G. Rouillard, Parthénie, 1™ partie, p
3. Chaque année, le jour de l’anniversaire, on exposait à l’un des piliers de la grande nef un tableau en bois sculpté représentant le monarque arme en guerre et monté sur un cheval bardé.
lâchés pour dévorer l’audacieux qui osera porter une main téméraire dans la maison de Dieu 1.
Vainqueur à Poitiers, Edouard s’avance « Vers le bon pays de Beauce », tandis que Jean II subit à Londres sa captivité. Chartres, fidèle à son prince, apprend que le monarque anglais approche de ses murailles et que les négociations ouvertes à Brétigny près Sours, n’ont pu modérer l’ambition d’Edouard. Les chevaux des cavaliers anglais foulent déjà aux pieds les champs fertiles de la Beauce, lorsque tout à coup une tempête effroyable remplit les soldats du roi d’Angleterre d’une indicible terreur. Des pierres tombent en une telle abondance, dit Froissart, que beaucoup d’hommes et de chevaux succombent2. Se tournant alors vers l’église de Notre-Dame de Chartres dont il pouvait apercevoir les majestueuses flèches, Edouard s’agenouille et promet d’accorder la paix, si la Vierge aux Miracles fait cesser ce terrible ouragan qui décime son armée. Tout à coup l’orage se calme, le monarque anglais se rend à Chartres, il remercie la Vierge, et signe la paix dans le petit château de Brétigny, le 7 mai 1360. Quelques jours après, Edouard, suivi de ses principaux officiers, retourne à Chartres et passe pieusement sous la sainte châsse avec son fils, le célèbre Prince noir et se retire après avoir laissé de nombreuses marques de sa munificence.
Jean II, délivré de sa captivité, vint à Chartres pour remercier la Vierge et laissa le bourdon qu’il portait dans ce pèlerinage 3. Charles V, dit le sage, y vint plus tard, pieds nus, et laissa !un magnifique camée qui servit, jusqu’en 1793, d’ornement à la sainte châsse. Des pèlerins arrivent en foule comme au siècle précédent, des messes sont fondées aux principaux autels de Notre-Dame et de nombreux legs servent à l’em-
1. Histoire de Chartres, par Chevard, t. II. Histoire du diocèse et de l'église de Chartres, par Souchet, t. III, p. 206.