LA GENÈSE D'UNE CAPITALE
supporte, aujourd'hui, la gare, des docks, et la première assise du poat Faidherbe.
La place était bieu choisie, entre deux larges couraats du fleuve que protégeaient, au delà et à l'ouest, le promontoire sablonneux de Guet-N'dar, à l'est, l'île de Sor, au sud et du côté maria, l'tle aux Anglais et l'Ile de Bocos, lieux où des lortins garderaient la passe de l'embouchure.
Précaution nécessaire, en un temps où les compétiteurs d'Angleterre et de Hollande essayaient îréquemment de substituer leurs adresses à celles des Normands pour absorber tout le commerce du Sénégal et d'attribuer, à bas prix, les butins, l'or, les esclaves que les Maures Zenaga et Trarza ramenaient du Gorgol, du Gaiam, du Khasso.
Dans l'Ile où lut construit, par Caullier, au nom de la Compagnie normande, en 1659, le fort Saint-Louis, premier centre de la ville, il y avait, selon inventaire de 1664, trois bàtimentsavec caves, greniers, galetas, iort, chapelle, miradors à cloche et à pavillon, forge, étables à porc et à cabris, logement du chirurgien et (les compagnons. Le tout couvert de douves et de tuiles françaises, accru d'un plancher sur pilotis, de quatre tours eu briques reliées- par un mur, d'un colombier pour six cents paires de pigeons, d'une cabane pour le jardinier, d'une bouches à feu, d'une demi-tuuf et un pierrier. Onze canons vingt-quatre mousquetons, doi
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fusils, douze paires de pistolets, maintes piques et hallebardes ; armes des cinquante et un Français et de leurs cinquante nègres. Une flottille de dix-huit embarcations servait au négoce sur le Sénégal. Le tout -lut acheté cent cinquante mille livres par une société de Rouen que Golbert unit à celles du Canada, des Antilles, de la Guyane, de la Floride. Véritable trust possédant une flotte de quarante-cinq vaisseaux, et concessionnaire des monopoles relatifs au sucre, à la cire, etc.. Colbert, Chamillart, les Ursulines de Saint- Denis, Turenne, Lamoignon étaient les a promoters ».
L'entreprise ayant liquidé avant 1684, d'autres sociétés prirent la suite. L'inspecteur Jajolet de La Courbe rétablit Tordre dans leurs affaires en 1685. Il comprit les intérêts de l'entreprise. Il devait même pousser l'exploration du Sénégal, jusqu'aux chutes du Felou, puis le long de ses affluents.
Puritain et méticuleux, La Courbe lutta contre la luxure, les petits profits et le calvinisme des commis. Il les exaspéra. Il interdit les amours avec les négresses, et perdit à cela beaucoup de temps. Néanmoins il conclut avec les Bracks du Oualo des traités avantageux, bien qu'il fût étonné par leurs « surplis », leurs baudriers d'écarlate, leurs amulettes de cuir, leurs bonnets, leurs cortèges de poètes chanteurs, de ballerines, leur sJans-façon, leur nudité. Le gouverneur Chambonneau remontant le Sénégal, dut revenir après une discussion avec le Siratik des Fouis, et une autre avec ses laptots, sans avoir atteint le pays de l'or!