‹ Notions préliminaires d'histoire naturelle pour servir d'introduction au cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 19 sur 39 · Z0UL0U1L · texte numérisé non relu

Z0UL0U1L

propres à sert ir d alimente, telles que des pierres , des morceaux de fer, de verre, etc. Enfin elles courent, avec une rapidité si grande, quelles dépassent- les meilleurs chevaux, et ont tant de vigueur dans les jambes que d’un coup elles peuvent lancer loin d’elles une pierre assez lourde; elles étendent leurs ailes on courant, et, lorsque le vent les favorise, s'aident ainsi dans leur course. Du reste, ce sont des oiseaux stupides et qui n'offrent rien de bien remarquable dans

leur instinct, si ce n’est peutêtre la manière dont ils déposent leurs œufs.

On connaît deux espèces d autruches: l’une propre à l’ancien continent, et caractérisée principalemen t par l'existence de deux doigts, dont un,

I externe, est court et dépourvu d’ongle; l'autre, à trois doigts, habite 1 Amérique (1).

§ 84. Les Casoars ( Casuu ri ns) sont en quelque sorte les représentants des autruches dans l'archipel Indien et la Nouvelle-Hollande. De mémo que celles-ci, ils acquièrent une taille très élevée, courent avec une grande vitesse, et no

Fig. t ta. Autruche d' Afrique.

peuvent se servir do leurs ailes pour voler: mais ils s on distinguent au premier coup d’œil par leurs plumes, dont les barbes sont si peu garnies de barbules, que de loin elles ressemblent à des crins tombants; leurs ailes sont encore plus courtes que

( I ) I - -t ul ruche, d Afrique {fia. 1 i-S ) est le plus ennui du Intis lus oiseaux i|ni vivuul aujourd'hui ; ullo atteint T ul même 8 pieds du Inuit. Lu unit usl iirdinairoincul d'tm .

Iiuiiii imii- mêlé du Manu, ni avec du gnuules pi urne* Usuelles aux ailes ul à la y ;

t liez la femelle, lu noir usl remplacé par du pa is uniforme. Elle vil en Irmipes dans les dùsei-is sablonneux de l'Arabie et du toute l'Afrique. Sus œufs sont Irùs pues et pèsent lues du I kilogramme et demi ; la femelle en pend répondant un nombre” très cunsidél'aljlo. Elle ne ronslntil pas do nid, mais les dépose à terre dans un trou, et l'on assure .pie, sims la zone torride, au lieu de lus couver, clic un abandonne l'incubation ii la chaleur des rayons solaires. Dans des pays moins chauds, elle les couve ; il paraît même tpn' souvent plusieurs autruches réunissent leurs ceufs dans un même trou, et s'y accroupi*sent alternativement. En général, on trouve aulour de celle espèce de nid un eortnin rimnln-e d ceuls mm fécondés, et l’on prétend que l'autruchc les met en réserve pour servir d aliments aux polils qui doivent éclore. Les mâles couvent aussi bien que les femelles, d paraissent vivre lanlèit on monugamio , tantôt en polygamie. C'esl celle espèce qui fournit lus bulles plumes larges et ondoyantes dont les dames se servent pour leur parure-

OISEAUX. 1 4b

celles des autruches et sont même totalement inutiles pour la course.

| 8 S . L’oivdue des Gallinacés , ainsi que nous l'avons déjà dit, apour représentant principal notre coq domestique, et se compose des oiseaux qui ont comme lui le bec court ou médiocre et voûté en dessus , les narines percées dans un espace membraneux et recouvert d’une écaille cartilagineuse, les ailes courtes, le port lourd eL le régime essentiellement granivore (fig. 150). Cette division renferme presque tous nos oiseaux de bassecour, et se compose de deux familles naturelles :

celle des Gallinacés proprement dits et celle des f igeons. Ces deux familles diffèrent par leurs mœurs aussi bien que par leur structure.

Fig. 149. Casoar à casque.

Fig. 150. Tragopan Nepaul

Les gallinacés ordinaires, ou gallinacés proprement dits, sont

polygames, volent mal, cherchent leur nourriture à terre, et no nichent presque jamais sur les arbres; leurs doigts antérieurs sont réunis à leur base par une courte membrane et dentelés sur les bords; enfin leur queue a , en général, quatorze ou même un plus grand nombre de pennes.

Les pigeons,, au contraire, sont constamment monogames, volent bien et nichent sur les arbres; leurs doigts sont entièrement divisés, et leur queue n’a presque toujours que douze pennes.

§ 86. La famille des Gallinacés proprement dits comprend le Coq, le Faisan, le Dhulon, la Pintade, le Paon, la Perdrix, la Caille, etc.

Le faisan et le coq forment une petite tribu naturelle qui se reconnaît h la disposition des joues, dont la peau est en grande partie

Fig. 151. Faisan dore.

nue et rouge, et à la forme de la queue, dont les plumes constituent un double plan incliné en manière de toit.

Le genre des Coqs (Gallus) se distingue à la crête charnue et verticale qui surmonte la tête, aux barbillons également charnus , situés de chaque côté de la mandibule inférieure, et à la queue, composée de quatorze pennes plates disposées sur deux plans verticaux adossés l'un à l'autre, et garnies en dessus, chez le mâle, de longues plumes recourbées en arc.

Notre Coq domestique , dont la femelle a reçu le nom de Poule , est l'espèce la plus généralement répandue et la plus anciennement soumise à l’empire de l’homme. On ignore même son origine : il descend probablement do l’une des espèces qui , de nos jours , se trouvent encore à l'état sauvage dans les montagnes de l'Indostan et dans l'ilo do Java.

On ne sait presque rien sur les mœurs des coqs sauvages. A l’état de domesticité , ces oiseaux s'accommodent de toute espèce do nourriture. On les voit, pondant la journée, occupés sans cesse

à gratter la terre et lo fumier , pour y chercher des aliments; les graines, les larves et les insectes qu’ils trouvent ainsi suffisent presque à leur entretien, et, dans nos fermes, ils n’ont guère besoin d’un supplément de nourriture qu'en hiver et au printemps: on leur jette alors matin et soir des graines farineuses, des racines cuites, les débris de la table, du son mêlé à des eaux de vaisselle ou tout autre aliment, suivant les ressources qu’offre la localité; et afin do leur procurer en abondance des vers et des larves , dont ils sont très friands on établit souvent dans les basses-cours des fosses appelées vermiiiih'cs , où l’on môle à de la paille le. sang, les intestins et les autres débris d’animaux; car les mouches viennent en grand nombre déposer leurs œufs dans ces matières en putréfaction, et en peu de jours convertissent, pour ainsi dire, lo tout en un monceau d asticots. La fécondité des poules est extrême , mais no dure guère que quatre ans ; à l'exception du temps de la mue et du mois qui la suit, c’est-à-dire depuis la fui d'octobre jusqu'au milieu de janvier, celles qui ne sont pas occupées à couver pondent presque tous les jours; en les préservant du froid et en les nourrissant avec des aliments substantiels el excitants, on peut même les faire produire aussi en hiver. On a calculé que, terme moyen , chacune de nos poules communes donne plus de cinquante œufs par an. Un seul coq peut suffire à viimt-cinq poules, et lorsque les œufs sont, destinés à la consommation", sa présence n'est, même pas necessaire, car la poule, abandonnée complètement à elle-même, peut encore pondre comme dans les circonstances ordinaires ; seulement ses œufs sont alors clairs, c’est-à-dire stériles. Après avoir donné un certain nombre d’œufs, la poule éprouve le désir de couver et le manifeste par un cri particulier ; d’ordinaire on lui laisse alors douze à quinze œufs, et 1 on a soin de lui ménager , dans un endroit tranquille , un nid garni de paille brisée. L’incubation dure vingt et un jours. Lorsque le petit poulet est près de naître, il brise sa coquille à l’aide d'une protubérance osseuse et caduque dont son bec est garni. La mère prodigue à ses poussins les soins les plus assidus : les abrite sous ses ailes , les conduit à la recherche de leur nourriture, les défend avec courage, et semble être (1ère de sa jeune famille. L’instinct de la maternité est même poussé si loin chez ces oiseaux, qu ils adoptent, pour ainsi dire, tous los jeunes qu’on confie à leurs soins ; et, comme une seule poule suf'lit pour conduire vingt-cinq à trente poussins, on réunit, en général, les poussins de deux couvées, et l’on remet l'une des mères à pondre ou à couver. Le coq, ainsi que nous l avons déjà dit,, ne s’occupe ni de 1 incubation, ni de 1 éducation des petits, °n a vu cependant quelques exemples du contraire, dans des cas où la poule avait été tuée ou avait abandonné sa couvée, et l'on parvient facilement à dresser des chapons à couver et à conduire une nom-

H8 ZOOLOcilK.

Iireusc poussiiiée. Quelquefois on a recours aussi à d'autres moyens pour faire éclore les œufs: c’est en les maintenant à une température voisine de celle de son corps que la couveuse y détermine le développement du poulet, et pour produire le même phénomène, il suffit de les placer dans des circonstances semblables, dans des fours convenablement chauffés, par exemple.

C’est dans la Normandie, la Bretagne, le Mans et les parties centrales do la France que nos fermiers élèvent le plus grand nombre de poulets. Pour rendre ces oiseaux plus délicats et plus faciles à engraisser, on enlève souvent aux poules les ovaires, et aux jeunes coqs les glandes correspondantes ; après cette opération , ils prennent les noms do poulardes et de chapons.

, § - ^ es Faisans (/ig. I •> I ) se distinguent par leur queue longue,

etagee et composée de dix-huit pennes ployées chacune en deux plans longitudinaux et se recouvrant comme des toits. De même que les précédents, ils appartiennent à l’Asie, mais se sont répandus depuis longtemps en Europe et même dans les autres parties de l’ancien continent. L’espèce la plus anciennement connue et la plus commune se trouve en abondance à l’état sauvage dans le Caucase et dans les plaines couvertes de joncs qui avoisinent la mer Caspienne. On croit généralement que son introduction eu Grèce date de l’exp édition des Argonautes aux bords du Phase. Aujourd’hui on l’élève dans les parties tempérées do l'Europe, mais elle exige beaucoup de soins. Le mâle est un bol oiseau dont la tète et le cou sont d'un vert doré , le reste du corps d'un marron tirant sur le pourpre et très brillant, et la queue grisâtre, mêlée de brun et de marron. La femelle est plus petile et la couleur générale de son plumage n’est qu’un mélange de brun, de gris , de roussâtre et de noir. Ces animaux *e nourrissent de grains, de baies et d’insectes, se plaisent dans les plaines boisées et humides , passent la nuit perchés au haut dos aimes et nichent dans les buissons ou au pied des arbres. Leurs üi'uls sont moins gros que ceux de la poule, à coquille très mince et •l une couleur gris verdâtre, avec de petites taches brunes. La durée de incubation est de vingt-trois à vingt-quatre jours, et il parait que ces oiseaux vivent d'ordinaire six à sept ans (1).

§ 88. Les Dindons (. Meleagris ) forment un gonre facile à distinguer par la peau nue et mamelonnée qui revêt leur têto et le haut doleur

(i) Nous possédons aussi (rois autres espèces qui sont originaires de la Chine : lu f fliSfli! il collier, qui ne diffère du faisan commun que par une tache hhiurlic de chaque rote du cou ■ lo Faisan argenté, qui est blanc en dessus avec .lus lignes noires Iris Unes sur chaque plume, noir en dessous, cl qui s’apprivoise plus facilement que 1rs précédents; enfui, lo Faisan doré, si remarquable par la magnificence de son plumage. Pu lùte e>l oruec d une huppe pcndaule d'un jaune d'or ; son cou est révolu d'une collerrltc orangée,

maillée de noir

; sou ventre est rouge «le feu ; le li

le croupion jaune , et « longue queue eal brune , c

description (lu phénix, donnée par Pline le nnlnralisle, a été finie d'.q

il de son dos est vert, tachetée de gris. Cuvier pense quel»

CO bel oiseau.

cou, par les appendices charnus qu'ils portent sous la gorge et sur le front, et par leur queue composée de dix-huit pennes roides qui se relèvent et s’étalent, ainsi que les couvertures supérieures, de manière à faire la roue. Chacun de nous a pu remarquer combien ces oiseaux sont irascibles, surtout lorsqu'ils voient du rouge, et comment le mile, dans les moments de passion, se rengorge et enfle les caroncules charnues do son front. Us sont originaires de l’Amérique; mais à cause de leur grosseur, do leur fécondité et de la bonté do leur chair, on les a naturalisés en Europe. Les premiers furent apportés en Espagne par les missionnaires au xvi c siècle; en ■1532, ils furent introduits en Angleterre, et l'on assure qu’il non a paru en France qu’on 1 570, aux noces de Charles IX; mais aujourd’hui ils sont devenus l'un do nos oiseaux do basse-cour les plus communs.

On connaît deux espèces de dindons : le Dindon ocallé, nouvellement découvert près de la baie de Honduras, et l’un des oiseaux les plus remarquables par l'éclat et la beauté de scs couleurs, et le Dindon commun , qui so trouve à l’état sauvngcdans diverses parties de l'inférieur de l’Amérique septentrionale. Ce dernier abonde surtout autour de l’Ohio, du Mississipi et du Missouri, dans l’immense étendue de pays que la culture n’a pas encore envahie ; son plumage, ordinairement noir chez nos dindons domestiques, est dans l’étal de nature d'un brun verdàlro glacé de teintes cuivrées M ).

Les Hoc, cos, qu’on élève en domesticité dans nos colonies d’Amérique sont de grands oiseaux de bassecour à ailes courtes et à queue arrondie ; ils ont beaucoup d’affinité avec les dindons et les coqs , mais nichent sur les arbres.

(1) Ce s dindons sauvages se nourrissent des baies et des fruits des arbres forestiers, ( ‘t ils émigrent d’une contrée à une autre , suivant qu'ils y trouvent ces aliments en plus grande abondance. Vers le commencement d’octobre, lorsque les fruits et les graines sont lombes , ils s'assemblent en troupes et se dirigent peu à peu vers les riches plaines de * Ohio et du Mississipi. Les mâles se réunissent en petites bandes, composées de dix à 'ont individus , et cherchent leur nourriture séparés des femelles ; celles-ci s’avancent ç eulo< avec leur jeune famille ou réunies a d'autres, cl évitent avec soin les mâles, qui

§ 89. Los Pintades ( Numitla ) ont aussi ordinairement la tète nue et des barbillons charnus au bas des joues, mais leur queue est

courte et pendante, et leur tarse n’est pas armé d’un éperon.

Les plumes fournies de leur croupion donnent à leur corps une forme bombée, et leur crâne est, en général, surmonté d'une crête calleuse. Ces oiseaux sont originaires do l’Afrique, et y vivent en grandes troupes.

L’cspèco commune, Fig. 153. Pintades. appelée Pintade mé-

léagride, a le plumage ardoisé et couvert de taches rondes et blanches. C’est elle que

attaquent les petits et souvent les tuent ; tous suivent cependant la mémo direction et font leur voyage à pied. Lorsqu’une rivière les arrête , on les voit se porter sur les points les plus élevés de ses bords et y rester un jour ou deux comme s’ils étaient eu délibération ; enfin, lorsque tout est calme autour d’eux, ils montent sur le sommet des arbres, cl à un signal donné par celui qui paraît dire le chef do la troupe, tous prennent leur vol vers la rive opposée: les vieux y parviennent facilement, même lorsque la rivière est Irès large, mais les jeunes tombent souvent dans l’eau et achèvent leur traversée à la nage. Arrivés dans un canton où les fruits des arbres forestiers abondent, ils se divisent en petites troupes sans distinction do sexe ni (Page, et dévorent tout ce qu’ils rencontrent. Ils passent ainsi l’automne et une partie de l’hiver ; mais vers le milieu de février, les femelles se séparent du reste de la troupe et sont suivies par les mâles, qui souvent se livrent alors des combats acharnés; ils s’apparient bientôt, et les deux époux perchent dans le voisinage l’un de l’autre jusqu’à ce que la femelle commence à poudre, car alors elle se sépare du male pour lui dérober ses œufs que sans cela il ne tarderait pas à casser. C’est vois fi 1 milieu d’avril qu’elle dépose ainsi dans un nid , construit à terre avec quelques feuilles desséchées, dix à quinze œufs. Il parait que quelquefois plusieurs femelles se reunissent pour placer leurs œtils dans un même nid et élever leurs petits en commun ; l’une des mères est alors toujours en sentinelle près do la couvée pour en défendre l’approche contre les corbeaux et même les chats sauvages.

Il n’est pas rare de voir des dindons sauvages se mêler à ceux que l’on élève en domesticité dans les fermes; quelquefois c’est pour les attaquer et les chasser du leurs aliments» d’autres fois pour rechercher une femelle, et. la race mixte résultant do ce mélange est très estiméo des fermiers américains, car les petits sont plus robustes et plus faciles à élever.

Nos dindons domestiques sont moins gros que les dindons sauvages, et leur chair est moins savoureuse ; cependant elle est très estimée, et nos agriculteurs élèvent un très grand nombre de ces oiseaux, surtout dans le Périgord, l'Angoumoïs , la Guyenne, etc. En général, on no laisse qu’un mâle pour huit à dix femelles, et on les tue ordinairement au bout de trois ans, car en avançant en âge, ils deviennent méchants et coriaces. Les femelles donnent des œufs dès leur première année , et c’est à l’âge de deux à trois ans f|u elles sont le plus fécondes. La ponte, qui se compose de quinze à vingt œufs , commence bientôt après la fin des gelées et se continue de deux jours l’un ; elle a lieu le

nous élevons quelquefois en domesticité dans nos basses-cours (-1).

§ 90. Les Paons (Paw), ainsi nommés d’après leur cri aigu et désagréable, ont pour caractères principaux une aigrette ou une huppe sur la tète, et les plumes supérieures (ou couvertures) de la queue du mâle extrêmement longues et pouvant se relever, ainsi que les plumes principales (ou t ectrices, dont le nombre est de dix-luiit), pour faire la roue. Chacun connaît la magnifique espèce que nous élevons pour l'ornement de nos parcs et de nos ménageries ; en décrire ici les formes ou les couleurs serait superflu. Mais ce qu’il importe de dire, c’est que, malgré le luxo et la beauté de son plumage, cet oiseau n’a pas tout l'éclat qui lui est naturel : à l’état sauvage, sa queue est encore mieux fournie, et le bleu dont son cou est orné se prolonge sur le dos et sur les ailes , au milieu d'un vert doré. 11 est originaire de l'Inde, et a été apporté en Europe par Alexandre (2).

matin, et sc fait le plus souvent loin ilo la ferme, dans les haies nu lus buissons, à moins qu'on ait le soin de tenir lus pondeuses enfermées, ou de leur préparer dans un endroit écarté un nid qui leur plaise et qui soit h l'abri dos atteintes du mâle ; car, s'il y trouvait une de sus femelles , il la maltraiterait et casserait ses œufs , qui sont gros, allongés et tachetés de jaune. On peut lus conserver un mois sans lotir fairo perdre leur faculté reproductive mais il arrive souvent qu'ils sont clairs, c’est-à-dire non fécondés. L’incubation dure trente jours, et la mère couve avec tant de constance, que si quelques jours avant la naissance des petits on change ses œufs sans qu’elle les voie, elle recommence sa niche avec la mémo assiduité ; on peut ainsi la faire rester sur son nid pendant tout l’été, ut couver non seulement dus œufs d’autres dindes, mais aussi des œufs de poule, de canard cl d’oie. Celte vie sédentaire lui est cependant très nuisible, et à la fin do la Saison elle devient toujours étique. Les petits dindonneaux sont très sensibles au froid ; l'humidité leur nuit aussi beaucoup, et dans nos climats ils ne prospèrent qu'avec des soins assidus ; les cantons élevés et abrités des vents du nord et do l'ouest sont ceux qui leur conviennent le mieux, cl dans les premiers temps on les nourrit ordinairement avec des orties on du persil finement barbés cl. mutés avec do la farine et des jaunes d’œufs cuits. Vers 1 am, de lieux mois les caroncules rouges commencent à leur pousser et ce moment est pour eux une crise dans laquelle beaucoup succombent ; mais, lorsqu’ils l’ont traversée, iis deviennent robustes ut no craignent plus lus intempéries du l’air; on les réunit alors on troupes pour les conduire mi pâturage, et quand le froid arrive on les engraisse pour la table.

(1) Du temps d’Aristote, la Pintade était déjà acclimatée en Europe, et les Romains faisaient ,-raud cas du sa chair, mais pendant lu moyen àgo la race s'en est perdue, et nous a été apportée du nouveau par lus Portugais, à l’époque do leurs premières navigations sur los côtes d’Afrique; depuis lors on a meme transporté ces oiseaux aux Antilles et au Mexique. Us sont cependant criards, vils, turbulents ut querelleurs ; ils tyrannisent tellement les autres oiseaux do basse-cour, qu'on renonce souvent à en élever , bien que leur chair soit excellente et leur fécondité extrême. , .

(0) Dans leurs forêts natales les paons se tiennent dans les fourres les plus épais et tus pj us élevés , et déposent leurs œufs à terre dans un trou soigneusement caché; à l’étal du domesticité, ils conservent les mêmes goûts et aiment à se percher sur de grands arbres. La femelle, connue on le sait, n’a pas la brillante parure du mâle. Chez nous , elle ne fait chaque 'année qu'une seule ponte composée de huit à douze œufs, mais il parait que les paons sauvages sont plus féconds. La durée de l’incubation est de vingt-sept à trente jours, et afin de la mieux assurer ou pour faire produire àla paonne un plus grand nombre d’œufs, on prend souvent lo parti de les faire couver par une dinde ou par une poule. Les petits naissent couverts d'un duvet jaunâtre ; dans les premiers temps, la mère

§ 91. Les Perdrix se distinguent facilement de tous les précédents par l'existence d'une petite bande nue à la place du sourcil : elle n’ont les jambes armées que d’éperons très courts ou de simples tubercules aux tarses, et elles se tiennent dans les champs et ne se perchent pas sur les arbres. L’espèce la plus commune est. la Perdrix grise , qui a le bec et les pieds cendrés , la této et la gorge fauves , une tache marron sur la poitrine du mille, et le reste du plumage gris, mêlé de roux et de noir. Elle vit dans les parties tempérées de Fëurope, et se plaît dans les pays de plaines oii elle peut trouver, soit des grandes prairies, soit des champs semés de blé. Jusqu’au mois d’avril, ces oiseaux s’y tiennent en troupes ; mais alors elles se retirent par paires, et, contrairement à ce qui se voit chez la plupart des gallinacés ordinaires , passent l’été en monogamie. La femelle pond quinze à vingt œufs, dans quelque trou garni d'un peu d'herbe et couve pendant trois semaines. Le mâle no l’aide pas dans ce travail, mais reste auprès de son nid et semble s’y tenir on sentinelle : c’est vers la fin de juin que les petits éclosent. Ils courent dès leur naissance et vivent avec leurs parents jusqu'au printemps suivant Le male se joint à la femelle, pour conduire et protéger la couvée. Si un danger menace les jeunes, ils déploient tous deux de I adresse aussi bien que du courage, pour en éloigner leurs ennemis. Dans leur première jeunesse, les perdrix se nourrissent d'insectes; mais plus tard elles vivent principalement de graines et surtout de blé, quelles retirent très bien de terre, même lorsque le sol est couvert de neige,. Ce gibier, comme chacun le sait , est très estimé, ce qui le rend l’objet d’une chasse active. La Perdrix rouge , un peu plus grosse que la précédente, s'en distinguo facilement par la couleur rouge de ses pieds eide son bcc : elle se tient de préférence sur les collines et les endroits élevés, et est assez répandue dans le midi de la France, mais rare dans le nord.

Les Caiu.es ( Colurnix ) diffèrent des perdrix ordinaires par leur queue courte, penchée vers la terre et cachée par les plumes du croupion, par leur bec en général plus mince, par l'absence de sourcils rouges et par leurs tarses dépourvus d’éperons.

La Caille commune est célèbre par ses migrations : c’est un oiseau lourd et qui paraît mal conformé pour voler ; cependant , chaque

les mono «liaquo soir dans un endroit nouveau , et , jusqu’il re qu’ils soient assez forts, elle les prend sur son dos et les porte l’un apres l’antre sur la branche où ils doivent passer la nuit ; le malin elle saule à lerro et les provoque à l’imiter. Ces jeunes oiseaux ont liesoni d’une nourriture délicate, et re n’est qu’à l’âge do six ou sept mois qu’ils peuvent vivre comme les grands ; l’aigrette commence à leur pousser à l’ilgo d’un mois, mais ru n’est qu’à la troisième année que la queue acquiert tonte sa longueur, et chaque année, vers la fin de juillet, les plumes dont elle se compose tombent en tout ou en partie, pour repousser au printemps. On a prélendu que le paon pouvait vivre eenl ans, mais la durée ordinaire de sa vie n esl réellement que d’environ vingt-cinq ans.

année, il nous quitte pour traverser la Méditerranée et passer l'hiver en Afrique. Les cailles se réunissent alors en troupes nombreuses el volent de concert, le plus souvent au clair de la lune ou pendant lo crépuscule. Quand elles rencontrent sur leur route une lie ou quelque rocher, elles en profitent pour s’y reposer, et, en automne, elles s'abattent en si grand nombre dans différents points de l'archipel du Levant, que lo produit de leur chasse est d’un revenu considérable. Excepté aux époques du voyage , elles vivent isolées. Le mâle est polygame et ne prend aucun soin do la couvée ; les petits se séparent de leur mère aussitôt qu’ils peuvent sc suffire à eux -mêmes. C’est à terre ot lo plus souvent dans les blés que celle-ci dépose ses œufs, dont le nombre varie de huit à quatorze. Ces oiseaux se tiennent dans les champs, jamais dans les bois, et se nourrissent do graines et d’insectes.

Les Coos dk bruyère appartiennent à la même tribu que les perdrix et les «railles, mais en diffèrent par leurs pattes emplumées et dépourvues d éperons (1;. Figr. 154. Lagopède ordinaire.

Enfin, les Lagopèdes, ou

Perdrix de neige, sont encore clos gallinacés très voisins des précédents , mais dont les doigts sont garnis do plumes aussi bien que la jambe (2).

(I) Sous on avons trois espèces, dont l’une, appelée le grand Coq de bruyère, est lo plus grand do nos gallinacés ; il dépasse pour la taille nos dindons : lo mâle a environ frais pieds de longueur cl a lo plumage ardoisé, finement rayé on travers de noir sur les r èté> ; la femelle, d’un tiers plus petite, est rayée et tachetée de roux, do noir et de blanc. Cet oiseau est rare en Franco, mais so trouve on grand nombre dans les forêts des hautes "ïoiitagnes , depuis F Allemagne jusque dans lo nord de l’Asie, el niche à terre dans les bruyères on les nouveaux taillis. Leur chair est excellente , mais on n a pu roussir a les •éi luire en domesticité. Lo petit Coq de bruyère, qu'on appelle aussi Coq de bouleau , faisan noir ou Coq de bruyère à queue fourchue , sc distingue de l’espèce précédente l’ :, r la forme de la queue, ot par l'absence de longues plumes sous la gorge ; sa taille est '''•Ile île notre coq domestique, et son plumage est plus ou moins noir. 11 est répandu dans * ( ‘ s parties centrales de l’Europe, et vit dans les bois qui avoisinent les bruyères et les •’liamps; sa nourriture consiste principalement en bourgeons de hêtre, de bouleau, de sapin °t en graines, mais il mange aussi des insectes. Notre troisième espèce de coq do bruyère ° sl I’» Gelinotte, ou Poule du coudrier, qui n'est guère plus grosso que la perdrix; son l'hiuiage est agréablement varié de brun, de blane, do gris cl de roux, et sa tête est un l"‘ 11 huppée ; quelquefois on en voit qui sont d’un blanc pur. Elle fréquente les montagnes '""'•Tics de pins, do sapins, de bouleaux ot de coudriers: on en trouve dans les Vosges.

(-> l e Lagopède ordinaire ( fig . 154), qu’on appelle quelquefois aussi Perdrix des Pyl'ènèex, habile les hautes montagnes du centre el du nord de l’Europe ; il est très corn-

Ét 92. La famille clos Pigeons est beaucoup moins nombreuse en genres distincts, mais renferme beaucoup d'espèces. On les reconnaît aux caractères que nous venons d’indiquer ci-dessus et à leur bec comprimé plus ou moins courbé à sa pointe, et garni à la base do la mandibule supérieure d'une peau nue, molle et verruqueuse dans laquelle sont percées les narines que recouvre une écaille cartilagi—

gles et très faibles, et pour les nourrir leurs parents leur dégorgent dans le bec un suc alimentaire formé dans l’estomac de ces oiseaux La couvée se compose, en général, d’un mâle et d’une femelle qui, élevés ensemble, ne se quittent jamais. La nourriture de ces oiseaux consiste en graines, en baies et en fruits pulpeux ; quelquefois ils mangent aussi des insectes ou des limaçons , et lorsqu'ils boivent, c'est tout d’un trait, en plongeant le boc dans l’eau , tandis que les autres gallinacés relèvent la této à chaque gorgée. Ils se tiennent de préférence sur la lisière des forêts, dans le voisinage des canx, et no vont guère en troupes que dans leurs émigrations ; leur vol est lourd et bruyant, mais peut être soutenu longtemps.

Cette petite famille peut être divisée en trois genres : les Colombe s, qui ont le bec grêle et flexible et les pieds courts ; les Colombi-gallines, qui diffèrent des précédentes par leurs tarses élevés et, par leurs habitudes qui les rapprochent des gallinacés proprement dits, et les Colombars, dont le bec est gros et solide. Ces deux derniers genres sont exotiques.

C’est au genre des Colombes qu’appartiennent nos pigeons indigènes ; nous en possédons à l’état sauvage quatre espèces, savoir ■ le Ramier, le Colombia ou petit Ramier , le Risel et la Tourterelle (!)■

mun en Suisse, rt se trouve aussi en Amérique. H se nourrit île toutes sortes île baies el do feuilles do plantes alpestres , vole par troupes et niche dans les lieux ouverts. Il pareil que pendant l'hiver il se tient dans des trous qu’il se creuse sous la neige. Sun plumaqe varie suivant les saisons : en hiver, il est d'un blane pur avec une bande noire sur le* eûtes de la face ; en été, il est d’un cendré ronx, rayé de noir en dessus et à la poitrine’ blanc en dessous,

(1 ) Le Ramier est le plus grand des quaire ; son plumage est d’un cendré bleuâtre, avec la poitrine d'un roux vineux et des taches blanches il l’œil el sur le côté du tou. 1

Fig. 155. Tête île Pigeon ■

neusc et renflée ( fit ) . 1 55). Leurs mœurs sont douces et familières ; ils vivent par paires , et les deux époux montrent l’un pour l’autre une tendresse et une constance remarquables. Le mâle concourt, ii la construction du nid et couve comme la femelle ; la ponte no se compose d’ordinaire que de deux œufs, mais se renouvelle plusieurs fois; les petits naissent nus, aveu-

§ 93. L’ordre des Grimpeurs comprend lôs perroqueLs, les pics, les coucous et les autres oiseaux dont les pieds sont pourvus de deux doigts dirigés en arrière et deux en avant, de manière a repiescntcr une sorte de double pince , disposition qui leur permet do mieux saisir les branches et même de se cramponner solidement aux inégalités de l’écorce des arbres.

habite lu plus grande partie de l'ancien continent et émigre en hiver ; il nous arrive au commencement de mars ; fait deux pontes pendant l’élé, et cil général se dirige vers le sud ail mois de novembre: les vallées des Pyrénées sont alors traversées par des troupes si nombreuses de ces oiseaux, qu’ils y sont l'objet d’une citasse active.

I.o petit Ramier a des mœurs analogues et des couleurs semblables , si ce n'est que les calés du cou sont d’un vert changeant.

Le Biset, on Pigeon de. roche, est encore plus polit, et se reconnaît à son croupion blanc, au vert changeant qui entoure son cou, et à une doubla bande noire sur 1 aile.

Le ramier, même lorsqu’on le prend jeune, ne s’apprivoise qu imparfaitement et ne su reproduit pas on captivité ; le biset, au eontrtûroi s'habitue très bien a la domesticité, et quelquefois on le voit même quitter volontairement son état d’imlependanco pour livre dans nos colombiers: aussi paraît-il être la souche prineipalc de nos pigeons domestiques, dont les variétés de rare se sont multipliées presque a I infini, mais se reproduisent

Iles sans difficulté, et donnent ainsi naissance à une progéniture féconde. Ces

Oiseaux niellent île préférence dans les rochers, les vieilles tours et les masures, et ce 'test qu’à défaut de eus habitations qu’ils construisent leur nid dans des trous <1 arbres; jamais ils ne l'établissent sur les brandies comme Je font les ramiers et les colombins, et cet instinct est peut-être une des causes qui les rendent si faciles a retenir dans nos colombiers. Ils vivent en troupes, et quelques auteurs assurent qu ils poussent la Sociabilité au point de voilier tour à tour en sentinelle autour de leurs compagnons pendant ’l'ie ceux-ci sont occupés à chercher leur nourriture ; mais celte opinion n’est peut-être l’as étayée de preuves suffisantes. Los bisets sauvages sont très abondants dans le nord do l’Afrique cl dans les grandes îles montagneuses de- la Méditerranée ; mais ils ne Lussent que l’été chez nous, et la plupart de ces oiseaux, élevés dans une sorte do captivité volontaire, s'accommodent des gîtes que l'homme leur préparé.

On distingue, eu général, nos pigeons domestiques en pigeons de colombier et pigeons d" volière : les premiers sont à demi-libres, car chaque jour ils quittent leur demeure et ” répandent dans la campagne ; les pigeons de volière sont tenus toujours renfermes dans de petits colombiers. L’une des variétés qu’on élève suivant la première do ces ‘bétbodes, et qu’on appelle lliset de colombier, a conservé à peu de chose près sou iditinage et ses moeurs primitives. Ces pigeons aiment a vivre eu société et rce.horcheni h-'s tirnix paisibles, élevés Cl bien exposés aux rayons du sulcil ; ils produisent souvent b’ois fois ,| ans l’année, et pondent à deux jours de distance deux œufs, quelquefois trois ; •Ms ils n’élèvent presque jamais pins de deux petits; beaucoup de jeunes ne pondent 'l"'uiic lois, cl. c’est au printemps que le nombre des pigeonneaux est lo plus considér 'd’le. Quelquefois ils retournent à la lie indépendante.

, On donne le nom de Mondain è une race peu différente de celle du bisol, mais qui ' "" distingue par des formes plus allongées et plus élégantes, ainsi que pur des diflorr "ivs ,lo couleur. Une variété do cette rare atteint la taille d'une petite poule : c’est le '■«‘Os Mondain. Une autre, remarquable par sa fécondité, mais surtout par son vol léger ! 1 ''levé, ainsi que par la singulière faculté qu’elle possédé de retrouver a des distances ""monscs lo colombier où elle . si née on dans lequel elle a laissé sa progéniture, .-si le Usager? On en a vu qui, transportes dans des cages bien fermées à une distance de

b 1 "* de cent S .le leur demeure, y retournaient en quelques heures, et nu moment

|| " leur départ ne montraient ancnne incertitude sur la route qu’ils avaient à suivre. Du 'este, oe pigeon n'est pas le seul qui jouisse de cette faculté que les curieux se plaisent à 'battre à réprouve. Le Pigeon grosse gorge, qui a l'habitude d’entier beaucoup la gorge r '" remplissant , p ;l ; son jalmt, èsl aussi une variété du mondain. Il en est de même du

P^àc f w

3rÿv

§ 1)4. Les l’iîrmüQDETs ( Psittncus ) se reconnaissent à leur ber gros, dur, arrondi de toute part, et garni à sa base d'une membrane appelée cire , où sont percées les narines (lig. 1 56'. Ce sont des oiseaux essentiellement grimpeurs, et on los voit aller do branche en branche en s'y accrochant avec leur bec aussi bien qu’avec les pattes, qui cependant sont robustes ot armées d’ongles forts et assez crochus. Leurs ailes sont généralement courtes ot leur corps gros : aussi ont-ils de la peine à prendre leur essor; mais la plupart peuvent cependant, lorsque les circonstances l’exigent, voler assez haut. Ils se nourrissent de fruits de toute espèce, mais préfèrent les amandes qu ils épluchent avec soin. Lorsqu’ils mangent, ils so servent d’une do leurs pattes pour porter leurs aliments à leur bouche pendant qu'ils restent perchés sur l’autre pied. Hors le temps de la ponte, les perroquets vivent en troupes plus ou moins nombreuses. Ils se tiennent sur les bords des ruisseaux et prennent plaisir à sc baigner plusieurs fois le jour. Ces oiseaux sont monogames, et nichent dans des trous d’arbres; la ponte so compose ordinairement de trois ou quatre œufs et se renouvelle

Pig. 1511.

Pigeon culbutant et du Pigeon tournant , qui sont remarquables par leur manière de j voler. Le premier s’élève 1res liant, et souvent tourne deux à trois fois sur lui-même la tôle en arrière ; le second décrit des cercles à la manière des oiseaux de proie en battant des ailes. Mais ces habitudes paraissent tenir a la captivité dans laquelle on élève ces oiseaux ; car on assure que, pur l'effet seul de la liberté, elles no lardent pas à sc perdre. Le Pigeon nonnain peut èlru considéré comme le type d’une autre race ; il sc reconnaît à l’espèce de capuchon qui lui descend sur les épaules ; il n’a pas le vol rapide* mais se familiarise facilement et est Irès fécond. Le Pigeon à cravate est une variété voisine de la précédente, mais de très pclite taille ; le vol de ees oiseaux est un peu lourd, mais bien soutenu, et ils finissent toujours par revenir à leur colombier, quelle que soit la distance qui les eu sépare ; ils ne s’unissent pas volontiers avec les autres pigeons domestiques ; enfui ils élèvent difficilement leurs petits à cause de la brièveté de leur bec. Celle conformation vicieuse est portée encore plus loin chez le Pigeon polonais, au point que ses petits meurent souvent de faim, et que, pour les conserver, il est quelquefois nécessaire de les faire nourrir par des pigeons à bec long. Enfin nous citerons encore le Pigeon romain, reconnaissable au cercle de peau mi, rouge et ridé* situé autour des yeux ; son corps est gris, son vol est lourd, sa marche embarrassée, d sa fécondité médiocre.

La quatrième et dernière espèce de colombes sauvages qui se voit en Franco est L" 1 Tourterelle, qui vit dans les bois comme le ramier, et sc distingue par son manteau fauve, tacheté de brun et son cou bleuâtre, avec une tacha de chaque coté, mêlée de noir et de blanc. Elle s’étend depuis l’Afrique jusqu'en Chine, et nous quitte vers la fi n de l’été pour aller passer l’hiver dans le Midi ; elle vil par paires réunies eu petite* troupes, et fait retentir les bois de ses roucoulements plaintifs. La tourterelle que noU* élevons souvent en volière est d’une espèce distincte de la précédente ; elle parad originaire de l'Afrique, et a reçu le nom de Tourterelle à collier, à cause du colfid. noir qu’elle porte sur la nuque -, clic s’unit à la tourterelle d’Europe, mais ne donne aii’- 1 que des métis inféconds.

plusieurs Ibis l'année. Chacun connaît la facilité avec laquelle ils imitent la voix humaine et apprennent à articuler quelques mots Par l'éducation on parvient aussi à leur faire faire des exercices au commandement , et ils s’attachent aux personnes qui en ont soin, de même qu’ils prennent en aversion celles dont ils ont reçu de mauvais traitements.

Ces oiseaux habitent, pour la plupart , sous la zone torride, et c'est même dans les parallèles les plus approchés de l’équateur qu’on trouve lo plus grand nombre d'espèces; mais il en est qui sont répandus jusqu'au degré de latitude sud, et qui vivent dans des pays très froids.

Chaque hémisphère en possède un grand nombre, et non seulement les espèces ne sont pas les mômes dans le nouveau et l’ancien monde , mais chaque grande lie a ses espèces particulières, et dans les continents chacune d’elles n’occupe souvent qu'une région assez circonscrite : on en connaît cependant qui émi-

grent.

Ces oiseaux forment une tribu très nombreuse et se divisent en ''Iras, Perruches , Kakatoès, Perroquets proprement dits, etc.

§ 9 i . Les Coucous se distinguent facilement des autres grimpeurs par leur bec médiocre, comprimé et légèrement arqué. Ces oiseaux sont remarquables par une particularité singulière de leurs mœurs : non seulement ils ne construisent pas eux-mêmes de nids pour leurs Petits, mais ils font couver leurs œufs par d’autres oiseaux. Ils les déposent un à un dans les nids étrangers, et ont l'instinct de choisir c elui d'un oiseau ayant l’habitude de nourrir scs petits avec des a )iments qui conviennent aussi aux jeunes coucous: en Europe, c est ordinairement dans les nids de la fauvette, de la lavandière, '] u rouge-gorge, du rossignol, du bruant, de la grive, du merle où de quelques autres petits oiseaux insectivores qu’ils les placent ; et, chose remarquable, la couveuse qui s’y trouve devient pour ces in-

Fis. 158. Toucan.

irus une mère tendre et infatigable, quoiqu ils la privent do sa propre progéniture. En effet, le jeune coucou rejette du nid les petits dont il usurpe la place.

Les coucous arrivent on France vers le mois d'avril et passent

en Afrique en automne; le chant du mâle rappelle le nom donné à ces oiseaux.

On range aussi dans l’ordre des grimpeurs les Toucans , oiseaux de l’Amérique, qui sont remarquables par leur énorme bec.

§ 96. Les Pics [Pieu s) sont faciles à reconnaître par leur bec long, droit, anguleux et propre à fendre 1 écorce des arbres: parleur langue longue , grêle, armée à sa pointe d épines recourbées en arrière et extrêmement protractiles ; enfin, par leur queue, composée de dix grandes pennes roides, dont ils se servent comme d’arc-boutant .

lorsqu'ils grimpent le long des arbres [l'uj. 159). Ils montent perpendiculairement et en décrivant une spirale le long du troncetdes grosses branches des arbres, et méritent à tous égards le nom de Grimpeurs. Leur nourriture consiste principalementen larves, qu’ilsprennent en frappant avec leur bec sur l’écorce ou en introduisant dans les fentes de celleci leur langue constamment imbibée d’une salive gluante. Ces oiseaux sont v * répandus sur presque tout le globe, rnaifa

c’est dans les forêts humides de l’Amérique qu’on en voit le plus

grand nombre ( I).

g 97. Enfin, Tordre des Passereaux comprend tous les oiseaux qui n’offrent aucune des particularités de structure caractéristiques des cinq ordres dont nous avons déjà parlé, et se compose d’une multitude d’espèces ; on y range, en effet, tous les oiseaux chanteurs, les hirondelles, les corbeaux, etc. Ils ont les jambes courtes ou de

(I) Nous en avons six especes en Europe ; les plus communes sont : le Pk vert, oiseau (le la mille il’uno tourterelle, vert dessus, blanchâtre dessous, avec Une calotte ronce et le croupion jaune ; le granit Epeiche, qui est do la (aille d’une grive, noir en dessus, blanc en dessous, avec une lâche rouge il l'oeriput cl. ii l’anus ; le moyen Epeichc (fi g. \ 5P) ci le petit Epeiche, qui sont de la mille d'un moineau.

moyenne longueur, les doigts faibles et non palmés ; le ber, en général, court et robuste, mais peu ou point crochu : les uns vivent d’insectes, d'autres sont granivores, et il en est quelques uns dont le régime est carnassier.

Cet ordre so subdivise en plusieurs familles, dont l'une, appelée famille des CoNiBOstREs, est caractérisée par un bec conique et sans échancrures latérales. Elle comprend les Alouettes, les Mésanges , les Bruants, les Moineaux, les Corbeaux, etc.

Les Moineaux forment une tribu nombreuse qui se distingue des autres conirostres par la forme du bec (gros à sa base, mais pas anguleux à sa commissure), et qui se subdivise en Moineaux proprement dits, Pinsons, Linottes, Chardonnerets , Gros-becs, Bouvreuils, etc.

§ 98. Les Moineaux proprement dits (Pyrgita) ont le bec moins grand que les tisserins , conique et un peu bombé vers la pointe (fig. 160). Le type de ce genre est notre Moineau domestique , ainsi nomme à cause de sa résidence habituelle dans le voisinage de nos habitations ; il est remarquable par son audace et par sa voracité. Ces petits oiseaux consomment une quantité considérable de blé, détruisent beaucoup de jeunes fruits et occasionnent ainsi des dommages très grands. Ils sont répandus dans tout notre continent, mais ils abondent surtout dans les contrées où l’on cultive des céréales (1).

Les Pinsons (. Fringilla ) ont le bec, un peu moins arqué que les moineaux. Le Pinson ordinaire est un des oiseaux les plus communs do nos campagnes ; ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles du moineau commun, mais il est plus vif, plus gai et chante d'une manière plus variée (2).

Les Chardonnerets , les Linottes et les Serins ( Carduelis ) ont le bec plus court et sans èlre bombé. Chez les premiers, cet organe est un peu plus long et plus aigu que chez les derniers, qui ne se distinguent entre eux que par leur plumage brun, avec des teintes rouges chez les linottes, plus ou moins verdâtres chez les serins (3).

(1) On connaît sons le nom île Frlipiet une autre espèce de moineau un peu moins grande que la précédente, et qui se trouve également dans toutes les parties de 1 Europe, filais qui ne se rapproché pas des endroits habites.

(2) A l’âge adulte, ces oiseaux no s’accoutument que très difficilement a la captivité ; filais, quand on les prend jeunes, ils s’apprivoisent fort bien ; on a remarqué qu’ils ne chantaient jamais mieux que lorsqu’ils avaient perdu la vue, et c’est pour celte raison que, dans plusieurs contrées, on a l’habitude barbare do priver do la vue, on passant sur les paupières un fil do fer rougi au feu, les pinsons qu’on élève en cage.

(3) Le Chardonneret ordinale est l’un tics oiseaux d’Europe les plus jolis, les plus dociles et les plus habiles chanteurs. Son plumage est brun en dessus et blanchâtre en

Les Gros-becs ( Ciuiccollimvsles ) se distinguent- des antres moi- — neaux par l'excessive grosseur de leur ber,

/ *='© exactement conique (1).

i. \ Enfin, les Bouvreuils ( Pirrhula ) ont le

\ \ bec arrondi et bombé en tous sens et assez

l fort pour leur permettre de briser les se-

Fi ,, 1(1| menceslcs plus dures : iis habitent principalement les climats froids et tempérés (2).

Les Becs-croisés ( Lnxia ) ressemblent beaucoup aux bouvreuils, mais présentent un caractère très remarquable dans leur bec (/ hj . 1 62), dont les deux mandibules sont tellement courbes , que leurs pointes se croisent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, suivant les individus (3).

Les Bruants (’/imèerùa) ressemblent beaucoup

Fig-. 102.

dessous, avec le masque d’un beau rouge et une belle lâche jaune sur l’aile. Il lire son nom de la graine de chardon, qu’il recherche de préférence ; i! se plaît surtout dans les vergers, et niche, en général dans les vignes, les pruniers ou les noyers. Son vol t si bas et filé, et en hiver cos oiseaux se réunissent en troupes nombreuses ; ils vivent de seize à vingt ans ou mémo davantage.

La Linotte commune se trouve aussi dans presque toutes les parties de l’Europe, où elle habite les vignobles, les plaines et la lisière des bois. La femelle, dont le plumage est d’un cendré jaunâtre mêlé de brun et de roux, ne chante pas ; le mâle a, au contraire, un ramage très agréable , et à l’âge adulte on le remarque aussi à cause de la couleur rouge dus plumes de la tête et de la poitrine. L v Cabaret, ou Si-serin , est une espèce de linotte plus petite que la précédente, qui habile le Nord, et vient passer l’hiver dans les parties tempérées de l’Europe.

Le Serin des Canaries chante si agréablement, et sc multiplie si facilement en captivité, qu’on l’a transporté partout, et qu’il est devenu très commun parmi nous ; l’état de domesticité de ce petit oiseau et la faculté qu’il a de se mêler avec la plupart des autres espèces do ce genre, et de produire avec elles des métis féconds, ont lait varier sa couleur au point qu’il est difficile de lui en assigner une primitive. La plupart des naturalistes s’accordent à le regarder comme originaire des îles Canaries, où on le trouve en grand nombre et à l’état sauvage ; mais quelques voyageurs pensent qu’il est venu primitivement de l’Asie.

C’est aussi à celte division de la tribu des moineaux qu’il faut rapporter un grand nombre do petits oiseaux chanteurs des pays chauds, coin ms sous les noms de Bengali* ou de Sénégalis ; plusieurs sont remarquables par la beauté de leur plumage.

(1) Celui dans lequel ce caractère est le plus marqué est le CroS-bec commun, qui vit dans les montagnes boisées, et mange toutes sortes de fruits et d’amandes. Le Verdier t très commun aux environs do Paris, appartient aussi ù ce genre ; mais il a le bec moins gros que le précédent.

(2) Nous en avons un, le Bouvreuil ordinaire, qui s’apprivoise aisément, et apprend à chanter agréablement et même à parler. Il est cendré dessus, rouge ou roussâtre dessous, et a une calotte noire.

(3) Le Bec-croisé commun habite l’Europe et se lient dans les forêts d’arbres verts. C’est pendant l’hiver qu’il niche et se reproduit dans nos climats ; en été, il émigre vers le Nord. 11 se nourrit île fruits et de bourgeons , et il paraît que son bec extra ordinaire lui sert pour arracher les semences de dessous les écailles des pmi unes do pin.

Fig. 103. limant.

aux moineaux, mais ont le bec plus court, un pou comprimé, el le palais garni d'un tubercule dur et saillant (1).

Les Mésanges ont le bec beaucoupplus petit et garni de poils à sa base, les narines cachées sous les plumes du front , les ailes tronquées et les ongles effilés. Ce sont de petits oiseaux actifs , pétulants et courageux, qui voltigent et grimpent sans cesse sur les branches ou sur les joncs, s'y suspendent dans tous les sens, déchirant les graines dont ils font leur principale nourriture, mangeant aussi beaucoup d'insectes, el n’épargnent même lias les petits oiseaux quand ils se trouvent malades et peuvent les achever.

§ 99. Les Alouettes se reconnaissent à la longueur considérable de l'ongle de leur pouce qui est droit, fort et beaucoup plus grand que celui dos autres doigts ; leur tète est petite et garnie en dessus de plumes érectiles ; enfin leur queue est de longueur moyenne et presque toujours fourchue. La conformation de leurs Ongles ne permet pas à la plupart de ccs oiseaux do percher sur les arbres, mais elle leur est utile lorsqu ils courent sur la terre nouvellement retournée; ils vivent en général dans Tes champs et se nourrissent de graines, d'herbes tendres, d insectes et do larves (2).

Fii!-. il

TlWIffr ii r^ ii II '"TfTfr

Page 1