VERS LES DANSES
travail de l'esprit. Les porte
ries larges comme des boul<
drent les verdures del'espace
les feux éblouissants du ciel,
où tant d'exodes aboutirer
arabes et maadîngues. On
(errasse de Saint-Germain, 1
de-chaussée, elle s'avance, i
nale du plateau, et domine c^„„^ ^^■^.^'^ ^,^..^,.'^ ■j^ .«
terre africaine. L'assimilation est assez juste.
Le génie militaire a, seul, bâti ce monument, ainsi que les palais voisins destinés aux personnels administratifs du Soudan qui peuvent, en dépit du climat, y travailler sans malaise. Moins de cinq millions suffirent à la construction de la cité. On fabriquait, à Bammako, les tuiles et les briques. On composait la chaux avec les coquillages du fleuve. Deux et trois mille travailleurs indigènes terrassèrent, d'abord, pour un salaire personnel et quotidien de vingt-cinq centimes, pour une ration de dix centimes. Rémunération plus généreuse que celles ordinaires là-bas. Ensuite, les prix des denrées s'elevant, le salaire fut de cinquante et de soixante -quinze centSnes avec une ration de vingt-cinq centimes. Quelques ouvriers spécialistes vinrent de France. Dakar envoya des maçons et des charpentiers, des serruriers habiles. Ils gagnèrent trois , quatre et six francs, poUr ajuster les céramiques, les persienues, les ferrures. M. Merlaud-Ponty, alors 5ouverneur du Soudan, voulut, du pays même, obte-
NOTKÉ; C4RTHAGE.
ntiel de l'ouvrage. Ici encore ce prodlgieoi leur a créé du grandiose. rd âc Koulnuha, sur un autre plateau, su :>graiiliiqueG,onBcheyail,ennovembrel913.
riiitn. IlcoûteradouzecentmiUeïrancsréparune rlrturaine de bâtiments distincts. 11 sera \f loiit ce que la science invente pour te soude la douleur et de la faiblesse humain» Il lr&f nécessaire dans notie Afrique française conservée grâce à tant de dévouements, (fiie irn$ de guerre, que les influences du climal. dé^im^,^enl, et trop ; faute de médecins, ri;ji-ns. Ils manquent beaucoup à la sur- -et ('norme empire. Parfois cinq semaine.^ ssjùrcs pour gagner, h cheval, le poste de ]iii lutte contre sa Tièvre, contre son béparo son béribéri, contre l'aggravatioii de sa
anl. si la plii]>arlcontentlenrviede brousse, >alais dn gouverneur Clozel, autour d'une ■alenjenl pan^e. e.taclementservle par la dises valets indiirèiies, on n'entend pas un; aiment, simplement, cbacun dit ses combats liés, ses travaux, sa peine. 11 a fallu, san! :, sans ingénieur, lancer des ponts sur lei 1 a fallu, saus médecin, sans médiôamenU es épidémies. Il a fallu tantôt concilier le: nnemis de nos tribus loyalistes, tantAt divi ilitions des nomades hostUes aux richetu
igricoles de nos sédentaires. Il a fallu combattre, à leux Français, avec quarante ou même vingt tiraileurs, contre deg centaines de Maures cruels, biea irméa, bons tireurs, et menaçant de fondre sur les lopulatious de villageois pacifiques. Jadis M. Clozel a eçu cinq balles dans le corps, à la foie, en pénétrant, vec trente-deux hommes, les territoires des Acbantis. ^n^ fléchir il a marché encore, des kilomètres et des ilomètres. après avoir rassemblé les vingt survivants e sa troupe, écarté les trois cents adversaires. Du olonel Mangiu. hier vainqueur au Tadia comme 4 tontmirail,que ne dit pas l'admiratiou de tous P Lors e la guerre contre Samori, il forma un escadron de pahis, A la première rencontre, comme ces braves gens e savaient pas sç tenir bien en selle, il les fit charger U trot, doucement, le sabre au fourreau ; lui-môme Q tète, sans armes, pour donner l'exemple, sous les ailes des sofas. Dans l'été de 1912, le commis des allires indigènes Rossi et le lieutenant Lelorain, ayant jursuivi, par le désert, avec quinze tirailleurs et un lum kouuta, une centaine de Maures qui avaient ravi :pt cents cbameaiix à nos protégés, trouvèrent ces llards en attente derrière uu retranchement difficile, '.6 deux Français tombèrent dès la première délarge, alors qu'ils essayaient de conduire à l'assaut goum trop hésitant. Le chef kounta fit signe aux tiilleurs de le rejoindre, de battre en retraite sous sa rde. Les tirailleurs refusèrent. Jusqu'au dernier, ils firant tuer lur les corps de leurs- chefs. ,Car c'eût
été rinfamie de revenir sans a leurs blancs » au vi lage. Que dire des chefs qui suscitent, autour d'eu un pareil sens de Thonneur militaire P
De telles épreuves, et fréquentes, de tels travau et constants, forment des intelligences merveilleuse instruites de tout, puisqu'il faut connaître Tart ( médecin et du chirurgien comme celui de Tofûcie du financier, du maraîcher, de l'éleveur, de l'agr nome, du diplomate. Sur le perron de Koulouba, j' entendu s'exprimer le plus étonnant génie de France. Oui.. 11 est, là-bas, parsemé dans ces vill gracieuses, dans ces postes solitaires, dans c bivouacs de la brousse. Si jamais la République coi prend l'urgence de régénérer ses forces organisatrice c'est en Afrique, au Sénégal comme au Soud£ qu'elle devra recruter ses nouveaux esprits, parmi 1 élites constituées là-bas, autour des Gallieni, ^ Roume, des Bonnier, des Merlaud-Ponty, des Cb des Mangin, des Gouraud, types d'honneur el science incomparables. Tel encore ce commani Digue qui paracheva la construction des voies fei au Soudan. Ce savant vit à la mode africaine, Spartiate, n'ignorant rien de l'économie publique; mœurs indigènes, des dialectes usités, des cou] immédiats. Ces cerveaux sont munis abondami On en peut juger, en étudiant l'ouvrage sur la v^ du Haut Sénégal-Niger, rédigé en quatre volumt quelques-uns de cette élite, par l'érudit, M. Dell le traducteur du Tarik-el-Fettach^ par un éconoi
remarquable, M. Ménîaud, par d'autres, sous la direction synthétique de M. Clozel.
Et pourtant une fois revenus, en France, beaucoup de ces travailleurs jenthousias tes, n'osent, pour la plupart, dire leur foi créatrice. Encore meurtris par les blessures qu'ils souhaitèrent vaillamment, encore anémiés par les fatigues qu'ils voulurent généreusement, encore illuminés p«ir les sciences qu'ils acquirent opiniâtrement, beaucoup médisent de leurs exploits qui nous assurent un empire et quinze millions de sujets loyaux, comme jamais la France n'en posséda. AGn de se croire Parisiens, ces jeunes hommes font figures de scepi tiques et de persifleurs. De ces mœurs africaines si près du rêve chéri par Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre, nos coloniaux rappellent surtout le grotesque ou le laid, bien moins évidents que dans nos campagnes françaises, que parmi nos paysans balourds, sournois, rapiécés; A leur sainte passion de délivrer, ie protéger, d'organiser, ces causeurs substituent la îrainte de voir sourire une coquette de dîners, un idorateur des cabotins, un élu des cabaretiers. La peur d'être tenus pour des naïfs les rend critiques njustes de leur œuvre impériale et fabuleuse. Pourjuoi cela.*^ L'atmosphère du Paris ignorant est-elle si iorrompue qu'elle vicie les plus nobles espérances, m peu de jours .^
Au pied du mont Koulouba, désert alors, Bammako îtait seulement une grande bourgade populeuse avant 'arrivée, en 1883, de la colonne Borgnis-Desbordes