II. ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Les services administratifs du Dahomey sont les mêmes que dans les autres colonies de la c<*>te occidentale d'Afrique. Il convient néanmoins de les passer en revue.
A. Secrétariat général. — C'est au secrétariat général qu'aboutissent toutes les affaires administratives et financières de la colonie. A la tète du secrétariat général est placé un secrétaire général qui seconde le lieutenant gouverneur et h qui celui-ci peut déléguer ses attributions administratives et la signature des affaires financières. C'est lui qui, en cas d'absence ou de congé, remplace le lieutenant gouverneur. 11 commande sous sa responsabilité à deux bureaux dont les attributions sont les suivantes :
Premier bureau
Administration générale et contentieux :
Enregistrement et classement de la correspondance provenant de l'extérieur ou originaire de la colonie et préparation de la correspondance en ce qui concerne les allaires ressortissant au bureau. Distribution de la correspondance ; tenue de la matricule du personnel rétribué par le budget local; élections, police et prisons, police sanitaire, hygiène et salubrité publique ; Enregistrement (1) et domaine, curatelle aux successions et biens vacants. Ports et rades. Concessions, ventes et échanges de terrains domaniaux, Douanes, Postes et télégra-
(t) Le service de l'enregistrement vient d'être organisé dans la colonie.
phcs. Transactions en matière de douanes, Statistiques générales ; Dégrèvements ; Congés et permissions d'absence ; Etat civil; Imprimerie ; Administration des gardes de cercle. Correspondance directe avec les administrateurs et chefs de service pour les détails du service.
Deuxième bureau
Finances, travaux et approvisionnements :
Préparation de la correspondance, en ce qui concerne toutes les affaires ressortissant au bureau. Préparation du budget et des comptes administratifs du service local ; comptabilité générale, solde, mandatement et ordonnancement de toutes les dépenses de personnel et de matériel, tenue des contrôles de solde, établissement des rôles d'impôts autres que impôts de capitation et examen des questions se rattachant à l'assiette et au recouvrement de ces impots ; Mouvements de fonds. Travaux publics, approvisionnements des divers services locaux, marchés, adjudications, traités de gré à gré ; commissions de recettes, baux, inventaires, cessions, comptabilité du matériel en ce qui concerne les travaux et approvisionnements.
Le service assez étendu du secrétariat général est assuré en dehors du secrétaire général par 1 chef de bureau, 1 souschef, 6 commis principaux et o commis européens, 10 commis principaux et 1 commis ordinaire et 2 commis auxiliaires indigènes.
H. Justice. — Au point de vue judiciaire, le Dahomey relève de la Cour d'appel de l'Afrique occidentale française
ORGANISATION l)ti LA COLONIE
siégeant à Dakar. La justice est administrée dans la colonie — comme d'ailleurs dans les autres possessions du gouvernement général — par des juridictions françaises et des juridictions indigènes.
Les premières comprennent : des justices de paix, le tribunal de première instance de Cotonou, la Cour d'assises.
Poste français du Haut-Dahomey.
Les justices de paix sont confiées à des fonctionnaires de Tordre administratif nommés par l'autorité gouvernementale avec agrément du parquet général.
Le tribunal de première instance de Cotonou, dont le res-
$10 NOTRE COLÛNIt; DU DAHOMEY
sort a été déterminé par arrête du gouverneur général, est composé d'un juge président, d'un lieutenant de juge faisant office de juge d'instruction, d'un juge suppléant, d'un procureur de la République, d'un greffier et d'un commis greffier. Il connaît au regard de toutes les personnes demeurant dans le ressort de tontes les actions civiles et commerciales en premier et dernier ressort jusqu'à la valeur de 1.500 francs en principal ou de 100 francs de revenus ; en premier ressort seulement et à charge d'appel devant la Cour de toutes les actions s'élevant au-dessus de ces sommes.
La loi française est seule appliquée, toutefois dans les affaires concernant les individus qui opt conserve le statut indigène et relatives aux questions qui intéressent l'état-eivil, le mariage, les successiops, les donations, les testaments, le tribunal cîojt s'adjoindre suivant la qualité des parties un assesseur m^nlman (cqdj, notable musulman) pu non musulman. Dans ce cas, il applique soit la loi coranique, soit la coutume locale. En toute qiatière les indigènes peuvent réclamer le bénéfice de la juridiction française. Lorsque les parties sont d'accord pour saisir de leurs différends le tribunal français, il leur est fait application des usages et coutumes du lieu, à moins qu'elles n'aient déclaré dans un acte qu'elles entendent contracter sous l'empire de la loi française.
Enfin, en matière correctionnelle et de simple police, le tribunal de première instance de Cotonou connaît de tous les délits et de toutes les contraventions commis dans l'étendue 4« ressort.
. La Cour d'assises du Dahomey e$t composée : d'un conseiller k la Cour d'appel de l'Afrique occidentale française, prér siéent ; du juge président du tribun*)) de Cotonou ou à son
0HG4NISATI0K 1)K LA COLONIE 211
défaut d'un juge, d'un fonctionnaire de la colonie désigné au commencement de chaque année ; de deux assesseurs pris sur une liste de notables ; du greffier du tribunal. Elle est compétente, dans l'étendue du ressort du tribunal de première instance, pour tous les crimes ou autres infractions déférées en Fiance aux cours d'assises, quels qu'en soient les auteurs et danâ toute rétendue de la colonie pour ces mêmes crimes ou infractions lorsque les accusés sont des Français, Européens ou assimilés aux Européens.
Les tribunaux français sont seuls compétents lorsque l'infraction a été commise par des indigènes de complicité avec des Français, Européens ou assimilés, ou que la victime de cette infraction est l'une ou l'autre de ces personnes.
11 convient de le remarquer, chaque fois que cela a été possible, la loi a respecté même devant les tribunaux français le statut personnel pour les questions importantes de la vie indigène quant aux personnes et quant aux biens.
A côté de la justice française, le décret du 10 novembre t903 a institué des juridictions indigènes dont l'action s'exerce en dehors des territoires du icssort du tribunal de première instance de Cotonou et à l'égard des individus non justiciables des tribunaux français, par des tribunaux de village, des tri- Jnjnaux de province et des tribunaux de cercle, dont les décisions sont contrôlées par le procureur général, chef du service judiciaire de l'Afrique occidentale française.
C'est le chef de village qui est investi des pouvoirs déjuge pour tous les litiges civils ou commerciaux dont il est saisi par les parties. Les sentences qu'il rend ne lient pas les plaideurs qui peuvent toujours porter leurs différends devant les tribunaux de province. Le chef de village est également
constitué juge en matière de simple police pour toutes les contraventions prévues par l'autorité administrative ou les coutumes locales susceptibles d'entraîner 1 franc à 15 francs d'amende et un jour à cinq jours d'emprisonnement.
Les tribunaux de province au nombre de 22 sont formés du chef de la province assislé de 2 notables, l'un de ces deux notables est en pays musulman le cadi, s'il en existe un. Juridiction intermédiaire, ce tribunal de province ne connaît des litiges qui lui sont soumis, des délits qu'il a à réprimer qu'à charge d'appel devant les tribunaux de cercle. Cet appel doit être interjeté dans les deux mois et l'appelant qui succombe peut être condamné à une amende maximum de 100 francs.
Enfin, au chef-lieu de chaque cercle, c'est-à-dire de chaque division administrative, et se superposant à ces deux degrés de la juridiction indigène, a été institué un tribunal de cercle composé, sous la présidence de l'administrateur, de deux notables avec voix consultative, et dont l'avis est toujours mentionné dans le jugement. En matière civile commerciale et correctionnelle, ce tribunal connait de l'appel de tous les jugements des tribunaux de province. Il est en outre compétent pour juger tous les crimes (1), mais les décisions de ce tribunal prononçant une peine supérieure à cinq ans d'emprisonnement sont soumises à l'homologation de la Chambre spéciale de la Cour d'appel de l'Afrique occidentale française. Cette Chambre est composée du vice-président de la Cour d'appel de l'Afrique occideutale française, de deux conseillers de cette cour, de deux fonctionnaires de l'ordre administratif, de
(1) Bien entendu en dehors du ressort du tribunal de première instance et à l'égard des individus non justiciables de cette juridiction. Voir plus haut.
deux assesseurs indigènes parlant français, ces derniers avec voix consultative.
L'élément indigène a donc été largement associé, à tous les degrés, à l'œuvre de la justice en Afrique occidentale, et le
Auo li Aubo, cx-roi d'Abomey, successeur de Béliauzin. Tofa II, roi de Porto Novo.
Gi Gla. roi d'Allada.
statut personnel a été respecté partout où il était possible d'en faire état devant tous les tribunaux français ou indigènes. Nous avons prouvé par là aux populations du Dahomey que nous ne voulions pas substituer nos idées, nos
mœurs aux leurs chaque Ibis que l'intérêt supérieur de l'humanité ne le commandait point. Elles sont assurées, de plus, de trouver devant les tribunaux la plus large équité et une justice toujours bienveillante. Le gage que nous leur donnons ainsi n'est pas vain et ces peuplades sauront l'appréciera sa valeur, elles qui étaient, avant notre occupation, livrées à l'arbitraire des chefs et des féticheiirs. Certains grands personnages qui se faisaient de gros revenus des épices exigées des plaideurs ne s'y sont pas trompés et ont vu sans aucun plaisir inaugurer le régime nouveau. C'est là la meilleure preuve que le décret de 1903 était nécessaire dans son principe et qu'il est adéquat dans ses dispositions.
€. Instruction publique. — Jusque dans ces dernières années, l'instruction publique était peu développée au Dahotaey en raison de l'inertie el de la superstition des indigènes. Les seules écoles qui existaient étaient celles des missions catholiques et de la mission protestante. Chacune de ces écoles en plein exercice recevait autrefois une subvention de deux mille francs sur les fonds du budget local. De plus, un crédit modeste était prévu pour I'enttetien des écoles dirigées par les interprètes dans toute la colonie. Le plus grand nombre d'entre ces agents connaissaient suffisamment la langue française pour apprendre aux indigènes h parler d'une façon compréhensible.
En 1901, fut créée à Porto-Novo la première école laïque de garçons de la colonie à laquelle furent successivement attachés un instituteur européen, un adjoint, et un sous-maltre indigène.
Aujourd'hui il y a une école des filles <\ Porto-Novo et des
éfcoles de gdrçons h Porto-Novo, Ouldah, firànd Popo et Abomey.
Mais le service de l'instruction publique ne tardera pas à prendre une certaine extension. Un arrêté du 24 novembre 1903, applicable h toute l'Afrique occidentale française, a prévu trois degrés d'écoles primaires élémentaires ; les écoles de village, les écoles régionales et les écoles urbaines.
Les écoles de village sont dirigées en principe par des instituteurs indigènes. Le programme comprend essentiellement le français parlé, accessoirement la lecture, l'écriture, le calcul et le système métrique, des leçons de choses sur l'agriculture, enfin l'arabe en pays musulman.
Les écoles régionales sont instituées dans les chefs-lieux de cercle ou dans les centres importants Les études qui durent trois ans comprennent, en plus du programme ci-dessus, des éléments de géométrie, le dessin, des notions de sciences physiques et naturelles appliquées à l'hygiène, l'agriculture et les industries locales. A chaque école régionale est annexée une section d'agriculture
Les écoles urbaines sont plus spécialement destinées à l'élément européen. Nous nous contentons donc de les citer.
A coté de l'enseignement primaire élémentaire, l'arrêté de 1903 a organisé renseignement professionnel en instituant des écoles professionnelles élémentaires dans les centres où existeut des ateliers de l'industrie privée, de la colonie ou dé l'Etat (elles constituent une section spéciale de l'école régionale) et une école supérieure professionnelle de l'Afrique occidentale française ft Dakar à laquelle on a donné le nom d'école Pinet-Laprade.
Cette organisation très simple suffit amplement aux besoins
de la colonie Les programmes des écoles de villages et des écoles régionales semblent déjà très chargés.
« On ne peut se dissimuler, en effet, que l'indigène qui a « passé par l'école et qui sait écrire à peu près correctement « son nom, tout en parlant un français médiocre, prend une « idée exagérée de sa valeur. Il lui semblerait déchoir s'il se « consacrait au travail de la terre ou apprenait une profession « manuelle ; il n'a qu'un but : entrer dans l'administration ou « trouver dans le commerce une place où il gagne assez pour « pouvoir porter des cravates de couleur voyante et des sou- « liers vernis. Comme ses aptitudes ne lui permettent pas de « satisfaire ses désirs, il accepte un emploi moins rétribué, « s'endette, et trop souvent finit par commettre quelque indé- « licatesse pour sortir d'une position fausse.
« Le moyen d'éviter cet écueil serait de ne donner, tous « les ans, une bonne instruction primaire qu'à un nombre « très limité d'élèves choisis parmi les plus intelligents, et de « pousser résolument les autres dans les professions ma- « nuelles, après leur avoir appris un peu de français et donné « quelques notions de lecture et d'écriture.
« Les ouvriers d'art, charpentiers, maçons, forgerons, etc., « sont en nombre insuffisant au Dahomey, et ce serait rendre « un véritable service à la colonie et à ces indigènes que de « leur apprendre des professions qui les mettent à même de « faire œuvre utile tout en leur fournissant un moyen certain « de gagner leur vie ».
Nous souscrivons entièrement à cette appréciation, d'autant plus que la colonie, les factoreries, la Compagnie du chemin de fer, celle du wharf sont obligés de faire venir à grands frais des Sénégalais qui exigent des salaires élevés. Ces noirs
amènent avec eux des jeunes compatriotes à qui ils apprennent leur métier, et qui, h leur tour, deviennent ouvriers. Il serait préférable, et il y aurait en môme temps une sérieuse économie, de former des ouvriers dahoméens qui, dans un avenir rapproché, pourraient remplacer les Sénégalais. Les indigènes de la colonie ne manquent pas d'aptitude pour les
Gi Cila, roi d'Allnila, et sa Cour.
travaux manuels ; il faudrait provoquer, encourager les bonnes volontés et pousser résolument l'instruction primaire dans le sens professionnel. L'administration, se rendant compte de la situation qui vient d'être exposée, parait s'intéresser au développement de l'instruction professionnelle ; elle a attaché à l'école de Porto Novo un maître chargé des ateliers faisant
218 NOTRti COLONIE DU DAïtOMET
partie de l'école. Des achats de matières premières sont prévus dinsi que des acquisitions d'outils agricoles et de graineâ pour lès jardins de démonstration. Il n'y a encore dans les sottitiies prévues au budget qu'une indication d'intention, elle n'en est pas moins précieuse à retenir, la colonie à besoin non seulement de contremaîtres des diverses spécialités (bois, fer, etc.) mais encore d'ouvriers agricoles.
D. Culte». — Les indigènes du Dahomey sont, nous l'avons vu, en majorité fétichistes. Il y a en outre un certain, nombre de musulmans dont le chiffre s'accrott de jour en jour, mouvement contre lequel les missions catholiques et ptbtbâtahtfes luttent difficilement et sans succès.
Les rilissiohtiaires catholiques qui Résident au Dahomey appartiennent & la Société des missions africaines dfe Lybtt. Lëub pretatère installation tl la Côte des Esclave* date de 186t. C'est à Ouidah qu'ils recrutèrent leurs prërtiiet's adeptes. Cette ville était alors en pleine prospérité. D'anciens esclaves, tin certain nombre de mulâtres revenus du Brésil où ils avaient reçus le baptême formèrent le noyau du groupement catholique noir du Dahomey. Mais Tannée suivante, la foudre tomba sur la mission. Les autorités indigènes virent dans ce fait un mauvais présage et prétendirent que les missionnaires avaient mécontenté le « Fétiche ». Ils imposèrent en conséquence une forte amende que le supérieur refusa énergiquement de payer. Il fut jeté en prison et n'en sortit que gràcê aux démarches de la maison Régis de Marseille, alors toute puissante. Depuis notre installation, les missions catholiques ont prospéré et ont à leur tête le vicaire apostolique du Bénin. Elles ont maintenant des établissements à Porto-Novo, Grand-
OhGÂNiSATION DE LA COLONÎE 2tfr
Pdptt, Athiétnê, Abomey Caldvi, Kétou, Zagn&tiado, etfc. Elles ne se sont pas encore établies dans le Nord, l'essai quelles ont tenté à Péréré, e*n pays Bariba, n'ayant pas réussi.
Indépendamment de leur œuvre de prosélytisme religieux, les missions catholiques ont ouvert des écoles. Elles ont pu former ainsi de jeuiles indigènes, susceptibles de servit* comme interprètes, agents inférieurs de l'administration et des factoreries L'administration a encourage leurs eiForts en ce sens, mais, depuis la création des écoles laïques, les écoles congrégauistes ne sont naturellement plus subventionnées. Dans ces écoles, les missionnaires se bornaient à apprendre le français, la lecture et l'écriture et n'ont pas tourné leurs efforts vers les écoles professionnelles. Il serait injuste à cet égard de ne pas indiquer qu'ils ont établi à Zagnanado des plantations de caféiers et de cacaoyers qui paraissent devoir produire d'excellents résultats Ils ont également planté en cocotiers une superbe concession, actuellement en plein rapport, entre la lagune et la mer, près de Badagry, en territoire anglais.
Le culte protestant est également représenté au Dahomey. A l'heure actuelle, la seule mission protestante qui existe est établie à Porto-Xovo. Elle fut fondée en 1862 par un nommé Thomas Marshall, fils de féticheur, élevé à la mission de Badagry, où il s'était converti. Il resta à Porto-Novo jusqu'à sa mort et donna une certaine importance à l'établissement qu'il avait créé. La mission protestante de Porto-Novo relève du synode de Lagos ; son école n'est plus subventionnée par l'administration locale.
En toute sincérité, nous ne pensons pas que les missions chrétiennes, quel que soit le zèle des pères ou des pasteurs,
puissent acquérir au Dahomey une grosse influence. Aucun obstacle spécial ne se dresse devant elles dans cette colonie. Les raisons qui les empêchent et les empêcheront, à notre avis, de convertir la majorité des indigènes résident dans la doctrine qu'elles nous enseignent et qui ne nous parait pas devoir suffisamment s'adapter à la mentalité des noirs; l'islamisme est bien supérieur au christianisme à cet égard et c'est là le secret du succès des marabouts. Mais qu'ils aient embrassé le catholicisme, le protestantisme ou la religion de Mahomet, les indigènes du Dahomey sont des fidèles fort tièdes et, dans les manifestations de leur foi, ils ne voient que le côté extérieur.
Indiquons en terminant que les ministres des différents cultes européens n'ont jamais suscité, malgré quelques défaillances individuelles immédiatement réprimées et qui ne se sont pas renouvelées, de sérieuses difficultés au gouvernement local. La neutralité la plus absolue a toujours été en matière de culte la règle de l'administration et si nous sommes intervenus maintes fois dans l'exercice du fétichisme, c'est que l'intérêt de l'humanité ou de la civilisation nous en faisait un devoir impérieux.
E. Porte* ci Télégraphe*. — L'administration des Postes et des Télégraphes est, de tous les services publics du Dahomey, celui qui est le plus complètement organisé comme le mieux assuré.
Trente bureaux fonctionnent au double point de vue postal et télégraphique dans les localités ci-après ; Abomey, Abomey-Galavi, Adjohon, Agoué, Allada, Athiémé, Gabolé, Garininma, Garuotville, Cotonou, Djougou, Dinpaga, Fada
NGourma, Grand Popo, Kandi, Konkobiri, Kouandé, Nikki, Ouidah, Paouignan, Parahoué, Parakou, Porto-Novo, Sagon, Sakèté, Savalou, Zagnanado, Zougou. Les bureaux d'Abomey-
Topa Mêlé, frère de Béhanzin.
Calavi, Agoué, Cotonou, Grand Popo, Ouidah, Porto-Novo sont dotés du service téléphonique privé urbain et interurbain.
Ceux de : Abomcy, Abomey-Calavi,Adjohon, Agoué, Allada,
m NOTRE COLONIE DU DAHOMEY
Athiémé, Cotonou, Grand Popo, Savalou, Zagnanado, reçoivent et expédient 1rs valeurs déclarées.
Les trente bureaux acceptent et font la remise des colis postaux jusqu'à 10 kilos, mais seuls les bureaux de Cotonou, Grand Popo, puidah et Porto-Novo admettent les colis postaux grevés de remboursement jusqu'à cinq cents francs. En résumé le gspryicç téléphonique, celui des valeurs déclarées et des colis ppstoux recommandés n'existent que dans certains postes du Bas-Dahomey.
Postes. — Les départs de courriers de Porto-Novo sont journaliers pour Cotonou, Ouidah. Grand Popo, Agoué, Illacondji (frontière allemande du Togo) où se fait l'échange des correspondances.
Les correspondances a destination du Haut-Dahomey partent de Porto-Novo trois fois par semaine. Klles sont acheminées jusqu'à Carnotville par Abomey et Savalou. A partir de ce point un tri est fait et des courriers partent les uns vers Fada NGourma par Djougou, Kouandé, Koukobiri, Diapaga, Matiacouali, les autres se dirigent vers lKst, c'est-à-dire à Parakou. Kntre Parakon et le Niger les transports postaux sont effectués par cavaliers. L'utilisation du chemin de fer activera le service des correspondances postales.
Télégraphes. — Depuis 1896, les lignes télégraphiques ont pris au Dahomey une extension considérable. Le réseau qui couvrait à cette époque 200 kilomètres à peine atteint aujourd'hui 3.000 kilomètres. Il s'étend :
a) De Porto-Novo au Togo par Cotonou, Abomey-Galavi, Ouidah, Grand Popo.
b) De Savalou à Ouidah par Paouignan, Abomey, Allada.
c) De Grand Popo à Parahoué.
OUG^NISATION DE U COLONJP £23
d) Pe Porto-Novo par une double ligne à Fada N'Goijnna où il est relié au réseau du Haut-Sénégal et Niger. Les bureau,x intermédiaires sont Dogba, Sagon, Zagnanado, Carnotville (avec prolongement à l'Est sur Parakou), Djougou, Kouandé, Konkobiri, Diapaga.
e) De Diapaga à Say,
/) De Parakou au Niger par Nikkiet Kandi. Toutes les parties de la colonie sont ainsi reliées au chef-lieu et au réseau intérieur de l'Afrique occidentale française (Haut-Sénégal et Niger, Côte d'Ivoire, (luinée, Sénégal).
Or depuis l'ouverture du cAble français Brest-Dakar, le Dahomey, par les colonies du Haut Sénégal et Niger et du Sénégal, se trouve en communication directe et par lignes exclusivement françaises avec la Métropole. L'avantage politique et militaire de cette liaison se double d'un avantage économique. Par la voie sous-marine de la West african Cy L ed , le mot pour France revient â 7 fr. 95. Le coût du mot d'un télégramme acheminé par les lignes terrestres du Haut-Dahomey au Sénégal et de là, par le câble .Brest-Dakar, est très sensiblement inférieur. C/est donc un tralic assuré tant pour le Dahomey que pour les réseaux intermédiaires et le nouveau câble français, car il n'y aura pas de concurrence possible, lorsque ce réseau intérieur sera ouvert au trafic international, ce qui est aussi vrai pour les télégrammes expédiés de Togo que pour ceux originaires du Dahomey.
La colonie anglaise de Lagos vient d'être tout récemment mise en communication télégraphique directe avec le Dahoitoey et pourtant les chefs-lieux des deux colonies étaient voisins. 11 n'existe pas encore de lignes aériennes entre Porto- Novo et Lagos quoique Porto-Novo soit très rapproché de
â24 NOTRE COLONIE DU DAHOMEY
la frontière anglaise, et que le dernier poste télégraphique anglais à Badagry, sur la lagune, soit peu éloignée. Pour correspondre télégraphiquement avec le Lagos il n'y a que la voie du câble. Or le câble qui aboutissait à Cotonou n'a été prolongé jusqu'à Lagos que dernièrement. Autrefois un cà biogramme de Porto -Novo ou Cotonou à destination de Lagos était d'abord transmis de la station de Cotonou à celle d'Accra (Gold Coast) pour être réexpédié de là à la capitale anglaise. Il y avait là une véritable lacune qui vient d'être comblée par l'immersion d'un câble anglais de Cotonou à Lagos, qui continue la voie de la West-African. De sorte que lorsque les lignes télégraphiques terrestres de l'Afrique occidentale française seront ouvertes au transit international, elles feront, avec le câble français Dakar-Brest une concurrence redoutable à la West African Company.
La bonue marche du service des postes et des télégraphes est assurée par 23 fonctionnaires européens, 35 agents locaux et environ 100 sous agents locaux (surveillants contrôleurs, facteurs, piroguiers et coureurs piétons).
F. Travaux publics. — La construction de l'infrastructure du chemin de fer de Cotonou-Niger étant effectuée, par la mission du génie, la superstructure étant confiée à la compagnie agissant comme entrepreneur de la colonie ; d'autre part la ligne de tramway étant exécutée également par des officiers du génie, il s'ensuit que le rôle du service des travaux publics du Dahomey est réduit dans de fortes proportions.
La tâche qu'il est appelé à remplir est encore cependant
es
assez considérable, si l'on songe au personnel réduit dont dispose le chef de ce service.
C'est au service des travaux publics qu'incombe l'entretien des bâtiments locaux et la construction des immeubles nécessaires aux diverses branches de l'administration, qui depuis quelques années ont augmenté dans des proportions considérables. Les travaux de voirie des villes, l'aménagement des marchés, le balisage des passes des lagunes, lui sont également confiés. Enfin c'est le chef du service qui est chargé du contrôle de la Compagnie du wharf de Cotonou et de celle du chemin de fer, qui bénéficient toutes deux de garanties d'intérêts.
Au service des travaux publics est rattachée la flottille locale. Organisée en 1892, elle a été fort utile lors de la première expédition. Elle comprend actuellement V Ambre et la Mascote, petites chaloupes à faible tirant d'eau, YOny.c, canonnière à fond plat. Ces bateaux sont employés aux transports des courriers, des troupes, du personnel et du matériel. Depuis que des travaux de dragage ont été entrepris dans le lac Nokoué et le Toché — passage qui sépare le lac de la lagune de Porto-Novo — ils peuvent les parcourir en tous temps et à la saison des hautes eaux il est possible à ceux de ces vapeurs faisant le service (Cotonou- Porto-Novo de remonter l'Ouémé jusqu'à la hauteur de Zagnanado.
Depuis deux ans, navigue sur le Mono le petit vapeur du même nom. 11 relie le Mono et le lac Ahémé par la lagune de Grand Popo et sert en même temps de remorqueur aux grandes pirogues.
L'entretien, les réparations de ces bateaux sont confiés au service des travaux publics.
à28 NOTRE COLONIE DU DAHOMEY
A côté du service des travaux publics, fonctionne le service topographique représenté au Dahomey par un géomètre et un dessinateur du cadre général de l'Afrique occidentale
i française.
G. Agriculture. — En 1899 fut fondé, sur un terrain cédé par le roi Tofa, près de Porto-Novo, un jardin d'essais dont le but était ainsi défini par l'arrêté qui le créait:
« 1° Recevoir, garder ou vendre au profit du service local « les divers produits provenant de l'impôt indigène perçu « ou à percevoir ainsi que les produits résultant de l'élevage ; « rechercher et améliorer les variétés, chevalines, bovines, « ovines, caprines, porcines, etc., existant déjà dans lacolo- « nie ».
« 2° Rechercher les perfectionnements à apporter aux « systèmes de culture suivis jusqu'à ce jour au Dahomey; « tenter la culture de toutes les plantes, indigènes ou non, « dont les produits peuvent donner lieu à un commerce « quelconque et fournira un prix aussi minime que possible « aux particuliers, aux colons européens ou indigènes dont il a convient d'encourager les efforts, les plantes, boutures, « graines, etc.. »
Il est indispensable, en effet, non seulement d'encourager l'agriculture indigène, fondement de la richesse de la colonie, mais encore d'apprendre aux noirs des procédés de culture moins rudimentaires pour le palmier et le cocotier dans le Bas-Dahomey, le coton, le tabac, l'indigo dans le Haut-Pays. La qualité des divers produits s'en ressentirait d'une manière très heureuse, en même temps que leur quantité augmenterait dans de notables proportions. Nous avons dit plus haut que
les indigènes, même ceux qui pratiquent le système des jachères, ne fument pas les terres qu'ils emploient, ils se contentent d'en laisser de temps à autre quelques-unes en friche. Les cultures ne sont pas suffisamment soignées, quoique parfois les champs soient convenablement entretenus. Les indigènes ont beaucoup de notions à acquérir et les leçons de
Famille indigène de Zatrnanado.
choses faites dans les écoles peuvent être très heureusement complétées par des expériences pratiques, et ce dans l'intérêt des agriculteurs dahoméens comme dans celui du commerce local.
L'administration l'a si bien compris qu'au budget de la colonie figurent des crédits destinés à rétribuer 10 apprentis agriculteurs ; que, de plus, elle a inscrit un crédit de 5.000 fr.
pour essais de culture de coton h Savalou, un autre de 600 fr. pour le gardiennage des plantations de caoutchouc et de bananiers h Allada. Avec de la ténacité et une grande patience, il est hors de doute que nous ne triomphions des routines indigènes même les plus enracinées. Partout au Dahomey le noir à quelque race qu'il appartienne a conscience de son intérêt.
Nous avons dit plus haut que le Haut-Dahomey était un pays propice à l'élevage. Dans un but d'encouragement et d'exemple une ferme hippique a été installée au Gourma sur des bases modestes.
H. Service de santé. Aaalfttanee médicale Indigène.
— Le service sanitaire au Dahomey est confié aux officiers du corps de santé des troupes coloniales placés hors cadres. Ils assurent le service h l'hôpital de Porto-Novo, aux ambulances de Cotonou et dans les postes de Parakou, Djougou et Kandi. Ils sont secondés par des infirmiers militaires européens, des infirmiers laïques et des infirmiers indigènes. Le chef du service est également chargé de la police sanitaire maritime. Enfin, des officiers ont été spécialement aiFectés à la vaccine et aux recherches bactériologiques.
Le budget local prévoit 10 officiers, 3 infirmiers européens, 3 infirmières, 19 infirmiers indigènes, 5 agents sanitaires.
Eu égard à rétendue de la colonie et à son insalubrité, ce cadre est très restreint. Il suffit pour les soins ft donner à la population européenne. Son action sur les indigènes, qui pourrait avoir les plus heureux effets, est presque nulle. D'autre part, il est difficile pour ne pas dire impossible d'augmenter
le personnel supérieur de médecins et de pharmaciens empruntés au département de la guerre. Dans l'intérêt des populations qui nous sont soumises et qui se confond avec celui de la colonie, il est indispensable que nous apprenions aux iudigènes les principes d'une hygiène rationnelle, que nous soulagions leurs misères physiques laissées jusqu'ici aux soins empiriques des sorciers et des féticheurs.
Dans cet ordre d'idées, le gouverneur général de l'Afrique occidentale française a été amené à créer par arrêté du 8 février 1905 le service de l'assistance médicale indigène gratuite. Il est confié h des médecins des troupes coloniales et à des médecins civils recrutés en France par engagements individuels, ces derniers beaucoup plus nombreux ou tendant à le devenir. Ces médecins civils doivent être français ou naturalisés français, et munis du diplôme français de docteur en médecine Ils doivent, en outre, être pourvus du brevet spécial délivré par les instituts de médecine coloniale, tels que ceux de Paris, Bordeaux, Marseille, ou présenter des garanties équivalentes. Avant d'entrer en fonctions, ils pourront être attachés à l'hôpital principal de la colonie où ils sont appelés à servir, ou dans un hôpital dune autre colonie pour y accomplir un stage de trois mois.
Les médecins civils de l'assistance médicale indigène sont engagés pour une durée de cinq années, divisée en deux périodes de deux ans suivies chacune d'un congé de six mois. L'ensemble des congés afférents à l'engagement de cinq ans ne pourra pas excéder une année. Ils reçoivent une solde annuelle de dix mille francs et ont droit, en outre, mais seulement pendant le temps de leur présence, en service en Afrique occidentale française, à une allocation annuelle de deux mille
francs leur tenant lieu de toute indemnité de déplacement, de cherté de vivres ou autres. Les moyens de transport pour leur service en Afrique occidentale française leur sont fournis en nature.
Les médecins civils de l'assistance médicale indigène ne sont nommés qu'après avoir signé un contrat d'engagement qui leur est soumis par l'administration. Dans le cas où, pour des raisons personnelles, un médecin résilie son engagement, il supporte les frais de son rapatriement. Les médecins ont droit au logement, suivant les ressources de la résidence qui leur est attribuée. Ils sont placés sous les ordres directs de l'administrateur du cercle et correspondent, par son intermédiaire, avec le chef du service de santé de chaque colonie.
Dans chaque ville indigène ou chef-lieu de cercle où est créé un poste de l'assistance médicale indigène, une infirmerie ou un dispensaire peut être ouvert, dont la gestion appartiendra au médecin sous le contrôle de l'administrateur commandant le cercle.
Cette institution hautement humanitaire se trouve heureusement complétée au Dahomey par une organisation déjà ancienne du personnel subalterne d'infirmiers indigènes, régi au point de vue du recrutement, de l'avancement, de la solde et de la discipline par les dispositions ci-après :
La hiérarchie de ce personnel, qui ne jouit d'aucune assimilation par rapport au personnel européen des infirmiers coloniaux, est établie ainsi qu'il suit :
Infirmier-major de l ro classe,
Infirmier-major de 2" classe.
Infirmier ordinaire de l re classe.
Infirmier ordinaire de 2 e classe.
Infirmier stagiaire.
La solde du personnel des infirmiers indigènes, dont le cadre est déterminé d'après le besoin du service, dans la limite des crédits inscrits au budget, est fixée ainsi qu'il suit :
La douane à Porto-Novo.
Infirmier major de l r * classe. .
Infirmier-major de 2 e classe. .
Infirmier ordinaire de l re classe Infirmier ordinaire de 2 e classe. Infirmier stagiaire
750 fr.
A partir du grade d'infirmier ordinaire de première classe, les infirmiers indigènes reçoivent à titre d'indemnité représentative de la ration une allocation de fr. 30 par jour, ains i qu'une indemnité d'habillement de fr. 20 par homme et par jour. Des avancements en grade et en classe peuvent être accordés aux infirmiers indigènes, après un an au moins de service dans le grade ou la classe immédiatement inférieurs.. Ce personnel ne pourra être titularisé infirmier qu'après au moins un an de stage, et, si <\ l'expiration de ce stage, il contracte un engagement de trois ans. Tout infirmier rengagé pour une nouvelle période de trois ans recevra une prime de cinquante francs. Les infirmiers indigènes portent comme signes distiuctifs au collet du veston, et de chaque côté, les lettres H. C. (hôpital colonial), bordées en lettres rouges, et sur les manches, des galons variant suivant les grades, soit :
Infirmier-major de première classe : Deux galons d'argent de sous-officier, superposés et disposés comme ceux des sergents-majors d'infanterie.
Infirmier-major de deuxième classe : Un galon d'argent.
Infirmier ordinaire de première classe : Deux galons (je laine rouge superposés et disposés comme ceux des caporaux d'infanterie.
Infirmier ordinaire de deuxième classe : Un galon de laine
I. Imprimerie officielle. — Depuis 1889. fonctionne à Porto-Novo une imprimerie officielle. D'abord installée sur des bases modestes, elle a pris, surtout depuis quelques années, une certaine extension. Elle assure le tirage du Journal officiel de la colonie qui parait le l tr et le 1<"> de chaque mois et du budget.
De plus, elle établit tous les imprimés nécessaires à l'administration et se charge de travaux pour les particuliers. Un atelier spécial de reliure lui a été rattaché.
Le chef de l'imprimerie s'attache à former des apprentis et Ton peut dire, à la louange de ce fonctionnaire, que son service est une véritable école professionnelle d'imprimerie et de reliure.
J. Police. — Il existe au Dahomey un service de la police qui fut organisé au lendemain de la conquête. Il comprend un commissaire de police, un commissaire adjoint indigène, et un adjudant de police à Porto-Novo, un adjudant à Cotonou, à Ouidah et à grand Popo, des brigadiers, sous-brigadiers et agents.
Le commissaire de Porto-Novo exerce la police administrative et judiciaire sous les ordres du (louvcrneur et du Procureur delà République. Il transmet à cet effet h ce magistrat un extrait de son rapport pour ce qui concerne les crimes, les délits, les contraventions et les arrestations opérées. Il est chargé de la surveillance des prisonniers et donne avis au Procureur en même temps Lieutenant-Gouverneur des évasions dès qu'elles se produisent. Il doit également assurer par luimême ou par les agents dont il dispose la commodité de la circulation dans toutes les parties de la ville et fait veiller au maintien de Tordre dans tous les lieux de rassemblement et principalement sur les marchés, h la propreté de la ville et particulièrement à celle de la ville indigène. A ce sujet, il doit tenir la main à ce que les propriétaires ou locataires procèdent au nettoyage des abords des maisons ; il empêche les dépôts d'immondices dans les terrains vagues, les cours et les
jardins, en un mot, il surveille l'exécution des règlements, arrêtés, décisions, en général de toutes les mesures ayant trait à la santé et à l'hygiène publiques.
Les commissaires et adjudants de police prêtent serment en entrant en fonctions et les procès-verbaux qu'ils dressent font foi jusqu'à inscription de faux : ils doivent être affirmés dans les soixante-douze heures.
Les adjudants touchent une solde annuelle de 1.500 francs, les brigadiers, 700 francs, les sous -brigadiers, 500 francs, les agents, 468 francs pour ceux de l re classe, 450 francs pour les autres.
Le personnel de la police du Dahomey porte un uniforme spécial : comprenant une grande et une petite tenue.
Grande tenue : dolman en drap national du modèle de l'infanterie coloniale avec col et parements de la couleur du fond, une rangée de sept gros boutons argentés avec le mot « police » fermant le dolman, six boutons sur deux rangées garnissant les pans du dolman par derrière. Pattes d'épaules en remplacement d'épaulettes, pantalon bleu foncé, képi ou casque du modèle réglementaire.
Petite tenue : vestons en toile blanche de la même forme que le dolman de drap, tresses mobiles sur les manches, pantalon blanc.
Les insignes de grade sont trois tresses en argent posées en pointes au-dessus du parement.
Les adjudants de police ont ce même uniforme, mais portent seulement deux tresses à la manche et si l'adjudant est un indigène une tresse seulement.
Les brigadiers, sous-brigadiers et gardes portent une blouse et un pantalon en toile bleue, une calotte rouge avec le numéro
de l'agent. Le col de la blouse est bordé d'un galon en toile blanche de 0,02 de large ; aux manches même bordure. Sur la coulure extérieure du pantalon, même bordure qu'au collet de la blouse. Le pantalon tombant à 0,20 au-dessous du genou.
Les brigadiers portent en outre deux galons blancs mobiles
Croix de chevalier et d'officier de PELoile noire du Bénin.
de 0,02 sur fond rouge débordant de 0,02 de chaque côté posés en chevron.
Les sous-brigadiers portent un galon semblable à ceux des brigadiers et posé de la même façon.
L'habillement des gardes, sous-brigadiers et brigadiers indigènes leur est fourni par l'administration.
L'armement des adjudants consiste en un sabre du modèle adopté dans l'infanterie, sans dragonne, et un revolver du modèle 1874.
Les brigadiers, sous-brigadiers et gardes indigènes ont un sabre baïonnette, avec ceinturon en cuir noir.