de Taureau, est si bien connu de chacun d'entre nous, qu’il serait inutile d'on décrire ici les formes ; mais il est nécessaire d’arrêter un instant notre attention sur la structure des cornes dont son front est armé. Ces organes, de forme conique, et recourbés on dehors et on avant comme un croissant, sont composés d’un axe osseux qui naît de l’os du front et d’un revêtement extérieur, ou gaine de nature cornée, dont la substance a beaucoup d’analogie avec celle dont sont formés les ongles et les sabots. A mesure que l’animal grandit, scs cornes s’allongent sans changer notablement de forme, et, à l’aide du prolongement de l'os du front qui en occupe l'intérieur, elles restent toujours solidement fixées au crâne.
Fig. 86. Bison.
Le Buffle, qui paraît être originaire de l'Inde, mais qui se trouve Aujourd’hui dans le midi de l’Europe aussi bien que dans une grande
Fig. 87. Buffle. Fig- 88 - Bœuf musqué.
Partie de l’Asie et do l’Afrique, est un animal du môme genre que "otre bœuf domestique, mais qui s’en distingue parla forme des
SK ZOOLOGIE.
cornes cl par quelques autres parlinilarilés. Il eu est encore de môme du Bison, du Bcenf musqué- d'Amérique eide plusieurs autres mammifères exotiques, qui forment avec les deux espèces que nous venons de nommer un petit groupe zoologique que les naturalistes appellent le genre Boeuf (1 ) .
§ 46. Les Moutons, quoique bien distincts des bœufs par la forme do leur corps et la petitesse de leur taille, sont dos animaux qui leur ressemblent cependant beaucoup par tous les points les plus importants de leur organisation. Le sont aussi des ruminants dont le front est armé de cornes à axe osseux et à étui corné ; mais la direction de ces cornes est différente, et il est aussi à noter
(I) Le Bœuf domestique o,e so trouve plus à l'élal sauvage, et so distingue des autres espèces du même genre par plusieurs caractères, tels qu’ un front plat plus long que large, des cornes rondes placées aux deux extrémités de la ligne saillante qui sépare le front de l'occiput, et. les quatre mamelles placées par pain s. Aussi vigoureux que docile, le bœuf est d’une grande utilité pour l'économie domestique et pour l’agriculture, soit comme bête de Irait , soit à raison des produits qu’il nous fournil. Sa chair, qui est très succulente , constitue mi de nos aliments les plus sains et les plus nourrissants. Sa peau , bouillie, donne de lu colle forte ; tannée , elle si* change en cuir ; les poils servent de bourre ; les cornes sont employées par les labletiers pour faire des peignes, des écritoires et autres ustensiles. On brûle sa graisse ; on fait d'excellents engrais avec son sang, dont on se sert aussi dans plusieurs arts chimiques, entre autres dans les raffineries do sucre et d'huile de poisson. La membrane qui couvre les intestins , lorsqu’elle est séchée, forme ce qu’on nomme la baudruche , et est employée pour recouvrir les aérostats et battre l’or en feuilles très minces ; enfin le lait do la vache donne la crème , le fromage et le bourre. 11 y a des bœufs dans toutes les parties du monde ; mais ces animaux sont originaires de l’Europe et de l’Asie.
On donne le nom à' Aurochs à une autre espèce de bœuf qui appartient également à l’Europe. Il se distingue do notre bœuf domestique par son front bombé, plus large que liant, par l’attache de ses cornes au-dessous de la crête occipitale , par une sorte de laine crépue qui couvre la tète et leçon du nulle, et qui forme une barbe courte sous In gorge,
• nfin par une paire de côtes do plus. Il habitait autrefois toute l’Europe tempérée, niais anjoiird lui! sa race est presque détruite, cl l’on n’en trouve pins que quelques individus réfugiés dans les grandes forêts marécageuses de la Lithuanie , des Krapncks et du Caucase.
Le Buffle (fl g. 87) a les cornes marquées en avant par une arête longitudinale. Il a moins de docilité que le bœuf; mais il est plus robuste et plus facile à nourrir. Il aime à se vautrer dans la fange, et il est excellent nageur : il plonge parfois jusqu'à dix ou douze pieds de profondeur pour arracher avec scs cornes quelques plantes aquatiques qu’il mange en nageant.
Une troisième espèce, Y Yack, aussi nonuué Buffle à queue de cheval, et Vache grognante de la Tartarie, est une espèce de petite taille, originaire du Thibet. 11 porte sur le dos une longue crinière, et sa queue est garnie de poils longs comme ceux du cheval. C’est avec cette queue qu'on fait les étendards qui servent parmi les Turcs à distinguer les officiers supérieurs.
Le Bœuf musqué (flg. 88) habile les parties les plus septentrionales do l’Amérique, et grimpe sur les rochers presque aussi bien que les chèvres ; il est remarquable par ses cornes, presque réunies a leur base au devant du front, et par l'odeur forte de musc qu’il répand.
Le Bison (flg. 80) d'Amérique ressemble beaucoup à l'aurochs, quoiqu'il ait les jambe* et la queue plus courtes , le poil plus long, et quelques antres différences plus légères.
que le museau n'est pas, comme chez les bœufs, terminé par un large mufle (1). Ici les cornes, au lieu de se relever en forme de
Fig. 00. Le Mou p on.
croissant, sont d’abord recourbées en arrière, puis dirigées en basel on avant en manière de spirale (2).
(() On afijwllo mufle la portion de la peau île la face qui , chez les bœufs, esl dépourvue île poils el eoulinuollemont lubrifiée par un liipiiile qui suinte des pores doul si surface est parsemée.
(-2) Le Mouton domestique parait avoir eu pour origine une espèce qui se trouve encore aujourd'hui à l’état sauvage dans les régions montagneuses de l'Asie centrale-, et qu’oii nomme Argali. Le mâle a des cornes très grosses, triangulaires à leur hase, arrondies aux angles, aplaties, en avant et striées en travers (ftg, 80). Il est beaucoup plus grand que nos moutons el fort agile.
Le Mouflon (fig. 90), que l’on trouve en Europe, on Afriqueot en Amérique, est aussi une espère du goure mouton, et il diffère de l’argalien ce que sa taille ne devient jamais aussi grande, Sa femelle n'a que rarement des cornes, et lorsqu’elles existent , elles sont très petites. Il y a dans les montions des variétés qui sont noires en tout ou en partie, el d’autres plus ou moins blanches. Ces animaux vivent on troupes.
Le Mouton domestique, qui, dans sa jeunesse, porte le nom A' Agneau, et dont la femelle est appelée Brebis, esl un animal trop connu pour qu’il soit nécessaire d’entrer dans de longs détails sur ses mœurs et sur scs caractères zoologiqnes. On l’élève en troupeaux nombreux pour en obtenir la toison dont les poils frises se nomment laine. La graisse de ces animaux, blanche et cassante, sert à faire de la chandelle ; cest avec leurs intestins roules et desséchés que sont fabriquées les cordes à boyaux pour les instruments de musique ; enfin leurs excréments , qui donnent un engrais 1 res puissant, contribuent a Augmenter la fertilité des terres. Les brebis Mérinos qui se trouvent en Espagne sont ccuiarquables par la finesse de leur laine. Autrefois leur exportation était défendue en Espagne ; mais aujourd’hui on en élève en Franco et dans presque toutes les autres parties de l'Europe. Les premiers mérinos furent importés en 1770, d’après les ordres de Trudaine, intendant des finances ; aujourd’hui nous en possédons environ 500,000, Sf m.s compter les métis.
La tonte des moulons se fait tous les ans vers le mois de mai, lorsqu’on écartant les mèches de la laine, on aperçoit la pointe d’une laine nouvelle. Quelquefois on lave la laine s, ir le dos de l’animal avant de la couper ; plus souvent on la conpe telle qu’elle est, cm-
ZOOLOtilL.
47. Les Chèvres constituent un troisième genre de ruminants à cornes revêtues d’un étui corné , et ne diffèrent guère du genre
mouton que par la direction de leurs cornes ( qui sont dressées
Fig . 02. Tête de Gazelle.
et simplement arquées on arrière), par la forme concave de leur chanfrein et par la barbe dont leur menton est ordinairement garni (1 ).
§ 48. Enfin il est aussi à noter que les Antilopes, dont une espèce, connue sous lo nom de Chamois (2), habite les hautes montagnes de l’Europe, se placent à côté des chèvres, des moutons et des bœufs, dans la classification naturelle des mammifères. La Gazelle (fig. 92), qui se trouve en Algérie, est également une espece du genre antilope.
premlo d’une sueur grasse, nommée suint, qui la préserve des teignes et autres insectes.
Il existe des différences très grandes entre les diverses variétés dos moutons. La race la plus remarquable par la singularité do ses formes, est celle des Moutons à large queue, (•liez lesquels cet appendice est tellement gonflé par de Ja graisse, qu’il a souvent la forme d'une grosse loupe à un ou meme à deux lobes : il en existe dans les parties tempérées de l’Asie, le midi de la Russie, dans la haute Egypte, etc. Des voyageurs digues de foi assurent que, dans certaines contrées de l'Afrique orientale, il n’est pas rare de rencontrer de ccs moutons attelés à une sorte de brouette, destinée uniquement à supporter le poids de leur queue, tant son volume devient énorme. Le Mouton de Valachie se distingue par ses cornes en spirale et dirigées en haut, comme celles de certaines antilopes, et riiez le Mouton d'Islande, qui est répandu depuis la Nonvëge jusqu’au Groenland, le nombre de ces prolongements frontaux varie singulièrement : tantôt il n'eslqun de deux, niais d’autres fois il existe trois, quatre et quelquefois jusqu’à huit cornes.
(1) V. Kga.gr c, ou Chèvre sauvage, qui paraît être la souche de toutes les variétés de nos chèvres domestiques, habite en troupes sur les montagnes de la Perse, et peut-être même dans les Alpes.
Le Bouquetin estime autre espèce de chèvre sauvage qui habite le sommet des hautes montagnes do l'ancien monde.
La Chèvre domestique est très répandue dans toute l’Europe, car c’est un animal qui donno de grands profits, et n'est que d’un entretien peu cuûteux. 11 semble cependant se plaire mieux dans les montagnes et sur les rochers escarpés que dans les champs cultivés. Sa nourriture favorite consiste en bourgeons do jeunes arbres. 11 est capable de supporter les plus fortes chaleurs ; l’orage ne l’effraie nullement, et les pluies ne l'incommodent point. Le lait de chèvre est gras, nourrissant et médicinal ; il se coagule moins sur l’estomac que celui de la vache, et par conséquent est d'une plus facile digestion.
(2) Le Chamois est de la taille d’une grande chèvre et a le pelage brun foncé. Son habitation est dans les parties les plus impraticables des grandes montagnes boisées de 1 Europe. Il y vit par troupes de quinze à vingt , ou meme davantage, et ne se montre
Fig. 01. Tête de Chèvre.
§ 49. Nous avons déjà dit que les Cerfs appartiennent, comme les animaux dont il vient d’être question, à l’ordre des ruminants. Ainsi
Fig-. 93. Cerf.
que chacun le sait, ce sont aussi des mammifères dont la tête est garnie de cornes ; mais la structure de ces cornes, auxquelles on
Fig. 91. llenne.
'lonne le nom do bois , est différente. En effet, ces organes sont for-
fuèro que le matin et le soir. Sa timidité est extrême et son agilité encore plus grande : il tondit de rocher en rocher avec une force et une adresse admirables, et fuit l'homme ‘iès qu'il l’aperçoit ; mais, lorsqu'il se trouve cerné par les chasseurs, il se jette sur eux les renverse souvent dans les précipices, au bord desquels ils sont obligés de le suivre, l'a peau forme el souple était jadis 1res employée pour les vêlements ; mais aujourd'hui d" d esl devenu rare, ou la remplace par celle de mouton.
niés, comme chez le bœuf ou l’antilope, par des prolongements des os du front, mais ces axes osseux ne sont pas recouverts d’un étui corné ; et, après avoir été garnis par la peau seulement pendant un certain temps, ils son dépouillent et restent à nu. il est aussi à noter que les bois des cerfs ne sont pas des cornes persistantes comme celles des divers ruminants dont il vient d’étre question, mais tombent et se renouvellent périodiquement, et en général deviennent de plus en plus branchues à mesure que l’animal avance en âge.
Il existe un grand nombre d’espèces du genre cerf; celles qui habitent 1 Europe sont.: le Cerf commun , le Daim, le Chevreuil et le Hernie H).
Fig*. 95. Chevreuil.
§ 50. La Girafe est un ruminant comme tous les précédents, mais sa tête n’est armée que de cornes très courtes qui restent tou-
(1) Le Cerf commun ( fia , 93) aies bois ronds et le pelage d’un gris brun uniforme, en hiver; brun fauve avec une ligne noirâtre, et de chaque côté une rangée de petites taches fauve pâle le long de l’épine du dos, en été. Dans le premier âge il est fauve, tacheté de blanc, et est alors appelé Faon. A six mois environ , deux bosses, premiers vestiges du bois, commencent à se montrer sur l’os du front, et le jeune animal prend alors le nom de Hère. Mais ce n’est que pendant la seconde année que les bois se développent réellement : ils constituent alors une lige simple, et se nomment daQue ; l'année suivante, les
ilAMMlt'lilUfS.
jours revêtues par la peau rlu front ot recouvertes de poils. Cet animal est surtout remarquable par la longueur considérable de son cou , la
Fig. 90. Girafe.
hauteur de son train de devant et sa grande taille. Il habite les régions centrales de l’Afrique.
brandies ou ami (tuiliers se forment sur lu lace milériraiv >1» la lige principale mi mtrmin ; enfin à la quatrième année, les bois se couronnent d'une espece d’ompanmuro garnie de pointes, dont le nombre nuffincnle avec les années. C’est au pnnlenips que la Huile île ces cornes arrive , et r'est pendant l'été qu’elles repoussent, l.es vieux cerfs mrlUmt bas leurs lu.is , les premiers vi rs le mois de février , et les pins jeunes en mars, avril el lur'ine en niai. Vous se rnelienl alors dans les taillis, d’où ils rie sovlnnt que lorsqu'ils ont déjà la tète armée d'un bois nouveau , 'ini n’esl enlièvemeul développé et durci que vers
ZOOLOGJE,
§51. Enfin nous mentionnerons encore ici les Chevrotains, qui, pm l ensemble de leur organisation, ressemblent beaucoup à tous les ruminants a cornes, et surtout aux cerfs, mais qui sont dépolir-
Fig. 07, Chevrota in musc.
vus de cornes el ont les dents canines très développées à la mâchoire supérieure. C’est une espèce de ce genre qui fournit la matière odorante employée en parfumerie sous le nom de musc. Elle habite les montagnes de l’Asie centrale.
1(> mois d’aoùt : alors commence la saison iln ml , qui Jure environ trois semaines et qui est pour ces animaux mi temps d'irritation et de fureur presque incroyable. Le cerf, d’ordinaire si paisible et si timide, devient alors dangereux, même pour lès hommes, et ne dort plus, mange à peine et court en tous sens dans les forêts, qu’il fait retentir de sa voie forte et âpre. Après l'époque du rut, les cerfs sont d’une faiblesse extrême; ils se retirent dans les lieux abondants pour sc refaire ; pendant l’hiver les males et les femelles sc réunissent en grandes troupes. La biche met lias en mai ou juin ; son faon la suit tout l’<hé, et si des chiens le poursuivent , elle se présente el se lait chasser elle-même pour le préserver du danger. Les anciens allribuaicnt à ces animaux une vie d’une longueur prodigieuse, ninis dans le fait ils ne dépassent guère vingt ans.
Le cerf habile les forêts de toute l’Europe et de l’Asie tempérée. Sa chasse a été de tous les temps l’exercice favori des grands. Pour se soustraire à la poursuite des chiens,
I animal a recours à des ruses variées : tantôt il passe et repasse sur la voie, pour leur faire perdre la piste; d'autres fois, pour leur donner le change , il se fait accompagner d'autres bêtes ou bien fait un grand saut do côté, sc couche sur le ventre el laisse passer devant lui ses ennemis. Sa dernière ressource est en général de sc plonger dans l’eau. Le cerf est alors aux abois, et quand les chions l’atteignent, il ne cherche plus qu’à se défendre avec, scs cornes, armes dangereuses pour ses adversaires, mais qui ne lui suffisent pas pour préserver sa vie de leurs attaques acharnées.
Le Daim, qui paraît être originaire de la Barbarie, mais qui est devenu commun dans tous les pays de l’Europe , diffère du précédent par la forme des bois, qui à leur base sont ronds el armés d'un andouiller pointu, mais sont aplatis et dentelés en dehors dans le reste de leur oléoduc. Ses mœurs sont analogues à celles du cerf commun. Sa taille csl moindre, et son pelage, bnm noirâtre en hiver, est fauve, lâcheté do blanc en été.
§ 52. Tous les ruminants que nous venons de passer en revue ont le système dentaire composé de la même manière ; ils manquent d'incisives à la mâchoire inférieure et en ont quatre paires à la mâchoire supérieure ; les canines sont en général peu ou point développées, et les molaires au nombre de six de chaque côté et à chaque mâchoire.
D’autres ruminants n’ont que six incisives à la mâchoire inférieure au lieu de huit, et en présentent une paire à la mâchoire supérieure ; enfin on ne leur trouve en tout que vingt ou vingt-deux molaires au lieu de vingt-quatre. Ils présentent aussi des particularités dans la structure do leur pied , qui n’est pas fourchu comme chez les précédents, et n’est garni que de sabots très petits. Ces animaux constituent une petite tribu particulière dont les principaux représentants sont lo chameau et le lama.
Les Chameaux sont remarquables par l’existence d’une ou de deux grandes bosses placées sur le dos, et formées de graisse^. 4 9). 11 est aussi à noter que leurs doigts sont réunis en dessous par une peau
Lo Chevreuil (flg. 95) estlo plus petit itoiccrr* it'Kuropc. Ses buis pou développés i-l ronds s’élèvent perpendiculairement au-dessus de la trie, et. ne présentent que deux andouil- 1ers. Son pelage varie, mais est ordinairement d'un brun roux. 11 sc plaît dans les lieux élevés ci vit par couples dans les forets. Son bois tombe, eu automne et il entre eu rut en novembre. La gestation est de cinq mois et demi, et la chevrette met lias an mois d'avril doux petits, l’un mâle et l’autre femelle, qui restent avec leurs parents jusqu’à ce qu’ils aient eux-mêmes une famille. La durée de la vie de ces animaux est de douze à quinze ans, et leur chair est 1res estimée.
Le Benne (flg. 94) diffère des autres cerfs en ce qu'il existe des bois chez la femelle aussi bien que chez le male. Ces appendices, divisés en plusieurs branches, sont d’abord grêles cl pointus, mais Unissent avec l’âge par sc terminer en palmes élargies et dentelées. Sa taille est à peu près celle do notre cerf commun , mais il est plus trapu. Ses jambes sont plus grosses el plus courtes, et son poil, en partie laineux et brun en été, devient presque blanc en hiver. 11 habite les contrées glaciales îles deux continents , et rend aux peuples hyporboréens les services les plus grands. En effet , le renne est devenu pour eux un animal domestique qui leur sert comme hôte de Irait et do somme , qui leur fournit par son lait el sa chair une nourriture précieuse, et dont la peau est pour eux un vêtement chaud et solide. La nourriture de ces animaux consiste principalement eu une espèce de lichen (appelé lichen ranfjifmms ), qui est presque la seule, production végétale qui se développe pendant le long liîvcr dos régions polaires; et c’est principalement, cette circonstance qui rend les rennes si utiles, car elle permet aux Lapons et aux Sammèdes d’en élever des troupeaux nombreux. Le froid est eu quelque sorte leur élément. Le climat de Sainll’étersboiirg leur est déjà insupportable par sa chaleur, et en Laponie meme, ou est oblige de les conduire dans les montagnes pendant l’été' Clinique renne donne par jour une livre de bit , qui sent un peu le suif, mais dont on fait du fromage dont les Lapons font leur principal aliment pendant leurs voyages. La chair d’un de ces animaux suffit à la nourriture de quatre personnes pendant une semaine. La peau de leur front, comme étant la plus solide, est employée pour faire des souliers, el celle des autres parties du corps pour faire des habits. Leurs tendons tiennent lieu de fd, et leur vessie de bouteille; enfin les Snmoiôdes fout encore avec leur peau des voiles pour leurs bateaux. Employé comme hèle de Irait, le renne est d’une rapidité prodigieuse : il fait de six à sept myriamèlres sans sc reposer; mais il n’est pas toujours docile, et lance quelquefois à son maître des coups de pied violents.
or. ZOOLOGIE.
forte et calleuse qui constitue une sorte de semelle très dure (I).
Enfin les Lamas unt beaucoup d analogie avec les chameaux, mais sont dépourvus de bosse et ont les doigts libres. Ils habitent l'Amérique méridionale.
Fig-. 98. Lama.
$5 53. En résumé, nous voyons donc quo l'ordre des Ruminants se compose de deux tribus : les Ruminants ordinaires et les Cuméliens.
La tribu des Ruminants ordinaires comprend plusieurs genres qu’on peut distinguer aux caractères indiqués dans le tableau suivant. La tribu des Camélif.ns no se compose que de deux genres : les Chameaux et les Lamas.
(1) Ces animaux sou! propres aux parties chaudes de l'ancien continent ; ils sont célèbres par leur docilité, par la faculté de soutenir de longues routes, quoique pesamment chargés, cl surtout par leur extrême sobriété. Les chameaux , sans lesquels peut-être les hommes n 'eussent jamais pu traverser les vastes solitudes de sable que l'on rencontre eu Asie et en Afrique, ont la faculté de passer plusieurs jours sans boire, ce qui lient probablement à de grands amas de cellules qui garnissent les côtés do leur panse, cl dans lesquelles il s'accumule ou sc produit beaucoup d’eau. Dans l’Arabie et dans d'autres contrées où l’on fait servir le chameau à dillorents usages, il est regardé comme le plus précieux dos animaux. Son lait forme une partie considérable de la nourriture de ses maîtres; ceux-ci s’habillent de sou poil, qui tombe régulièrement tous les ans, cl à l'approche do l’ennemi, ils peuvent, en montant sur son dos, fuir rapidement à de grandedistances.
Les deux espèces principales du genre chameau sont ; Je Chameau de la Hadrianc ou à deux bosses , cl Je Chameau d'Arabie ou à une bosse , que l'on nomme le Dromadaire.
MAMMIFERES.