‹ Notions préliminaires d'histoire naturelle pour servir d'introduction au cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 2 sur 39 · OEAIT ET SES DÉPENDANCES, POILS, ÉCAILLES, PLUMES · texte numérisé non relu

OEAIT ET SES DÉPENDANCES, POILS, ÉCAILLES, PLUMES

§ 1 . Quelques instants de réflexion doivent suffire à chacun d’entre nous pour se former une idée nette de ce que l'on entend par le mot corps. Effectivement nous savons tous qu’un caillou est un corps; 'tue 1 eau est un corps ; qu’un arbre , un fruit, une feuille, sont des c ü|- ps ; qu il en est de même des insectes, des poissons, des oiseaux ; enfin, que chacun do nous est lui-même un corps. D'un autre côté, personne n’attache une idée pareille ni à l'âme qui nous anime, ni a la lumière qui nous éclaire, et lorsqu’on cherche à se rendre compte de ce qui est commun à tous ces corps et de ce qui les disinguede tout ce qui n’est pas matériel, on trouve tout de suite un 1 ictère bien saillant et d’un emploi facile, car l’observation journa-

Hère suffit pour en constater l’existence. Personne ne peut ignorer qu un caillou, abandonné à lui-même, tombera, et que, placé dans le plateau d une balance, ce corps se montrera plus ou moins pesant ; que de l’eau, un fruit, un poisson, un homme, pèsent aussi, tandis que la lumière n’exercera sur la balance aucune influence semblable et ne saurait être pesée. Or tout objet matériel ressemble, sous ce rapport, aux divers corps dont il vient d'être question, et l’astronomie démontre que le soleil et les astres sont aussi des choses douées de pesanteur. Il en résulte que, dans notre esprit, l’idée de la pesanteur s attache naturellement à tout ce qui est matériel, et que sans nous occuper des propriétés générales de la matière dont l’étude appartient à la physique, nous pouvons même définir rigoureusement le mot générique de corps.

En effet, pour chacun de nous, toute chose qui pèse plus ou moins est une chose matérielle, est un corps; ce qui ne pèse pas est immatériel : et par conséquent nous pouvons définir le mot corps en disant qu il s’applique à tout ce qui tombe sous nos sens et qui a mie existence matérielle , ou, en d'autres termes, à tout ce qui est pesant.

Si 1 on compare entre eux divers corps, un caillou, un fruit, un animal, par exemple, on voit qu’ils ont aussi en commun quelques autres caractères. Ainsi chacun d’eux occupe un certain espace, ou, en d autres mots, est plus ou moins volumineux ; il en est de même de tous les autres corps , et l’idée de l 'étendue ou du volume est par conséquent aussi une idée que nous attachons à tout ce qui a une existence matérielle, ou pour employer ici le langage plus précis des physiciens, à la matière.

II suffit aussi de quelques instants de réflexion pour voir que la portion de l’espace occupé par un caillou ou par un fruit ne saurait être occupée en même temps par un autre corps, et que si certains corps , tels que de l’eau ou de l’air peuvent pénétrer dans l’intérieur d une épongé ou d’une pierre légère, c’est seulement parce que ces derniers corps présentent dans leur intérieur des interstices ou vides que leau et l’air viennent occuper, sans quejamais les particules de celles-ci puissent se trouver là où se rencontrent au même moment d autres particules de matière , telles que les particules de l’éponge ou de la pierre. Or c’est encore là un des caractères généraux delà matière, et les physiciens expriment l’idée que l’on y attache en disant que la matière est impénétrable .

Nous voyons donc qu’à l’aide des connaissances que chacun possède et qui s’acquièrent par l’observation de tous les jours, on peut, avec un peu de réflexion, se former une idée abstraite , mais parfaitement nette > des corps en général. En effet, nous avons vu :

Lue 1 on nomme corps tout ce qui tombe sous les sens et qui a une existence matérielle ;

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