‹ Notre colonie du DahomeyChapitre 9 sur 34 · II. LA CONQUETE MILITAUŒ DU DAHOMEY · texte numérisé non relu

II. LA CONQUETE MILITAUŒ DU DAHOMEY

A) Première période 1890.

Les troupes supplémentaires demandées par M. Bayol arrivèrent par échelons sans tarder. Au 22 février 1890, la colonne d'occupation de Cotonou se composait de 15 officiers, 27 sous-officiers, 317 caporaux et soldats. Dès le lendemain, le village dahoméen de Cotonou — dont le chef était entre nos mains — fait quelques démonstrations hostiles. Le 24, un parti de Dahoméens attaque nos retranchements, il est repoussé. Le 4 mars, nouvelle attaque infructueuse à Cotonou. Le 25, vers Godomey-Plage, une reconnaissance française se heurte à une troupe dahoméenne, qui fut mise en déroute. Behanzin, ayant concentré ses guerriers sur TOuénié, tente un coup de main sur Porto-Novo. Le combat de Decamé, un peu au Nord d'Aguegué, nous fut favorable. Le 17 avril, sous le commandement du lieutenant-colonel Terrillon, a lieu le combat meurtrier d'Atchoupa dont la relation figure au Journal Officiel de la Colonie du 1 er mai 1890. Entre-temps le blocus des ports avait été déclaré et effectivement établi dès le 7 avril par le commandant supérieur des forces navales françaises dans le golfe de Bénin, dont le pavillon était sur le Sané. En juin 1890, arrive l'amiral de Cuverville, nommé au commandement en chef des forces de terre et de mer. Ses instructions lui prescrivaient de conclure un arrangement avec le Dahomey. « Aucun succès ne saurait vous faire plus

c d'honneur que la clôture par voie transactionnelle de rince cident du Dahomey ». On connaît la mission qu'il confia au Père Dorgèrc qui aboutit à. la convention du 3 octobre 1890 conclue à Ouidah sur cette triple base : respect du protectorat français à Porto-Novo ; droit d'occupation indéfini de Cotonou reconnu à la France avec, comme compensation, le versement au roi du Dahomey dune rente annuelle de 20.000 francs au plus.

Le blocus serait levé. Le 29 décembre la colonne expéditionnaire était disloquée.

B) Seconde période 1892-1894.

A la suite de l'arrangement, une mission à la tête de laquelle était le commandant Audéoud fut envoyée à Abomey ; elle y fut très bien reçue, et y séjourna un mois.

Les intentions de Behanzin n'étaient cependant pas pacifiques, ainsi qu'en témoignaient les armements et les munitions qu'il achetait bon prix aux factoreries étrangères, principalement allemandes, et qu'il devait payer en travailleurs libres pour le Cameroun, la colonie portugaise de San Thomé et le Congo belge. Echouant dans une expédition tentée contre les Egbas, à l'Est, il est également repoussé au Nord par les Baribas; il se rejette alors vers la région Nord de Grand Popo, chez les Ouatchis, brûle Ouatchicoumé et Aglazoumé (décembre 1891).

A la suite de ces incidents, M. Ballot se rendit dans les premiers jours de mars à Ouidah pour examiner la situation, et trouva le délégué du roi du Dahomey — le Yevogan — dans les meilleures dispositions pour vivre en bonne intelli-

FORMATIOIS DK LA COLONIE *S

gencc avec noils. i)e n'était que duplicité, car le 27 du même mois, allant sur l'Ouémé voir si les villages de Danko, Ahanta et Biko avaient bien été pillés par les Dahoméens, M. Ballot fut attaqué, en compagnie du commandant supérieur des troupes h bord de la Topazr, par les guerriers de Behanzin. Le 30 mars, le gouverneur apprenait que l'armée dahoméenne était concentrée à Allada et que les commerçants français de Ouidah étaient retenus comme prisonniers dans les factoreries. Le 3 avril, les troupes de Behanzin n'étaient plus qu'à 4 heures de marche de Forto-Novo. Le 4, M. Ballot recevait du roi une lettre qui, pour être insolente, n'en avait pas moins, dictée par un noir, une certaine allure; il est vrai que Behanzin dans tout ceci était conseillé par le mulâtre de Souza.

Voici cette lettre :

Dahomey, le 29 mars 1892.

A Monsieur Ballot, gouverneur de Porto-Novo.

Je vous adresse ces deux lignes pour savoir des nouvelles de votre santé et en m£me temps vous dire que je suis bien étonné du récade ( i) que Bernardin (2) a apporté au cabécère (3) Zobocon pour m^Ure communiqué au sujet des six villages que j'avais détruits il y atrois ou quatre jours

Je vous garantis que vous vous êtes bien trompé. Est-ce que j'ai été quelquefois en France faire la guerre contre vous? Moi, je reste dans mon pays, et toutes les fois qu'une nation africaine me fait

(1) Récade c'est-à-dire ici lettre. Ce mot signitie au point de vue indigène une commission faite par un recadère porteur du « bAton » (recade) personnel de l'envoyeur. L'écriture n'existant pas dans les rapports entre indigènes, le bAton signifie que l'envoyé parle bien au nom de celui dont il porte l'insigne.

(2) Nom d'un interprète.

(3) Cabécère vent dire chef.

mal, je suis bien en droit de la punir. Cela ne vous regarde pas du tout. Vous avez eu bien tort de m'envoyer ce récade, c'est une moquerie ; mais je ne veux pas qu'on se moque de moi, je vous répète que cela ne me fait pas plaisir du tout. Le récade que vous m'avez envoyé est une plaisanterie et je la trouve extraordinaire. Je vous défends encore et ne veux pas avoir de ces histoires.

Si vous n'êtes pas content de ce que vous dis, vous n'avez qu'à faire tout ce que vous voudrez, quant *a moi, je suis prêt. Vous pouvez venir avec vos troupes ou bien descendre à terre pour me faire une guerre acharnée.

Rien autre.

Agréez, monsieur le gouverneur, mes salutations sincères.

Behanzin, Roi de Dahomey.

Quoique menaçant constamment Porto-Novo, Behanzin ne tenta cependaut rien contre la capitale de notre protectorat. La situation ne laissa pas toutefois que d'être inquiétante. L'administration locale demandait des renforts. Le colonel Dodds fut désigné en avril 1892 et arriva en mai au Bénin. A peine débarqué, il entre en communication épistolaire avec le roi du Dahomey. Cet échange de messages ne devait pas produire de résultats appréciables, suivant les termes mêmes du commandant supérieur des troupes dans une lettre au Sous- Secrétariat des colonies. Le 18 avril, le blocus est établi sur les côtes ; le 3 juillet, la flottille le Corail, lEmeraude, la Topaze, alla bombarder Azarouissé, capitale du Decamé. Les abords de Porto-Novo dégagés, la colonne expéditionnaire marche de l'avant et se heurte aux troupes dahoméennes, le 19 septembre, a Dogba. Le contact devint alors presque journalier et Ton peut dire que la marche du corps

expéditionnaire de l'Ouemé à Cana, c'est-à-dire pendant près d'un mois, ne fut en quelque sorte qu'un combat ininterrompu « au cours duquel nos troupes firent preuve d'un cou-

Aï. V. Ballot, premier gouverneur du Dahomey.

rage admirable et d'une endurance à toute épreuve, luttant contre un ennemi acharné, courageux et fanatique ».

Le 4 octobre, c'est la première affaire de Poguessa, le 6 nou-

18 NOTRE COLOMK M DAHOMEY

veau combat au même endroit, le 15, déroute de l'ennemi au camp d'Akpa, les 26 et 27 octobre, enlèvement des lignes de Kotopa, les 2 et 3 novembre, les Dahoméens sont repoussés à Vacon, le lendemain, la forte position de Djokoué est prise.

Le 12, nous étions à Cana ; Behanzin demande la paix mais n'accepte pas les conditions imposées par le général Dodds. La marche en avant est reprise. Le 17 novembre « le.drapeau français flottait sur les murs d'Abomey ». Une pointe, poussée sur Vindouté le lendemain, montra que le roi du Dahomey avait fui hors de nos atteintes. Le 3 décembre, Behanzin est déclaré déchu du trône du Dahomey.

Le blocus était levé à compter du 19 décembre. Behanzin s'était retiré à deux journées de marche au Nord d'Abomey, vers Atcheribé, dans une position adossée au pays des Mahis, qui ne lui étaient pas favorables. Le 17 avril 1893, il fait des offres de soumission au colonel Lambinet, le général Dodds étant rentré en France. Le gouvernement exigea la reddition sans conditions de l'ex-roi à l'égard duquel « le gouvernement « userait de toute la générosité due à un adversaire qui s'est « montré brave et courtois »; mais les pourparlers n'eurent pas de suite.

Le général Dodds, de retour au Bénin, transporte son quartier général à Dogba. Behanzin fait de nouvelles ouvertures sur des bases absolument inacceptables « qui auraient anni- « hilé l'effet moral et matériel résultant de la prise d'Abo- « mey ». La situation du fugitif était précaire. Repoussé k l'Est par les Anglais, à l'Ouest par les Allemands, mal reçu au Nord par les Mahis qu'il avait si souvent pillés, il se trouvait pris en flanc et en queue par nos colonnes : Tune était à Agoun, l'autre se dirigeait vers Paouignan, le troisième groupe séta-

blissait en avant d'Abomey pendant que deux compagnies étaient concentrées à ïoune sur le Mono, disposition qui affectait la forme d'un croissant au centre duquel se trouvait Atcheribé. Behanzin était donc enserré de tous côtés.

Pour frapper un dernier coupa la situation inorale du prince fugitif, le général Dodds reconnut solennellement comme roi du Dahomey, le to janvier 189i, un des frères de Behanzin, le prince Goutchili, sous le nom d'Ago li Agbo (1).

Le 25 janvier Behanzin se rendait sans condition, il fut déporté à la Martinique (â).

La guerre du Dahomey était terminée.

§ III. LE HAUT DAHOMEY A) Les annexions au pinceau

Le seul obstacle à notre installation au Dahomey disparaissait avec Behanzin vis-à-vis des indigènes comme au point de vue international.

Nous étions donc maîtres du pays, mais jusqu'au 9° degré de latitude Nord, car les conventions de J88o et de 1889 s'étaient implicitement référées aux stipulations de lactç général de Berlin.

La colonie du Bénin, ainsi délimitée, formait un rectangle allongé entre le Togo à l'Ouest et le Lagos à l'Est. Elle étouffait dans ces étroites limites : il était nécessaire d'aboutir aussi bien au Niger qu'au Soudan français pour mettre son

(1) Ago li Agbo fut lui-m<>me déporte, on liKM), au (iabon.

(2) Sur sa demande, Behanzin va èlre transféré en Algérie, à Blidah.

hinterland à l'abri des convoitises anglaises et allemandes. La question locale se doublait ici d'un problème « impérial » : la jonction de nos colonies de la Boucle du Niger aux territoires français du Soudan. Il fallait donc que le Bénin ne fût pas réduit à n'être qu'une enclave côtière. Pour ne pas se laisser devancer par nos rivaux de l'Est et de l'Ouest, nous devions de toute urgence passer des traités avec les cbefs indigènes.

Déjà, en 1893, le commandant Decœur parcourant Thinterland immédiat du haut Dahomey avait atteint Tchaourou. Il était ensuite revenu en France. On apprit bientôt que deux missions, Tune anglaise commandée par le capitaine Lugard et l'autre allemande dirigée par le docteur Gruner, se disposaient à partir pour le Borgou. Le gouverneur Ballot alors en congé reçoit Tordre de rejoindre son poste sans délai, le chef d'escadrons Decœur devant le suivre rapidement. Arrivé à Porto-Novo à la fin de juillet, le gouverneur se mettait en route pour devancer les Anglais*et les Allemands qui menaçaient le Gourma et le Borgou, de manière à nous réserver, avec la plus grande étendue possible de territoire, le libre accès au Niger. Tel est le but qu'ont poursuivi avec énergie les diverses missions qui opérèrent dans le haut Dahomey et inscrivirent ainsi une des plus belles pages de notre histoire coloniale.

M. Ballot part de Porto-Novo le 26 août 1894 ; par une marche rapide il atteint Agbassa, point situé un peu au-dessous du 9 e degré de latitude Nord, et y fonde, sous le nom de Carnotvillc, un poste qui pourra, dans la suite, être utilisé comme base d'opérations. Le gouverneur redescend à Savalou, passe à Djallakou, arrive à Abomey, se rend à Tado et à Toune et revient ensuite h Porto-Novo, où il rentre le 18 octobre.

A son passage à Agoué, il apprit qu'un fonciionnairc allemand, M. Polekowski, devait partir pour le haut Togo avec une force imposante. Il en informe immédiatement la mission Decœur.

D'autre part, le capitaine Lugard avait quitté Ibadan en septembre 1894 se dirigeant vers le pays Bariba. M. Ballot envoya l'administrateur Alby mettre le commandant Decœur au courant des événements et l'inviter à hâter sa marche sur Nikki d'abord pour devancer le capitaine Lugard, cl de gagner ensuite le plus rapidement possible le Mossi. afin d'y arriver avant le docteur Gruner.

Dans sa marche vers l'Est, la mission Decœur atteignit Nikki quelques jours après l'expédition anglaise, son chef faisait cependant signer un traité de protectorat au roi du Borgou et continuait sa marche vers Kouandé.En cet endroit, la mission se scinde en deux parties, Tune se dirigeant vers Say au Niger, l'autre cherchant à gagner de vitesse les Allemands qui marchaient à allure forcée sur Fada N'Gourma. Le commandant Decœur put heureusement passer, avant l'arrivée du lieutenant Von Carnap, second du docteur Gruner, un traite de protectorat avec Bantchandé, véritable roi du Gourma. De là, il continua sa route sur Say, où il rejoignit la deuxième partie de sa mission qui avait atteint le Niger le 2o janvier 1895.

Pour suivre plus facilement les travaux des missions, pour les seconder au besoin, le gouverneur Ballot résolut de se porter lui même dans le Nord. Il quitte Porto-Novo, après avoir mis en route la mission Toutée, qui venait de débarquer.et va à Nikki afin de s'assurer par lui-même de la validité des traités passés par la Royal Niger Company avec les chefs des provinces nigériennes. De Nikki, il se rend à Boussa, où il arrive

le 29 janvier l89o. Il revient à Nikki et descend ensuite rapidement. Il était de retour à Porto-No vo le 11 mars.

A la môme époque, le commandant Decœur quittait Say et revenait h la côte. A Carnotville, la mission se disloque. Pendant que le commandant Decœur descend à Porto-Novo r les lieutenants Baud et Vermeersch, coupant l'hinterland du Togo et de la Côte d'Or, se dirigent sur notre colonie de la Côte d'Ivoire par le Gourounsi et le Bondoukou.

On n'a pas oublié que l'administrateur Alby avait été envoyé à la recherche de la mission Decœur.Il avait, en outre, l'ordre de remonter jusqu'à Ouagadougou et de passer un traité avec le roi du Mossi. Il fut malheureusement arrêté h un jour de marche de la capitale par le chef du pays. L'escorte qui raccompagnait n'étant pas assez forte pour en imposer aux Soudanais, M. Alby revint à la côte.

Quant au commandant Toutée, après avoir traversé le pays Yoruba, il s'était installé à Badjibo. Là, il avait pu constater que ce point n'avait pas été occupé par les Anglais et qu'aucun bateau n'y était venu depuis sept ans. Il y fonda un port auquel il donna le nom de Fort d'Arenberg, après quoi il descendit le Niger et s'assura que l'occupation anglaise ne commençait qu'à 270 kilomètres environ au Sud-Ouest de Badjibo. Il se décide donc à faire route en sens inverse, remonte le fleuve, laisse un poste «\ Fort d'Arenberg, franchit les rapides de Boussa et atteint Gao.

B) L'occupation effective et les conventions de 1897 et 1898

Les missions allemandes, anglaises et françaises avaient fait une ample provision de « papiers». Mais chacune des

puissances compétitrices attribuait une entière validité aux traités signés par ses ressorlissants et naturellement déniait toute valeur h ceux qui lui étaient opposés. Il était donc nécessaire de trouver un terrain d'entente. Des pourparlers diplomatiques furent engagés d^s la fin de 1895 avec l'Angleterre, et tout au début de l'année suivante avec l'Allemagne. Les

Le lieutenant de vaisseau Breton net.

négociations menaçaient de traîner en longueur, lorsque parvint à Paris, en août 1896, la nouvelle d'un voyage au Borgou du président de la Royal Niger Cotnpany, sir Taubmann Goldie. Elle ne pouvait venir à un moment plus opportun et prouvait que, même pendant la conversation diplomatique, nos rivaux d'outre-Manchfc ne restaient pas inactifs et cherchaient A détruire notre œuvre au Borgou.

D'un autre côté, notre inquiétude était éveillée par les agissements des Allemands dans le Haut Togo : Sansanné Mango, point en litige, où le commandant Decœur avait passé le premier, avant von Carnap, était effectivement occupe par eux.

A l'Est comme à l'Ouest, les résultats de notre pénétration au delà du 9 e degré de latitude Nord pouvaient être compromis. L'heure n'était plus aux paroles, une nouvelle et énergique action devenait indispensable pour sauvegarder nos droits.

Le gouvernement plaça, sous la haute direction du gouverneur Ballot, deux missions, Tune, commandée par le capitaine Baud, avait pour objectif le Gourma, l'autre, confiée au lieutenant de vaisseau Bretonnet, devait opérer au Niger.

Le point de départ des deux missions était Carnotville. Le gouverneur les accompagna jusqu'à cet endroit. Sa présence d'ailleurs fut loin d'être inutile, car les Allemands qui avaient déjà occupé Sansanné-Mango, avaient installé des garnisons à Bafîlo et à Kirikri. Grâce aux énergiques protestations de M. Ballot, qui avait su se concilier les indigènes, ces deux postes furent évacués par les officiers qui les commandaient et les miliciens français s'y installèrent.

La mission Baud quitta Bafilo le 6 janvier 1897, et, après avoir jalonné sa route de postes, elle arrivait à Fada-N'Gourma le l (;r février. Elle fut assez heureuse pour effectuer sa jonction — et c'était le but à atteindre — avec la colonne du Mossi sous les ordres du capitaine Voulet. De concert, les deux missions aidèrent notre protégé Bantchandé à rétablir son autorité, après quoi le capitaine Baud rejoignit Pâma où se trouvait le lieutenant allemand Thierry et reçut en présence de cet officier déclaration du chef de village que Pâma

dépendait du Gourma, ce qui faisait de lui notre protégé. Sur ces entrefaites, une commission mixte était « chargée d'examiner les prétentions de la France et de l'Allemagne sur Tarrière-pays du Dahomey et de Togo et de jeter les bases d'une délimitation ». Les travaux de cette assemblée, commencés en mai 1897, aboutirent ù la convention du mois de juillet suivant qui nous conservait le Gourma et reconnaissait h l'Allemagne Sansanné-Mango et la rive droite du Mono.

CONVENTION ENTRE LA FRANCK ET i/aLLEMAGNK

Le gouvernement de la République française et le gouvernement de Sa Majesté l'empereur d'Allemagne ayant résolu, dans un esprit de bonne entente mutuelle, de donner force et vigueur à l'accord préparé par leurs délégués respectifs pour la délimitation des possessions françaises du Dahomey et du Soudan et des possessions allemandes du Togo, les soussignés :

Son Excellence M. Gabriel llanotaux, minisire des affaires étrangères de la République française ;

Son Excellence M. le comte de Munster, ambassadeur de Sa Majesté l'empereur d'Allemagne, roi de Prusse, prés le Président de la République française ;

Dûment autorisés à cet effet, confirment le Protocole avec son annexe dressé à Paris, le 9 de ce mois, et dont la teneur suit :

Protocole

Les soussignés :

René Lecomte. secrétaire d'ambassade de l re classe, sous-directeur adjoint à la direction des affaires politiques du ministère des affaires étrangères ;

Louis-Gustave Binger, gouverneur des colonies, chargé de la direction des affaires d'Afrique au ministère des colonies;

Félix de Mûllei% conseiller de légation et premier secrétaire de l'ambassade d'Allemagne à Paris ;

Docteur Alfred Zimmermann, consul impérial, chargé des affaires du Togo à la section coloniale du ministère des affaires étrangères ;

Ernest Vohsen, consul impérial en retraite;

Délégués par le gouvernement de la République française et par le gouvernement de l'Empire allemand, à l'effet de préparer un projet de délimitation définitive entre les possessions françaises du Dahomey et du Soudan et les possessions allemandes du Togo, sont convenus des dispositions suivantes, qu'ils ont résolu de soumettre à l'agrément de leurs gouvernements respectifs.

Article premier. — La frontière. partira de l'intersection de la côte avec le méridien de l'île Rayol, se confondra avec ce méridien jusqu'à la rive Sud de la lagune, qu'elle suivra jusqu'à une distance de 10Q mètres environ au .delà de la pointe Est de l'île de Bayol, remontera ensuite directement au Nord jusqu'à mi -distance de la rive Sud et de la rive Nord de la lagune, puis suivra les sinuosités de la lagune à égale distance des deux rives jusqu'au septième degré de latitude Nord .

De l'intersection du thalweg du Mono avec le septième degré de latitude Nord, la frontière rejoindra, par ce parallèle, le méridien de l'île Bayol, qui servira de limite jusqu'à intersection avec le parallèle passant à égale distance de Bassila et de Penesoulou. De ce point, elle gagnera la rivière Kara, suivant une ligne équidistante des chemins de Bassila à Bafilo pour Kirikri,etde Penesoulou à Séméré par Aledjo, et ensuite des chemins de Sudu à Séméré et d'Aledjo à Séméré, de manière à passer à égale distance de Daboni et d'Aledjo, ainsi que de Sudu et d'Aledjo. Elle descendra ensuite le thalweg de la rivière Kara sur une longueur de 5 kilomètres, et de ce point remontera en ligne droite vers le Nord jusqu'au dixième degré de latitude Nord, Séméré devant, dans tous les cas, rester à la France.

De là, la frontière se dirigera directement sur un point situé à égale distance entre Djé et Gandon, laissant Djé à la France et Gandon à l'Allemagne, et gagnera le onzième degré de latitude

Nord en suivant une ligne parallèle à la route de Sansanné-Mango et Pâma et distante de celle-ci de 30 kilomètres. Elle se prolongera ensuite vers l'Ouest sur le onzième degré de latitude Nord jusqu'à la Vnlta blanche, de manière à laisser, en tout cas. Pougno à la France et Koun-Djari à l'Allemagne; puis elle rejoindra par le thalweg de cette rivière le dixième degré de latitude Nord, qu'elle suivra jusqu'à son intersection avec le méridien 3°32'. Ouest de Paris (i°32 Ouest de Greenwich).

Art. 2. — Le gouvernement français conservera pour ses troupes et son matériel de guerre le libre passage par la route de Kouandé a. la rive droite de la Volta, par Sansanné-Mango et Gambaga, ainsi que de Kouandé à Pâma, par Sansanné-Mango, pour une durée de quatre années, à partir de la ratification du présent arrangement.

Art. 4. — Les deux gouvernements désigneront des commissaires qui seront chargés de tracer sur les lieux la ligne de démarcation entre les possessions françaises et allemandes en conformité et suivant l'esprit des dispositions générales qui précèdent.

Art. 5. — En foi de quoi, les délégués ont dressé le présent protocole et y ont apposé leurs signatures.

Fait à Paris en double expédition, le 9 juillet 1897.

Les délégués français :

Signé : IIkxk Lecomtb, G. Bin(;er.

Les délégués allemands :

Signé : F. von Muller, Zimmermann, Ernst Voiisen.

La présente convention sera ratifiée et les ratifications en seront échangées a Paris dans le délai de six mois, ou plus tôt, si faire se peut.

Fait à Paris, le 23 juillet 1897, en double exemplaire.

Signé : (L S.) G. Haxotaux (L. S.) Munster.

Le gouvernement de la République française et le gouvernement de Sa Majesté l'empereur d'Allemagne, ayant résolu, dans un esprit de bonne entente mutuelle, de donner force et vigueur à l'accord préparé par leurs délégués respectifs pour la délimitation

des possessions françaises du Dahomey et du Soudan et des possessions allemandes du Togo, les soussignés :

Son Excellence M. Gabriel Hanotaux, ministre des affaires étrangères de la République française ;

Son Excellence M. le comte de Munster, ambassadeur de Sa Majesté l'empereur d'Allemagne, roi de Prusse, près le Président de la République française ;

Comme partie complémentaire et intégrante à la convention par eux signée h la date du présenl jour et confirmant le Protocole dressé à Paris le 9 de ce mois, pour la délimitation des possessions françaises du Dahomey et du Soudan et des possessions allemandes du Togo par les délégués ci-dessus désignés ;

Et dûment autorisés à cet effet, confirment 1' « Annexe •, dressée également par les mômes délégués, le 9 de ce mois, pour être annexée au susdit Protocole, et dont la teneur suit :

Annexe

§1. — Les deux, gouvernements se font mutuellement abandon de tous les droits qu'ils ont acquis par des traités, savoir :

La France cède à l'Allemagne ses droits sur Sansanné-Mango, Gambaga, Bafilo, Kountoum etKirikri;

L'Allemagne cède à la France ses droits sur Aledjo, Séméré, Suguruku, Djugu, Pâma et Gurma.

§2. — L'Allemagne s'engage à ne pas faire valoir vis-à-vis de la France des droits sur la rive droite du Niger.

§3. — L'Allemagne s'engage à remboursera la France, immédiatement après la ratification du présent arrangement, les annuités payées au roi de Sansanné-Mango.

§4. — Les paragraphes 2 et 3 de la présente annexe ne seront pas publiés sans l'agrément préalable des deux gouvernements.

Vu pour être annexé au Protocole du 9 juillet 1897.

Les délégués français :

Signé : René Lecomte, G. Binger.

Les délégués allemands :

Signé : F. vox Mullp.ii, A. Zimmermànn, Ernst Vohsen.

La présente convention sera ratifiée et les ratifications en seront échangées à Paris dans le délai de six mois, ou plus tôt, si faire se peut.

Fait à Paris, le 23 juillet 1897, en double exemplaire.

Signé : (L. S.) (j. Hanotaux (L. S.) Munster.

Pendant que la mission Baud opérait à l'Ouest, le lieutenant de vaisseau Bretonne!, parti lui aussi de Carnotvillc le 26 décembre, gagnait llo en janvier, descendait le Niger jusqu'à Boussa où il parvenait le 4 février 1897. Il élait installé depuis quelques jours à cet endroit, lorsqu'il reçut une réclamation de la Compagnie Royale du Niger. Bretonnet répondit avec fermeté et se maintint à Boussa. 11 prêta quelque temps après son appui au roi de Boussa et eut à livrer aussi bien contre le chef rebelle au roi de Boussa qu'à des indigènes des environs de Kandi des combats toujours heureux. Puis il remonta à Ho, revint ensuite à Boussa.

Nous étions donc installés sur le Niger de Say (mission Decœur-Baud) à Boussa et de ce point au 9° latitude Nord, car Bretonnet avait installé deux postes armés à Kayoma, qu'il eut à défendre contre les Baribas, et à Kitchi.

Quoique des négociations fussent engagées à nouveau vers le mois d août 1897 à cette époque entre la France et l'Angleterre, les opérations militaires au Borgou ne furent pas interrompues. La colonne expéditionnaire commandée par le capitaine Ganier, partie de Parakou le 4 novembre 1897, arrivait neuf jours plus tard à Nikki après avoir soumis les divers chefs qui nous étaient hostiles et en particulier le roi de cette région et ses vassaux les plus importants.

Pendant ce temps les pourparlers entamés avec l'Angle-

terre amenaient la convention du 14 juin 1898, nous conservions Taec^s au Niger.

CONVENTION ENTHK LA FRANCE ET l/AN^LETKRRE

Le gouvernement de la République française et le gouvernement de Sa Majesté la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, impératrice des Indes, ayant résolu, dans un esprit de bonne entente mutuelle, de confirmer le Protocole avec ses quatre annexes, préparé par leurs délégués respectifs pour la délimitation des possessions françaises de la Cote d'Ivoire, du Soudan et du Dahomey et des colonies britanniques de la cote d'Or, de Lagos et des autres possessions britanniques à l'Ouest du Niger, ainsi que pour la délimitation des possessions françaises et britanniques et des sphères d'influence des deux pays h l'Est du Niger,

Les soussignés :

Son Excellence M. Gabriel Iïanotaux, ministre des affaires étrangères de la République française, et Son Excellence et Très Honorable sir Edmund Monson, ambassadeur de Sa Majesté la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, impératrice des Indes, près le Président de la République française, dûment autorisés à cet effet, confirment le Protocole avec ses annexes, dressé à Paris le 14 juin 1898 et dont la teneur suit :

Protocole

Les soussignés :

René Leçomte, ministre plénipotentiaire, sous-directeur adjoint à la direction des affaires politiques du ministère des affaires étrangères ;

Louis-Gustave Binger, gouverneur des colonies, hors cadres, directeur des affaires d'Afrique au ministère des colonies ;

Martin Gosselin, ministre plénipotentiaire, premier secrétaire de l'ambassade de Sa Majesté britannique à Paris ;

William Everett, colonel dans l'armée fie terre de Sa Majesté britannique et t assistant adjudant général » au bureau des renseignements au ministère de la guerre ;

Délégués respectivement par le gouvernement de la République française et par le gouvernement de Sa Majesté britannique, h l'effet de préparer, en exécution des déclarations échangées à Londres le 5 août 181)0 et le 15 janvier 18%, un projet de délimitation définitive entre les possessions françaises de la Cote d'Ivoire, du Soudan et du Dahomey et les colonies britanniques, a l'Ouest du Niger, et, entre les possessions françaises et britanniques et les sphères d'influence des deux pays, à l'Est du Niger, sont convenus des dispositions suivantes qu'ils ont résolu de soumettre à l'agrément de leurs gouvernements respectifs :

Article premier. — Concerne la cote d'Ivoire et le Soudan.

Art. 2. — La frontière entre lit colonie française du Dahomey et la colonie britannique de Lagos, qui a été délimitée sur le terrain par la commission franco-anglaise de délimitation de 1895, et qui est décrite dans le rapport signé le i-J octobre 18% parles commissaires desdeux nations, sera désormais reconnue comme la frontière séparant les possessions françaises et britanniques de la mer au neuvième degré de latitude Nord.

A partir du point d'intersection de la rivière Ocpara avec le neuvième degré de latitude Nord, tel qu'il a été déterminé par lesdits commissaires, la frontière séparant les possessions françaises et britanniques se dirigera vers le Nord et suivra une ligne passant h l'Ouest des terrains appartenant aux localités suivantes : Tabira, Okouta (Okuta), Noria. Téré, Gbani, Vassikera (Ashigere) etDekala.

De l'extrémité Ouest du terrain appartenant à Dekala, la frontière sera tracée dans la direction du Nord, de manière?» coïncider autant que possible avec la ligne indiquée sur la carte n°4 annexée au présent Protocole, et atteindra la rive droite du Niger en un point situé à 10,093 mètres (10 milles) en amont du centre de la ville de Guiris (Géré) (port d'ilo), mesurée à vol d'oiseau.

Art. 3. — Du point spécifié dans l'article 2 où la frontière séparant les possessions françaises et britanniques atteint le Niger, c'est-

à-dire d'un point situé sur la rive droite de ce fleuve à 16,093 mètres (10 milles) en amont du centre de la ville de Guiris (Géré) (port d'ilo), la frontière suivra la perpendiculaire élevée de ce point sur la rive droite du fleuve jusqu'à son intersection avec la ligne médiane du fleuve. Elle suivra ensuite, en remontant la ligne médiane du fleuve jusqu'à son intersection avec une ligne perpendiculaire à la rive gauche et partant de la ligne médiane du débouché de la dépression ou cours d'eau asséché, qui, sur la carte n° 2 annexée au présent Protocole, est appelé Dallul Mauri et y est indiqué comme étant situé à une distance d'environ 27,359 mètres (17 milles), mesurés à vol d'oiseau d'un point sur la rive gauche en face du village ci-dessus mentionné de Guiris (Géré).

De ce point d'intersection, la frontière suivra cette perpendiculaire jusqu'à sa rencontre avec la rive gauche du fleuve.

Art. 4. — A l'Est du Niger, la frontière séparant les possessions françaises et britanniques suivra la ligne indiquée sur la carte n° 2 annexée au présent Protocole.

Partant du point sur la rive gauche du Niger indiqué à l'article précédent, c'est-à-dire la ligne médiane du Dallul Mauri, la frontière suivra cette ligne médiane jusqu'à sa rencontre avec la circonférence d'un cercle décrit du centre de la ville de Sokoto avec un rayon de 160,932 mètres (100 milles). De ce point, elle suivra jusqu'à sa seconde intersection avec le 14* degré de latitude Nord. De ce second point d'intersection, elle suivra ce parallèle vers l'Est sur une distance de 112,652 mètres (70 milles), puis se dirigera au Sud vrai jusqu'à sa rencontre avec le parallèle 13° 20' de latitude Nord, puis vers l'Est, suivant ce parallèle sur une distance de 402,230 mètres (250 milles), puis au Nord vrai jusqu'à ce qu'elle rejoigne le quatorzième parallèle de latitude Nord, puis vers l'Est sur ce parallèle jusqu'à son intersection avec le méridien vers le Sud, jusqu'à son intersection avec le méridien passant à 35' Est du centre de la ville de Kuka, puis ce méridien vers le Sud jusqu'à son intersection avec la rive Sud du lac Tchad.

Le gouvernement de la République française reconnaît comme tombant dans la sphère britannique le territoire à l'Est du Niger

compris entre lu ligne susmentionnée, la frontière anglo-allemande et la mer.

Le gouvernement de Sa Majesté britannique reconnaît comme tombant dans la sphère française les rives Nord, Est et Sud du lac Tchad qui sont comprises entre le point d'intersection du 14° degré de latitude Nord avec la rive occidentale du lac et le point d'incidence sur le lac de la frontière déterminée par la convention francoallemande du 15 mars 18M.

Art S. — Les frontières déterminées par le présent Protocole sont inscrites sur les cartes n " 1 et 2 ci -annexés.

Les deux gouvernements s'engagent à désigner, dans le délai d'un an pour les frontières à l'Ouest du Niger et de deux ans pour les frontières à PEst de ce même fleuve, à compter de la date de l'échange des ratifications de la convention qui doit être conclue aux fins de confirmer le présent Protocole, des commissaires qui seront chargés d'établir sur les lieux les lignes de démarcation entre les possessions françaises et britanniques, eu conformité et suivant Pespritdes stipulations du présent Protocole.

En ce qui concerne la délimitation de la portion du Niger, dans les environs d'Uo et du Dallul Mauri, visée à l'article 3, les commissaires chargés de la délimitation, en déterminant sur les lieux la frontière fluviale, répartiront équitublement entre les deux puissances contractantes les îles qui pourront faire obstacle à la délimitation fluviale telle qu'elle est décrite à l'article ii.

Il est entendu entre les deux puissances contractantes qu'aucun changement ultérieur dans la position de la ligne médiane du fleuve n'affectera les droits de propriété sur les îles qui auront été attribuées à chacune des deux puissances par le procès- verbal des commissaires dûment approuvé par les deux gouvernements.

Art. b\ — Les deux puissances contractantes s'engagent réciproquement à traiter avec bienveillance (considération) les chefs indigènes qui, ayant eu des traités avec l'une d'elles, se trouveront, en vertu du présent protocole, passer sous la souveraineté de l'autre.

Art. 7. — Chacune des deux puissances contractantes s'engage à n'exercer aucune action politique dans les sphères de l'autre, telles

qu'elles sont définies par les articles 1 , 2, 3 et 4 du présent protocole. Il est convenu par là que chacune des deux puissances s'interdit de faire des acquisitions territoriales dans les sphères de l'autre, d'y conclure des traités, d'y accepter des droits de souveraineté ou de protectorat, d'y gêner ou d'y contester Pinfluence de l'autre.

Art. 8. — Le gouvernement de Sa Majesté britannique cédera h bail au gouvernement de la République française aux fins et conditions spécifiées dans le modèle de bail annexé au présent Protocole, deux terrains à choisir par le gouvernement de la République française de concert avec le gouvernement de Sa Majesté britannique, dont l'un sera situé en un endroit convenable sur la rive droite du Niger entre Léaba et le confluent de la rivière Moussa (Mochi) avec ce fleuve et l'autre, sur l'une des embouchures du Niger.

Chacun de ces terrains sera en bordure sur le fleuve sur une étendue de 400 mètres au pluset formera un tènement dont la superficie ne sera pas inférieures 10 hectares, ni supérieure^ 50 hectares. Les limites exactes de ces terrains seront indiquées sur une place annexée h chacun des baux.

Les conditions dans lesquelles s'effectuera le transit des marchandises sur le cours du Niger, de ses affluents, de ses embranchements et issues, ainsi qu'entre le terrain ci-dessus mentionné situé entre Léaba et le confluent de la rivière Moussa (Mochi) et le point à désigner par le gouvernement de la République française sur la frontière française feront l'objet d'un règlement dont les détails seront discutés parles deux gouvernements immédiatement après la signature du présent protocole.

Le gouvernement de Sa Majesté britannique s'engage h donner avis quatre mois à l'avance au gouvernement de la République française de toute modification dans le règlement en question, afin de mettre ledit gouvernement britannique en mesure de formuler toutes les représentations qu'il pourrait désirer faire.

Art. 9. — A l'intérieur des limites tracées sur la carte n° 2 annexée au présent protocole, les citoyens français et protégés français, les sujets britanniques, et protégés britanniques, pour leurs personnes comme pour leurs biens, les marchandises et produits naturels ou

manufacturés de la France et de la Grande-Bretagne, de leurs colonies, possessions et protectorats respectifs, jouiront pendant 30 années, à partir de l'échange des ratifications de la convention mentionnée à l'article V. du même traitement pour tout ce qui concerne la navigation fluviale, le commerce, le régime douanier et fiscal et les taxes de toute nature.

Sous cette réserve, chacune des deux puissances contractantes conservera la liberté de régler sur son territoire et h sa convenance le régime douanier et fiscal et les taxes de toute nature.

Dans le cas où aucune des puissances contractantes n'aurait notifié, douze mois avant l'échéance du terme précité de trente années, son intention de faire cesser les elTelsdu présent article, il continuera à être obligatoire jusqu'à l'expiration d'une année à partir du jour où Tune ou l'autre des puissances contractantes l'aura dénoncé.

En foi de quoi les délégués soussignés ont dressé le présent protocole et y ont apposé leurs signatures.

Fait à Paris en double expédition le quatorze juin mil huit cent quatre-vingt-dix-huit.

Signé : Itené Lecomte, G. Bimîeii,

Martin Gossklin, William Evekett.

ANM-XK

Bien que le tracé des lignes de démarcation sur les deux cartes annexées au présent protocole soit supposé être généralement exact, il ne peut être considéré comme une représentation absolument correcte de ces lignes jusqu'à ce qu'il ait été confirmé par de nouveaux levés.

11 est donc convenu que les commissaires ou délégués locaux des deux pays qui seront chargés par la suite de délimiter tout ou partie des frontières sur le terrain devront se baser sur la description des frontières telle qu'elle est formulée dans le protocole. Il leur sera loisible en même temps de modifier lesdites lignes de démarcation en vue de les déterminer avec une plus grande exactitude et de reeti-

fier la position des lignes de partage, des chemins ou rivières ainsi que des villes ou villages indiqués dans les susmentionnées.

Les changements ou corrections proposés d'un commun accord par lesdits com missaires ou délégués seront soumis à l'approbation des gouvernements respectifs.

Signé : René Lecomtk, G. Bingkr,

Martin Gobbbun, William Evkhbtt.

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