PROIE NOCTURNES
Les aigles et les faucons no différent quo peu entre eux, mais s'éloignent davantage des vautours, par leur conformation ainsi que par leurs mœurs.
Les vautours sont des oiseaux de proie qui vivent de charognes, et ne s’attaquent que rarement à une proie vivante; on les reconnaît au premier coup d'œil, car leur tête, et en général leur cou , au lieu déire emplumés comme d’ordinaire , sont complètement nus (I).
Le Gypaète ( f'uj . I 2 I , que
l’on appelle quelquefois le
, 1 1 , 1 1 .. . , Fur. 120. ] autour fauve.
Vautour des agneaux, tient a
la fois des vautours et des faucons, car il a la tète emplumée comme
(1) Us n'ont ms dans le port la noblesse des antres oiseaux de proie; à lerre leur démarche e<I embarrassée el leurs ailes seul si longues, qu’en niarelumt ils snnl obliges de le- leiiir
ces derniers el le bec allongé comme les vautours. C'est le plus grand des oiseaux de proie do l'Europe.
Fig. 421. Gyapèto ou Vautour des agneaux.
§ 68. Les aigles, les faucons et un assez grand nombre d’autres
à lierai étendues. Leur vol est. lent , mais ils s’élèvent à des hauteurs prodigieuses, et c’est on tournoyant qu’ils montent et qu’ils descendent dans l'air. Ils sont de grande taille cl très forts, mais leurs serres ne sont pas assez robustes pour qu’ils puissent s’en servir pour attaquer leur proie ou pour l’emporter avec eux. Ils sont aussi d’un naturel lâche, réattaquent que rarement des animaux vivants, et à moins d’êlrc réunis en grand nombre, <e laissent mettre en fuite parle plus faible adversaire. Leur nourriture consiste en cadavres soulement, el leur odorat paraît être assez fin pour qu’ils puissent sentir les exhalaisons des charognes à des distances considérables : ils arrivent alors de toutes parts se irpailrcde ces chairs infectes, et mangent avec tant de voracité que, souvent après leur repas, ils no peuvent s’envoler qu’avec la plus grande difficulté et restent dans un état de stupeur jusqu’à ce que leur digestion soit terminée. Au lieu d’èlre solitaires, comme les oiseaux de proie chasseurs, les vautours vivent en grandes troupes. En général, ils établie— seul leur demeure sur quelque rocher inaccessible près de la mer ou sur le bord d’un torrent, et y construisent une aire vaste, garnie intérieurement de paille ou île foin, el entourée d’un talus de bûchettes liées par un mastic; ils ne pondent, en général, que deux œufs. Les petits naissent couverts d'un duvet, cl leurs parents les nourrissent en dégorgeant devant eux les charognes qu’ils ont amassées dans leur jabot el oii les invitant par un cri particulier à s'en rassasier. Le plumage des jeunes est varié de nombreuses larlies, celui des vieux coloré par grandes masses; la mue n’a lien qu’une fois dans l’année, tl à l’âge adulte les deux sexes ont la mémo livrée.
Les vautours sc montrent dans toutes les contrées, mais habitent principalement les régions équatoriales cl tempérées ; ils se plaisent surtout dans les montagnes el dans les lieux les plus sauvages ; mais il en est qui pénètrent jusque dans les villes pour y chercher les débris dont ils se nourrissent. .
On distingue parmi les vaulours plusieurs genres: les Vautcnirs proprement dits, les Sarcoramphes et les Percnoptères , par exemple.
Les Vautours proprement dits (Yultur ) appartiennent exclusivement à l’ancien continent, et sc reconnaissent à leur tète et à leur cou sans plumes et sans caroncules, a leur Collier de plumes el à leurs narines percées en travers à la hase du bec.
L’espèce la plus commune est le Vautour fauve (flq. 4 20), dont le corps dépasse en grosseur celui du cygne, et. dont les ailes étendues mesurent plus do huit pieds ; il est d’un -ris fauve avec les pennes des ailes et delà queue brunes, le collier et le ventre blancs. Il s e trouve dans les Alpes, les Pyrénées et les mitres hautes montagnes de l’Europe el de l'Afrique. Tfiiffon lui a appliqué à tort le nom do percnoplère.
oiseaux de proie diurnes, forment un troisième groupe qui se reconnaît à la brièveté du bec dont la mandibule supérieure est.
recourbée dès sa base. Ils sont tous essentiellement chasseurs, et se
Le Vautour brun ou noir est encore plus grand que le précédent et habite les mêmes montagnes.
[.es SaucorampïIES ressemblent, beaucoup aux précédents, mais ils s'en distinguent par leurs narines ovales et longitudinales et par les caroncules ou replis charnus qui surmontent la base de leur bec. I/espèce la plus remarquable de ce genre est le Condor ou grand Vautour des Andes (fîg. 1 24), rendu célèbre par l'exagération avec laquelle on a parlé de sa taille et de sa force; en effet , cet oiseau est probablement le Roc si fameux dans les conte* arabes. Mais, il n’a en réalité qu’environ quatre pieds de long et son envergure douze à treize. Son vol est très bruyant et des plus puissants; il s’élève plus haut qu'aucun oiseau: on le voit tanliK au bord de la mer, tantôt planant au-dessus du Chimborazo, c’est-à-dire à un niveau doprèsdo 7,000 métrés au-dessus du premier point. Sa demeure habituelle est. sur la crête des rochers de la Cordillère des Andes, immédiatement au-dessous de la limite des neiges perpétuelles, à une hauteur de 3,300 à 4,800 mètres au-dessus du niveau de la mer; c'est de ces pilons escarpés qu’il descend dans les vallons et dans la plaine pom eherchei' sa nourriture, qui consiste principalement en cadavres do grands mammifères.
Enfin, les Pekcnoi'ïkiu s se distinguent de tous les autres vautours par leur bec grêle et par leur cou emplumé (fi g. 1 -•>!. Ce sont des oiseaux de taille médiocre , qui n’approchent point pour la force des autres vautours , et qui se nourrissent de toutes sortes d’immondices. Ils vivent en grandes troupes et se plaisent dans le voisinage des lieux habités. L'un de ces oiseaux, qui se trouve dans toute l’Europe, mais qui abonde surtout en Grèce, eu Egypte et en Algérie, est le Percnojttère des anciens , ainsi nommé par les Crocs, u cause de la couleur noire des premières plumes dos ailes du mâle , tandis que tout le reste de son plumage est blanc. 11 est de la grosseur d’un dindon de moyenne taille, et les Européens établis eu Orient le connaissent sous lu nom de Poule de Pharaon. Les anciens Egyptiens le respectaient à cause des services qu’il rend au pays, en dévorant les charognes cl les autres immondices dont la putréfaction rendrait 1 air insalubre ; de nos jours on ne lui fait aucun mal et on le voit parcourir sans crainte les nu* des villes les plus peuplées de l’Egypte; on assure même que quelquefois des musulmandévots lèguent de quoi on entretenir un certain nombre.
(1) a , première penne ; — i), seconde penne ; — e, dixième penne ou dernière romige primaire ; — d, rémiges secondaires; — e, pennes Mtordes.
foui reamrquci' par leur force, leur courage, la puissance do leurs armes et la vivacité do leurs mouvements (1 ).
On donne le nom d 'Oiseaux de proie nobles aux faucons, qui sc laissent facilement dresser pour la cirasse et qui se distinguent par leurs ailes pointues (2) et leur bec dcntieulé sur les côtés. Le Faucon ordinaire, le Hobereau, Y F morillon et les Crécerelles ou E mouche ts, appartiennent à cette division et so trouvent on L rance (3).
(1) Ce groupe, que l'on appelle la TP.uti' des Y AU'OMKXS, comprend un grand nombre d’espèces qui toutes ont le vol élevé, rapide cl soutenu, la vue très perçante et les insliuds sanguinaires ; presque toujours ces oiseaux se nourrissent d’animaux vivanls; mais lorsque la faim les presse, ils ne dédaignent pas les cadavres, cl au lieu do se repaîtra sur place comme les vautours, ils saisissent leur proie avec leurs serres et l'emportent souvent jusque dans leur aire; les plus grandes espèces attaquent les mammifères et les oiseaux, d’autres vivent de poissons, quelques lins se nourrissent de reptiles, et il en est qui sont insectivores seulement. La femelle est généralement d'un tiers plus grande que le mâle, et c’est la raison pour laquelle on désigne souvent celui-ci sous le nom de Tiercelet . La mue n’a lieu qu’une fois dans l’année, el l’Age apporte de si grandes différences dans le plumage «le ces oiseaux que les naturalistes ont souvent pris pour des espèces distinctes des variétés dépendantes seulement de celle cause. Les jeunes sont eu général bigarrés de taches el «le raies longitudinales, tondît que les vieux ont les couleurs plus uniformes et sont pluhil rayés transversalement; ils ne so revêtent de leur dernière livrée qu'à leur troisième, quatrième ou même sixième année, et alors les couleurs du plumage diffèrent encore suivant les sexes.
(2) Cette disposition influe sur la manière dont cos oiseaux volent, et l’on peut lesrecon- "ailre à ce seul caractère, car lorsque l’air est tranquille, ils volent très obliquement, el ne peuvent s’élever qu’eu zigzag, comme un vaisseau qui court dos bordées, ou bien en volant eonlrc le vont, tandis que les oiseaux de proie, dits ignobles, dont les ailes sont tronquée*
bout, peuvent s’élever verticalement.
(3) Le Faucon ordinaire (Falco commuais), est à peu près de la grosseur d’une poule ; ses ailes atteignent à l'extrémité de la queue, et le doigt du milieu est aussi long 'pie le taise; on le reconnaît aussi à une grande moustache triangulaire et noire qu’il porte s ur la joue. Mais, du reslo, ses couleurs varient suivant l’âge : les jeunes ont le dessus l'i uii, avec les plumes bordées de raies jaunes, le dessous blanchâtre, avec des taches longitudinales brunes; à mesure que l'oiseau vieillît, le plüintlgo du dos devient d’un hl’Un l’ids unil’ormo, raye en travers do cendré noirâtre ; les taches du ventre cl des cuisses l'-'ndent aussi à devenir des lignes transversales noires ; enfin le blanc augmente à la gorge
au bas du cou. Cet oiseau est, assez commun dans presque toutes les parties tempérées f -l chaudes del’Kurope, et recherche partout les rochers et les montagnes dont il ne descend ‘lue pour chasser la proie «pii lui manque sur les hauteurs. Gll le voil rarement dans h s l' !, y* de plaines et jamais dans les contrées marécageuses. Il niche dans les fentes des •’ochers les plus escarpés, et pond trois ou quatre on ifs d'un jaune rougeâtre lachelé il. > "lui. La durée de sa vie est très grande: on raconte qu’en 411)3, une personne prit, an '■'P de Bmme-Kspéraiice , un faucon portant un collier d’or, sur le«|iiel clail grave qu'eu "iio, cet oiseau appartint au roi J'Angtelorro Jacques I". Il «vuit, par conséquent, plus
uenl i|ualrr-vinKls uns, el cependant il conservait encore licnncoup île vigueur. I.r vnl ' 'j faucon est ôxtrêmeinent rapide; il so nourrit ordinairement «le gros oiseaux, tels que des 1,| ' S: »ns, des pigeons, des canards, des oies, et pour s’en emparer il s’élève au-dessus de j - ’’’ proie el fond perpendiculaireuienl sur elle ; son courage est remarquable-, et souvent ou f ‘ 'oit attaquer le milan, soit pour le harceler seulement, soit pour lui enlever sa proie, "'h° qualité et la facilité avec laquelle le faiieon commun se laisse dresser le faisaient benu- ! ° l, P estimer, lorsque les grands sc plaisaient à chasser avec, des oiseaux comme, de nos J "'i«'s encore, on fait poursuivre !«; gibier par dos chiens: c’est lui qui a donné son nom ■' 1 ; ‘«1 «l’élever les oiseaux de proie et de s’en servir pour la chasse. On y parvenait en pi i-
Les aigles et les autres oiseaux de proie qui appartiennent à la
Fig. Idtî. L’Autour •
même section (pie les faucons, mais qui ont les ailes tronquées obliquement au bout (/î(/. 127), et le bec sans dentelures latérales, ont
vaut ccs animaux de lumière, épuisant leurs forces par la fatigue et le jeûne, puis en leur présentant des appâts et en les accoutumant peu à peu a poursuivre telle ou telle espèce de gibier. Les oiseaux les plus employés eu fauconnerie étaient le faucon commun, le gcrfuult, l’éraerillon, le hobereau, l’autour et rdpurvier.
Le Hobereau est presque de moitié plus petit que le faucon commun et a les ailes plus longues que la queue ; le plumage brun dessus, blanchâtre, tacheté en long de brun dessous, avec les cuisses et le bas du ventre roux. 11 est assez commun en France, et sp trouve jusqu’en Sibérie. Sa demeure ordinaire est dans les bois voisins des champs, et il niche sur ics arbres élevés; les alouettes forment sa principale nourriture, mais il chasse beaucoup d’autres petits oiseaux, et mange aussi de grands insectes. 11 est indocile, et le» fauconniers n’en tiraient que difficilement parti pour la chusse.
VEmerillon est le plus petit de nos oiseaux de proie ; il n’est guère plus grand qu’m" 3 grosse grive, mais il a les formes et le port îles autres faucons ; ses ailes n’atteigneid qu'aux deux tiers de la queue; le fond de son plumage est d’un cendré bleuâtre en dessus» blanc à la gorge et d’un jaune roussâlre en dessous, avec des taches longitudinales noirâtres sur le dos, et d’autres taches eu forme do larmes en dessous; dans le jeune âge > ;l livrée est plus brunâtre. 11 niche dans les rochers, et pond cinq ou six œufs; il hal>it° surtout les montagnes boisées, et montre le même courage que les espèces précédente*- C’est le plus docile et le plus familier des oiseaux employés eu fauconuerio ; ou le dre®" sait à chasser les alouettes, les cailles, les perdreaux, etc.
Les Crécerelle » ont les doigts moins longs que dans les espèces précédentes, cl > ir volent pas aussi vite ; leurs ailes aboutissent aux trois quarts do la queue, et leur plu® 8 ?^ est roux, tacheté de noir en dessus, blanc, tacheté do brun pâle en dessous; enfin ils so" un peu plus grands que le» hobereau ol sont très communs dans presque toute
été appelés Discaux de proie ignobles, parce qu'ils ne sunl pas sus-
Fig. 127.
Aile d'un Epeivicr :
— a, troisième penuc;
— b, neuvième rémige primaire ; — c, rémiges secondaires.
ceptibles de recevoir l’espèce d’éducation que les chasseurs donnaient
Fig. HS. Milan.
.jadis au\ faucons. Ce groupe se compose des Aigles proprement dits ( fùj . 1 18), des Milans , dés Buses, des Busards , etc. (1).
eu France, on les connaît sous le nom vulgaire d'EmOUchels. Ces faucons habitent les bois et se cachent souvent dans les masures et les clochers ; leur nourriture consiste principalement en souris, mulots, grenouilles, lézards cl petits oiseaux qu’ils prennent perchés ; ils mangent aussi des insectes. Leur nom vient du cri aigu qu’ils répètent fréquemment, lorsqu’ils planent dans l’air.
(t) Les Aigles pkopuement dits (Aquila) sc reconnaissent à leurs tarses forts et emplumés jusqu’à la racine des doigts ; leur tête est aplatie en dessus et leur sourcil très saillant ; leurs ailes sont à peu près de la longueur de la queue ; leur vol est élevé et rapide ; leurs serres sont puissantes ; leur force musculaire est très grande et leur courage surpasse c, *lui de tous les autres oiseaux. Ces qualités jointes à l’aspect fier et imposant de ces oiseaux les faisaient prendre parles anciens comme symbole de la puissance, et leur valurent une réputation de noblesse cl de générosité qu’ils sont loin de mériter. On a dit et répété Pendant bien longtemps que l’aigle, quelque affamé qu'il suit, ne se jette jamais sur les cadavres et qu’il dédaigne même une proie trop faible, mais dans la réalité il en est ail— •renient ; pressé par la faim, il sc repaît do charognes, et s’il n’attaque pas d’ordinaire l' s pciiis oiseaux, c’est qu’ils lui échappent facilement au milieu des buissons et n’offreut l' as à sa voracité un assez riche butin. Ces oiseaux sont sombres et farouches ; ils vivent par paire au milieu des rochers et ne souffrent le voisinage d’aucun autre oiseau de proie. Ululant l’été, ils ne quittent guère les montagnes, mais l’hiver les fait souvent descendre
§ 0!). Les 11 1 do u x , un Oiseaux de proie nocturnes Juj. I 20), ne supportent que difficilement l'éclat de la lumière du jour, mais voient
dans lus plaines. Loin 1 proie varie suivant les espèces, leur vue poivanlu leur permet de l'apercevoir à de grandes distances, et c'est avec l’impeluositc d un trait qu ils fondent sur elle, pour la déchirer, s’abreuver de son sang 1 , puis l’emporlor dans leurs serres, afin d’en dépecer à loisir les lambeaux dans leur retraite ordinaire. Leur nid, construit en général sur l'entablement de quoique rocher escarpé, est large et plat; ils n’en changent pas, et ses murs, conslruils avec de gros bâtons entrecroisés , s’élèvent continuellement par l'accumulation des ossements cl des autres débris que ces oiseaux y abandonnent après leur repas. Le nombre des œufs est de deux ou trois par ponte ; mais souvent un ou deux avortent ; la durée de l’incubation est do trente jours, et lorsque les jeunes sont nés, leurs parents leur portent en abondance de la chair encore palpitante ou mémo des animaux entiers.
L’espèce la plus commune on Europe est V Aigle royal ou l’Aigle brun. Let oiseau abonde dans les grandes forets du nord de l’Europe et se montre assez fréquemment dans les Pyrénées, les montagnes de l’Auvergne et môme la foret de Fontainebleau. Il se nourrit do gros oiseaux, de lièvres, d’agneaux cl môme de jeunes cerfs. Pendant la durée de l’incubation, le mâle chasse seul cl pourvoit aux besoins de sa compagne ; mais pendant le reste de l’année il chasse de concert avec la femelle, et les habitants des montagnes assurent que l’un d’eux bat les buissons, tandis que l'autre se tient sur quelque endroit élevé pour saisir le gibier au passage ; dans l'extrême disette ils sc rabattent sur les cadavres. r> .
L 'Aigle impérial est un peu moins grand que l’espece précédente dont il se distingue par les ailes au moins aussi longues que la queue, par la forme carrée de celle-ci et pai quelques autres caractères organiques, ainsi que par la nuance de son plumage. Son cri est sonore, tandis que celui do l’aigle commun est un son rauque et faible; il a le corpplus Irapu^et il paraît être aussi plus redoutable. H se. nourrit non seulement de gro*oiseaux, de renards et d’autres inavnmifèros de moyenne taille, mais aussi de chevreuil-» et de daims. Il habite les hautes montagnes du midi de l’Europe, l’Egypte, etc. ; et c est à lui que se rapportent les récits exagérés que les anciens faisaient de la force, du coït rage ut delà magnanimité de leur Aigle dore.
Une troisième espèce, d’un tiers plus petite que les précédentes, est commune dans les Apennins et. les autres montagnes du midi de l’Europe: c’est le petit Aigle , appelé aussi Aigle tacheté et Aigle criard. Ce dernier nom lui vient des cris plaintifs qu’il pousse continuellement. Il niche sur de grands arbres, et peut être dressé à la chasse; mais on assure que loin d’avoir le courage des autres aigles, il sc laisse poursuivre et vaincre par l’épcrvier.
Les Aigles pêcheurs (Haluctus) ressemblent aux aigles proprement dits par les proportions de leurs ailes, mais en diffèrent par leurs tarses qui sont emplumés dans la moitié supérieure seulement et garnis de demi-écussons dans la moitié inférieure; ils s en dis linguont aussi par leurs moeurs, car ils se tiennent ait bord des rivières ou de la rm*r, cl sc. nourrissent principalement dé poissons. L’un de ces oiseaux, connu sous les noms d< i'ggmnie et d 'Orfraie, se L'olive dans tout le nord du globe, et habile de préférence l<- IbrÔts qui avoisinent la mer ou les grands lacs ; pendant l’hiver il est commun surdos <èl«-
de l'Angleterre et de la France. ....
On donne le nom de Balbuzards (Pandion) a des aigles qui se distinguent des prive dents par leurs ongles romls toi dessous, taudis que cite/ les autres oiseaux de proie il< sont creusés oit gouttière, par leurs tarses réticulés et par leurs ailes plus longues que la queue. Ou n’en connaît qu'une espèce, le ItaUiusitrd appelé vulgairement dans quelques parties de la France r Aigle nimnelte un le CmupMtemt; elle est répandue dans presque tontes les parties du gluiio et habite le bord des eaux douces ; elle est assez commune eu Bourgogne, dans les Vosges, lu Suisse, elc., et. émigre pendant 1 Mut. (.est un oiseau essenlielleinent pécheur, et lorsqu’il so trouve dans les mêmes localités que le l'Vgargec, Celui-ci le poursuit et le force à lui abandonner le poisson dont il s était empare.
Ou donne le nom d'AüTOtms (Asiur) il des oiseaux de proie ignobles, dont le liée »<•
très bien nu crépuscule ou par les nuits claires, el c’est alors qu’ils chassent les insectes, les oiseaux et les petits quadrupèdes
courbe dès sa base, dont les ailes sont plus courtes (pie la rpiouo, dont les tarses s«fl l„„ s s et les ongles très courbés et 1res acérés [fia. 126). Leur vol est rapide, niaispeu élevé; ils fondent obliquement sur leur proie, cl quelquefois la poursuivent à tire-d’aile ; mais en "vu oral ils la guettent perchés sur un arbre, et lorsqu’elle est à portée, s’élancent sur elle avec une vitesse extrême en combinant les mouvements du saut et du vol. I Unis le temps lies amours ils dessinent des cercles on volant. Ils sont rusés el assez dociles pour être employés en fairconnerio. On range dans ce genre les Autours proprement (lits et les Kftrvlers, qui diffèrent principalement des premiers par des tarses plus
'"'l'HuiotB’ ordinaire esl commun en Franco el sc trouve jusqu'en Sibérie cl en Afrique". Le plumage de cet oiseau esl brun en dessus, blanc en dessous avec des raies brunes transversales chez l’adulte el des mouchetures longitudinales dans le premier âge. 11 fréquente les montagnes basses et boisées, et niche sur les aibres les plus élevés. La proie ordinaire de l'autour est les jeunes pigeons, les petits oiseaux, les écureuils, les levrauts et les souris. Jadis on dressait cet oiseau à chasser le canard, le lapin el les perdrix ; il se laisse apprivoiser avec, plus de facilité qu'aiiouu aulre oiseau de proie.
I ,'Epe.rvier commun a les mêmes couleurs que l’autour ordinaire, mais il est beaucoup plus polit ; il se nourrit do souris, do petits oiseaux, de lézards et meme de limaçons ; il
rencontre dans presque Inities les parties du mande. Beaucoup de eus oiseaux restent constamment en Europe, mais d’autres traversent chaque année les mers pour passer l'hiver dans des pays plus chauds. On s'en servait en fauconnerie pour faire la chasse des grives, des cailles ot des perdrix.
Les Milans (Mileus) se distinguent par leurs ailes excessivement longues, leur queue fourchue el leur ber bien moins' crochu et moins fort que chez bras les autres oiseaux de la mémo tribu; enfin leurs (arecs sont courts et emplumés un peu au-dessous du genou, el leurs serres sont faillies proportionnétnent à leur laille (/ifl. 1 28).
Ces oiseaux volent avec une rapidité et raie élégance extrêmes en décrivant des cordes, et semblent nager dans l’air ; cependant ils ne saisissent pas leur proie à tire-d'aile, niai» SO rabattent dessus lorsqu'elle esl posée à terre ou sur quelque élévation ; du reste ils nichassent que les plus petits Binminifècos, le menu gibier ou même les insectes seulement, et In faiblesse de leurs armes les rend singulièrement lâches.
Le Milan commun (/Ig. 128), fauve, avec les pennes des ailes noires, esl répandu on Europe et on Asie ; c'est do tous nos oiseaux celui qui sc simlicnl en l'air le plus longtemps et le plus tranquillement.
Les Hl'SI'.s sont caractérisées par leur liée pelil et courbé subitement des sa base, par leurs ailes de moyenne longueur, par. l’espace uu s'étendant de la luise du bec a l’œil et par la brièveté de leurs tarses. F, lies n’ont pas dans leurs serres celte force dont sont doués Fs aides, ni le port lier et élancé do ces oiseaux ; leur tôle esl grosse ; leur corps massif H leur vol lourd. Elles no poursuivent pas leur proie à tire-d’aile, mais la guettent d'ordinaire, placées en embuscade sur un arbre. Leur aspect triste et slupidn leur a valu une
certaine célébrité. , . . , , . ,
La Buse commune est l'oiseau de proie le plus abondant el lo plus nuisible de mu contrées; elle demeure tuiilo l'année dans nos furi'-ls, et se nourrit do jeunes lievres, de lupins, ,le volailles, de pelils quadrupèdes et de ropllles ; elle dévasté aussi les nids el détruit beaucoup de gibier. Son plumage esl brun, plus ou moins onde de blanc on dessous, enfin ses larscs sont nus et.écussonnés.
Les lies mus diffèrent des buses par leurs larscs Ires longs ot 1res minces, leur corps svelte et loue queue longue el arrondie; ils ont aussi, le, plus ordinairemeiil, une espèce de collier formé du chaque côté du cou par les bonis dos plumes qui enuvronl leurs oreilles, ('.es oiseaux sont plus agiles el pins rusés que les luises, mais moins audacieux que les faucons proprement dits, et ils saisissent leur proie à (erre. On les l'encontre en général dans les joncs el les marais ; nous en possédons on France trois espères,
1 2i ZOOLOGIE.
dont ils se nourrissent (1); ils se reconnaissent au premier coup d'œil il leur grosse lôle et à leurs grands yeux dirigés en avant
et entourés d’un cercle de plumes effilées.
§ 70 . L'ordre des Palmipèdes se compose d’oiseaux qui pour la plupart vivent de pôclie et qui so reconnaissent , comme nous l’avons déjà dit, à leurs pattes organisées pour la nage et disposées en manière de rames , à l’aide d’une membrane étendue entre les doigts et appelée palmure.
On y range, à côté des Canards [fuj. I I a) des Oies et des Cygnes, qui constituent une famille naturelle, les Pélicans , les Goélands, les Manchots , etc.
§îl- bes premiers, auxquels on adonné le nom commun de Lamkli.irostties , diffèrent des autres palmipèdes par leur bec épais, revêtu d’une peau molle (au lieu do corne), et garni sur les côtés de lamelles parallèles ou de pe ti tes dentelures. La plupart de ces oiseaux so tiennent sur les eaux douces, nagent avec grâce et facilité , plongent très bien, mais ne marchent que d'une manière vacillante et embarrassée. Les caractères à l'aide desquels on les distingue
(I) Ces oiseaux, ([ne I on désigne souvent aussi sous le nom île CHOUETTES (Strix), nul aussi le cnn 1res court , le corps trapu, et les plumes à barbes douées au toucher, veloutées et finement duvotecs ; le liée comprimé et courbe dès sa racine ; les pieds amplement comerls de [dûmes, souvent jusqu’aux ongles ; enfin le doigt externe libre et pouvant se diriger ou avant aussi bien qu’en arrière. La plupart de cos oiseaux mit la pupille si grande , que pondant le jour celte ouverture laisse pénétrer dans leur oui une quantité si considérable de lumière, qu’ils en sont éblouis; la plupart d’entre eux ne peuvent bien voir que pendant le crépuscule ou lorsque la lime répand une faible clarté ; aussi pendant le jour se tiennent-ils ordinairement immobiles et se cachentils dans quoique réduit sombre tel qu’une masure ou le rreux d’un vieux arbre, d’où ils ne sortent que le soir. L’appareil du vol n’a pas une grande force, et les plumes de leurs ailes sont flexibles, disposition qui diminue la puissance de tes organes, mais qui est cependant utile aux chouettes en leur permellunt do voler sans lirait et de s'approcher ainsi de leur proie sans en être entendîtes. I.a nourriture de ers oiseaux de mut consiste principalement en souris, on pelils oiseftx et en insectes; ils fondent à I improviste sur ces animaux, les saisissent avec leurs serres, et en général les avalent Inul entiers; ils ne se repaissent do cadavres qu’à la dernière extrémité, et lorsque leur digestion est achevée ils rejettent, sous la forme de pelotes arrondies, les poils, les plumes et les es qu ils avaient avalés. Après le coucher du soleil ils sont la terreur des petits oiseaux, qui fuient au bruit de leurs cris ; mais pendant le jour ils se htissenl en général
entre eux sont tirés principalement de la forme du bec, mais n ont que peu d’importance ( 1 ).
§72. Les Cygnes sont les plus grands oiseaux de ce groupe. Chacun connaît leurs formes élégantes et la manière gracieuse dont ils glissent à la surface des eaux. Ils vivent principalement de graines et des racines do plantes aquatiques. Ils sont monogames et nichent a terre, sur le bord des eaux; enfin, les petits nagent et mangent seuls dès leur naissance. Nous en avons, en Europe, deux espèces: le Cygne à bec muge et le Cygne, à bec noir (2).
s 73 . Les Oies ont aussi les jambes plus élevées cpio les canards et moins écartées, ce qui leur rend la marche plus facile. En général, elles ne nagent que peu et ne plongent pas; la plupart vivent d'herbes et de graines, et se tiennent pendant le jour dans les prairies ou les marais, d’où clics se rendent, après le coucher du soleil, sur les étangs et les rivières. Elles vivent en troupes, et., pendant qu elles
instiller impunément paréos Faibles ennemis, qui ont pour eux mm haine instinctive : sauvent on voit les pinsons, les mésanges, les rouges-gorges et il autres petits oiseaux se réunir en granit nombre autour .l’une chouette blottie sur quoique brandie, cita harceler avec acharnement ; en général, l'oiseau de unit se borne à prendra alors des postures bizarres et ridicules, quelquefois répandant il s'enfuit. Quolquoschouetlcs, relies dont luléle esl lisse cl la queue courle , arrondie et dépassée par les ailes, voient au ronlraire assez bien on plein jour pour guetter alors leur proie dans l'épaisseur des foréls onia poursuivre à lire-d’aile. Le cri de Ions ces oiseaux est lugubre, et relie circonstance, jointe à l’heure où ilso fait d’ordinaire entendre, y a fait allaclier parle vulgaire des idées siiperslilietises: dans nos campagnes les chouettes sont généralement un sujet d'effroi, et cependant loin d Vire nuisibles elles rendent réellement des services ii l'agriculture par la destruction qu'elles font dos mulots et dos souris. C’csl probablement la grosseur de leur têto et leur tranquillité habituelle qui leur ont valu la réputation do sagesse dont elles jouissent chez les
anciens. ,
Tous les oiseaux dè proie nocturnes se ressemblent extrêmement entre eux, elles diflorentes qu’on remarque passenl de l'une à l’ autre par des nuances intermediaires si insensibles , qu’il est difficile d’établir dans ccllo famille de bonnes divisions génériques. Un certain nombre de chouettes ont la téle ornée d'nigrellca ; l'étendue du cercle de plumes qui entoure leurs veux et la grandeur de leur eunqnc auditive varient aussi, el, d’après res earaclères de pcu'd’importiinco, Cuvier établit parmi ces oiseaux huit sériions, auxquelles il donne 'les noms de hiboux-, de chouette*, d'effraies, de chats-huants, dodues, de
chouettes à aigrettes, de chevêches el de scops. .
(I) chez les evgnes, le bec esl aussi large eu avant qu’en arriéré, plus liant que large •à s„ base, et percé vers le milieu par les narines ; enfin, le cou est fort long. Chez les aies, le bec, plus court que la loir, esl plus étroit en avant qu en arriéré, ci plus haut que largo à sa lu.se ; le cm, est de moyenne longueur. Enfin, chez les canards proprement dits, le bec est au moins aussi largo à son extrémité' qu'à sa base, ou ,1 est moins ha, U quo largo ; les narines sont rapprochées do son dos et de sa hase, et le cou est plus court
que chez les précédents. , . . .
(2) i ( . cygne \ nue rouge , ou Cygne a DEC tuberculeux (Anas olov ), est celui que 1 un élève en domesticité sur nos bassins et nos canaux. A fêlai sauvage, il habite les grandes mers de l’intérieur surtout vers les contrées orientales do l’Europe. On lu reconnaît à son bec rouge bordé de noir et surmonté à sa base d’une protubérance arrondie. La douceur 'le se* mouvements, l’élégance do ses formes et la blancheur éclalante Je son plumage l’ont rendu l’emblème de la beauté et de l’innocence. Ce magnifique oiseau vole très bien el il (an! ,|,> force dans l'aile, qu'il s’en sert comme (finie arme puissante pour se détendre
|-2fj ZOOLOGIE.
mangent ou qu'elles dorment, il y en a toujours une qui, le cou tendu et l'œil au guet, veille sur scs compagnes et les avertit du danger. Le vol de ces oiseaux est élevé el ils émigrent par troupes, en se plaçant sur une seule ligne, lorsqu'ils sont en petit nombre, ou sur deux lignes divergentes, lorsque leur nombre est considérable. Lorsque celui qui est à la lèle du triangle est fatigué, il cède sa place à celui qui le suit et va se placer au dernier rang, rendant l'hiver, ils restent dans les pays tempérés, si les rivières no gèlent pas ; mais, si le froid est vif, ils s’avancent plus au midi, d'où ils reviennent vers lu (in de mars, pour retourner dans le Nord y passer l'été.
On distingue des oies proprement dites, les Bernaclws, dont le bec est plus court ot no laisse pas paraître au dehors les extrémités des lamelles qui en garnissent les bords, tandis que, chez les premières, le bout de ces lamelles se voit au dehors et ressemble à des dents pointues.
L’Oie ordinaire (duos aimer), qui appartient à la première de ces divisions et qui s’est multipliée dans nos basses-cours, est originaire des contrées orientales do l'Europe, d’où elle se répand pendant lliiver dans les parties centrales et méridionalesde ce continent : elle s’avance rarement au delà du cinquante- troisième parallèle nord, et se tient sur les bords de la mer ou dans les marais. A l'état sauvage, son plumage est d'un gris cendré, à manteau brunâtre, onde de gris; mais, dans la domesticité, elle prend toutes les couleurs : on pool cependant la reconnaître à son bec gros et d'une seule couleur (jaune orangé) et à ses ailes qui, étant pliées, « atteignent pas l’extrémité de la queue. Elle niche dans les bruyères ou les marais, sur de petits tertres de joncs coupés et, d'herbes sèches, et pond ordinairement do cinq à huit œufs verdâtres.
§ 74. Les Canards ont les jambes plus courtes et implantées plus en arrière que les oies, et le cou moins long ; ils marchent plus difficilement et sont plus aquatiques. Les uns ont le pouce bordé d'une membrane, les doigts plus longs, les palmes plus entières, le tarse plus comprimé, la tôle plus grosse et les ailes plus courtes que les
contre ses ennemis. Il nage aussi avec une rapidité extrême, et -vil également do poissons et de végétaux. Les mœurs île nos cygnes sont en général douces et paisibles, et ou le» voit se prodiguer les caresses les plus tendres ; quelquefois, cependant, excités par In jalousie, ils se livrent des combats longs et meurtriers, La saison delà ponte arrive au mois de février. Le nombre de leurs œufs s'élève à sept ou huit, et l'incubation, dont la mère seule s'occupe, dure six semaines.
Le Cygne à ber noir ressemble beaucoup à l’espèce précédente par sa forme extérieure. On remarque seulement que sou bec est noir el couvert à sa base d’une cire jaune. Ce* oiseaux habitent les régions septentrionales des deux continents, et, dans les hivers rigou' roux , descendent par bandes dans les pays tempérés et se montrent alors sur nos côtes-
On connaît aussi une espèce de cygne dont le plumage est noir : elle sc trouve à la Nouvelle-Guinée.
autres, lis se nourrissent plus exclusivement de poissons et d'insectes aquatiques, plongent très bien et vivent sur les grandes mers : ce sont les Macreuses, les Garrots, les Eiders et les Millouins (4 ) . Les autres, dont le pouce n’est pas bordé d’une membrane, ont les pattes moins reculées et marchent moins mal : ils ont aussi la tète plus mince, le cou plus court; enfin, ils ne plongent que rarement, et se nourrissent de plantes et do graines aquatiques autant que de poissons : ce sont les Souchets , les Tadornes, les Canards communs et les Sarcelles.
Parmi les canards ordinaires, nous signalerons on première ligne le Canard commun (.1. boscas), qui est reconnaissable à ses pieds aurores, ii son bec jaune, au beau vert changeant qui orne la tète et le croupion du mâle, et aux quatre plumes du milieu do la queue, qui, chez celui-ci, sont recourbées en demi-cercle. La femelle, comme dans tous les autres oiseaux de ce genre, est plus petite et privée des belles couleurs dont le mâle est orné. Colle espèce, qui est la souche do la plupart des différentes races do canards que nous élevons en domesticité, habite le nord des deux continents, et passe dans presque toutes les contrées de l'Europe. Vers la mi-octobre, ello commence à se montrer par petites bandes dans nos campagnes. Quelques semaines plus tard, ces canards sauvages deviennent plus abondants, et on les reconnaît à leur vol élevé, aux lignes inclinées
(i) Les Macreuses oui lu liée large et renflé. Les Macreuses communes , dont lo plumage est noir , violacé et lo bec garni d’une protubérance sur sa base, arrivent en mandes troupes sur nos côtes , lorsqu'elles descendent au midi pour y passer l'hiver, cl lorsqu'au printemps elles regagnent les régions antiques. Ces oiseaux marchent Ires mal, mais nagent avec une grande agilité et courent sur les vagues comme les pétrels : se nourrissent principalement de moules. On donne io nom do double Macreuse ,l une espèce voisine , qui est un peu plus grosse et qui a uuc tache blanche sur 1 ailo. U h o habile les memes pays, mais elle est moins commune.
Les Garrots ont le bec cour! et plus étroit en avant : les uns ont la queue pointue, les ‘'titres la queue rondo uu carrée. Parmi cos derniers, nous citerons le G (irrot commun, 'l"i est blanc, nvoc lu tôle, le dos et ia queue noirs, et qui, eu hiver, vient par troupes du n "''d et niche quelquefois sur nos étangs.
Les F.ulcrs ont aussi lo bec étroit eu avant, mais pins long et, remontant plus liant sur front où il est échancré par un angle de plumes. L'Eider commun est célèbre par le duvet précieux qu’il uous fournit, et que l’on nomme édredon. Cet oiseau est blanchâtre, :,v ec la calotte , le ventre et la queue noirs. La femelle est grise , maillée de brun. Sa
et aux triangles réguliers qu'ils forment dans l'air : c’osl principalement le soir qu’ils voyagent, et le sifflement de leur vol décèle leur passage. Ils so tiennent sur les étangs et les rivières et y vivent de petits poissons, de grenouilles, de graines, etc. Si les glaces les prirent de cette nourriture, ils se retirent vers la lisière des bois, pour ramasser du gland ou paître le blé vert, et si le froid devient plus intense, ils se dirigent vers le Midi, pour revenir en février, et aller ensuite passer l'été dans le Nord ; quelques uns cependant restent dans nos contrées toute l'année. Au printemps, ils so séparent par paires et nichent d'ordinaire dans les marais, sur une touffe de joncs; quelquefois ils établissent leur nid au milieu des bruyères, et Ton en a vu pondre dans le nid des pies et des corneilles sur des arbres élevés. La ponte est en général de dix à quinze œufs, et l'incubation dure trente jours. Chaque fois que la femelle est obligée de quitter ses œufs, elle les recouvre avec du duvet qu'elle s'est, arraché de la poitrine pour garnir son nid, et, lorsqu’elle revient, elle a la précaution de s’abattre à quoique distance et n'arrive à sa demeure qu’en se frayant une roule tortueuse au milieu des joncs. Le mâle l'accompagne dans ses courses, se tient à quelque distance do son nid et le défend contre les autres canards qui voudraient en approcher. Les petits, conduits par leurs parents, vont à l'eau dès le premier jour de leur naissance, mais ne peuvent voler que vers l'âge de trois mois, car c’est alors seulement que les pennes (ou grandes plumes) de leurs ailes poussent. Los canards sauvages sont des oiseaux très méfiants, et qu’il est difficile de surprendre. Ceux quo l’on élève en domesticité et qui proviennent d’œufs d’individus sauvages, trouves au milieu des roseaux et qu'on a fait couver dans nos basses-cours, sont aussi très farouches et paraissent agités sans cesse du désir de vivre en liberté : mais, lorsque cette captivité s’est étendue sur plusieurs générations, cet instinct se perd, et les canards domestiques deviennent doux et
l aille approche de celle de l'oie. 11 liabito les mers glaciales du pôle et abonde surtout eu Islande, en Laponie, au Groenland et au Spitzberg ; on le trouve encore assez communément aux Orcades et aux Hébrides, et mémo en Suède. Il est aussi de passage dans les parti ('s moins septentrionales de l’Europe, et l'on a remarqué que les jeunes seulement si* montrent sur les cèles de l'Océan. Les eidera niellent au milieu des rochers baignés par la mer. Dans les mers du Nord, c’est une propriété qui se garde soigneusement cl se transmet par héritage, querelle d’un point de la cote où res oiseaux viennent d’habitude s’établir à l'époque de la poule ; car c’est là que l’on récolte l’édredon. La femelle , en effet, en garnit son nid, et, après qu’on lui a dérobé cette précieuse dépouille, si utile pour maintenir une douce chaleur autour de ses œufs, elle arrache de son ventre une nouvelle provision de duvet. Eu dépouillant les nids, on s’en procure ainsi une quantité assez considérable, et l’édredon provenant de l’oiseau vivant est beaucoup plus estimé que celui arraché après la mort.
Les Millouïns ont le bec long, plat et sans aucune particularité notable. Nous en pussédons plusieurs , tels que le Millouin commun, dont le plumage est cendré, finement strié de noirâtre , avec la poitrine , le croupion , la tète et le cou bruns. Eu automne, est assez commun sur nos lacs et nos rivières.
0I8KAUX. 129
familiers, et changent de robe aussi bien que de mœurs. Au lieu d'être constamment monogames, ils vivent alors en polygamie, et un mâle s’entoure de huit ou dix femelles. Leur couleur varie beaucoup : on en voit dont le plumage est pinson moins brun ou noir ; d’autres ont la tête ornée d’une huppe. On en élève un grand nombre, car aucun animal domestique n’est plus facile à nourrir. Pourvu qu'il ait de l’eau à sa disposition et une retraite pour la nuit, il no demande plus rien à son maître; il ne coûte par conséquent presque rien, et il donne un bénéfice assuré, car sa chair est un aliment agréable, et ses plumes sont un objet de commerce. En général, on plume ces oiseaux au mois de mai et de septembre, et l’on se contente d'arracher les plumes du ventre et du cou, qui sont les meilleures, sans valoir toutefois celles de l'oie. Lorsqu’on no consacre pas les canards à la multiplication do leur race, on les engraisse, en général, vers l'iigo de six à huit mois pour la table.
On élève aussi, dans nos campagnes, une autre espèce de canard, le Canard musqué, que l’on y désigne mal à propos sous le nom de Canard tir Barbarie; car, au lieu do venir d'Afrique, il est originaire d'Amérique. On le distingue aux caroncules rouges dont sa tête esi couverte. Ce canard est doux fois plus gros que le précédent, mais il est plus difficile à nourrir, et il répand une odeur do musc provenant dos glandes placées sons le croupion et qui se communique à sa > hair. Ces deux espèces se mêlent facilement et donnent naissance a des hybrides appelés Mulurds, qui ont presque la grosseur du canard musqué, sans en avoir l’odeur, mais qui sont en général Stériles.
On donne le nom de Sarcelles à plusieurs petites espèces de cafards qui ne diffèrent guère du canard commun que par la taille. Votre Sarcelle ordinaire est maillée de noir sur un fond gris, et prés 0nle une bande blanche sur les côtés de la tête et un miroir vert cendré sur les ailes ; elle est commune sur nos étangs, en automne et au printemps, et se porte dans le Nord pour couver. La petite Sarcelle, qui est beaucoup plus commune et qui fait sa ponte dans "os contrées, a le corps finement rayé de noirâtre, la tête rousse "yoc une bande verte de chaque côté, la poitrine d’un blanc rousjyire, varié do lâches rondes, et, sur les ailes, un miroir vert et noir. '•Ile se trouve aussi dans l’Amérique septentrionale.
Cette division du genre canard comprend aussi les Souchets et les ^«dornes (1). Enfin, on range aussi dans la tribu des lamellirostres
! H) Parmi les canards proprement dits de la seconde division, on remarque d’abord '"Souchets, à cause de leur long’ bec., dont la mandibule supérieure, est élargie au bout
ployéo parfaitement en demi-cylindre, et dont les lamelles marginales sont si longues t . minces, qu’elles ressemblent à des cils, disposition en rapport avec le régime de ces qui vivent principalement des vermisseaux cachés dans la vase an bord des rnis-
13 o ZOOLOGIE.
les Hurles , qui diffèrent de la grande famille des canards par leur bec °rèle, presque cylindrique el armé sur les bords do pointes dirigées en arrière et ayant l'aspect de dents de scie (ftg. 1 30, (1 S 75. Les Goëkmls et les Mouettes, qui sont très communs sur nos côtes , sont des palmipèdes comme les précédents, mais leur bec est revêtu de corne comme d'ordinaire dans la classe des oiseaux : ils
Fis- tSSl. CoPlantl.
Fig. 133. Mrel.
ornent avec les Sternes, ou Hirondelles de mer [flg. I 3 4), et quelques oiseaux de mer, tels que les Pétrels et les Albatros (:2), une famille
«eaux Le Souche! commun est un 1res beau canard, dont lo plumage est (l’un vert finir sur la taie el le cou, blanc sur la poitrine, hran-noirâlro sur le dos, roux au vonlro, av les ailes variées de bleu clair, de vert, île blanc el de noir. 11 nous arrive .lu Nord vers le mois rte février et se répand clans les marais. I.n chair est excellente.
Les Tadornes ont le bec très aplati vers lo bout el relevé ee bosse saillante a sa base.
1 e Tadorne commun est, do tous nos canards, celui dont les couleurs sont les pins vives il est blanc avec la léte d’un vert foncé, une ceinture rousse autour de la poilnne, el l'aile variée’ de noir, de blanc, de roux et de vert pourpré. Il est 1res commun sur 1er bords de la mer, dans les parties scptcnlrionalos et oendenlales de l’Europe, el, au prmlemps, il se montre aussi en assez grand nombre sur nos eûtes.
Il) Les Haiu.es (Hergut) ressemblent cxlrémmnent aux en (mil par leur péri et
leur plumage (pie par leurs mœurs. Leur demeure habituelle est dans les climats froids :
, ’esl là qu’ils se reproduisent ; mais, on hiver, ils se répandent dans les pays tempérés.
I eur vnl esl rapide cl smitcim, el ils nagent extrêmement bien ; eu général ils se tiennent le corps submergé et la tête seulement hors do l’eau ; on plongeant , ils s aident m leurs ailes pour accélérer leur course, cl fout do la sorte mie pceUc active. Leur plumaivarie boni, coup avec Mge. Fendant l’hiver, il nous arrive Ire, s de ces oiseaux : 0 ttail vulgaire, qui est de la mille d’un canard ; le Hurle huppe, qui esl plus petit, et le Hall
pinte, qui est encore (le moindre mille. , , . . .
101 [ os PÉTIUU s Wroeellaria) ont le hcc crochu au bout el les narines réunies en un tube couché sur le dos de la mandibule supérieure (fig. 133). Leurs ailes sont longues e
ment de la eliair de morues el de baleines inertes, de mollusques nus el des mseclcs ' ,le, vers qui flottent à la surface de la mer. Ils ne plongent pas e! ne nagent que rau ment ; mais, dans leur vol rapide, ils effleurent les vagues et courent même su, 1 eau, •
- • ' ■- i ailes est extrême : iU| volt' 1 '
piétinant et on tenant les ailes élevées. La puissance de leurs i
en planant, avec ees organes en apparence immobiles, et, en general, ne >e laissent 1 arrêter dans leur course rapide par le vent le plus violent ;
quelquefois cependant la
particulière qui ,est remarquable par la longueur des ailes el qui a reçu pour cette raison le nom de Longipennes,
Fig» 134. Hirondelle de mer.
$ 70 . Les pélicans, les cormorans et les frégates ont aussi les ailés très puissantes, mais se distinguent des longipennes par la conformation de leurs pattes ; leur pouce étant compris dans la palmure, tandis que chez les précédents ce sont les trois doigts antérieurs seulement qui se trouvent réunis de la sorte. Ils forment
pôle les foire ii chercher un refuge sur les \crgues ou sur les mâts lire navires. Souvent ‘"i lus voit suivre le sillage des vaisseaux pour y trouver mi abri un pour profiler des dehris qui sont jetés ilu bord , el. e’csl surtout pondant les nuils claires ou le crépuscule qu'ils pourvoient à leur nourrilure. Us nichent dans les Irons «les rochers les plus escarpe., el, quand on essuie de les surprendre sur leurs œufs , ils lancent contre 1 assaillant une liqueur huileuse dont leur estomac parait être toujours rempli.
Les Ai.uatuos ( Diomedea ) sont les (dus grands et les plus massifs rie tous les oiseaux pélagiques, el ils méritent mieux que tout mitre cette démmiinulion ; cm* ils se tiennent presque toujours cil haute mer , el sont également bien organisés pour le vul et la nage. 0|| les rencontre principalement dans les murs australes.
I. es Mouettes !7.«nts) sc distinguent facilement des deux genres precedents parleur bec
'illongé pointu et arqué vers le boni ; pur leurs narines, placées vers le milieu
de h, mandibule supérieure, étroites percées h jour (/h,. 1 32). et par leur pouce
'uurl, mais bien distinct. On les rencontre en pleine mer ; mais elles tuurimlleui mu tout bcès des eûtes , el , lorsque le temps est mauvais , elles s'avancent quelquefois daiK les 'erres. Elles nagent et volent très bien, fondent sur leur proie avec une violence oxlreino
»e jollçnl sur les cadavres aussi bien que sur les poissons vivants. >n reste, ce sont '•‘‘s uiso.-nix ladies H, criards, dont les mcfiiirs n'oflVcnl que pou d nitmvl. fin "entrai, on donne 1 ,, de Goflaml» aux grandes espèces, et celui de Mouettes ou ie Mauves aux l'bis polit,,.. Plusieurs lialiilcnl les mers du Nord el sont rte passage sur nos eûtes : 1 une l,0 « plus grandes est le (Miami à manteau noir.
On donne le nom de STEnr.im.UHtss on Libres [Lest ris) ailes longipennes Inès voisins d'*s un, licites mais qui en durèrent par leur queue pointue el par la disposition de leurs "ttriiu's. Ils 'ont cela de remarquable qu'ils poursuivent avec acharnement les petites “'mettes, pour leur enlever leurs aliments, el même, b ce que l'un prétend, pour dévorer '"ar boni,,.
Les Stibines (Slerna) ressemblent aux hirondelles par leurs ailes pointues el excès-
une troisième division de l'ordre des palmipèdes, appelée la famille
DES ToïIPALMES.
Le Pélican est remarquable par l’organisation singulière du bec : la mandibule inférieure étant garnie en dessous d’une grande poche cutanée, dans laquelle cet oiseau emmagasine les poissons dont il
Fi-f. KJ5. Pélican.
s'empare en rasant au vol la surface de l'eau et dont il sc repait lorsqu'il esta terre. Il est assez commun dans les parties orientales de l’Europe, ainsi qu’en Asie et en Afrique (I ).
sivement longues, leur queue fowcluio cl leurs pieds courts : aussi leur domie-t-im le nom il 'Hirondelle </f mer. Cos oiseaux se tiennent principalement sur mer, mais s'avancent aussi dans l'inlérieue des lerrcs, sur les lacs cl les rivières. Ou ne les voit pas nager; mais ils volent presque continuellement avec une rapidité extrême, eu jetant de glands cris et on enlevant avec dextérité, de la surface des eaux, les petits poissons et les mollusques dont ils se nourrissent. Ils ont l’habitude do nicher par bandes très nombreuses dans un mémo lieu, et leurs nids sont souvent si rapprochés, que les couveuses sr louchent. I.ettr bec est pointu, droit et sans courbure ni saillie, cl leurs narines ohlongitcs el percées do part on part. L'espèce la plus commune sur nos eûtes et sur nos eaux douces
est le Picrre-Garin.
( I ) Cet oiseau, que l’on a nommé aussi Ouocrolnle. parce que sa voix a clé comparée a" braiement do l’âne, a environ 2 mètres de long ot jusqu’il 4 moires d’envergure ; sou lire seul a près d’un pied el demi de long, cl sa poche pool contenir plus de II) litres d’eau; enfin, son plumage est d’un blanc plus nu moins pur, suivant Page, el les rémigesont noires. 11 vole très bien cl s’élève quelquefois fort liant ; mais, en général, il rase lf surface do l’eau ou se balance à une hauteur médiocre, pour se précipiter plus facilement sur sa proie. Quelquefois on le voit Lattre l’eau de scs ailes, comme pour la troubler f< enrayer le poisson, et l'on assure que lorsque les pélicans sont réunis en troupes, pèchent de concert en formant un grand cercle, qu'ils resserrent peu à peu pour y emprisonner les poissons, jusqu'à ec que, sur un signal donné, ils frappent l’eau tous L ’ n même temps, el, à la faveur du désordre ainsi produit, plongent et sc saisissent de lem*
Los Cormorans ont le bec allongé cl gfèle ; une espèce àplumage noir n’est pas rare en France (I).
§77. Enfin, l’ordre des palmipèdes comprend une quatrième famille, celle des Bracuypt'ères, qui se compose des Manchots et de quelques autres oiseaux dont les ailes sont si courtes, qu’elles ne peuvent presque plus servir au vol. Il est également à noter que ces oiseaux ont les pattes placées si en arrière, que , pour se tenir en équilibre , quand ils sont à terre, ils sont obligés de garder une posture presque verticale ; aussi marchent-ils très mal , mais ils nagent et plongent fort bien.
On range dans cette division les Grèbes , les Plongeons , les Pingouins, les Manchots, etc. (2).
victimes. La pêche terminée, ils vont s’accroupir sur quelque poinle dé radier cl y digérer en repos. Ils peuvcnl percher sur les arbres, mais ils n'y nichent pus et tout leur nid ù terre, dans un enfoncement qu’ils garnissent d’horlios. La femelle pond do deux à quatre neufs et nourrit ses petits en dégorgeant devant eux des poissons qu'elle- leur apporte dans sa poche. On dit qu’elle leur apporte aussi de l’eau de la même manière, el c’est peut-être le mouvement qu’elle fait pour vider sa poche, en la pressant contre sa poitrine, qui a donné lieu à la fable débitée par quelques écrivains, sur la prétendue habitude qu’auraient ces oiseaux de -s’ouvrir le sein pour nourrir de leur sang leur jeune famille.
(1) Les Cormorans (Phalttcvocorax) ont le hcc allongé, comprimé, à mandibule supérieure crochue au boni , la peau île la gorge peu dilatable, l'ongle du doigt médian denté en scie el la queue ronde et composée de quatorze pennes. Ce sont d'excellents plongeurs : ils nagent ordinairement avec la tète seulement hors de l’eau et poursuivent, avec une vitesse étonnante, entre deux eaux, les poissons dont ils su nourrissent. Leur vol est rapide el s "Ulcnu, mais à terre iis marchent mal et se tiennent dans une position presque verticale, en s’appuyant sur leur queue.
Les Frégates (Taehlipctes) diffèrent des cormorans par leur queue fourchue, leurs ailes excessivement longues, leur hue, dont les deux mandibules sont courbées au bout, cl leurs pieds, dont les palmures sont prefondémonl éelmncréqfi.
Les oiseaux u'haliilent que les régions tropicales, et leur vol est si puissant, qti ils a éloignent de terre à des distances immenses. On en a rencontré a plus de quatre cents lieues un mer, et ils fout une guerre active aux poissons volants, qui, pour échapper a la l 10 iirsuil<-’ d’autres animaux marins, s'élancent hors de l’eau. Les frégates donnent aussi ' ;| chasse aux oiseaux appelés Fous ou lloubies (Sida), et, eu les frappant de 1 aile et du W, les forcent à dégorger le produit de leur pèche, dont ils se saisissent avec dextérité avant qu’il soit retombé dans l’eau. On ti'cn connaît bien qu’une espèce dont le plu- "bigcest noir, avec du blanc sousla gorge et le cou.
(2) Les CltiiliiiS s’éloignent un peu des autres palmipèdes par la cunfumialion de leurs f»Uoa, car leurs doHs antérieurs, au lieu d’être réunis par des palmures complétas, comme é'ordinaire, sont seulement élargis pal' dos bordures découpées, et no présentent de véritable palmure qu'à leur hase. 11» ont la tète petite, le bec comprimé latéralement et en lénéaal droit , les narines percées à jour, lu corps aplati , les jambes entièrement enga-
§78, L'ordre des Échassiers se compose, ainsique nous 1 avons déjà dit., des oiseaux dont les pattes, très allongées , sont dépourvues de
plumes au-dessus du genou, el leur servent d’ordinaire pour marcher à gué dans les eaux peu profondes, où ils cherchent leur nourriture. Mais ce mode de conformation ne se rencontre pas seulement chez les Oiseaux de rivage, il se retrouve aussi chez l’autruche, le casoar et quelques autres espèces, qui sont organisées pour la course plutôt que pour le vol.
La cigogne ( faj. 1 1 6), et la bécasse [ftg. 1 43), qui appartiennent l’une et l'autre à ce groupe, différent beaucoup entre elles par la forme de leur bec, et peuvent
Kg. 137. Êckane d'Europe. 1,0118 . d ’°f n, P le dc <? eUX
principales I ami lies cl eeliassiers.
auxquelles ou a donné les noms de Culteiroslres et de Lonijiroslres.
jrôs dans l'abdomen ; les ailes très élroites el cachées, dans le repos, sous les plumes des parties voisines; la ipieue composée d’un polit faisceau de plumes légères ; enfin, le pluma,,,, court, épais et d’un brillant métallique, qui l’a fait souvent employer connue fouinùv. A terre les grèbes sont obligées de so tenir dans une position verticale ; ils ne marchent qu’avec peine el volent difficilement, mais ils sont d'excellents nageurs et fendent l'eau avec une facilité extrême, soit à sa surface, soit à une profondeur plus ou moins considérable ; c'est même en plongeant qu'ils cherchent d’ordinaire à échapper au danger. Les mis vivent sur les eaux douces, d’autres sur les bords de la mer ; ils se nourrissent de petits poissons, de crustacés, d'insectes, etc., el nichent au milieu dos jours ou dans le creux do quelque rocher escarpé.
Quatre espèces de ce genre habitent l'Europe, savoir : le Crète hlip/ir, grand comme un canard, brun noir dessus , blanc argenté dessous , avec uno bande blanche sur I aile , et portant à l’àgo adulte une sorte do huppe érectile sur la ICdc et une collerette rousse bordée de noir au haut du cou; le Grèbe cornu , plus petit que le précédent et a elle relie noire; le Grèbe il joues prise», intermédiaire aux deux précédents par sa taille, el le pelil Grèbe on Castagne ux, qui est de la grossour d’une caille et n’a ni rrèle m collerette.
Les Plongeons proprement dits (Colymhis) ressemblent beaucoup aux grèbes, inaimil les pattes palmées connue les autres oiseaux de cet ordre, ils habitent le Nm d et arrivent quelquefois sur nos côtes pendant l’hiver, lia vivent continuellement sortes eaux; d’ordinaire, ils s’y tiennent entièrement plongés, no sortant que de temps en temps la tète pour respirer; ils volent très bien, mais rarement, et émigrent sur les eaux. Lorsqu’ils sont à terre, leur démarche est si embarrassée, qu’ils ne peuvent so maintenir en équilibré qu’en se soutenant sur leurs ailes el tombent facilement a plat ventre ; aussi ne M"' 1 ' tcnl-ils presque jamais les eaux, si ce n’esl à l’époque de la punie. Il- nichent sur R îlots au milieu des rochers. , .
La pelile TRIBU des Pingouins a pour caractères un lier 1res comprimé, élevé *e. tw»'
DISK AUX. 1 3o
Chez la cigogne et les autres cultrirostres, le bec est gros, fort, plus ou moins long, et, en général, tranchant et pointu.
Chez les bécasses et les autres longirostrês, le bec est au contraire très grêle, long et tlexible.
§ 79. La FAMn.iT. des Cultmmstrf.s comprend les Grues et les Hérons aussi bien que les Cigogives.
Les Cigognes ( Ciconia ) (/ifl. 1 16) sont caractérisées par leur bec long, fort, droit, arrondi, pointu et sans sillons. Leurs yeux sont entourés d’un espace nu; leurs pieds sont longs, et leurs doigts antérieurs réunis par une membrane jusqu’à la première articulation ; leurs ongles courts et sans dentelures; enfin, leurs ailes sont médiocres. Elles vivent dans les marais et se nourrissent principalement de reptiles. Leurs mouvements sont lents et mesurés, et une disposition particulière de l'articulation du genou leur permet de dormir commodément sur une seule patte, en tenant l'autre fléchie ou même suspendue à angle droit. Leur vol est puissant, et elles se réunissent en grandes bandes à l'époque de leur émigration.
L'espèce la plus commune est la Cigogne blanche, grand oiseau à plumage d'un blanc pur partout, excepté aux ailes, qui sont noires. Cendant, l'hiver, elle se retire en Afrique; mais, au printemps, elle
Icmenl, tranchant par lf dos et ordinairement sillonné en travers \ point do pouce, oi les doigte antérieurs complètement palmés. Ces oiseaux appartiennent exclusivement aux mns du Nonl : on les distingue en Macareux et en Pingouins proprement, dits.
Les Macareux ( Fratercula ) ont le bec plus court que la tète, et ii sa base au moins •'us, si élevé qu’il est Ion#. Leurs mœurs sorti à peu près les memes que celles des precedents; mais ils volent encore plus mal ; leurs petites ailes no peuvent les soutenir eu l’air 'lue pendant quelques instants. Ils ne viennent presque jamais à terre, si ce n’est pendant 1 !| Saison de la ponte, et no se voient qu'accklcn tellement sur les eaux douces. Ils vivent s ur la mer, et sont remarquables parles terriers qu’ils creusent dans le sable du rivage île la mer, afin d’y déposer leurs œufs. Une espèce qui, en hiver et au printemps, est de Passage sur nos cotes, le Moine ou Macareux commun [Fratercula anima), fréquente en KTand nombre quelques ilôts voisins rte l'Angleterre, et l’on assure que c’est le male qui se '-barge de creuser ces retraites souterraines, en grattant lo sable avec ses larges pattes et s otï bec tranchant. (Iliaque terrier décrit plusieurs courbures, et offre une profondeur d’onv iron 2 a 3 mètres. Lu femelle y dépose à nu , sur le sol, un seul œuf et défend son nid r, voe vigueur, lorsque les corbeaux cherchent à s’emparer de sa progéniture.
Les Pingouins proprement dits (Alùà) ont le bec plus allongé, on forme de lame de '"liteau; leurs mœurs sont semblables à celles des précédents, et on les trouve dans les "'•‘nies parages. Ils nichent par grandes bandes dans les trous des rochers qui bordent la ln< -r ou dans des terriers, comme, les macareux, et no pondent aussi qu un seul œuf, qui <>s t oblong cl très grand.
La trtdtt des Manciiots (Aplenodyles) se compose d'oiseaux encore moins volatiles les pingouins. Leurs petites ailes ne sont garnies que de. vestiges de plumes qui, au h'eruier abord, ressemblent à des écailles, aussi sont-ils complètement privés do la faculté* voler (flg. 130, p. 133). Leurs pieds sont en même temps implantés si loin en arrière, 'I 1 * ils ut* peuvent se soutenir à terre, même dans une position verticale, qu'en s'appuyant N,|p le tarse, lequel, du reste, est élargi comme la plante du pied d’un quadrupède : aussi 1,0 viennent-ils à terre que pour nicher, et ce ri’est qu’eu se traînant péniblement sur le '"utre qu’ils s’y meuvent. Ils sont tous propres aux mers australes. Le grand Manchot '■diite en très grandes troupes les environs dit détroit de Magellan et les îles de l’Océanie.
Fig. 130. Spatule. Fig. 140. Héron.
allongés. Ils vivent sur le bord des rivières et des lacs, ou dans les
(1) C’est au milieu dos -villes, dans les leurs et les clochers élevés qu elle établit 'l’ordinaire son nid; et, comme elle détruit une grande quantité d'animaux nuisibles, elle est partout respectée. Suivant un préjugé populaire, ces oiseaux portent même le bonheur