LES DIEPPOIS DU MOTEN AGE ET NOS AÏEUX NORMANDS
SUR l'atlantique africain
D'après un acte signé à Rouen, si l'on en croit les écrivains du xvti* siècle qui en consultèrent les archives incendiées depuis, tels armateurs de Normandie, au mois de septembre 1365, résolurent d'équiper en commun une flotte, de fonder, sur toute la Côte occidentale; plusieurs comptoirs propres à réchange de nos marchandises contre le poivre et l'ivoire. Car les premiers' explorateurs de la côte africaine n'avaient pas menti. Ils en rapportaient assez d'or et d'argent pour rétablir les aâaires de Dieppe, ravagée et incendiée par les Flamands en 1339.
Quand il salue les intenses lumières de la Mauri-
LEMPïRK DE LA JOIE. 9
conquête d'une calebasse pleine sur la tête d'un fuyard agile.
Cela pour le plaisir des mères accroupies auprès de leurs maisonnettes simples, en un petit trépied de caîlcédrat, et devant une série de calebasses h rincer te linge. Sur un Ut de rondins, les uns transversaux, les autres longitudinaux, et superposés, liés ensemble, le caporal repose, à l'intérieur, en grattant le boyau de sa mandoline . L'autre ménagère surveille son pot à feu, et, au-dessus, la marmite à cuire le mil du couscous auparavant écrasé par ce pilon de bois qu'unefine adolescente laisse encore retomber vers les graines, au fond d'une souche creuse, en forme de mortier.
Bambara, Ouoloves, Peules ou Toucouleures, toutes admirablement coiffées, la chevelure en mitre, en casque, en franges de tresses petites et drues, ces solides gaillardes ne chôment guère. Elles pilent le mil. Elles attisent le feu. Elles allaitent leurs bébés. Elles nient le coton tassé sur leur fine quenouille qu'inventèrent les sujettes des Pharaons au bord du Nil. Thébaïque, la mode subsiste aussi d'étroitement serrer le pagne à larges rayures autour du ventre, de la croupe, des genoux. Pour les soins du ménage, ces dames se sont débarrassées du boubou. Innocemment elles montrent le bronze lisse de leur échin de leurs bras minces, de leurs épaules ar leurs goi^es. ou jeunes et superbes, ou ti par la faim des nourrissons. Et c'est une
10 NOTRE GARTHA6E.
activité sans nom, le long du boulevard sablonneux, des avenues, des rues parallèles que bordent ces maisonnettes rondes, blondes, pointues. On entrevoit les intérieurs soigneusement balayés. Des moustiquaires même révèlent, chez les sergents noirs, un goût du confort, une connaissance avertie de Thygiène hostile aux anophèles propagateurs de la fièvre.
Cependant les plus sérieuses des ménagères neveulent rien négliger de Jeur tâche aux cuisines publiques de la cité militaire. Sous le portique de « banco », cette sorte de pisé qui sert dans toute TAfrique à construire maisons et palais, maintes dames, décolletées jusqu'à la taille, quelques-unes même en costume d'Eve, y décortiquent le riz. Celles-ci trient les noix de karité qui donneront le beurre végétal. Celles-là soufflent sur les braises de leurs pots à feu. D'aucunes tisonnent les grillades sur les branches flambantes que supportent de petits murs parallèles en terre.
Là, de même, la joie de l'Afrique s'épanouit, tant sur les bonnes ^gures de ces dames que sur celles de leurs marmots pareils au bronze des « Hercule enfant » offerts dans les musées de Rome et de Naples par l'antiquité latine. Des vierges gambadent, qui ressemblent, sauf par le nez aplati, aux nymphes d'airain exhumées de tous les Herculanums, après vingt siècles d'ensevelissement. Ce portique à piliers massifs, ces femmes nues aux attaches délicates, ces enfants potelés qui cabriolent parmi des chèvres
LES DIEPPOIS DU MOYEN AGE. il
grises, c'est one vision de la Méditerranée virgilienne. Le pieux Éaée, dans les rue* de Carthage, s'amusa de pareils spectacles en allant vers l'accueil de la reine Didoa. Spectacles que durent reconnais avec surprise les frères Vivaldi, navigateurs italiens abordant au Sénégal en 1292. Et si les recrues, près de là, s'exercent aux souples mouvements de la guerre, à lancer le coup de pointe, eous l'œil d'un capitaine droit, blanc des pieds au casque, l'illusion d'une continuité parfaite entre nos souvenirs d'Iiistoira latine et les évidences présentes n'a point à se dissiper.
LES DIBPt>013 DU MOTEN AGE ET NOS aIEUX NORMANDS
SUR l'atlantique africain
D'après un acte signé à Rouen, si l'on en croit les écrivains da xvn* siècle qui en consultèrent les archives incendiées depuis, tels armateurs de Normandie, au mois de septembre 136S, résolurent d'équiper en commun une flotte, de fonder, sur toute la Côte occidentale, plusieurs comptoirs propres à l'échange de nos marchandises contre le poivre et l'ivoire. Car les premiers explorateurs de la côte africaine n'avalent rgent icen-
auri-
lanie jouant avec les flots, avec les falaises et les caps, un contemporain petit imaginer Tardeur de ces espoirs anciens, et la joie normande d'installer^, alors, les premières f^toreries sur les îles qui émergent à Tembouchure du Sénégal, entre les bras du fleuve, ou sur la plage concave de Rufîsque, avant de se fixer en Sierra Ledtie, de bâtir, sur la côte de Malaguete, deux bastilles, dont Tune fut nommée « Le Petit Paris », et l'autre u Le Petit Dieppe », enfin sur la côte de Guinée, en 1383, k fort de la Mine d'or.
Grâce aux enluminures illustrant les missels et les livres d'heures, on se représente bien les voiles armoriées des nefs dieppoises, leurs châteaux d'arrière, et leurs oriflammes au vent, les écus fixés en file aux bordages, la cuve de la vigie anxieuse à la pointe du mât.
Six ou sept jours, d'abord, sur le paquebot, pendant qu'il aspire l'air salubre des espaces, un touriste peut, à son aise, évoquer l'intelligente audace de nos vieux marins normands prévoyant, dès le xiv* siècle, cette importance de l'Afrique côtoyée jadis par Hannon de Carthage sur des galères à cinquante rames.
Selon le mémoire de Villault de Bellefond, et avant les Portugais mêmes, nos ancêtres auraient donc pris possession de la Côte, de son trafic. Ilsyauraient beaucoup gagné. Malheureusement les guerres civiles consécutives à la folie de Charles VI, détournèrent de l'œuvre coloniale les énergies dieppoises. Dans la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, pas-
sionnément, les ducs de Normandie entraînèrent, avec eux, les plus actifs de leurs sujets. Les marchands se ruinèrent ou moururent, léguant à des héritiers sans expérience les biens acquis des Maures aux robes bleues et aux chevelures bouclées, desOuolofs aux toges blanches, aux membres athlétiques, aux visages de fer. Les Rouennàis survivants pâtirent ^us les Anglais vainqueurs dans les champs d'Azincourt, après avoir profité de nos troubles intérieurs pour envahir. Peu à peu les comptoirs d'Afrique furent délaissés sous les cocotiers des plages. Point tiéfendus ils passèrent aux mains des Portugais alors téméraires dans ces régions. Par ailleurs, les ambitions de nos bourgeois enrichis là sollicitaient, avant tout, les titres de noblesse. Pour cela, elles reniaient, abandonnaient le négoce fauteur de cette opulence, mais preuve de roture. Des ingrats oubUaient les enchantements de la Mine, et la saveur des bananes. Bref, au xv* siècle, de tout ce grand effort, il ne restait que Tobstination de quelques traitante pour apparaître au Cap-Vert, sur la Côte de l'Ivoire et sur la Côte de l'Or, afin d'acheter le peu d'ivoire, d'or, de gommes, d'esclaves échappés aux offres des Portugais, des Anglais, des Hollandais. Vers ces maîtres successifs du banc d'Arguin, de Rufisque et de Corée, vers leurs forts bien pourvus, se hâtaient les sémites comme les conquérants noirs, avec leur> ilromadaires accablés de butin, leurs captifs enfounhés h la ûle sous le cinglement des lanières en r^ ^ipn^'
il NOTRE CARTHAGE.
Néanmoins des navires, normands ne cessaient de prendre cargaison à Ruûsque, ejt à Corée, au Cap- Vert, en Guinée, surtout après 1540. Ainsi font les ^ capitaines de la Madeleine (l^i), deV Espérance et de la Marre (1542), de la Catherine (1543), de la Salamandre (1549), de la Prumerolle (1553), etc. On importait de la quincaillerie à là Côte de TOr, des bonnets, des chemises, les draps rouges au Congo. On rapportait de l'ivoire et du poivre long. Un vocabulaire françaisguinéen fut alors rédigé, recopié en plusieurs exemplaires. On y joignit des renseignements sur les marées.
L'île de Corée est tenue pour un entrepôt des Français, par les navigateurs, dès 1556. Deux ans plus tard, la Gallaire de Dieppe mouillait à l'embouchure du Sénégal, au pays où dominaient les Berbères Zenaga. Nos corsaires s'y amusaient.
Bontemps, capitaine Dieppois, enlèvera en 1628, à l'embouchure du Sénégal, deux navires anglais, dont les équipages prétendaient à la possession des îles intérieures, Bocos et Saint-Louis, où déjà nous cam« pions annuellement.
£n 1633, les marins de Richelieu trouvèrent, à Saint-Louis, une « Compagnie de Rouen ». Depuis 1626 sous la direction de Jean-Rosée, négociant d'importance, et du sieur Bulteau, elle exerçait toutes sortes de négoces, en ses abris de palissades, pendant les saisons favorables. Même elle envoya des bateaux à voile et des facteurs trafiquer sur le cours moyen du ileuveavec le peuple Toucouleur» ARuûsque, les nègres
parlèrent le français, tant ils négociaient avec nos aïeux. Le ministre joignit à ces opiniâtres de nouveaux associés : Jean Briant de Saint-Malo, et Pierre de la Haye, parisien, qui leuç apportèrent le privilège royal, le monopole du commerce africain, l'appui des frégates, contre les compétiteurs. Ainsi renforcée, investie, pourvue de canons en batterie, et débarrassée de concurrences locales, l'entreprise continua jusqu'en 1664, bâtissant de solides maisons de briques à Saint-Louis, 1637, imposant la probité commerciale aux Ouolofs et aux Maures, échangeant, contre leurs gommes et leurs cuirs, du fer, des étoffes, du tafia, du miel, des miroirs, du papier.
Colbert, à cette époque, conçut la première idée fort surprenante d'un trust. Il obligea les u Normands Associés » de Saint-Louis et les « Seigneurs Propriétaires n des Antilles à transférer leurs domaines et leurs soixante-quatre parts de quinze cents livres, chacune, entre les mains de la seule « Compagnie des Indes occidentales ». Celle-ci devait surtout assurer la traite des noirs conquis, dans le Sénégal, par les Maures, les Toucouleurs et les Ouolofs, pour fournir à nos planteurs d'Amérique les ouvriers indispensables. Survinrent ensuite les vaisseaux, les troupes. D'Arguin et de Gorée, elles finirent par chasser les trafiquants de Hollande, concurrence redoutable, puis installèrent, à leur place, nos gens de Normandie experts dans les choses de la côte. Prise que ratifia le traité de Nimègue en 1678. Dès lors s'affirma la chance de nos pè^- ^^
CORÉE, l'île ÉYOCATRICE ET LES AMOURS DE BOUFFLERS
Ainsi renseigné, le visiteur de notre vieux domaine africain ne tardera guère à saluer, sur la mer éblouissante, lés bois massifs- du Cap- Vert. On reconnaît bientôt « Les Mamelles », deux cimes de ce littoral montueux. Le vapeur ralentit devant une forêt de baobabs. Il double la pointe Manuel. Avant de stopper devant les collines de Dakar où brillent les toits roses des casernes, où se déploie la façade superbe du palais dominant la rade et la courbe de la côte, on admire une île petite, abrupte, comme posée sur les eaux, avec sa cité grise, minuscule, une cité d'estampe qu'eût gravée Nanteuil.
Dans cette île de Gorée, si modeste au ras des flots, si rocheuse, assaillie par Técume, toute en maisons tassées derrière ses estacades, toute en ruelles de province, étroites, grimpantes, que, sur le sommet d'un roc dodu, protègent la citadelle, ses bastions de pierre grise, ses remparts d'herbe, sa batterie commandant la rade, certains de nos ancêtres préparèrent, au XVII* et au XVIII* siècle, l'œuvre grandiose du XIX«, celle des Faidherbe, des Archinard, des Roume et des Merlaud-Ponty .
Maintenant l'on y voit surtout la grâce des jeunes
CORÉE ET LES AMOURS' DE BOUFFLEBS. n
ouoloves, des femmes sérères. Elles vont sous la mitre de leur chevelure, ou sous les tranges de leurs petites tresses, avec des mines affables. Leurs figures de fer animé sourient. Les quatre angles du boubou bleuâtre que le cou traverse, pendent vers la terre devant leurs genoux, derrière leurs jarrets, volëtent avec les gestes des bras minces qu'alourdissent les bracelets d'argent. Un poignet fin, sous une main renversée, supporte l'emplette mise en la paume rose. Les rayures du pagne s'appliquent exactement, selon la modeantique de l'Egypte, contre lacroupemusculeuse et les jambes sveltes qui, dans le sable, se cambrent. Il y a, sous le nez camard et sensuel, le sourire éblouissant de la denture. Pleins de cbarme, les larges yeux bruDS aux sclérotiques rosées, s'alanguissent entre des cils ombreux. Ainsi peuvent-elles séduire. Leurs aïeules le surent. Entravées dans leurs robes de Paris, des métisses en témoignent sous les panaches de chapeaux volumineux, comme les portaient, sans doute, les émules de la Grande Mademoiselle.
Voici que, de la place en pente, descendent quelques filles indigènes converties au catholicisme par l'innocence des missionnaires ; et enlaidies aussitôt. 11 ne leur reste rien du costume national, pudique assez, car le boubou couvre e la poitrine et le dos, car le pa jusqu'aux chevilles. La règle s phytes via horrible peignoir i informes, courtes, absolnmen
18 NOTRE GARTHAGE.
gine guère ce que la religion gagne, à faire tout d'abord ses fidèles hideuses et empotées. Combien elles doivent paraître ridicules à leurs jeunes compatriotes mitrées de foulards, et qui vont, se déhanchant, le talon hors de la sandale, balançant des bras gracieux, se nettoyant la denture avec un brin de bois pénicillé, relevant parfois, d'une caresse, le marmot à cheval sur leur écnine, et qui dort, joufflu dans une étoffe serrée autour du torse maternel, nouée contre la gorge nourricière. Par les rues étroites de la petite cité normande, ! il est plaisant à l'extrême de faire cette rencontre de sérères mitrées qui flânent, ou de voir, autour d'une calebasse géante, dans une cour semblable à celles de la vieille province française, six artilleurs accroupis rouler le couscous en boule, et le lancer, dans leurs larges bouches, très proprement, pour la joie de leurs figures ténébreuses, de leurs yeux farceurs.
De maison en maison, que Ton musarde avec un guide érudit comme l'est M. Merlaud-Ponty, le gouverneur actuel, et l'on saura l'histoire de chaque demeure, de ceux qui l'habitèrent, en rêvant d'agrandir, par delà les mystères africains, l'empire de notre génie national. Conquérant de l'île siir les Hollandais incapables de résister aux équipages de nos onze vaisseaux, débarqués, en 1677, et qui enlevèrent le fort d'Orange dans la basse ville, puis le fort de Nassau avec ses quarante-deux canons sur le roc du Nord-Ouest, le comte d'Estrées, sous l'un de ces palmiers, estima la valeur de la place. Au nom de la Compagnie du Sén»'
. GORËE ET LES AMOURS DE BOUPPLERS. 19
gai, M. Du Casse en prit possession. Ilconclut, à l'abri de ces créneaux, plusieurs traités de commerce avec les princes noirs de Rufisque, de Joal et de Portodali. Ils assurèrent les nécessités du commerce. Dès quel'on connut les certitudes acquises par le traité de Nimègue, on reconslruiâit les deux forts. Celui commandant l'unique grève d'atterrissage, fut appelé Vermandois. Celui sur la cime du roc fut dédié à saint Michel.
On grimpe toujours par le même chemin pour gagner cette hauteur. Le sentier difCcile contourne une sorte de talus abrupt d'où plongeait le tir de l'infanterie sur les assaillants hollandais revenus plusieurs fois. Trapu, massif, un baobab à cent bras dépouillés et convulsifs surplombe Tescarpement. Il sert de ville à un peuple de grosses araignées vertes qui l'habillent flnement de leurs dentelles. Au sommet, les anciennes et les nouvelles batteries occupent l'emplacement historique. Hors de leur coupole tournante, les pièces jumelles à longue portée s'allongent, prêtes à chasser, vers la haute mer, des croiseurs imprudents, et à fracasser toute escadre assez hardie pour tenter l'approche de la rade. De ce point l'on apprécie le choix de Dakar comnie port et porche de notre Afriqu très moder ennemie se inobiiîsalioi s'accomplir
SO NOTRE CARTHAGÇ.
maritime étrangère réussît à s'y opposer, sans qu'elle réussît, non plus, à interrompre ni la réfection d'une escadre abritée dans la rade ou commise à son outillage complet, ni l'embarquement des bataillons sur les paquebots de transport.
Les marins de Louis XIY avaient donc élu la meilleure île de la côte pour y bastionner un appui de nos actions excentriques, et aussi un entrepôt concentrique de nos marchandises. Très rapidement, le lien devint attirant. L'an 1682, plusieurs membres de l'A cadémie Royale des Sciences y firent d'importantes observations astronomiques,, sur la différence des temps entre Paris et Gorée, sur le premier satellite de Jupiter, sur la longueur du pendule, su ries variations du mercure dans le baromètre, et de l'aiguille dans la boussole. Une mentalité scientifique travailla dans ces petites maisons grises à l'ombre des rares palmiers ornant les rues étroites, tandis que les traitants remon taient le cours du Sénégal jusqu'au Felou, chez les Kassonkhé.
Tout à coup, et malgré l'intelligence de La Courbe inspecteur puis gouverneur du Sénégal, qui visit« Gorée en 1686, qui fut un explorateur et un orgaiu sateur remarquable, les Anglais de la Gambie s^ rendirent maîtres de Saint-Louis, puis de Gorée, e février 1693. Ils y saisirent cent dents d'éléphants, 'I drap, la toile des magasins, soixante canons. La ci | fut tellement ruinée que, reprise en automne par l\ Français, elle n'avait plus un abri sortable, et rest