Le Livre des Miracles, p
2. Primay-!e Grillon, commune de l’arrondissement de Chartres. Cunctis qui aderant admirantibus et pre gaudio flentibus cepit una cum eis Deo gratias reddere et beatam Dei genitricem que juxta promissionem suam omnia compleverat, piis vocibus collaudare. L’auteur déclare qu’il vit ce miracle : presens interfui et tum ab ipsa muliere quam ab eis <fui eam adduxerant rei veritatem diligentias et plenius audivi et didici. P. 543.
3. Les quêteurs de Notre-Dame de Chartres obtinrent dans que'ques cathédrales la permission de résidence moyennant une somme prélevée sur la recette, comme le constatent les registres de l’église principale de Troyes dès 1 le XI Ve siècle.
sa bourse. Le jeune Anglais ne possédait qu’un collier d’or qu’il destinait à sa fiancée. Emu des paroles du bon prêtre, il offre son collier et se met en route vers la mer pour s’embarquer sur un des navires qui stationnaient sur les côtes. Quelques jours après, il s’arrête, sur le soir, devant une modeste hôtellerie et demande un logement- L’hôte ne lui offre peur gîte qu’une grange. Le jeune Anglais, accablé de fatigue, se couche sur la paille et s’endort. Mais quelle n’est point sa surprise, lorsqu’au milieu de la nuit la grange se trouve tout à coup illuminée et qu’il voit trois femmes d’une éblouissante beauté dont l’une lui montre son collier d’or. A cette vue, le jeune clerc reconnaît la Dame de Chartres et lui promet de se consacrer à son service. Deux mois après il quitte Londres et se retire dans une île déserte.
Le roi Richard qui apprit ce miracle, conçut dès lors une giande vénération pour l’église de Chartres. Il reçut avec bonté les envoyés du Chapitre et leur permit de parcourir son royaume pour y recueillir d’abondantes aumônes L
Plus de cinquante ans s’étaient écoulés lorsque l’évêque de Chartres écrivit au roi de France pour le prier d’obtenir du Souverain Pontife quelques indulgences. Saint Louis, qui venait quelquefois Visiter, nu-pieds, l’église de Chartres, ne voulut point rejeter la demande du prélat. Il écrivit lui-même au Pape pour la consécration de Notre-Dame, fit élever à ses frais le splendide porche septentrional, donna quelques
1. Jam de visione securus et gaudens gloriose virgini gratias egit et ejus se deinceps partitururn imperio fideliter repromi ût... quo comperto miraculo It. Anglorum rex ecclesiani Camutensem in majori veneraiione deinceps habuit. Biblioth. des Chartes. Livre des miracles p. 141. Un vitrail, appelé vitrail des Miracles, raconte les prodiges que la Vierge daigna faire en faveur des pèlerins. La plupart des médaillons ont été remplacés par du verre blanc. (Bas côté méridional). Il n’est pas permis de nier tous les miracl -s opérés à Chartres par l’intercession de la sainte Vierge, car l’auteur déclare en avoir ét î témoin : « Surdis si quidem auditum, cecis visum, mutis loquelam, claudis gressum ibidem reslitui vidimus, multos quoque a doloribus languoribus et variis infir milatibus curatos prospeximus. » Miracula beato virginis in Carnotensi ecclesia facta vel ad laudem ipsius ab ilia patrata et ibi scripta mando.
vend ères et fonda deux autels « pour le repos de ses ancêtres et pour le salut de son âme. » Alexandre IV répondit quelques temps après au roi de France et envoya au clergé de Chartres une bulle conçue en ces termes : « Notre désir a toujours été de rendre le peuple agréable à Dieu. Nous invitons les fidèles du Christ à lui plaire de plus en plus, par les indulgences, afin que la grâce divine abonde surtout en eux. Notre bien-aimé fils, l’illustre roi de France, nous a appris que vous deviez consacrer votre église, et qu’une prodigieuse multitude de pèlerins y accouraient depuis longtemps pour y Vénérer l’auguste Vierge Marie et les précieuses reliques des; saints qui y sont exposées. C’est pourquoi, désirant que votre église soit toujours dignement honorée, nous accordons à tous ceux qui, vraiment contrits, la visiteront depuis le premier dimanche après la fête de saint Luc, jour de la dédicace, jusqu’à la fête de la nativité de Notre-Seigneur, trois ^ns et trois quarantaines d’indulgence, et un an et quarante jours seulement à ceux qui la visiteront chaque année, le jour de l’anniversaire de la dédicace jusqu’au jour de Noël. »
La bulle fut écrite d’Agnanj, sous la date des calendes d’avril, la sixième année du pontificat d’Alexandre IV 1 2. En conséquence le 17 octobre 1260, Pierre de Miney, assisté de son Chapitre et de plusieurs évêques, dédia l’église de Chartres à la sainte Vierge, en présence de saint Louis, dq sa royale famille et d’un grand nombre de seigneurs et dq fidèles. Ainsi fut presque entièrement construite au XIIIe siècle cette majestueuse basilique dont le plan merveilleux fut si longtemps faussement attribué au bienheureux Fulbert3.