CHAPITRE V •TOGO. DAHOMEY. LAGOS
. Le Dahomey — ainsi que nous l'avons indiqué — se trouve placé entre la colonie anglaise de Lagos h l'Est et le Togo allemand à l'Ouest
Si les Anglais sont installés sur la côte depuis plus d'un demi siècle, c'est bien plus tard qu'ils songèrent à pénétrer dans l'intérieur et à occuper effectivement les pays qu'ils désiraient voir reconnus et soumis à leur influence. Nous avons retracé les efforts des explorateurs anglais qui cherchaient à prendre pied au Borgou pour nous empêcher d'atteindre le Niger, pendant que MM. Ballot, Bretonnet, Toutée s'eilorçaient d'étendre notre installation le plus en aval possible sur le grand fleuve.
C'est à la même époque que Français et Allemands arrivèrent dans la région des Popos (1885). C'est quelques années après (1894) que les voyageurs des deux puissances, les Grïi ner, les von Carnap, d'une part, les Ballot, les Decœur, les Alby, les Baud, les Veermersch, luttèrent de vitesse dans l'arrière-pays.
On peut dire en somme que le Togo et le Dahomey furent formés en même temps : deux conventions franco-allemandes ayant délimité leur possession aussi bien sur la côte (1887) que dans l'hinterland(1897).
Il est donc intéressant de jeter un rapide coup d'oeil sur les résultats obtenus par les Allemands au Togo et de les comparer à ceux réalisés par la France au Dahomey.
Sans revenir sur le développement économique du Dahomey, il nous faut rappeler en quelques mots les indications révélées par l'examen des statistiques du service des douanes. De 1890 à 1902, année où il atteignit son chiffre le plus élevé, le commerce dahoméen a été en progrès constant. De 9.406.388 fr. le commerce général est passé à 30.759.602 fr., les importations allant pendant cette période de 3.489.894 fr. à 17.090.386 fr., les exportations de 5. 916.494 à 13.669 216fr., en d'autres termes le mouvement général des affaires fit plus que tripler, les importations quintuplèrent, les exportations atteignant trois fois leur valeur primitive.
Mais depuis, la crise agricole a fait baisser le trafic à 20.804.324 fr. en 1903 et à 21.837.247 fr. en 1904 (importations 11.264.258 fr.et 10.681.238 fr., exportations 9.540.066 et 11.156.009 fr.).
C'est en 1902 également que le Togo voyait son commerce monter au chiffre le plus élevé qu'il ait obtenu, comme l'indique le tableau ci-après :
Importations fr
Exportations fr
Total fr
TOGO. DAHOMEY. LAGOS 255
Importations Exportations Total
1900 . . . 4.395^982,50 3.823*627,50 8.219JB10,00
De 1890-1891 à 1902, le total du commerce est passé de 6.171.865 à 13.042.500 fi\, les importations de 2.570.573 (statistique 1890-1891 )à7.800.0U0fr.,lesexportationsde3.60l.292 à 5.242.500 fr. Seul le chiffre des importations a triplé.
L'année 1902 a été aussi la plus favorable au Togo qui a subi la même crise agricole et pour les mêmes raisons que le Dahomey. En 1903, le commerce perdait presque un million, quoique les importations se soient maintenues et il le regagnait dès l'exercice 1904 en raison de l'énorme augmentation des importations. Cette plus-value peut être, au point de vue commercial, considérée comme factice puisqu'elle provient uniquement des introductions d'alcools avant l'application de droits plus élevés et des importations de matériaux destinés à des services publics, notamment aux chantiers du chemin de fer côtier aujourd'hui terminé de Lomé, la capitale, à Anecho (anciennement Klein-Popo), importations qui furent grandement facilitées par l'achèvement du wharf de Lomé inauguré le 27 janvier 1904 et ouvert à l'exploitation en avril.
La mauvaise récolte de 1903 a été la cause principale de la baisse des exportations à 4.520.076 et à 4.439.197 fr. en 1904. Encore dans ces chiffres figurent les sorties d'argent monnayé (1.502.204 fr. en 1903, 1.266.975 ir. en 1904, chiffres ronds), ce qui ramène les exportations en nature à 3.017.868 fr. en 1903, et à 3.172.222 fr. en 1904 c'est-à-dire aux chiffres des exportations de 1891 et 1892. Cet exode de
numéraire témoigne suffisamment de la situation précaire de la colonie, d'autant que l'argent en circulation est généralement constitué par des espèces anglaises que les indigènes du Togo — comme il y a quelques années les noirs du Dahomey, en ce qui concerne les monnaies françaises — préfèrent aux pièces impériales.
Au Dahomey, au contraire, si les importations et les exportations ne se balancent pas, du moins elles n'offrent pas les énormes diflércnces entre les entrées et les sorties qu'on constate au Togo. A cet égard, les statistiques des cinq dernières années doivent être corrigées, car les travaux du chemin de fer ont amené l'importation de matériaux de construction en quantités importantes. De sorte qu'on peut dire qu'à peu de choses près le Dahomey vend autant qu'il achète.
Les marchandises d'importation sont au Togo les mêmes qu'au Dahomey : alcools dont les commerçants se sont approvisionnés en 1904 avant la mise en vigueur du nouveau tarif douanier concernant ce liquide, les noix de cola, les cotonnades, le tabac, la poudre, les armes de traite, — ces cinq articles sont en diminution puisque les indigènes appauvris par la mauvaise récolte ont peu acheté — , le sel, la quincaillerie, etc.
Les produits d'exportation sont d'abord, comme au Dahomey, les huiles et des amandes de palme. Il est sorti du Togo :
Amandes Huiles
4902 : 2.454.250 francs 1902 : 4.287.750 francs
1904 : légère augmentation 1904 : en diminution
Nous n'avons pas trouvé les quantités de produits représentés par la valeur accusée aux statistiques. Elles peuvent
es
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approximativement se déduire en prenant pour base les prix moyens payés au Dahomey : soit 200 francs la tonne pour les amandes et 375 francs pour l'huile. Il aurait été expédié, d'après ce calcul, que nous avons lieu de tenir pour exact :
Amandes Huiles
1902 : 40.750.000 kgs 1902 : 3.407.333 kgs
alors que pendant les mêmes années le Dahomey a fourni :
Amandes Huiles
4902 : 29.777.745 kgs 4902