‹ Notre CarthageChapitre 42 sur 47 · LES RIVES SANGLANTES DU NIGER. S · texte numérisé non relu

LES RIVES SANGLANTES DU NIGER. S

l'esprit. Derrière cent moutoas poudreux, voici le berger peul au nez droit, et sa lance d'acier lumineux. Un b&too à crosse aide sa marche. L'outre liée en bandoulière lui mouille la tuniqueceintesurles reins. Ses larges pieds plongent dans le sable. Riche, il passe sans que le tentent les pièces de cotonnades ou les bracelets d'or creux, ni ceux d'argent massif, ni les miroirs à cadre de plomb que lui montrent les (lioulas malins sous le bonnet blanc, à l'abri du hangar municipal. lU réussiront mieux auprès de la femme bella. Assez noble en son teint bleuâtre, avec cinq tresses contre chaque tempe, qu'entoure un diadème en tissu de peries, cette Tille de Targui et de captive songaï, s'apparente à toutes nos descriptions ies Carthaginoises. Elle porte la mante bleue sombre qui, par-dessus le pagne decuir,reiivelopped'am- )leurs exposées dans les vitrines des musées européens sur les déesses phéniciennes de terre < ^armi ces femmes bellas, marchandant les g oads et jaunes du jujubier, ou les boules en f le mit unie à des piments et à du miel que l'on end un centime, les compagnons du lieutenatil loiteux attendirent le messager de. la ville. Peut-dtre jème jusqu'à Tombouctou qu'atteignait alors l'oau u canal rempli par l'abondance triennale de la cruo, ivoyèrent-ils une ou deux pirogues de ces pèobui >£aonos portant, sur le crflne rasé, un cimier ■ins et de boules d'ambres, en queue vers la c

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Une lettre des notables arriva dans la nuit. Ils s'y défendaient d'avoir préparé l'attaque, œuvre particulière des Touareg et des Kountas, mais confessaient l'envoi, naguère, d'un message au sultan du Maroc pour lui demander avis. La réponse tcu'dant beaucoup, ils acceptaient la venue des Français, sans avoir l'intention de s'y opposer par les armes : « Nous, nous sommes des femmes, nous ne nous battons pas. » On renvoya le courrier avec un billet invitant les notables à venir causer dans l'enceinte de Kabara. Le lendemain, deux légats se présentèrent. L'un était chel de quartier. L'autre, un commerçant tripolitain, fut récusé, comme étranger au pays. Un marabout le remplaça qui put annoncer la retraite des Touareg partis vers Goundam, afin de garder leurs familles et leurs troupeaux menacés par la marche de la colonne Joffre. Toutefois personne de Tombouctou ne veut signer la capitulation. Chacun craint pour sa tète, dans le cas où les Touareg réoccuperaient, un jour, la ville. Ces difficultés de forme ne sont pas pour arrêter le lieutenant Boiteux. En somme, l'ennemi réel évacue la place, et les habitants ne résisteront pas. Or, une crue exceptionnelle porte à cette heure les embarcations, par le marigot de Kabara, jusqu'aux faubourgs est de la cité. Rien de plus simple que d'aller voit. Deux canons-revolvers sont immédiatement démontés sur les chaloupes, adaptés sur deux chalands, et les douze audacieux glissent, rapides, vers la capitale mystérieuse, mal définie par les légendes marocaines.

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quelque peu décrite par tes René Caillié, les Barth et les Leoz.

L'easeigne Aube demeura pour garder la flottille. Bientôt il apprit la réussite complète du commaudant. Ce qui lui donna toute andace lorsque, dix jours plus tard, une cavalcade de Touareg apparut soudain, en vue des canonnières. Selon leur habitude, les hommes coilés s'enfuirent en tourbillon, dès que les diic-neuf aptots eurent tirê^ leur salve. L'enseigne ne voulut ]as laisser l'outrage impuni. Entraînant ses hommes )ar l'espèce d'avenue sablonneuse et large qui mène 1 Tombouctou, entre les bosquets de mimosas et 'épineux, il les essouffla. Quand ils durent faire lalte, ruisselants, épuisés, haletants, les Touareg >urnèrent bride. Revenus au galop, ils entourèrent : détachement qui se réfugia derrière un monliile. Ils l'y fusillèrent, le décimèrent, puis lemassaèrent.

II est fort émouvant de se diriger vers le cénotaphe igé en l'honneur de ces iûtrépidfis, surtout si des Idats vous accompagnent qui connurent dfis périU nblables, et qui gagnèrent avuc le nn'tuie ln^roÏHmfi ; croix aux, moires rouges épiuglécH 'contre lu tilun> 3ur pure des dolmans. Le casque orné dit Nun rinitrn ■te aux Qgures IrançaiscB la vigueur dt toriques. On touche lits maiim du la i ute les paroles du génie. Or n'<tBl-ci V re de génie, celle d'avoir liber*;, en un il i«Snégal et le Soudan, Vie» BamhuraH, cch

ces Songaïs et ces Peuls dont une centaine, méha* ristes en uniforme de tirailleurs, sont ici comme délégués par la gratitude chaleureuse de leurs conci toyens, pour achever avec nous la tâche grandiose de la République!^ Cet escadron deméharistes allant der rière la hampe rustique des trois couleurs, au pas allongé des hautes bêtes blondes, cet escadron de spahis trottant avec les éclairs de ses lances, selon l'allure des petits chevaux vifs, ces fantassins vm visages de bronze et de fer sous la chéchia, et (^ accélèrent leurs pas nus, et de qui leurs of Gciers content les exploits fabuleux, cette cavalcade et cette inian terie parées de leurs incroyables souffrances et 9e leurs incomparables courages, on ue peut les voir sans émotion s'aligner devant la pyramide modeste, et là, respecter le souvenir des braves, morts pour le mèoe espoir de justice et de liberté, en combattant la fureni esclavagiste.

C'est autour d'un monticule où se termina la tragé die suprême, et que recouvrent, en partie, des faui gommiers, des mimosas poussiéreux, et qu^encerele jusqu'au loin, un océan de dunes formées, défoi par lèvent. Our^Oumaira : ^ On n'eDten4 pas, » td le nom indigène du lieu que d'autres massacres avai jadis ensanglanté, sans qu'on eût rien oui des ap L'autorité militaire a fait sertir, dans la mati monument, un octogone de métal. La déDominati sinistre y est inscrite, avec les noms des morts, et réplique : n Tombouctou entendit, accourut, et, a

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