‹ Notre CarthageChapitre 18 sur 47 · LA GENÈSE D'UXE CAPITALE · texte numérisé non relu

LA GENÈSE D'UXE CAPITALE

oal vers la terre de Saint-Louis qui émerge à quelque distance en amont, trois ou quatre lieues après l'em; bouchure, selon les saisons.

Au terme d'une longue voie d'eau, et merveilleusement protégée par la barre, par cette série d'Iles en bastions, l'assise de Saint-Louis s'allonge au milieu du fleuve, mamelonnée par ses dunes, séparée de la péninsule occidentale et de l'tle orientate, Sor, par deux courants très larges. Une herbe courte partout, un bots de palétuviers au nord, quelques arbres autour d'un étang dans le centre, plaisaient aux regards des colons et des noirs, deux ou trois cents, lui servaient la compagnie.

Dans le fort, son chapeau de mousquetaire en l&te, Vndré Briie, assis sur un fauteuil, entouré de ses offiùers, recevait les princes du pays qu'un canot amelait à l'estacade, avec leurs griots. II leur laissait un abouret. Ni leurs « surplis « de coton à raies bleues; li leurs baudriers d'écarlate, ni les poignées en argent :iselé de leurs sabres, ni les mille gris-gris cousus au ostume, en des losanges, carrés ou ronds de maro- [uin, sur les parties du corps qu'ils protégeaient, n'en Daposferent au gouverneur général. 11 les grisait avec u taQa, pendant qi ordes tendues sur I slebasse, chantaient 35 visiteurs André £ li Uemeat dans l'Ile d ■ornent, tabac, indigi

NOTRE CARTHAOB.

Dt des troupeaux, « excellent bétaili 3 fit là des amie qni lai permirent l'ai

flotiUe marchande remonta le coui tirant sur la rive droite lesMaur mme et de butin, sur la rive gaud s vendeurs de morQl (ivoire), à rûs I dix livres. Gouverneurs allernati urbe créèrent partout des escales fOl, 1114, 1718. Ils s'efforcèrent d' mis les Maures, les Peuls et les Ta j les Saracolés (Soninkfes de la Falém ; de Galam. De 1711 à 1724 on ûl Uandais qui nous disputaient, au norl sur la côte Maure, et le commerce M s chassa. Cependant l'architecte Co^ ta le Sénégal jusqu'aux chutes du Félou, les afDueots soudanais, la Falémë, li ing, vrai pays de l'or. La relation de e les convoitises. Aussi, dès que la guerr t permis les hostilités des corsaires, le 18 forcèrent la barre, et vinrent mettre I il, devant Saint-Louis. Les défenseur oirs comme blancs, une t^rible v^ le de la capitulation, il fallut leur pr lecter leurs biens, de ne les faire jame

France. Déjà nous avions acquis d lines fidèles même dans le désastre. L lemeurèrent là jusqu'en 1778, mêla lurs négoces.

LA GENESE D'UNE CAPITALE. a»

Lorsque Lafayette et Rochaiubeau, appelés par Franklin, furent soutenir, k Yorktown, la révolte des Insurgents américains contre la tyrannie germanique des Hanovre régnant à Lopdres, une escadre française débarqua le duc de Lauzun non loin de l'estuaire. Nos troupes viorent chasser, baïonnette an canon, la garnison anglaise.

Bientôt un chevalier de Malte, désireux de se faire une situation qui lui permit de renoncer à ses bénéfices ecclésiastiques et au célibat pour épouser une délicieuse amie, apportait dans l'Ile sablonneuse, avec des talents incontestables, une belle énergie. C'était Boufflers. Elles sont émouvantes, les letti^es de cet amoureux à cheveux blancs venu là sur la foi de Daniel de Foë et de Hobimon Crusoé, de Voltaire et de VIngénu, de Bernardin de Saint-Pierre et du Voyage à l'Ile de France, de Haynal et de VHistoire Philoiophique des Établiasements Européens dans les Deux Indet. Sans bagages, « comme par miracle dans le seul quart d'heure où elle ait été praticable en quinze jours », Boufflers, ayant passé la barre, en janvier 1786, dénombrait, à Saint-Louis, cinq mille âmes blanches et noires tassées dans l'Ile, sur leurs morts.

Il fit tout d'abord transférer le cimetière h la pointe le Barbarie, et i fraîcheur presqui tieures du'jour. E $ir qu'il prit à si L'eau saumâtre li

le fleuve. Le chevalier demande, tout un an, qu'on lui envoie, de Rochefort, une des machines à dessaler pour vaisseau de guerre.

Il répare les fortifications, assainit les casernes, reconstruit l'hôtel du gouverneur, habitue les soldats à se nourrir de mil africain plutôt que de farine moisie. Le navire qui contient les caisses du chevalier ne peut les débarquer à terre, car la barre demeure infranchissable ; et, comme l'équipage manque d'eau douce, il fait voile, avec elles, pour Gorée.

Boufflers traite à sa table, et loge, dans sa chambre, quinze officiers, faute de place ailleurs. Heureusement tout est en abondance. Le peuple ouolof, très riche, très généreux, offre sans cesse poulets, canards, moutons, bœufs même. Des ballets lascifs avec chœurs effarouchent, dans l'île de Sor, la chasteté littéraire de celui qui osait, au séminaire, écrire des chansons gaillardes, et ce conte moral, la Reine de Golconde. Mme de Sabrann'avaitpas tant d'audaces plastiques. Bouiflers obtient que les naufragés ne soient "plus réduits en esclavage par les gens du Cayor, ni les épaves pillées. Il réclame de sa sœur, Mme de Boisgelin, a un joli moutardier et quelques gobelets de vermeil de Strasbourg, deux huiliers et trois salières d'argent, trois paires de flambeaux d'argent plaqué et une épé^ qu'on appelle communément épée de bataille, e argent, la seule chose avec l'or qui se soutienne dan ce pays-ci. Tout ce qui est fragile disparaît en u moment par la maladresse et l'insouciance df^' r>

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