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tion. Car, autrefois, plus nombreux et plus importante étaient les cadeaux aussi bien aux féticbeurs qu'au fétiche luimême.
De môme que la religion du fétiche, et partant les féticheurs, ont beaucoup moins d'importance qu'autrefois, de même bien des coutumes anciennes ont aujourd'hui disparu. Ainsi, autrefois k Porto-Novo, seul le roi avait le droit de porter des chaussures et d'avoir un parapluie, coutume entièrement abolie de nos jours. 11 en reste cependant quelque chose ; Tofa ne vient jamais voir le gouverneur sans être botté ou chaussé de vernis et sans être accompagné de cinq ou six de ses « laris », domestiques, porte-paroles, racadères (dont le principal est Iiazoumé), tenant ouverts derrière son hamac des parapluies verts, rouges ou jaunes.
Par contre, les indigènes ont gardé bien intactes leurs coutumes sur la famille et la propriété.
Ils ont très net le sentiment de la famille. Le chef de famille a une grosse influence sur ses « gens ». C'est lui qui possède glétas, palmiers, femmes et maisons. Les fils héritent du père; mais dans le partage d'une succession entre M'Pouénou, Couicoui et Zanou, la mère de Zanou ne pourra être comprise que dans le lot de Couicoui ou dans celui de M'Pouénou, car les femmes sont une grosse valeur pour ces polygames. Jeunes, elles sont fiancées à peine sevrées, et c'est là une source de cadeaux pour la famille jusqu'au mariage, et le mariage lui vaut une somme en espèces, pagnes ou autres objets ; et tous ces cadeaux sont redemandés exactement si le mariage n'a pas lieu, la dot restituée au mari s'il est dissous.
Dans les tribunaux indigènes se présentent journellement des affaires analogues à la suivante :
Zissou a été fiancé pendant tant d'années à une jeune fille avec laquelle il s'est marié. Elle vient de le quitter pour Lafourou, Zissou va réclamer sa femme, croyez-vous ? Pas souvent. Il demande plutôt aux parents de celle-ci remise de tous les cadeaux donnés depuis les fiançailles, qui ont peutêtre duré dix ans, et il n'oublie pas plus une bouteille d'anisado de fr. 20 qu'un pagne de 2 fr. 50. Et il ne redemande sa femme que subsidiairement, ou même, quand elle commence à être vieille, il ne la réclame pas du tout, car, avec la restitution qui lui sera faite, il en achètera une jeune. Et que font les parents ? Ils se retournent contre le ravisseur et, s'ils peuvent le découvrir, ce qui arrive les trois quarts du temps, ils lui font payer ce à quoi ils ont été condamnes. Inutile de dire que le plaignant veut toujours se faire attribuer quatre fois plus qu'il ne lui est dû.
De la propriété, les noirs de la région de Porto-No vo principalement, ont une notion très précise probablement en raison du développement économique du pays et du commerce qui s'y fait. Propriétés des terres, des femmes ou des cases donnent lieu à des palabres qui durent des années et qui, somme toute, ne peuvent jamais être complètement réglés, toute une série d'affaires se greffant sur une autre et enchevêtrant les causes de telle façon qu'il est souvent impossible de s'y reconnaître. L'habitude de ces palabres a appris qu'il existait une hypothèque indigène et que les noirs pratiquaient un système de caution humaine, dont il a fallu tempérer les rigueurs, car elle confinait l'esclavage. Sani a besoin de 100 francs, il va les emprunter à Adjion et lui donne en gage son fils Oumponou qui sera nourri par Adjion, mais travaillera pour cet Adjion tant que la somme empruntée n'aura pas été intégra-
lemcnt remboursée par sou père, ses travaux ne venant pas atténuer la dette. Il est bon d'ajouter que cette institution n'a rien de spécial au Dahomey et qu'elle se rencontre un peu partout dans uos colonies de l'Afrique occidentale française.
Telles sont décrites à grands traits les mœurs des habitants du Bas-Dahomey,
Famille indigène du Borgou.