kgs
chiffres de beaucoup supérieurs à ceux du Togo et qui montrent pour les deux articles une semblable augmentation en 1904. Comme le Dahomey, la colonie allemande commence à produire du coton, dont il a été exporté 32.108 kg. en 1903 et 108.169 kgs en 1904 ; mais si la récolte a augmenté en quantité, la qualité a beaucoup diminué, puisque les 32.000 kgs de
1903 ont produit 47.296 fr. 25, alors que les 108 000 kgs de
1904 n'ont été vendus que 62.492 fr. 50.
En dehors des amandes, des huiles de palme et du coton, le Togo exporte de plus en plus du caoutchouc (458.806 kgs en 1902, 800.000 kgs en 1903, 890.000 kgs en 1904) du cacao (867 kgs en 1903, 10.635 kgs en 1904) et de l'ivoire (964 kgs en 1903, 1.780 kgs en 1904).
Si, dans ce commerce général, qui est loin d'atteindre celui du Dahomey on recherche quelle est, dans ces dernières années, la part de l'Allemagne, on constate que sur 8 millions 623.000 francs d'importation, la métropole vend pour 5 millions 113.519 francs sur les 3.508.000 francs restant, la
France figure pour 300.000 francs et le Dahomey pour 1.347.000 francs.
Enfin, en ce qui concerne les exportations, sur 4 millions 439.197 francs, l'Allemagne achète pour 2.312.500 francs, c'est-à-dire un peu plus de la moitié.
Le trafic du Togo est donc, dans son ensemble, bien inférieur à celui du Dahomey : et cependant les deux colonies sont contemporaines, leurs productions sont les mêmes. Il nous est donc permis de dire que la mise en valeur du pays est moins avancée qu'au Dahomey.
La situation financière du protectorat allemand est naturellement moins brillante aussi. Le Togo est la seule colonie impériale qui soit censée subvenir à ses besoins à l'aide de ses propres ressources. En réalité, le Togo paie la moitié de ses dépenses. C'est la constatation qui ressort de l'examen des chiffres budgétaires et des comptes de 1903, les derniers qui aient été publiés.
Les recettes ont produit en 1903 : 1.413.973 fr. 75, dont 1.249.627 fr. 50 de contributions indirectes et 99.747 fr. 50 d'impôts directs. Or, les dépenses ont atteint 2.807.903 fr. 75 et la différence entre les recettes propres du protectorat et ses dépenses, soit 1.393.930 francs, a été couverte par leur reliquat non utilisé des subventions métropolitaines de 1.396.443 fr. 75, d'où, grAcc à cette subvention, un très léger excédent de recettes (2.513 fr. 75). Le Togo ne peut donc, avec ses seules ressources, équilibrer son budget, tandis que le Dahomey connut presque constamment des excédents de recettes et possède une caisse de réserve atteignant le maximum fixé ; il doit cette prospérité financière aux recettes directes et indirectes perçues sur son territoire.
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Etant donné le mouvement des affaires du Togo, le protectorat ne peut compter sur des recettes indirectes plus élevées. Il est, par contre, étonnant que les taxes directes, au nombre desquelles l'impôt de capitation, produisent une somme si faible par comparaison, toutes proportions gardées quant au chiffre de la population, avec les réalisations de la contribution personnelle indigène au Dahomey. Il y a là certainement une indication à retenir en faveur du système d'administration et de la politique indigène pratiquée dans la colonie française.
En résumé, de même que pour le développement économique, de même pour la situation financière, la comparaison des résultats est tout à l'avantage du Dahomey.
Remarquons en terminant que les grands travaux d'outillage économique sont moins développés au Togo. Le wharf est ouvert à l'exploitation depuis moins de deux ans. Le chemin de fer va de Anecho à Lomé et de Lomé à Palim il n'y a qu'une voie carrossable, utilisée pour la traction humaine ; les bêtes employées un instant n'ayant pu résister.
De quelque coté qu'on l'envisage, l'exploitation du Togo est en retard sur celle du Dahomey. Cette constatation, à laquelle aboutit une étude impartiale poussée uniquement dans le domaine économique, dans les résultats obtenus, est bonne à retenir pour être opposée h ceux, s'il en est enore, qui prétendent que nous ne savons pas tirer parti de nos colonies.
Si, quittant le Togo, nous nous rendons chez nos voisins de l'Est, nous sommes amenés à des observations tout autres sans être cependant complètement désavantageuses pour la colonie du Dahomey. 11 faut en effet se rappeler que l'installation des Anglais a Lagos est bien antérieure à notre éta»
blissement dans le Bas-Dahomey et que le commerce de ces deux colonies se fait surtout dans les régions entières. Il est nécessaire également de ne pas oublier que Lagos est le port de transit par lequel passe un trop grand nombre, hélas, d'articles d'importation destinés au Dahomey, une trop forte quantité de produits d'exportation allant en Europe.
Ceci posé, nous devons constater que dans son ensemble le mouvement des affaires est plus important à Lagos, comme le montre le tableau suivant :
Années
On remarquera que la marche ascendante des affaires est identique à l'extension du trafic dahoméen, qu'elle atteint son apogée également en 11)02 et se trouve soumise aux mêmes fluctuations.
Elle s'est ressentie notamment de la mauvaise récolte de 1897 et 1898, générale dans les trois colonies du Togo, du
Importations
Exportations
Total
fr.
fr.
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Dahomey et de Lagos, et dont l'effet se fît sentir plus longuement dans la possession anglaise.
Mais les statistiques données plus haut ne reflètent pas la situation exacte et doivent être corrigées. En efïet elles comprennent et les importations et les exportations de numéraire et le commerce de transit.
Or, la monnaie anglaise était très répandue au Dahomey et Test encore au Togoland, elle constituait donc jusque ces dernières années un appoint sérieux au commerce général tel qu'il ressort des chiffres donnés par le service des douanes de Lagos.
D'un autre côté, nous avons indiqué qu'une grande partie des marchandises allant au Dahomey ou en sortant, transitaient par Lagos. Quelle valeur représentent ces marchandises ou ces produits ? Il n'est pas possible de l'indiquer, les statistiques n'ayant fait aucune distinction.
Quoi qu'il en soit, le commerce de Lagos est incontestablement supérieur h celui du Dahomey.
Les principales importations consistent en cotonnades dont 97 0/0 viennent de la Métropole, en alcool, et spiritueux d'origine allemande (94 0/0 en moyenne) en tabac, sel, et machines. Si l'on prend l'ensemble des marchandises d'importation, on constate qu'elles sont fournies par la Métropole pour 74 0/0, par l'Allemagne pour 17 0/0.
La situation change avec les exportations constituées principalement comme au Dahomey par les huiles et les amandes de palme.
Années Huiles Amandes
Années
Huiles
Amandes