RÉSUMÉ DU LA CLASSIFICATION DLS RUMINANTS
g 51. Le cheval et les autres mammifères ongulés qui ne ruminent pas forment un groupe zoologique parfaitement distinct du précédent, auquel on a donné le nom de Pachydermes, parce que la plupart de ces animaux se font remarquer par 1 épaisseur de leur peau.
§ 53. Le Cheval diffère de tous les quadrupèdes dont d a ete question jusqu’ici dans cette leçon, parla conformation de son pied. Au lieu d'avoir deux ou plusieurs doigts séparés, ses pattes sont terminées par un doigt unique revêtu d un L i sabot (/îy . 99).
Cette disposition se rencontre aussi chez 1 ano, te ...■©! zèbre et quelques autres animaux, et a valu a ces ""■Bip mammifères le nom commun de Solipèdks. Ils se res- ■SIIJ' semblent du reste beaucoup entre eux par toutes les ' i l " parties de leur organisation, et ne forment qu un seul genre. Ils sont essentiellement herbivores etn ont qu un estomac simple. On leur trouve six incisives tranchantes ■ 1 à chaque mâchoire, et de chaque côté six molaires en MA liauteommeonbas(/i<y. 1 00); les mâles ont de plus a la ma- pj||A
'-boire supérieure, et quelquefois à toutes les deux, deux jÈfT Petites canines qui manquent presque toujours aux fobielles. Entre ces canines et la première molaire est ...fcfeL ' espace vide nommé barre , oii l’on place le mors , au moyen duquel l'homme dompte et dirige ces animaux.
Us ont l'œil saillant, la prunelle en forme de carré , Jt)
long, l'oreille longue et mobile, les narines sans mulle, la langue douce, l'ouïe très fine; leur lèvre supériouic, fort mobile, est Pour eux un instrument de préhension ; tout. Iem corps est couvert d’un poil bien fourni, avec une crinière sur le cou ; enfin leur queue Ps t médiocre, mais souvent garnie do longs crins.
ZOOLOGlJi.
Le Chcml proprement dit se distingue des autres espèces de ce genre par la couleur uniforme de sa robe et par sa queue garnie de
poils dès sa base. Il les dépasse aussi par sa laille ainsi que par la beauté de ses formes, et il est originaire des grandes plaines du centre de l'Asie; mais aujourd’hui il est répandu en nombre immense dans presque toutes les parties du monde, et il n’existe plus à l’ctat sauvage que dans les lieux où des chevaux domestiques ont recouvré la liberté, comme en Tartarie et en Amérique (2).
(I) Tète île cheval: — i, ilonls Incisives; — c , canine rudimentaire ; — ni , unifaire.
(-) Le Cheval paraît originaire des grandes plaines do l’Asie centrale, et peut-être aussi de quelques conirccs de l’Europe. Anciennement il ne se trouvait ni en Afrique, ni en Amérique, ni à la Nouvelle-Hollande; mais, devenu le compagnon de l'homme à la guerre, dans les voyages et dans les travaux de l’agriculture, du commerce et des arts, il a clé transporté dans tous les pays où la civilisation a pénétré, et l’espèce entière a subi l’influence de la domesticité. Dans les vastes steppes de la Tartarie, berceau de leur race, on trouve encore des chevaux sauvages, que l’on appelle des tavpans ; mais ces animaux n’ont pas conservé leurs caractères primitifs, car ils se mêlent continuellement à des individus échappés à la domesticité, et la plupart des zoologistes (peut-être sans preuves suffisantes) les regardent même comme descendants de chevaux domestiques redevenir libres. Quelques auteurs vont jusqu’à leur assigner pour origine ceux que leurs maîtres ont abandonnés, faute do fourrage, lors du siège d’Azopli, en 1058. Au premier abord celle opinion paraît bien hasardée ; mais elle devient plus plausible, lorsqu’on voit ce qui s’est passé en Amérique.
Lors de la découverte du nouveau monde, il u’y existait aucun animal du genre clos chevaux. Le cheval domestique a élé importé dans ces contrées à une époque qui no remonte guère au delà du trois siècles, et cependant ou y trouve aujourd'hui dos troupes immenses de chevaux sauvages. Ces animaux y ont repris dos mœurs analogues à celles des tarpans de l’Asie, et leur nombre est bien plus considérable.
Les chevaux sauvages présentent bien moins de variations dans leurs couleurs que nos chevaux domestiques , mais cependant n 'offrent pas l'uniformité qu’on rencontre chez les animaux restés complètement étrangers à l’influence do la domesticité. Ceux de l’Asie sont pour lu plupart Isabelle ou gris de souris, et ceux de l’Amérique bai châtain. Partout les individus noirs sont très rares, et l’on n’en voit pas de couleur pie. C’est toujours dans les pays de plaines que ces animaux habitent, et ils se réunissent constamment en familles composées d’un étalon et d’un nombre variable de juments et de poulains. Eu Asie, ces troupes d’une vingtaine d’individus restent isolées; il on est de même dans quelques parties de l’Amérique (la Colombie, par exemple), où les cantons qu’ils habitent sont resserrés et visités fréquemment par les hommes; mais, dans les vastes pampas du Paraguay, ces familles se réunissent à leur tour et forment des troupes dont le nombre est très considérable. Toutes ces troupes sont conduites par des chefs qui sont toujours à leur tête dans les voyages comme dans les combats, et qui doivent P autorité dont ils sont revêtus a la supériorité do leur force cl de leur courage.
L'importation de ces animaux dans le nouveau monde ne date guère que de trois siècles, et cependant les chevaux sauvages y sont en nombre immcnso. On les y rencontre quelquefois par troupes do plus de dix mille individus.
Le cheval peut vivre environ trente ans, mais, dans sa vieillesse, il perd presque toutes ses qualités précieuses. Avant l'âge de quatre ou cinq ans il ne peut être monté ni employé au trait ; on voit donc qu'il importe beaucoup de pouvoir distinguer avec certitude luge de ces animaux, Jusqu'à l'âge d’environ huit ans, on y parvient avec certitude à l’aide des changements successifs qui s’opèrent dans
Chaque troupe habite un canton particulier, qu'elle défend comme sa propriété contre toute invasion étrangère, et qu’elle n’abandonne que lorsqu’elle y est forcée parle manque de pâturages ou par quelque ennemi puissant. Ces troupes marchent en colonnes serrées, précédées de quelques éclaireurs, et lorsqu’un objet les inquiète, elles s'eu approchent, les chefs entête, et décrivent autour un ou plusieurs cercles, comme pour l'examiner. Si leurs guides reconnaissent quelque danger et donnent l'exemple de la fuite, tous ces chevaux sauvages les suivent sans hésitation ; et, lorsqu’ils ont à résister à l’attaque de quelques grands carnassiers, les seuls animaux qu’ils doivent craindre! ils se réunissent en groupes compactes, et sc défendent courageusement par des morsures et des ruades. A la vue des chevaux en esclavage, ils poussent des hennissements longs et graves , et semblent les inviter à les suivre dans leur vie vagabonde. Souvent, si ces derniers ne sont pas bien gardés, l’instinct de la sociabilité et l’amour de la liberté sc réveillent alors en eux, cl ils se joignent à la horde sauvage pour ne plus s'en séparer.
Ces chevaux, libres depuis plusieurs générations, sont cependant eux-mêmes faciles à dompter. Dans beaucoup de provinces de l'Amérique du Sud, on n’en emploie pas d'autres. Pour les prendre, on chasse souvent toute une troupe, de manière à la pousser dans un corail ou enclos circulaire, construit avec des pieux plantés solidement en terre ; puis le c api tan ou chef de la tribu indienne, monté sur un cheval vigoureux et bien dressé», entre dans l’enceinte, ayant à la main un lasso ou longue courroie de cuir tressé, fixée par une extrémité à la selle de son cheval, et terminée à l'autre extrémité par un nœud roulant. Le cavalier lance ce nœud autour du cou du premier jeune cheval sauvage qui se présente à lui et l'entraîne au dehors. Au moyen des cordes jetées autour des jambes de l'animal, on le renverse par terre, on lui met dans la bouclio une forte courroie de cuir en guise de lu ide, et on le selle. Un Indien, armé d’éperons très aigus, le monte et le laisse alors courir. Le cheval fait d'abord des efforts incroyables pour se debarrasser de son cavalier; mais l’éperon le met bientôt au galop, et, après avoir couru pendant un temps plus ou moins long, il se laisse ramener au fatal endos, où il a perdu sa liberté. 11 est alors dompté : on lui oie sa bride et sa selle, et on le laisse aller avec les autres chevaux, car, dès ce moment, il ne cherche plus à fuir ni à désobéir à son maître.
Dans la Tartane, on a recours à des moyens analogues pour prendre et dompter les chevaux sauvages ; mais il paraît que les vieux sont plus difficiles a maîtriser.
La domesticité du cheval remonte aux temps les plus reculés. D’après quelques passages d“ la Genèse, il est a présumer que ces animaux commentaient à être employés en Egypte d dans les parties voisines do l’Asie vers l’époque où Joseph administrait la première de 1 es contrées, c’ost-ît-diro, il y a environ trois mille six cents ans, et, d’après les sculptures •uniques trouvées dans les ruines de Pcrsépolis, et même d après les poésies d’Homère, 0,1 & lieu de croire que, dans les premiers temps de leur domesticité, on no les montait h as > mais qu’on s'en servait seulement comme de bêles île trait.
D’iuiluonce de l'homme et les circonstances variées dans lesquelles les chevaux ont été* placés par suite de leur esclavage ont déterminé parmi ces animaux des différences considérables qui, se propageant de génération en génération, ont produit une multitude de 'Aces diverses.
leur système dentaire (l); mais passé celle époque, on n'a aucun signe bien positif de leur âge, et Von dit qu'ils ne marquent plus, parce qu’alors les fossettes dont leurs incisives étaient creusées sont effacées.
L’Ane , dont la taille est en général plus petite que celle du cheval , se reconnaît à ses longues oreilles, à la croix noire qu’il a sur les épaules, et à la touffe de poils qui termine sa queue. Quoique moins fort que le cheval, il n’est pas moins précieux que lui pour les habitants de la campagne, parce qu’il est patient et plus sobre. Il est comparativement plus fort et plus hardi que son heureux rival. Sujet à beaucoup moins d'infirmités, il soutient sa vie à très peu de frais. Il n'est difficile que pour sa boisson: il lui faut une eau claire et limpide. Il est trois ou quatre ans avant de prendre toute sa Fig. loi. croissance , et pousse sa carrière jusqu’à vingt ou vingt-cinq ans; il dort moins que le cheval. Dans ses premières années, il est vif, animé; mais les mauvais traitements lui font bientôt perdre sa vivacité : il devient lent, stupide et têtu.
(1) Le Poulain } en naissant, est en général encore privé de dents sur le devant de la bouche, et n’a que deux molaires de chaque côté et à chaque mâchoire; mais, au boni île quelques jours , les deux incisives du milieu (appelées pinces) se montrent à chaque mâchoire. Dans lo cours du premier mois, une troisième molaire parait également. Vers trois mois et demi ou à quatre mois, les deux incisives mitoyennes sortent aussi, et entre six mois et demi cl huit mois les incisives latérales, appelées coins, ainsi qu'une quatrième molaire apparaissent. A cette époque, la première dentition est complète, et les changements qui y surviennent avant l’âge de trois ans ne dépendent que de l'usure de plus en plus profonde des incisives, dont les fossettes, colorées en noir par les aliments, disparaissent peu à pou. De treize à seize mois, les pinces rasent, c’est-à-dire que la cavité de leur surface terminale s'efface ; de seize à vingt mois, les incisives mitoyennes présentent le même degré d'usure, et de vingt à vingt-quatre mois, les coins rasent à leur tour.
A doux ans et demi ou trois ans, le travail do la seconde dentition commence. Les dents de lait se reconnaissent en ce qu'elles sont plus courtes, eu général plus blanches et rétrécies à leur hase , près do la gencive ; les dents de remplacement sont beaucoup plus larges et ne présentent pas lo rétrécissement que nous venons de signaler et que l’on appelle collet.
Ce sont les pinces qui tombent et sont remplacées par les premières.
De trois ans et demi à quatre ans , les incisives mitoyennes éprouvent le meme changement, et les canines inférieures ou crochets commencent à se montrer (/ ig . 100), De quatre ans et demi à cinq uns, les coins so renouvellent aussi ; les canines supérieures, lorsqu'elles existent , percent la gencive , et à la mémo époque la cinquième molaiic commence à paraître.
Les incisives do remplacement présentent, comme celles de lail, une dépression en forme de fossette à la surface de leur couronne (fig. 101) et s’usent de la même manière. De cinq à six ans, les pinces de la mâchoire inférieure perdent leur cavité ; l'année suivante, les incisives mitoyennes rasent à leur tour, et de sept à huit ans, la marque des coins s’efface. La detrilion des incisives supérieures se fait dans le mémo ordre, mais csl plus lente. I.a différence paraît être d’environ une année.
Lorsque ces divers changements se sont opérés, les dénis ne fournisse»! plus de 'igné
.MAMMIl-KKES. l o 1
Le lait d'ànesse, qui a uno grande analogie avec le lait de la femme, est considéré comme un aliment ou comme un remède salutaire dans quelques maladies, telles que la phthisie pulmonaire.
Le Zèbre [fig. 102) a presque la forme d’un âne, dont il se distingue par les bandes transversales, d'un brun noirâtre sur un fond
Fig. 102, Zèbn.
jaune, dont tout son corps est couvert. 11 s’apprivoise avec quelque soins mais n’a pas été réduit en domesticité, et se rencontre depui l'Abyssinie jusqu’au cap de Bonne-Espérance : (
c’est l'hippotigre dont il est question dans quelques passages des écrits des anciens.
§ 56. Le Cochon est aussi un animal de l’ordre des pachydermes, mais son pied est fourchu, et par conséquent il n'appartient pas au groupe des solipèdes; il a quatre doigts à tous les pieds, mais deux seulement sont très apparents, et les deux autres touchent à peine à terre. Cet anima] est remarquable aussi par le grand développement. de ses dents canines, qui toutes sorlent de la bouche et se relèvent de façon à former des défenses, et par la structure de son museau dont l’extrémité constitue un boutoir mobile et tronqué propre à fouiller la terre.
Le Sctr.glier, dont, descendent tous nos cochons domestiques , vit dans les forêts des régions tempérées de
Fig. 103.
rei-Uin indicnlif ite l'Sgc .lu cheval, qui alors, on sfvle «le maquignon, esl hors tldge. I a « oulcur et la longueur «les canines, qui se déchaussent «le plus en plus, les rides du palais <•1 quelques autres signes ne peuvent donner pins lard que «les notions approximatives à ( <‘t osfaîfl.
l’Europe et do l’Asie ; il se nourrit principalement de racines , mais lorsque la faim le presse il devient omnivore.
Fis 1 . 104. Sanglier,
§ 57. Les llipporoTAMi s sont des pachydermes de très grande taille, qui ressemblent beaucoup aux cochons par la conformation de
Fig. 405. Hippopotame.
leurs pieds, mais qui s* en distinguent par leur museau renflé et par leur appareil dentaire (1).
(1) Cos animaux vivent dans les rivières du centre et du midi de l'Afrique , où ils se nourrissent de substances végétales. Ils sont d’un brun noir, et atteignent jusqu’à dix ou onze pieds de long sur quatre ou cinq do Iiai.il. On on voit quelquefois trois ou quatre au milieu des rivières ou près de quelques cataractes, formant une espèce de ligne et s’élançant sur les poissons que la rapidité du courant leur amène. Ils nagent avec une grande vigueur et demeurent longtemps sous l'eau sans avoir besoin de respirer l’air. Pendant la nuit, ils quittent les rivières pour sc jeter sur les plantations de sucre, de millet, de riz, qu’ils dévorent avec avidité. Ils marchent avec une telle impétuosité, qu’ils écrasent tout ce qui se trouve sur leur passage. Leur caractère féroce les a rendus très redoutables.
g 88. ()n connaît sous le nom de Tapirs d’autres pachydermes qui, par la forme générale de leur corps , se rapprochent des cochons, mais qui ont le nez prolongé en une petite trompe mobile. Il s’en trouve en Amérique et en Asie.
§ 80. Enfin nous signalerons encore ii l'attention de nos lecteurs des pachydermes dont les piods ne sont terminés que par trois doigts, et dont le nez est armé d une grosso corne. Ce sont les TtniNOcénos (/i g. 107', qui sont remarquables aussi par leur grande taille et par l’excessive dureté de leur peau. Chez quelques espèces de ce genre il exisle doux cornes placées 1 une au-dessus de 1 autre sur la ligne médiane. Ils vivent en Afrique et en Asie.
§ 60. Tous ces pachydermes dont les doigts varient en nombre depuis deux jusqu'à quatre forment à côté des solipèdes une seconde tribu à laquelle on a donné le nom de Pachydermes ordinaires.
Enfin les Éléphants présentent aussi les caractères que nous Fig. 107. Rhinocéros.
avons rencontrés chez tous les
autres Pachydermes, mais diffèrent de tous les précédents" par 1 existence do cinq doigts à tous les pieds, et surtout par la longue trompe dont leur tête est garnie. Aussi forment-ils clans cet ordre un troisième groupe appelé la tribu des Psoboscidiens.
Les éléphanls (fiij. 108) sont, comme chacun le sait, des animaux d une taille gigantesque et de formes lourdes; leur tôle est armée du deux défenses très puissantes constituées par les dents canines de la mâchoire supérieure , qui prennent un accroissement très considérable et nous fournissent la substance employée en industrie sous le. nom d ivoire. La trompe n’est autre chose qu un prolongement tubulaire du nez ; les narines en occupent 1 extrémité.
L 'Eléphant des Indes n’est pas la même espèce que l'Eléphant d' Afrique : ce dernier se distingue a ses grandes oreilles , le premier est beaucoup plus éducable et est employé comme bète de somme.
§61 En résumé, nous voyons que l’ordre des Pachydermes se subdivise en trois tribus : les Pachydermes ordinaires , les Prohos- ( idiens et les Solipèdes;
Que la tribu dos Solipèdes se compose du genre Cheval, comprenant le Cheval proprement dît , 1 Ane, , le Zèbre, etc. ;
10i ZOOLOGIE.
y lie la tribu des Paoiiydkbmesoiimn unes comprend les KniNOuUoa. les Hippopotames, les Cornons, etc. :
Et que la tribu des Phoboscidiems est formée par le genre Ki epuam .
Fi*. 108. K Ifijiltüiïl rte Vhtiif,
§ 0 2. Lorsqu'on observe superficiellement une baleine, un dauphin ou un marsouin , on peut croire au premier abord que ces animaux sont des poissons, car ils en ont à pou prés la forme, et ils habitent la mer; mais pour lieu qu'on les étudie de plus prés, on ne larde pas à voir qu’en réalité ils ne leur ressemblent qn'exléiieuremenl, et que par tous les points les plus importants de leur structure» ainsi que par la manière dont ils vivent, ils ne différent pas des mammifères ordinaires Effectivement , ils nnl comme ceux-ci des
MAMMIFKKKS. 10î.
mamelles pour allaite)' leurs petits ; ils ont des poumons et ils respirent l'air atmosphérique ; ils oui le sang chaud, et nous verrons plus tard que leur cœur est construit de la même manière que chez lous les quadrupèdes dont il vient d’être question , tandis que chez les poissons cet organe important est constitué tout autrement. Il en
Fi£. t09. Haleine.
résulte que dans une classification naturelle des animaux vertébrés les baleines, les dauphins et les marsouins doivent être rangés dans la classe des mammifères.
Mais ces mammifères pisciformes n ont pas comme les quadrupèdes deux paires de membres ; ils sont complètement dépourvus de membres abdominaux ou postérieurs, et leurs membres antérieurs sont transformés en nageoires. Enfin leur queue, au lieu de se terminer en pointe comme d’ordinaire dans la classe des mammifères, est élargie au bout de façon à constituer une grande nageoire horizon tale. 11 est aussi à noter que leur peau, au lieu d’êlre garnie de poils, est complètement nue. Ces animaux ne peuvent par conséquent prendre place dans aucun des ordres que nous avons passés en revue, et doivent constituer un groupe distinct auquel on a donné lo nom
d ORDRE DES CÉTACÉS.
Les Baleines ((ig. 109) sont d'énormes cétacés dont la tôle forme environ le tiers de la longueur totale, et dont la bouche, dépourvue de dents, est garnie des deux côtés de la mâchoire supérieure par une s érie de grandes lames transversales serrées les unes contre les aul res comme des dents de peigne, et connues sous le nom do fanons. Ces organes, formés par une espèce de corne fibreuse et très élastique, H Ont effilés il leurs bords et constituent une sorte de crible propre a retenir les petits animaux dont les baleines se nourrissent. Les fosses 'msales offrent aussi chez ces animaux une disposition particulière fini, du reste, so rencontre chez la plupart des cétacés, et qui permet
à ces animaux de produire au-dessus de leur tète des jets d’eau qui les font remarquer de loin par les navigateurs et qui leur ont valu le nom de Souffleurs. Ils engloutissent dans leur vaste gueule, avec leur proie, de grands volumes d’eau : et. pour s’en débarrasser, sans laisser échapper on môme temps leurs aliments , ils la font passer dans les fosses nasales: l’eau s'v amasse dans un sac particulier, et les muscles qui entourent cette espèce de réservoir, en se contractant, la chassent avec violence par les narines (fig. 1 1 0, e), qui sont percées au-dessus de la tôle (1).
Los Cachalots sont des cétacés très voisins des baleines, mais qui manqnentde fanons et qui ont la mâchoire inférieure armée de dents,
Fig. 410. Cachalot,
I,o partie supérieure de l’énorme tête cîe ces animaux ne consiste presque qu’en grandes cavités recouvertes et séparées par des
(I) 1) après lu taille gigantesque dos baleines, on serait tenté de croire que ces animaux doivent dévorer les poissons les plus gros; niais il en est tout autrement : l’absence de dents, l’espèce d’armature de leur bouche et la faiblesse des muscles de leur mâchoire ne leur permettent do s’emparer que des plus petits animaux marins. Leurs aliments ordinaires consistent en petits mollusques, cil crustacés longs de quelques millimètres et en süoophyles dont le corps est mou comme do la gelée; mais le nombre de ces êtres étant immense, elles n’ont pour ainsi dire qu’à ouvrir la gueule pour les engloutir par milliers. Du reste,. elles sont très voraces, et mangent presque continue.lleifîcnt ; l’eau qui entre dans leur énorme bouche, chaque fois qu’elles l'ouvrent, est rejetée au dehors par les narines, et forme au-dessus de leur tête un jet élevé qui retombe en une espèce de pluie bue. Les baleines nagent avec une très grande vitesse ; n’ayant aucune arme pour se défendre et étant lu plus souvent embarrassées de la masse énorme de leur corps, elles ne sont point capables d’éviter les attaques d’ennemis robustes et agiles, et la conscience de leur faiblesse les rend en général timides et Craintives; quelquefois, cependant, elles deviennent furieuses et déploient toute leur force pour se défendre ou pour échapper à leurs persécuteurs: on assure que lorsqu’elles frappent l’eau avec la queue, elles produisent un fracas pareil à celui d’un coup de canon.
On connaît plusieurs espèces de baleines. Celle qui est la plus recherchée des pêcheurs est appelée Baleine franche , et se distingue en ce qu'elle n’a point de nageoire sur le dos ; sa taille n’excède guère 25 mètres. Jadis elle était assez commune dans nos mers ; mais poursuivie sans cesse par les pêcheurs, elle s’est retirée peu à peu vers le iNnrd, et nu se rencontre plus aujourd’hui que dans les mers glacées qui avoisinent b* pôle.
La pêche de la baleine et du cachalot est une branche importante du commerce maritime : elle occupe chaque année des flottes entières, et c’est sans contredit l’école où se forment les marins les plus hardis cl les plus expérimentés. Jadis elle était tout entière entre les mains des Basques; mais depniç longtemps nos pêcheurs ne s’en occupent que peu, et aujourd’hui celle pêche est faite presque exclusivement par les Anglais et le*
cartilages, et remplies d'une huile qui se fige par le refroidissement et qui est connue sous le nom de blanc de baleine ou de s permaceti.
Les Dauphins et les Marsouins ont la tète beaucoup moins grosse
Fig. 111. Marsouin.
proportionnellement que les baleines , et ils ont les deux mâchoires garnies de dents pointues ; ils sont très carnassiers.
§ 63. Tous les mammifères dont se composent les divers ordres que nous venons d'étudier sont bien constitués au moment de leur naissance, et l’appareil mammaire à l'aide duquel la mère nourrit ses petits est à découvert; mais il n’en est pas do même chez certains animaux très singuliers qui se trouvent on Australie et on Amérique et qui ont reçu le nom do Marsupiaux. En effet, chez ceux-ci la mère est pourvue d’une grande poche qui est formée par des replis de la peau du ventre, et qui loge dans son intérieur les mamelles ; los jeunes naissent dans un état do faiblesse et d'imperfeclion extrême, et pendant les premiers temps de leur vie ils demeurent renfermés dans cetlo poche et pendus à une letina. Les marsupiaux diffèrent aussi des mammifères originaires par la conformation de
Américains. Les navires qu’on y emploie sont dirigés, les uns vers le Nord, les autre» vers le Sud.
La pêche du Nord a pour-objet la baleine franche, dont ou relire une quantité considérable d’huile eide fanons : elle se fait dans le détroit tic Davis elles mers du Groenland, au milieu des énormes glaçons qui s’élèvent quelquefois au-dessus de la surface de l’eau comme des’ montagnes flottantes, et brisent par leur choc les vaisseaux les plus forts. Lorsque les pécheurs aperçoivent une baleine, ils mctlcnt. aussitôt leur chaloupe à la mer c l s’avancent en silence vers elle; l’un d’eux, plus robuslc et. plus adroit que les autres,
tient debout, armé d’un harpon, sorte de lance attachée à une corde, et aussitôt qu’il °sl à portée de la baleine, il le lui lance. Le harpon s’enfonce dans le corps de l’animal, 'lui, se sentant blessé, plonge ati.s>ilôl avec la rapidité d’un trait, et entraîne avec lui la ®Ordc attachée à cet instrument ; mais bientôt le besoin de respirer le force à remonter a la surface, et alors on le harponne de nouvinu. Tourmentée par la douleur, !a baleine h'it des efforts incroyables pour se débarrasser des harpons (pii la déchirent; mais enfin, '-‘puisée parla fatigue et la perle de son sang, elle ne peut plus ni fuir ni se défendre; alors les pécheurs la tirent à eux à l’aide des cordes attachées aux harpons, et. l'achèvent a coups de lance ; mais jusqu’à ce qu’elle soit morte, ils évitent avec soin sa terrible flueue, dont un coup ferait voler leur chaloupe en éclats. Lorsqu’on s’est assuré que la
108 ' /OOIXKilK.
leur cerveau et par l'existence de deux os qui s'appuient sur le bassin et servent à soutenir la poche dont il vient d'être' question.
Fig. Mit. Sarigue.
Les Sakiguks de l’Amérique et les Kaxkuroos de L Australie présentent ces particularités physiologiques; mais parla forme générale do leur corps ils ressemblent aux mammifères ordinaires.
§ 64. Enfin on trouve aussi à la Nouvelle-Hollande d'autres mammifères plus singuliers encore, qui ressemblent aux marsupiaux par plusieurs points do leur structure et de leur mode do développement, mais qui n'ont pas de poche pour loger leurs petits, et se
baleine est morte, on rattache aux lianes tlit navire, et îles hommes pourvus de boîl^garnics de crampons descendent sur le corps de ranimai et enlèvent par tranches le lard dont toute sa surface est recouverte. Ce lard est ensuite fondu pour en extraire l’huile t dont on retire quelquefois 120 tonneaux d’une seule baleine.
La pèche dite du Sud se fait principalement dans l'océan Pacifique, et est dirigée spécialement contre les cachalots, qui fournissent bien moins d’huile que les baleines et n’oid pas de fanons, mais donnent de" quantités considérables de blanc de baleine que l’ou emploie, comme la cire; pour la fabrication des bougies.
.UAMAllt'KKES. 109
rapprochent des oiseaux et des reptiles par d autres caractères ana-
Fit?. HÜ. Kanyuroü.
• omiques (1). Tel est l'Ornithorhynque , dont la bouche ressemble a
Fig. 114. Onüthorkunqiit.
'<n bec de canard, et ÏEchidné, dont le dos est épineux comme celui
( 1 ) Ainsi leur intestin, au lieu de s'ouvrir directement au dehors comme citez tous les '«très mammifères, débouche dans une cavité nommée cloaque, où l'appareil urinaire ' >eut aussi se terminer, de sorte qu’il n’existe qu’un seul orifice pour toutes les excrétions, ’°de de conformation qui se voit également chez les oiseaux et les reptiles.
d'un hérisson. Ces mammifères anormaux constituent un groupe distinct que l'on appelle I'oiidre des Monothkmes.
Les marsupiaux et les monolrêiucs se ressemblent entre eux beaucoup plus qu'aucun d’eux ne ressemble aux mammifères ordinaires, et par conséquent aussi, pour que la classification des mammifères soit 1 expression des différences et des ressemblances que tous ces animaux offrent entre eux, il faut diviser d abord la classe des mammifères en deux sections, puis subdiviser chacune de ces sections en un certain nombre d'ordres. C’est effectivement la méthode adoptée aujourd'hui par la plupart des zoologistes, et 1 on a donné à l’un de ces groupes le nom de Mammifères iioxodhi-phiens, a l’aulre celui de Mammifères didelphiens , afin de rappeler quelques particularités anatomiques dont il sera question ultérieurement,
8 65. Si nous cherchons maintenant à résumer sous la forme d’un tableau synoptique tout ce qui vient d'être dit sur la classification naturelle "des mammifères , nous arriverons aux résultats suivants (voyez le tableau ci-joint), et si nous voulions nous servir de cette classification pour déterminer le nom d un animal , le travail serait singulièrement facilité par la constatation de la série des caractères qui s’y trouvent indiqués.
Supposons en effet que l’animal inconnu, et que nous appellerons X , soit un mammifère monodelphien, et ce sont les seuls qui existent en France, il faudra d’abord voir s’il a deux paires de membres ou une paire seulement ; dans le premier cas ce sera un mammifère ordinaire , dans le second un cétacé,
Admettons encore que nous l’ayons reconnu pour appartenir a la première de ces divisions, il suffira d’examiner ses doigts pour voir si c’est un ongulé ou un onguiculé.
Supposons qu’il ait des ongles ordinaires et pas de sabots ; il faudra ensuite passer a 1 inspection du pouce : on verra si cet organe est opposable aux autres doigts ou inapte il former pince avec ceux-ci.
Supposons encore que chez l'animal dont nous cherchons à connaître le nom le pouce ne soit opposable à aucun des membres, et que par conséquent il u existe pas de mains, il ne pourra être ni un bimane ni un quadrumane, lteste a voir si e est un carnassier, un insectivore, un ohéiroptère, üuamphibien, un rongeur ou ün édenté Pour résoudre cette question il faut examiner ses dents.
Si sa bouche est armée d’un système dentaire complet, c'est-à-dire si l’on y trouve des incisives, des canines et des molaires, ce ne pourra être ni un rongeur, ni un édenté, mais nécessairement une espèce appartenant à l’un des groupes placés plus haut dans le tableau ci-joint.
Enfin si sës pâlies sont conformées pour la marche, ce ne sera ni
TABLEAl DK LA DIVISION DK LA CLASSE DES MAMMIFÈRES EN ORDRES.
un chéiroptère, ni un amphibie; et si ses dents molaires sont tranchantes, ce ne pourra pas être un insectivore.
X ne pourra donc être qu’un animal de l'ordre des carnassiers.
Cela posé, cherchons à aller plus loin et à voir, à l aide du petit tableau de la classification des carnassiers placé ci-dessus (page G8) à quel genre il appartient.
D’après la conformation de ses pieds on verra tout de suite si c'est un plantigrade ou un digitigrade.
Supposons que l'extrémité des doigts seule pose à terre , et que ce soit par conséquent un digitigrade; voyons ensuite combien il a de molaires tuberculeuses en arrière de sa dent carnassière.
Supposons encore qu'il on ait une a la mâchoire supérieure et qu’il en manque complètement à la mâchoire inférieure , il ne pourra prendre place dans les genres putois, martre, loutre, chien ou civette ; et il ne pourra appartenir qu’au genre chat ou au genre hyène.
Enfin, comptons ses fausses molaires : s’il n'en a que deux devant chaque carnassière, ce sera une espèce du genre chat; et s'il en a trois, une espèce du genre hyène.
On voit, par cet exemple, comment il faut se servir de ces méthodes de classification pour arriver à reconnaître les animaux dont on cherche les noms, et pour se familiariser avec leur emploi, il est bon de s'exercer souvent à ce genre de détermination, soit avec des objets en nature, soit en employant des dessins où les caractères zoologiques se trouvent représentés.