‹ Notre-Dame de ChartresChapitre 23 sur 92 · Vitrail de saint Sylvestre · texte numérisé non relu

Vitrail de saint Sylvestre

à modeler avec le ciseau, tandis que boit son compagnon, celui qui vient de s’échauffer en enlevant avec son marteau de grands copeaux de liais. La statue royale paraît : les yeux et la bouche s’animent, la couronne se décore de perles et de fleurons, la robe et le manteau se drapent, les mains sont modelées. L’ébaucheur a fait sa besogne et se repose, le marteau sur la statue et la tête dans sa main, tandis que son camarade creuse, polit et achève l’œuvre1.

Comment se sont-ils appelés? Les nécrologes et les chroniques ne citent que les noms de quelques donateurs, tels que les chanoines Frédéric, Aimery et Manassé, les archidiacres Guillaume de Chaumont, Pierre de Burdegeot et le chancelier Constant; de tous les habiles artistes de Notre-Dame un seul Robbir ou Rombir nous a laissé son nom au porche septentrional, au-dessus du combat de David et de Goliath qui paraît avoir été refait dans les premières années du XIVe siècle 2 ?

Si l’on en croyait beaucoup d’archéologues, l’art gothique n’appartiendrait pas à la France, mais on sait que les nations étrangères ont adopté de bonne heure notre système. Dès le XIe siècle, l’Angleterre appelait même des artistes français et ne les admettait qu’à la suite d’un concours sérieux. On a conservé le nom de celui qui eut l’honneur d’élever le premier édifice ogival dans ce royaume. Célèbre déjà par ses travaux antérieurs, Guillaume de Sens se rendit à Cantorbéry pour y construire le chœur de la cathédrale absolument semblable par son plan, par son style et par ses ornements aux églises gothiques de l’Ile de France. Il avait été probablement appelé à Cantorbéry parce que, sept ans avant que la cathédrale de cette ville fût incendiée et reconstruite, son illustre archevêque Thomas Becket avait trouvé un asile à

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